‹ Formulaire thérapeutique et prophylaxie des maladies des enfants (volume 2)Chapitre 282 sur 363 · OUIN IJ L'IN A ET QUININE · texte numérisé non relu

OUIN IJ L'IN A ET QUININE

Le quinquina gris est à la fois amer et astringent, mais peu fébrifuge.

Le quinquina rouge a des propriétés mixtes.

Si le quinquina agit comme cordial et tonique, c’est à la condition d’être toléré et de ne pas exercer d’action irritante sur les voies digestives ; il ne convient qu’aux estomacs solides. Il est échauffant, provoque la constipation et parfois aussi des pesanteurs d'estomac, des gastralgies, des vomissements.

Comme antithermique, son action est faible. On verra que le champ de ses applications dans l’enfance est assez restreint.

INDICATIONS ET CONTRE INDICATIONS

En général il faut être sobre, chez les enfants, des préparations de quinquina, à cause de leur faible efficacité et de leur action irritante sur les voies digestives.

Dans la première enfance surtout, chez les nouveaunés, chez les enfants à la mamelle, avant et même après le sevrage, il ne faut pas songer au quinquina.

Dans l’esprit du public, quinquina = fortifiant. Un enfant est-il pâle, faible, délicat, vient - il mal, on en conclut qu’il lui faut des fortifiants, et, au lieu de redresser son régime alimentaire défectueux, on pense immédiatement à luidonnerdu vin de quinquina L’effel de cette préparation ne se fait pas longtemps attendre, mais il est loin d’être encourageant ; l’enfant perd le peu d’appétit qui lui restait, il souffre de l’estomac, va péniblement et rarement à la selle, sa faiblesse augmente; les parents abusés croient à l'insuffisance des doses, tout va de mal en pire jusqu’au jour où un médecin mieux avisé et mieux écouté vient changer la direction du traitement.

Ce n’est pas seulement dans la première enfance que le quinquina peut nuire; ses méfaits s’étendent à des collégiens, à des jeunes filles, dont la croissance se fait mal, dont l’effort vers la puberté est traversé par des atteintes d’anémie, de chlorose, de dyspepsie.

C’est à l’àge de dix, quinze ans, que les enfants sont surtout exposés, avec la complicité de leurs parents, et parfois de leurs médecins, à de véritables débauches de vin de quinquina.

M. Jules Simon a réagi avec raison contre cette tendance fâcheuse, il a montré que le vin de quinquina, par son alcool, par ses sels, était irritant pour l’estomac, qu’il provoquait ou aggravait les troubles dyspeptiques et nerveux contre lesquels il était dirigé : anorexie, pyrosis, dyspepsie, vertiges, céphalée, insomnie, etc.

Il faut donc être très réservé dans l’administration du vin de quinquina chez les enfants, et s’en abstenir chez tous ceux qui sont trop jeunes ou trop nerveux, trop excitables, ou pourvus d'un mauvais estomac.

Si l’on a recours aux préparations de quinquina, il faut insister sur le moment précis de l’ingestion.

Le vin de quinquina ne sera jamais pris à jeun, avant le repas, mais pendant ou après (après le potage, au dessert).

Sous le bénéfice de ces contre-indications et de ces réserves, les préparations de quinquina conviennent aux enfants délicats, anémiques, atoniques, cachectiques, ayant souffert de manifestations malariennes; aux hémophiliques, aux rhumatisants, asthmatiques, migraineux, à ceux qui sont atteints de maladies infectieuses adynamiques (fièvre typhoïde, pneumonie, broncho-pneumonie, etc.).

QUINQUINA ET QUININE

MODE D’ADMINISTRATION ET DOSES

L’extrait de quinquina, dans les fièvres et les états adynamiques, se prescrira en potion, à partir de l’âge de trois ou quatre ans, à la dose de 1 à 4 grammes en vingt-quatre heures :

% Extrait do quinquina 2 grammes.

Extrait de réglisse G

Sirop d’écorces d'oranges amères. . 20

Cognac 20 —

Eau distillée 00

Par cuillerées à potage de 2 en 2 heures.

Le vin de quinquina se donnera, au milieu ou à la lin du repas, à partir de six ou sept ans, à la dose de 2 5 à 50 grammes par jour (1 cuillerée et demie à 3 cuillerées).

Le sirop de quinquina servira à édulcorer les potions des enfants du premier âge, à la dose de 20 à 30 grammes :

% Eau distillée 40 grammes.

Acétate d’ammoniaque 2

Rhum 10

Sirop de quinquina 20 —

Une cuillerée à café d’heure en heure.

Dans la dyspepsie des anémiques, on pourra, à l’exemple de .Iules Simon, donner une pincée après chaque repas de la poudre suivante:

% Poudre de quinquina jaune.

r-\ . ; au. • i w

Orate préparée )

Rhubarbe S

Sous-carbonate de fer 4

grammes.

MALADIES DES E N F A N T S

Ou bien XX gouttes avant chaque repas de la mixture suivante dans un peu d’eau de camomille :

% Teinture de quinquina 20 grammes.

— de gentiane . . . ) „

— de cascariUe. . . j aa" ‘ ‘ ,J

— de benjoin 2 —

— de noix vomique 1 —

Pour l’usage externe, on peut se servir, comme poudre dentifrice, d’un mélange de quinquina gris ou rouge et de charbon aromatisé avec de l’essence de menthe (III ou IV gouttes).

Pour panser les plaies atoniques, on pourra user de cette vieille formule :

% Poudre de quinquina rouge. \ Poudre de charbon. . . . j u* Camphre pulvérisé

10 grammes.

Mais, pour ce qui est de l'usage interne des préparations de quinquina, soyons très modérés chez les enfants, et d’autant plus qu’ils seront plus jeunes.

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