MASSAGE DANS LES MALADIES DU TUBE DIGESTIF ET DE SES ANNEXES
Les phénomènes mécaniques de la digestion ont r une importance assez sérieuse pour qu’il soit per- * mis de supposer qu’un agent physique tel que le massage, capable d’augmenter l’énergie des contractions musculaires, a dû plus d’une fois rendre des services dans les troubles gastro-intestinaux.
C’est, en effet, comme excitant des mouvements péristaltiques qu’on l’a employé d’abord. Percy et Laurent, Georgii, Récamier, l’avaient recommandé i dans ce but.
Ces idées ont été adoptées il y a déjà longtemps en France, dans les pays Scandinaves, en Allemagne, en Russie. On emploie le massage de l’abdomen dans les affections du tube digestif et de ses annexes; Piorry conseillait les deux manœuvres adoptées encore aujourd’hui pour l’abdomen, Yefj leurage et le pétrissage. Le massage est en théorie d’une extrême simplicité; en pratique il exige des précautions rendant souvent son application délicate.
Certains de mes confrères l’ont compliqué en y ajoutant des mouvements variés et bizarres. J’ai fait mon possible pour le simplifier et je n’ai jamais eu à m’en plaindre. Chaque cas réclame des mo-
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difications légères des procédés habituels ; cette particularité n’est nullement propre à l’intestin, nous l’avons relevée à propos des articulations, des muscles et des nerfs.
Massage des organes abdominaux. — Voici comment je procède : le malade est placé dans le décubitus dorsal, la tête un peu élevée, les jambes fléchies.
’ Sa position doit être telle que le corps ne soit pas trop fléchi dans la région lombaire, sinon les viscères, en se pressant les uns contre les autres, augmenteraient la tension de la paroi abdominale. On recommande au malade de respirer régulièrement, on tâche d’attirer son attention, on le fait parler si c’est possible. Lorsqu’il est anxieux et attentif, il respire mal ; dans le cas contraire, sa respiration est presque toujous régulière.
Il vaut mieux faire le massage lorsque la digestion est peu avancée, c’est-à-dire deux ou trois heures après le repas.
Il faut qu’ii porte sur l’intestin même; pour cela on tâche de vaincre la résistance de la paroi abdominale qui se contracte au moindre effort. On y arrive sans difficulté chez les personnes qui n’ont pas trop d’embonpoint : chez les gens obèses et nerveux, à sensibilité et à fermeté exagérées delà paroi abdominale, c’est plus difficile. Dans ces cas il est bon de prendre les précautions que j’ai indiquées à propos du massage utérin et que je me propose de répéter un peu plus loin. De la patience, de la fermeté, de la douceur, voilà ce qu’il faut à celui qui entreprend de traiter les organes abdominaux par le massage.
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On saisit autant que possible entre le pouce etll les autres doigts une partie de la circonférence de‘ > la paroi du côlon et on la soumet à un pétrissage t: énergique, tout en procédant dans un sens opposé à I celui qu’on a suivi d’abord. Ces manoeuvres ne sont i pas applicables à la portion profonde du cæcum et I de l’S iliaque dépourvus de mésentère ou n’en ayant qu’un très court.
Certains praticiens essaient de saisir seulement un petit segment du côlon; cela n’est possible que si la paroi de l’abdomen est mince et souple ; autrement on n’a que cette paroi entre les doigts lorsqu’on croit tenir l’intestin. Dans la pneumatose habituelle du côlon cette manipulation est encore plus difficile.
Des séances quotidiennes de quinze à vingt minutes sont nécessaires. 11 est rare qu’après un traitement de quatre à six semaines on n’ait pas obtenu le résultat espéré ; dans quelques cas ce résultat se fait attendre deux à trois mois; si les conditions sont bonnes au début, l’amélioration est rapide ; j'ai noté parfois un mieux manifeste au bout d’une ou deux semaines.
Je ne crois pas que des contractions réflexes de la vésicule biliaire se produisent autrement qu'à titre passager.
constipation. — J’ai traité des constipations accompagnées d’un météorisme considérable chez les névropathes, surtout chez des hystériques et des hypocondriaques ; les résultats ont été en général très satisfaisants. L’hydrothérapie et l’électricité sont alors avantageuses. Les récidives sont plus fré-