CONTRACTURES D'ORDRE RÉFLEXE
Nous nous trouvons en présence d’un fait acquis : on en observe à la suite d’aflections primitives des muscles, dei myosites aiguës et chroniques.
On trouve des contractures lors même que les muscles n’ont pas été touchés ; c’est à elles que sont dues les déformations et les attitudes vicieuses des membres à la suite des aflections articulaires. M. Blocq a pris ces accidents pour type des contractures spasmodiques vraies.
Les contractures phénomènes d'ordre réflexe. Signalés, il y a longtemps par Hunter qui les regardait comme une conséquence de sympathies entre les muscles et les jointures, les contractures iuient étudiées surtout par Duchenne, de Boulogne, qui les appela contractures ascendantes réflexes d origine articulaire . (1) Les muscles atteints sont le siège de douleurs plus ou moins vives, mises par l’auteur que nous venons de citer sur le compte d’un état morbide de la moelle.
Bell attribuait les altitudes vicieuses à une position instinctivement prise par le malade pour mettre les muscles dans le relâchement et calmer la douleur. Bonnet, rapportait tout au tiraillement exercé sur les ligaments par les liquides morbides des cavités articulaires. Mais on trouve des attitudes vicieuses dans des arthropaties non douloureuses, on en trouve dans les arthrites sèches, lorsqu’il n’y a aucun épanchement dans la synoviale ; elles résultent de contractures musculaires. Celles-ci sont précoces, elles commencent parfois
(1) Duchenne (de Boulogne), De l'Electrisation localisée.
en même temps que l'arthrite, ne s’accompagnent d’aucune altération anatomique appréciable des muscles ou de leur voisinage; plus tard surviennent une sorte de sclérose au niveau des insertions tendineuses et de la périarthrite avec induration et épaississement de toutes les parties voisines.
Il n’existe peut -être aucune différence essentielle entre ces contractures et celle qu’on observe dans un certain nombre de maladies du système nerveux.
Contractures cV origine nerveuse. — Le prototype est la contracture 'permanente des hémiplégiques. Les muscles raccourcis souffrent, leurs fibres dégénèrent à la longue, c’est ce qu’ont démontré Herrmann, Omerod et beaucoup d'autres.
On a d’abord expliqué les contractures d’origine nerveuse par une théorie si commode que beaucoup de médecins l’ont adoptée. La fibre musculaire posséderait, à l’état normal, une activité propre qui la maintiendrait en état de contraction perma- ' nenfe, c’est le tonus musculaire , sorte d’excitation entretenue par les centres spinaux. La paralysie d’un muscle s’accompagne d’une augmentation du tonus de son antagoniste ; la position d’un organe dépend de l’équilibre entre tous les muscles qui le soutiennent ou le mettent en mouvement ; avec une pareille kypotèse, les déviations s’expliquent toujours.
« Rien de plus facile à comprendre, dit M. de Saint- Germain, que le torticolis musculaire. Lorsque l'on examine un squelette, on s’aperçoit que la tète est en équilibre instable sur le sommetde la colonne vertébrale, en ce sens que la partie anté-