‹ Formulaire thérapeutique et prophylaxie des maladies des enfants (volume 2)Chapitre 298 sur 363 · Lester Carr, Acad, de méd . de New-York · texte numérisé non relu

Lester Carr, Acad, de méd . de New-York

SCROFULE

(oranges, raisins). Lester Carr ajoute les lavages de la bouche faits avec le jus d’orange.

On pourrait mêler au lait destiné à l’enfant 3 cuillerées à café par jour de la solution suivante :

% Eau bouillie 60 grammes.

Sirop tar trique 20

Extrait de ratanhia 2 —

Bains salés quotidiens de cinq minutes de durée.

SCROFULE

La scrofule est une diathèse héréditaire (arthritisme, scrofule, tuberculose des ascendants) qui se caractérise par l’engorgement des ganglions lymphatiques, l’épaississement des lèvres, le coryza chronique, les eczémas tenaceset récidivants du nez, des paupières, desoreilles, les kérato-conjonctivites et otites chroniques, etc. Pour le traitement de ces manifestations diverses, on se reportera aux mots : Adénopathies, coryza, blépharites,

KÉRATITES, OTITES, ECZÉMA, PHARYNGITE, BRONCHITE CHRO- NIQUE, etc.

Je ne traiterai ici que de l’état général, du tempérament morbide qui provoque, favorise ou entretient ces affections locales.

11 y a deux types de scrofuleux : le type gras, floride, et le type maigre, cachectique. Le diagnostic différentiel avec la tuberculose se fait par l’examen histologique, bactériologique, expérimental. C’est grâce au microscope, aux cultures, à l’inoculation aux animaux, que Yillemin, Koch et leurs émules ont pu démembrer la scrofule et lui enlever les ganglions caséeux, les tumeurs blanches, le lupus, les gommes, etc.

Certaines lésions syphilitiques tertiaires simulent la

scrofule ; on les reconnaîtra aux résultats fournis par le traitement spécifique.

TRAITEMENT

Le traitement local est étudié dans divers articles de cet ouvrage, je n’ai pas à y revenir. Le traitement général s’applique à tous les cas, et son importance est de premier ordre. 11 fait appel à deux ordres de moyens : les agents médicamenteux et l’hygiène.

Médicaments. — Parmi les médicaments employés contre la scrofule, il faut placer, avant tous les autres, l’huile de foie de morue, qu’on devra donner à haute dose (1, 2, 3, 4, 5 cuillerées à soupe par jour, suivant l’âge et la tolérance des sujets). Si l’huile n’est pas acceptée pure, on la mêlera à d’autres corps moins répugnants, on en fera des émulsions plus ou moins agréables :

% Huile de foie de morue. .

Eau de chaux

Saccharine

Essence d’amandes amères

(Monin.)

En Angleterre, on associe l’huile de morue à l’extrait de malt dans la proprtion de 30, 40, 50 p. 100.

Eisenschitz corrige le goût de l’huile de morue de la façon suivante :

% Huile de morue 100 grammes.

Saccharine 0 gr. 40.

Éther acétique 2 grammes.

On peut encore ajouter, à la place de l’éther acétique, deux gouttes d’essence de menthe poivrée, ou de cannelle, ou d’éther de fraises.

aa. . . 500 grammes.

SCROFULE

Il faut préférer l'huile fauve aux autres variétés, malgré ou à cause même de son impureté, car elle contient des alcaloïdes (A. Gautier) dont l’action est favorable.

Pendant l'hiver, l'huile de morue est généralement bien acceptée; en été, elle devient indigeste, et on peut la couper avec des sirops antiscrofuleux, ou la remplacer par ces sirops, qui sont : le sirop antiscorbutique, le sirop de raifort iodé, le sirop iodo-tannique, le sirop d’iodure de fer.

L’iode, en effet, a toujours joué un grand rôle dans la thérapeutique delascrofule, soit pur, soit combiné au potassium. La dose de ces sirops sera moindre que celle d’huile de foie de morue (1 à 1 cuillers à café par jour, suivant l’âge).

