‹ Formulaire thérapeutique et prophylaxie des maladies des enfants (volume 2)Chapitre 169 sur 363 · GO U RME · texte numérisé non relu

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ment général dépuratif, antiscorbutique, est sans objet.

Un degré de plus dans l’irritation secondaire, dans la profondeur de la culture, et nous avons Veclhyma disséminé avec croûtes plus ou moins épaisses, avec induration du derme, ou bien l’abcès sous-cutané, le furoncle,, Vadéno-phlegmon, toutes manifestations produites aussi par le staphylocoque, indiquant encore un traitement local, un pansement antiseptique.

Ce microbe banal a une prédilection marquée pour le terrain infantile, il y germe avec une facilité et une exubérance inquiétantes. La moindre irritation spontanée ou traumatique, une plaie légère, une brûlure, une égratignure pourra, chez l’enfant, se couvrir d’impétigo. Un eczéma sec ou suintant pourra s’impétiginiser et donner lieu ii des inoculations secondaires. L’eczéma légitime, ou mieux les eczémas, car il y en a plusieurs espèces, chez les enfants comme chez les adultes, sont aussi considérés comme des gourmes. Quand on a affaire à un enfant scrofuleux, issu de parents phtisiques, goutteux, arthritiques, quand cet enfant porte sur la face, sur le front, sur les joues, autour des orifices naturels, un eczéma rebelle, récidivant, permanent, chronique, on ne peut se défendre d’invoquer le tempérament morbide, ce nescio quiet qui, bien que caché dans les profondeurs de l’économie, régit les manifestations les plus superficielles. Lille parasitisme semble manquer, la maladie humorale parait évidente; l’eczéma ne serait-il alors qu’un exutoire naturel, servant à l'élimination des humeurs nocives, des toxines accumulées dans le corps de l’enfant? Certains faits donnent une apparence de bien fondé à cette théorie. Mais la clinique seule a parlé, la bactériologie et la chimie devront donner l'explication définitive.

Quoiqu’il en soit, quand on est en présence d’un en-

fant eczémateux, on ne doit pas se borner au traitement local, il faut instituer un régime et un traitement général convenables.

Chez les nouveau-nés et les nourrissons, la gourme est souvent invoquée à l’occasion de ces crasses de la tête, de ces écailles imbriquées formant calotte ou chapeau, mélange de sueur, d’épiderme, de séborrhée, de poussières atmosphériques, etc.

Ces crasses, qui n’ont rien de commun avec l’impétigo ni avec l’eczéma, ne s’observent que chez les enfants mal tenus, mal lavés, malpropres. Un nettoyage quotidien de la tête avec de l’eau tiède, de l'eau savonneuse, guérit ou prévient cette petite manifestation disgracieuse et désobligeante pour l’amour-propre des mères.

Quand on néglige les crasses delà tête, elles peuvent former des assises épaisses, des croûtes jaunes, inégales, odorantes, qui rappellent un peu le favus, et qui se compliquent souvent d'inflammation du cuir chevelu, d’adénites cervicales, etc.

Du côté des yeux, les enfants présentent très souvent des affections mises sur le compte de la gourme: c’est d’abord la conjonctivite simple aigue, catarrhale, qui est contagieuse, microbienne (Weeks) et se transmet aisément d’un enfant à l’autre ; elle guérit rapidement par des collyres et des pommades antiseptiques. C’est la conjonctivite et la kératite phlycténulaires qui sont produites par le staphylocoque et succèdent souvent à l’impétigo de la face. C'est la blépharo-conjonclivite et la kératite de la rougeole et des fièvres éruptives, reliquat s fâcheux d’infections diverses, pouvant se terminer par des opacités de la cornée. C’est l’ophtalmie purulente, maladie éminemment contagieuse qui entraîne parfois la perle d’un œil ou des deux yeux. C’est la

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blépharite chronique, la kératite interstitielle, l’ulcère de la cornée, qui dépendent peut-être d’un état général, d’une maladie héréditaire. L’eczéma des paupières est assez fréquent et provoque souvent la chute des cils. Toutes ces affections n’ont rien de gourmeux et demandent avant tout un traitement local, sans négliger les reconstituants généraux quand ils sont indiqués.

Du côté des oreilles, nous avons les eczémas suintants du sillon rétro-auriculaire, l’impétigo et l’eczéma du conduit auditif pouvant aller jusqu’à la caisse. Mais ce qui est fréquent surtout, c’est l’otorrhée provenant de l’arrière-gorge, c’est l’infection de la caisse par la trompe; cette otorrhée soit-disant gourmeuse, reliquat de rougeole, de scarlatine, de grippe, de fièvre typhoïde, de pneumonie, est une manifestation infectieuse ; dans le pus qui s’écoule, on retrouve, suivant les cas, le pneumocoque, le streptocoque, le staphylocoque, le bacille de la tuberculose. Là encore il ne saurait être question de gourme...

Du côté du nez, nous avons les eczémas de l’entrée des narines, le coryza chronique, les écoulements narinaires plus ou moins irritants, avec épaississement secondaire de la lèvre supérieure ; quand on guérit le coryza par un traitement local, l’épaississement labial diminue et disparait. Nous ne voyons pas encore la gourme. L’enfant a-t-il des maux de gorge, de l'hypertrophie des amygdales ou du I issu adénoïde pharyngonasal, on ne pourra pas dire qu’il a la gourme, car cela ne conduirait ni à une conception légitime, ni à un traitement efficace de la maladie, qui est locale, et qui appelle une intervention directe.

Il n’est pas jusqu’à la carie dentaire qui ne puisse donner aux mères prévenues l’apparence et le prétexte

de la gourme. Ou voit parfois la carie d’une molaire se traduire, sans fluxion, sans douleur, par une adénopathie sous-maxillaire qui peut être énorme. Avant de prononcer le mot de gourme, à plus forte raison celui de scrofule ou de tuberculose, on examinera la bouche de l’enfant.

Restent les adénopathies, les engorgements ganglionnaires sans manifestations locales appréciables ; l’enfanta des glandes sous les mâchoires, ou le long des sterno-mastoïdiens. S’il a des glandes sous-maxillaires, examinez ses dents, vous aurez souvent la clef du mystère. Si les ganglions sont angulo -maxillaires, voyez la gorge, les amygdales surtout. Si la chaîne sterno-mastoïdienne est prise, s’il y a un chapelet bilatéral et symétrique, étudiez le cuir chevelu, la nuque. Quelquefois vous ne trouverez rien, et alors vous conclurez ou bien que l’enfant a eu des manifestations cutanées dont il est guéri, ou bien qu’il est scrofuleux, lymphatique, ou bien encore qu’il a cette forme de tuberculose latente dévoilée par Legroux (mycropoly adénopathie).

Nous avons cherché partout la gourme et nous avons trouvé des affections locales : la phtiriase, l’impétigo, l’ecthyma, la séborrhée, les ophtalmies, les otorrhées, les coryzas, les adénopathies, les angines chroniques ; des tempéraments morbides, l’arthritisme, le lymphatisme ; une maladie infectieuse, la tuberculose.

Doue la gourme n’existe pas. Le traitement ne doit plus s’égarer sur la conception fausse d’une entité morbide vague et légendaire.

11 faut qu’il soit local toujours, parce qu’il y a toujours quelque manifestation locale cutanée ou muqueuse qui attire l’attention, et général quelquefois, quand il y a un tempérament morbide ou un trouble de la santé accompagnant, compliquant ou comman-

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