CHRONIQUES
Symptômes.
Elles offrent pour caractères une couleur violette ou bleuâtre de la muqueuse, ou un pointillé rougeâtre avec un peu de gonflement.
Il y a, en outre, sensation d'ardeur et sécheresse dans la gorge : la déglutition est douloureuse et difficile, surtout en commençant de manger ; le chant, la parole, produisent de la fatigue, et des mucosités grisâtres agglomérées
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(réunies en boule) sont expulsées, non sans de grands efforts, par les malades.
Cet état peut se prolonger pendant des années entières.
Traitement.
Deux médicaments opèrent la résolution de ces affections ; ce sont : Hepar sulfur et Lachesis. Il faudra les administrer alternativement, tous les quatre jours seulement, à la 30e dilution d'abord, puis à la 100e.
Hepar sulfur, 30° dilution 6 globules.
Eau 90 grammes.
Lachesis, 30° dilution 6 globules.
Eau . . . . 90 grammes.
Doses. — Alterner ces deux médicaments, à la dose d'une cuillerée à bouche, de quatre en quatre jours, matin et soir.
Comme la préparation deviendrait très vieille en la donnant selon la formule, au lieu de mettre dissoudre les 6 globules à la fois dans les 90 grammes d'eau, on se contentera de mettre, tous les quatre jours, trois globules dans un verre, avec deux cuillerées d'eau, afin de prendre cela à la dose d'une cuillerée matin et soir ; de cette façon, on aura toujours le médicament à l'état frais.
Dès qu'on aura pris quatre fois de l'un et autant de l'autre (30e dilution), on les redonnera de la même manière, mais à la 100e dilution.
ART. 4. — ANGINE TONSILLAIRE OU AMYGDALITE
L'inflammation des amygdales est reconnaissable au gonflement, à la rougeur et à la dureté de ces glandes ; en outre, il y « chaleur et sécheresse de la gorge, avec difficulté plus ou moins grande d'avaler les aliments ou les boissons.
Elle peut être aiguë ou chronique.
Prost-Lacuzon. — Form. homœopath. 10
Symptômes.
Au début, chaleur et sécheresse de la gorge ; sensation douloureuse en avalant ; salive abondante et besoin d'avaler fréquemment, provoqué par l'augmentation du volume des amygdales.
Un jour ou deux après, tous ces symptômes augmentent d'intensité ; la déglutition devient impossible, et les liquides mêmes sont, par la contraction des muscles du larynx, expulsés au dehors par la bouche ou les narines.
Il y a toux, avec rej[et de mucosités visqueuses ; la bouche exhale une odeur putride ; la voix est sourde et enrouée ; les amygdales sont énormes, rouges, dures et enflammées ; elles sécrètent, ainsi que les parties environnantes, une matière jaunâtre, qui y adhère assez fortement.
Quelquefois, et même assez souvent,- l'inflammation n'atteint qu'une seule amygdale et est semi-latérale. A tous ces symptômes il s'ajoute, chez la plupart des malades, une douleur d'oreilles des plus vives ; les ganglions sous-maxillaires sont douloureux et engorgés ; il ya mal de tête, malaise, fièvre plus ou moins intense, avec soif et inappétence ; la bouche est pâteuse et la langue blanche.
Si le gonflement des amygdales devient tel qu'elles arrivent à se toucher par leur bord interne, de manière à mettre obstacle à l'entrée de l'air, le malade éprouve alors une anxiété extrême ; sa respiration est courte, gênée et fréquente; la face devient rouge, bouffie ou bleuâtre; les yeux sont saillants, et la mort peut survenir par suite d'asphyxie ou de congestion cérébrale.
Cependant, une pareille terminaison est très rare.
Cette maladie peut se terminer par résolution, par suppuration, par gangrène ou par induration. Quand elle
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se termine par suppuration, c'est toujours dans l'use ou dans l'autre des amygdales que le foyer de la suppuration s'établit ; alors, la moindre pression, le moindre effort, suffisent pour rompre les tissus et donner issue au pus, qui se vide dans la bouche.
La terminaison par gangrène se reconnaît à l'odeur cadavéreuse de la bouche, à la couleur brune, livide ou ar- v doisée de l'amygdale, qui se détache alors sous la forme d'une bouillie putride.
Si Ja maladie passe à l'état chronique (terminaison par induration), les amygdales conservent toujours une augmentation de volume et sont très dures ; la voix est sourde ou nasillarde ; il y a une dureté de l'ouïe plus ou moins grande, et l'haleine est fétide au réveil.
La durée de l'angine tonsillaire (des amygdales), ou amygdalite, est en moyenne de huit à douze jours.
Traitement.
Au début, on donnera d'abord : Aconitum (voyez la formule et la manière de l'administrer, à l'article Angine gutturale, page 142) ; puis, après en avoir fait usage pendant vingt- quatre heures, on administrera Belladona, comme elle est prescrite à l'article Ânginey en l'alternant avec Mercurius vivus ou Mercurius solubilis. (Voyez la formule, page 142.)