Le sirop de raifort composé ou antiscorbutique a pour formule :

% Feuilles fraîches de cochléaria. )

— — de cresson . , S7t .

Racines fraîches de raifort. . ’ Feuilles sèches de menyanthe. . . .

Ecorces d’oranges amères

Cannelle de Ceylan

Vin blanc

Sucre blanc

Le sirop de raifort iodé s'obtient en ajoutant au précédent la grammes d’alcool à 90" et I gramme d iode pour 98o grammes de sirop.

Le sirop iodo-tannique de Guilliermond est composé de :

% Iode . . 2 grammes.

Extrait de ratanhia 8

Voici d’autres formules :

% Iodure de potassium 2 grammes.

Teinture d’iode 1

Tannin 1 —

Sirop de quinquina 50 —

Julep gommeux 150 —

Trois à quatre cuillerées par jour.

(Guibourt.)

% Chlorhydrate d’ammoniaque .... 3 grammes.

Iodure de potassium 5 —

Sirop antiscorbutique 45

Ilydrolat de laitue 100 —

Une cuillerée à café matin et soir.

(Guépin.)

% Iodure de potassium 6 grammes.

Iode 0 gr. 40.

Teinture de cardamome 25 grammes.

Sirop de salsepareille composé. . . 75 —

Une à deux cuillerées à café.

(Gallois.)

ou bien :

% Iodure de potassium 4 grammes.

Extrait de quinquina 2 —

Infusion de pensées sauvages. ... 80

Sirop antiscorbutique 20

Une cuillerée à potage le matin à jeun.

% Iodure d’amidon soluble 1 gramme.

Eau distillée 35 —

Sucre blanc 64 —

Deux à quatre cuillerées à café .

(Soubeiran.)

% Iodure de potassium 15 grammes.

Tartrate de fer ammoniacal 18 —

Sirop de gentiane . ... I

— de quinquina. . . . : Sa. . . 300 —

— d’écorces d'oranges. '

Trois cuillerées par jour dans une tisane.

(Boinet.)

SC li 0 FU UE.

% Induré de potassium . . . )

Teinture d'iode ) aa

Sirop de gentiane )

— de quinquina. . . . ( <l

2 grammes.

Une à deux cuillerées à café par jour.

(Verneuii,.)

On a donné l’iodure de potassium en pilules :

% Iodure de potassium . . . .

Extrait de feuilles de noyer.

Poudre de feuilles de noyer

aa. 5 grammes, q. s.

Pour 10 pilules; trois par jour.

Il y a plus d'un siècle que le chlorure de baryum a été prescrit dans la scrofule; il est presque abandonné :

% Chlorure de baryum . . . ) ~

Sulfate ferreux J aa

Hydrolat de cannelle. . . 1 ~ Sirop d’écorces d’oranges, j

2 grammes.

Cinq à dix grammes dans un julep.

(Hufei.and.)

% Chlorure de baryum 0 gr. 50.

Extrait de gentiane 0 gr. 50.

Poudre de quinquina q. s.

Pour 100 pilules; quatre par jour.

On donne encore le sirop de noyer et les composés suivants :

% Sirop de raifort composé 50 grammes.

Eau de menthe 100

Alcoolat de cochléaria 10 —

Acide citrique 1 —

Trois cuillerées à dessert par jour.

% Sirop de gentiane 1

— de quinquina . . . . J Sa . . 500 grammes.

— d’écorces d’orange. . ]

Trois cuillerées par jour.

% Sirop de quinquina 100 grammes.

— de rhubarbe 50 —

Teinture de gentiane 6 —

Deux cuillerées à café par jour.

(Debreyne.)

Sommerbrodt a prescrit la créosote à dose relativement élevée : au-dessus de 7 ans, 1 gramme par jour en capsules, dans du lait ou du vin ; au-dessous de 6 ans, on commence par une goutte dans le lait ou le vin, pour arriver à 50 ou 75 centigrammes. Ces remèdes, dont il ne faudra pas abuser, et qu’il faudra supprimer en cas d’intolérance, seront souvent moins efficaces que les bains de mer ou le simple séjour au bord de la mer. Les scrofuleux torpides se trouvent admirablement bien du traitement maritime et guérissent dans une grande proportion à Berck-sur-Mer, Margate, Scheveningue, Arcachon, Banyuls, Pen-Bron, Giens, et dans tous les sanatoria maritimes de France ou de l’étranger.

