MYOSITES DU MEMBRE SUPÉRIEUR
que, comme les grands neuves qui naissent de sources insignifiantes, . le cortège symptomatique ultime qui conduit jusqu a la substance giue médullaire a pour origine un petit muscle de la main d'une utilité secondaire II est vraisemblable qu’on ne trouve pas la même lésion dans tous les cas parce que tous les muscles de la main prennent plus ou moins part à l’acte compliqué qui constitue l’écriture. Des réserves de même ordre avaient été faites par les névrologistes eux-mêmes. Erb, par exemple, admet que des lésions, des muscles de la main et même de l’avant-bras, ont pu, dans certains cas, donner lieu à des dyskinésies.
Traitement. — Les courants faradiques avaient échoué entre les mains de Ducbenne, de Boulogne. Berger et Eulenburg avaient essayé sans mieux réussir les courants galvaniques ; on en était arrivé à chercher des appareils prothétiques qui permissent d’écrire (1). En 1881, Zuber déclarait que le traitement mécanique était une pure plaisanterie et il n’en connaissait pas de beaucoup plus effectif. « Le premier moyen à employer, disait-il, est le repos complet de la main surmenée par le travail. Si la position du malade le permet, on le sortira emièrement de ses occupations, et on lui conseillera les distractions, les voyages, etc. Dans le cas contraire il faudra qu’il apprenne à écrire de la main gauche et avec de la prudence, il pourra éviter l’atteinte secondaire de cette main. » Les procédés n’étaient pas assez nombreux pour qu on
(I ; Voy. Duchenne (de Boulogne), Electrisation localisée. Gaujot, Arsenal de la chirurgie contemporaine.
pût être embarrassé pour le choix, une dyskinésie empêche quelqu’un d’écrire, qu’il reste en repos ! Elle ne lui permet plus d’exercer son métier, s’il est pianiste, horloger, bijoutier, etc. : qu’il en change! voilà à quoi se résumait la thérapeutique.
Toute médication ayant donné un succès lût reçue avec bienveillance, presque avec enthousiasme.
Zuber avait parlé de frictions, de massage isolés ou combinés à des injections médicamenteuses, du procédé de Cederschjold qui consistait à irriter mécaniquement avec les doigts les troncs nerveux ; touscesmoyensavaient donné des succès. Zuber n’insista peut-èlre pas suffisamment sur eux ; il eut tort de ne voir dans Cederschjold qu’un précurseur des partisans de l’élongation chirurgicale des nerfs.
M. Rossander attribue toutes les formes de dyskinésie professionnelle, quelle que soit leur origine, à un état parétique de certains muscles ou de certains groupes musculaires. Au point de vue du traitement, son procédé n’est peut-être pas tout à fait concluant, car, en même temps qu’il pratiquait le massage, il fit des injections sous cutanées de strychnine.
On est arrivé à ne plus voir exclusivement dans la crampe des écrivains une atfection du système nerveux et à donner aux muscles plus d’importance qu’on ne leur en avait d’abord accordé. A partir du moment où cette notion fut acquise, l’application d’un thérapeutique topique et rationnelle devint imminente.
Nous avons vu combien attachaient peu d’importance à ces faits ceux qui les connaissaient. Un article du D1' Romain Yigouroux attira l’attention