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semencements, et d'envoyer les tubes caserne Lobau, pour recevoir le lendemain le diagnostic désiré.
Sans parler des laboratoires des hôpitaux et de la Faculté, qui peuvent aussi rendre le même service, le Conseil municipal s’est engagé à installer un service public et gratuit de bactériologie dans le laboratoire de la Ville de Paris dirigé par le docteur Miquel ; un crédit de 10 000 lrancs a été voté dans ce but.
Pour faire les examens bactériologiques qui, logiguement, doivent précéder la sérumthérapie, puisque les statistiques les plus sérieuses nous apprennent que, sur 100 cas d’angines ayant l’apparence de la diphtérie,
au moins sont des fausses diphtéries, on procédera de la façon suivante :
1° Examen direct et immédiat des fausses membanes. On détache une parcelle pseudo-membraneuse, on l’assèche avec un peu de papier-buvard, on la frotte sur une lamelle, on passe trois ou quatre fois sur la flamme d’un bec de gaz ou d’une lampe à alcool, et on laisse tomber II à 111 gouttes de bleu de Roux ou de bleu de Lœffler; on laisse l’imprégnation se faire pendant une minute et on enlève l’excès de matière colorante par l’immersion rapide dans l’eau. On examine avec l'objectif a immersion.
Le bleu de Roux a pour formule:
; Violet de dahlia I gramme.
A ' Alcool à 00» 10
( Eau distillée bouillie 90
[ Vert de méthyle 1 gramme.
B J Alcool à 90° 10 —
( Eau distillée bouillie 90 —
On mêle un tiers de la. solution A avec deux tiers do la solution B.
Le bleu de Lœffler est composé de :
Solution alcoolique saturée de bleu
de méthyle 1 gramme.
Solution d’hydrate de potasse .... 3 —
S’il y a des bacilles de la diphtérie, on voit de petits bâtonnets jetés comme des paquets d’aiguilles, rappelant des caractères cunéiformes.
Les streptocoques se présentent sous forme de petits grains réunis en chaînettes de deux à neuf éléments.
Les staphqlocoques représentent comme des grappes de raisin ou des pyramides de grains.
Le coccus Brisou forme de petits amas de grains au nombre de deux ou trois ou plus, ces amas sont arrondis. Ces divers microbes peuvent être mélangés [associations). L’association du bacille de Lœfller avec le streptocoque est la plus redoutée.
2° Examen après culture. S’il n’y a pas de fausses membranes, on a recours aux cultures; pour cela on prend un fil de fer recourbé en spatule, on flambe l’extrémité recourbée au gaz ou à la lampe à alcool, on laisse refroidir et on va toucher le fond delà gorge ; on porte ensuite dans le tube de sérum gélatinisé et on fait plusieurs stries parallèles. Le tube ainsi ensemencé est porté à l’étuve à 37°, où, en moins de vingt-quatre heures, s’il s’agit de diphtérie, on aperçoit des colonies blanc grisâtre arrondies et régulières, qui, traitées par les colorants indiqués plus haut, ne laissent aucundoute.
Le streptocoque donne un semis punctiforme ; le staphylocoque, des traînées irrégulières qui se développent plus tardivement que la diphtérie.
Ces examens permettent de dire : 1° s'il y a diphtérie; 2° si cette diphtérie est pure ; 3° si elle est associée avec d’autres microbes, tous renseignements très utiles poulie pronostic et pour le traitement.
La diphtérie est avérée; pour peu que le cas soit sérieux, on aura recours à l’injection de sérum, qu’on répétera ou qu’on ne répétera pas suivant les instructions données plus haut.
SERUMTHEKAPIE.
Aucune forme de diphtérie ne contre-indique le sérum ; que la diphtérie soit simple, qu'elle soit compliquée de paralysie, d'albuminurie, d’hémorrhagies, de broncho-pneumonie, il faut injecter du sérum.
L’injection aura d’autant plus de prise sur la maladie qu’elle interviendra plus tôt. Il faut agir résolument et agir vite .
Si l'enfant est tuberculeux, il est exposé à avoir des poussées congestives dangereuses qui font hésiter certains médecins dans l’emploi du sérum, et dans les doses à employer.
11 est certain que la tuberculose pulmonaire préexistante aggrave le pronostic delà diphtérie ; mais elle ne contre-indique pas absolument la sérumthérapie, elle impose seulement une prudence plus avisée dans le dosage et une surveillance plus grande dans les effets. Les autres diphtéries secondaires i rougeole, scarlatine, coqueluche, etc.), seront traitées parle sérum, comme les diphtéries primitives. J’ai vu guérir par le sérum, dans mon service, trois cas très graves et très inquiétants de diphtérie consécutive à la rougeole, dont deux avec croup. Cela permet d’espérer que la sérumlhérapie atténuera grandement le pronostic des diphtéries secondaires, autrefois si meurtrières et si justement redoutées.
Aucune contre-indication tirée de l’àge des enfants; seulement on proportionnera les doses de sérum, dans une certaine mesure, au poids des enfant; mais la gravité des cas prime l’âge et le poids des malades.
Tous les accidents qui ont été' imputés à la sérumthérapie, et qui, pour la plupart, n’en dépendent pas, tels que paralysies, albuminuries , éruptions, accidents méningi tiques, troubles cardiaques, art hropalhies, /livres secondaires, etc., ne sauraient arrêter le médecin ; aucune
de ces complications ne peut contre-indiquer l’emploi du sérum.
La question la plus discutée est celle des injections préventives faites dans l’entourage du malade ; elles semblent avoir réussi dans plusieurs épidémies de famille et de maison.