Mais si les enfants sont nerveux, excitables, s’ils ont des bronchites, des ophthalmies, on les enverra dans les stations minérales chlorurées sodiques : Salies-de- Béarn, Salins, Balaruc, Bourbonne, Bourbon-Lancy, Bourbon-l’Archambault. Quelques-uns se trouveront mieux des eaux sulfureuses: Uriage, Luchon, Cauterets, Bagnères-de-Bigorre, Allevard, Challes, Saint-Honoré, Eaux-Bonnes, Engbien.

D’autres seront grandement améliorés et remontés par la Bourboule, qui est à la fois chlorurée sodique et arsenicale. Ceux qui ont des eczémas suintants pourront être dirigés sur Sail-les-Bains.

Hygiène. — L’enfant scrofuleux sera, autant que possible, éloigné des villes et habitera la campagne; il prendra de l’exercice, sortira le plus possible, se livrera aux jeux de plein air, à la gymnastique. On le soumettra

SEBORRHEE.

aux frictions sèches ou stimulantes, aux bains salés, aux douches froides; on agira par des stimulations incessantes sur sa peau.

En même temps, on veillera sur sa nourriture, qui devra être abondante, riche en azote, en graisses, en phosphate.

Aux plus jeunes sujets on donnera le lait phosphaté naturel, le lait iodé, qui leur servira à la fois d’aliment et de médicament reconstituant.

Les enfants menacés de scrofule de par l’hérédité seront soumis aux mêmes prescriptions hygiéniques. Les enfants issus d’une mère tuberculeuse ou scrofuleuse seront confiés à une nourrice saine, qui les sévrera le plus tard possible; ils vivront le plus possible à la campagne. Si l’on pouvait empêcher les unions entre scrofuleux et tuberculeux, on ferait une bonne prophylaxie de la scrofule.

SÉBORRHÉE

Sous le nom de séborrhée, ilux sébacé, on comprend les lésions de la peau déterminées par l’hypersécrétion des glandes de la peau, et en particulier des glandes sébacées. Chez l’adulte et dans la seconde enfance, la séborrhée affecte surtout le cuir chevelu ( pityriasis capitisj. Dans la première enfance, la séborrhée est plus humide et forme des dépôts crasseux ou croûteux sur le cuir chevelu et la face (croûtes de lait, croûtes sèches, etc.).

Chez les nourrissons malpropres, il est commun de voir le crâne recouvert de croûtes sales, noirâtres, imbriquées comme des écailles de poisson, et formant une

véritable calotte. Sous ces croûtes, la peau est humide, rouge, mais non ulcérée ni enflammée. Cependant, l’inflammation peut survenir à la longue et l’eczéma vient compliquer la séborrhée.

TRAITEMENT

Contre la séborrhée humide, croûteuse, l’hygiène suffit : on recommandera la propreté, c’est-à-dire les lavages fréquents, quotidiens de la tête, les onctions avec une pommade inerte :

% Vaseline pure 30 grammes.

Oxyde de zinc 3 —

On interdira l’usage des bonnets qui provoquent la transpiration et entretiennent la saleté. S’il y a des erreurs de régime, on les rectifiera, on supprimera les aliments donnés prématurément, les légumes, viandes, liqueurs fermentées, et on reviendra à l’allaitement exclusif.

Contre la séborrhée sèche ou pityriasis du cuir chevelu, avec alopécie, on prescrira les frictions quotidiennes avec :

% Glycérine 50 grammes.

Alcool 20 —

Eau 20 —

Borax 4 —

ou bien :

% Rcsorcine 1 gramme.

Eau de Cologne 30 —

Glycérine 10 —

Alcool 10 —

Teinture de cantharides 1 —

Eau distillée 50 —

Page 1