CONTRACTURES D’ORIGINE NERVEUSE
rieure de la tète, constituée par une portion du crâne et par la face, est plus lourde que par la partie postérieure. Ce fait déjà très net chez l’homme l’est beaucoup plus chez les animaux ; vous connaissez tous la puissance du ligament cervical postérieur chez le cheval. La tête n’est donc tenue en équilibre que parla puissance des muscles qui s’y insèrent et font l’office de haubans, et s’il y a inégalité dans les tractions latérales, l’équilibre est vite rompu ; cette inégalité peut théoriquement se produire, soit parce que l’une des cordes tire trop, soit parce qu elle ne tire pas assez, mais c’est très rarement que la rupture peut être attribuée à la paralysie d’un des agents de traction. Le plus souvent, une des cordes tire trop, l’une des puissances devient prédominante tandis que son antagoniste reste normale ; en un mot les ruptures d’équilibre résultent ordinairement de la contracture d’un muscle et non pas de la paralysie de son antagoniste (1). »
11 y a beaucoup à dire sur cette ingénieuse théorie : elle est probablement vraie dans certains torticolis inflammatoires, mais en admettant le point de départ physiologique, l'équilibre par antagonisme, ses muscles symétriques, toutes les objections ne sont pas réfutées. Nous avons vu des myosites limitées accompagnées d’irradiations, sans déplacements de la tète, et la chose se comprend : la suractivité d’un muscle appelle une réaction de la part de son congénère, de sorte que l’équilibré se trouve rétabli.
(1) De Saint- Germain, Chirurgie orthopédique. Paris, p. i2U2.
Pour les contractures des hémiplégiques, cette doctrine est difficilement applicable. Pourquoi, quand le membre inférieur est paralysé, certains muscles se contracturent-ils, tandis que les autres restent flasques et s’atrophient?
Théorie de Hueler. — Dans trois mémoires sur ce sujet, Hueter a combattu l’ancienne théorie et en a.laissé peu de chose debout (1); ses idées ont été adoptées par Volkmann (2). Voyons par quoi il la remplace. Il y a, dans son Traité des maladies articulaires , un schéma qu’il nous paraît inutile de reproduire, tant il est simple ; ce schéma est destiné à montrer la manière dont l’auteur conçoit les mouvements du pied. Pour lui, c’est un levier de premier genre, dont le point d’appui est plus rapproché de l’extrémité postérieure que de l’extrémité antérieure. La première tombera en avant lorsque sa direction sera réglée par l’action seule de la pesanteur, parce que le bras antérieur du levier est le plus long; on aura la difformité appelée en chirurgie pied bot varus équin. Si l’extrémité reste horizontale, cela tient à l’intervention des muscles.
Lorsque tous sont paralysés, les orteils s’abaissent ; le talon s’élève, les points d’insertion des muscles postérieurs se rapprochent. Or la substance musculaire possède une propriété indiscutée : toutes les fois que les points d'insertion d'un muscle sont rapprochés pendant un certain temps, sa nutrition souffre et il se contracture.
« Cette loi, dit l’auteur, est confirmée par nos
(1) Arcli. f. Klin. Chir., IV Bd, p. 495-97.
(2) Samml. Klin. Vortrüge , I, 1879.