‹ Formulaire général et complet ou Traité pratique de procédure civile et commercialeChapitre 3 sur 244 · VI AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

VI AVERTISSEMENT

va dans une élude apprendre ce que c'est qu'un acte et qu'une procédure. Un tel résultat est des plus fâcheux : le dédain de la théorie pour la pratique entraîne nécessairement après lui le dédain de la pratique pour la théorie. Ces deux branches d'une même science, qui ne devraient jamais s'écarter , puisqu'elles s'éclairent mutuellement, se séparent au grand détriment l'une de l'autre, et le droit et I^s affaires ce trouvent abandonnés auit mains les plus dangereuses, c'est-à-dire à celles de demi-savants.

« Pour rétablir cette alliance de la théorie et de la pratique , il faudrait joindre aux cours actuellement existants :

« 1** Un cours de procédure pratique et de dresse des actes;

« 2* Un cours de notariat, où l'on étudierait en même temps la législation du timbre et de l'enr^strement;

« 3** Des conférepces ;

« Justifions ces depoandes ;

« Ces deux cours de procédure formulaire et de notariat, qui pourraient vraisemblablement être confiés à un seul et même professeur qui consacrerait un semestre à chacun d'eux^ sont depuis longtemps demandés par les hommes d'expérience, et je ne crains pas de dire qu'ils seraient non-seulement d'une grande utilité pratiqiie, mais encore 4'uQ véritable intérêt pour la science.

« On a remarqué avant moi qu'il y a beaucoup moins de jurisconsultes que de médecins attachés à leur profession , beaucoup moins qui portent dans la vie réelle les préoccupations de la science : la raison en est dans ce lien étroit de là pratique et de la théorie que le médecin a toujours devant les yeux, et qui échappe à l'étudiant, tenu^ tout en étudiant la théorie^ en dehors de ses réalités. Sorti du cours, le médecin retrouve à la clinique, dans le laboratoire ou dans l'amphithéâtre, mille moyens, mille expériences qui viennent contrôler les idées que son professeur lui a données; sorti du cours, rien ne vient rappeler Tétudiant en d^foit au souvenir des leçons qu'il a reçues. Cette procédure traite continuellement d'actes incompréhensibles, parce qu'on ne les a pas sous les yeux; il faut se fatiguer la tête à comprendre des nullités imaginaires sur des actes inlisibles, c'est absolument vous faire une leçon d'anatomie sans avoir le cadavre sous les yeux ; aussi l'on sort du cours aveo ri()ée ferme que la procédure est un grimoire qui ne peut s'ap^ prendre qut par la {u atique^ et Von va griffonner des aotes chei

avc&tissemënt. vm

un ayoué, machinalement, sans se rendre compte des exigences de la loi et de la raison de ces eilgénces. On se jette à corpi perdu dans ce que la pratique a de plus matériel , et l'on dé* daigne et Ton prend en mépris des théories qu'on n'a pu comprendre, faute d'avoir la réalité W)«s les yeux.

« Bacon avait bien senti toute Timportancede ces éludes formidaires que l'école atort de dédaigner : «Recueillez, dit-il, dans « V Aphorisme 88, des formules diverses, particulières à chaque « nature d'affaires, car elles sont d'un grand intérêt pour la pra- « tique, et certes, elles découvrent les mystères et les oracles des « lois, n y a dans les lois bien des choses qui restent, en quelque ■ sorte, à Tétat latent, et que les formules font voir tout en détail; ff c'est la différence du poing fermé à la main ouverte {imtar pugni « a palmœ). »

(f Je ne crains pas de le dire, cette chaire, qui ne serait pas sans doute la première dans l'ordre scientifique , serait la pre« mière dans Tordre pratique, serait la plus immédiatement utile dans ses résultats, et confiée aui^ mains habiles de quelques praticiens, elle aurait r'unmense avantage d'introduire la science , et le raisonnement là ou jusqu'à ce jour n'a régné qu'une aveugle routine, quoique la rédaction des actes touche par mille points les intérêts de tous les citoyens. »

Nos anciens attachaient une grande Importance aux travaux des fQrmtdaires. Ils appelaient ces livres, style du palais; et c'était bien, il faut l'avouer, un style tout spécial. Les ouvrages de doctrine ne paraissaient complets à de savants auteurs qu'autant que la théorie s'éclairait de la pratique dans l'ouvrage lui-môme. D'hèricouut, FiGSAu, n'avaient pas dédaigné la formule, qui suivait chacune de leurs expositions scientifiques.

Certaioê vieux auteurs croyaient avQir élevé un monument^ quand ils publiaient un formulaire ; il serait assez curieux, pour juger de l'importance (|ui s'attachait à de «emblables publications^ de rappeler les divers jugements qui étaient portés dans les ouvrages de l'époque sur d'aussi motkstes travaux.

On ma permettra de consigner ici, comnie tradition des an*^ ans temps (1), quelques fragments des vieu^ praticiens :

(t) Bot unique, et sans espérance d^éloges, ée «omiêls ou de madrigaiu 4 la Ebfre de Tautetir du Formulaire de 185*2

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