Si l'amygdale menaçait de passer à suppuration, ce qu'on reconnaîtra à un petit point blanchâtre qui se forme à sa surface, on donnera :
Baryta Carbonica, 12<? dilution. . . * 6 globules. Eau ••... 90 grammes.
Doses. — Une cuillerée toutes les quatre heures. Mercurius solubilis est l'antidote de Baryta carbonica.
Si l'angine ne se modifiait pas sous l'influence de "Baryta et que la suppuration menaçât de s'établir définitivement, on administrera :
Hepar •nllur, 12° dilution 6 globules.
Eau . . . 90 grammes.
~ Doses. — Une cuillerée à café toutes les trois heures.
. Antidotes. — Camomille, Belladone.
Si la gangrène se déclarait, et que Tune, ou même les deux amygdales en fussent frappées, on fera prendre au malade deux médicaments, qui sont: Lachesis et Arseni-
~cum album, un jour l'un, un jour l'autre, alternativement.
Lachesis, 12° dilution 6 globules.
Eau 90 grammes.
Arsenicum albnm, 42° dilution . . 6 globules. Eau 90 grammes.
Doses. — Alterner ces deux médicaments (un jour F un, un jour l'autre), à la dose d'une forte cuillerée à café de quatre en quatre heures.
Si l'angine se terminait par induration (état chronique), on donnera : Baryta carbonica, puis Calcarea carbonica et Sulfur alternés.
Baryta carbonica, 12° dilution ... 6 globules. Eau 90 grammes.
Doses. — Une cuillerée tous les matins et tous les soirs.
Répéter deux fois cette potion, aûn de prendre, par ce moyen, Baryta pendant six jours, puis passer ensuite aux deux autres médicaments déjà désignés, qu'on prendra ainsi :
Calcarea carhoolco, 12* dilution. . . 6 globules. Eau ........ 1 cuillerée.
Doses. — À prendre en-une seule fois,* le malin, et rester trois jours sans prendre de remèdes. Antidote. — Acidum nitri.
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Le quatrième jour, on administrera :
Salfar, 30° dilulion 2 globules.
Eu 1 cuillerée.
Doses, — A prendre en une seule fois, le matin.
Antidotes. — Camphre et Pulsatille.
Le quatrième jour, on reprendra de même Calcarea, et on continuera ainsi de quatre en quatre jours, en les alternant.
Si, par suite de la tuméfaction des amygdales, il y avait face bleuâtre, respiration embarrassée, avec menace d'asphyxie, on donnerait Arnica et Opium, alternés comme suit :
Arnica, 12° dilution 3 globules.
Mis à sec sur la langue, et un quart d'heure ou une demi-heure après, si cela ne produisait pas d'effet, on donnera :
Opium, 12° dilution 3 globules.
Mis à sec sur la langue, pour, s'il est nécessaire, revenir à Arnica, qu'on alternera ou donnera seul, selon le cas.
Si Arnica produit du bierir on le donnera seul, et on le * répétera tous les quarts d'heure ou les demi-heures, selon que le cas est ou non pressant.
Si Arnica ne produit rien, on passera à Opium, qu'on donnera seul, s'il soulage, ou qu'on alternera avec Arnica,: aux distances prescrites.
Antidote d'Arnica. — Cocculus.
Antidote d'Opium. — Plumbum metallicum.
Si l'asphyxie était tellement imminente qu'on ne pût attendre l'administration des médicaments ou le résultat de leur effet, il faudrait faire appeler un chirurgien, qui? extirperait une des amygdales, ou donnerait passage à l'air, au moyen d'une sonde appropriée à cet effet.
ART. 5. — ANGINE PSEUDO -MEMBRANEUSE OU DIPHTHÉRI- TIQUE, VULGAIREMENT APPELÉE ANGINE COUENNEUSE (GAN- GRENEUSE).
Cette angine, d'une nature toute spécifique, occcupe ordinairement le pharynx, les amygdales, les piliers et le voile du palais.
Elle est caractérisée par la formation d'une fausse membrane (ou peau) grisâtre, qui tend sans cesse à envahir les parties environnantes.
Cette angine règne souvent épidémiquement.
Symptômes.
Ils sont, au début, ceux de l'angine ordinaire ; puis, bientôt, on aperçoit sur les amygdales, le voile du palais, les piliers et le pharynx, des concrétions ou plaques grisâtres ou jaunâtres, irrégulières, offrant un aspect vernissé (ou luisant).
Les ganglions maxillaires sont engorgés, douloureux, et leur volume est plus ou moins augmenté.
Ces concrétions ou plaques s'accroissent souvent avec tant de rapidité, qu'elles peuvent envahir toute l'arrièrebouche en quelques heures, et même envahir les fosses nasales postérieures.
Ces concrétions ont leur circonférence bordée d'un liséré ou cercle rougeâtre ; quelques-unes se décollent et sont à demi flottantes ; elles offrent quelquefois une couleur noire ou brune, par suite d'une exsudation (ou épanchement léger) de sang qui s'est formé au-dessous d'elles, ce qui donne à l'haleine une odeur fétide et cadavéreuse. Les plaques qui se détachent sont aussitôt remplacées par d'autres, qui se reproduisent presque immédiatement.