OREILLONS
Les oreillons se rapprochent des fièvres éruptives par leur contagiosité, leur marche rapide, l’absence de récidives. Le microbe des oreillons a été entrevu par Capitan et Charrin, Laveran et Catrin.
L’incubation est longue (20 jours en moyenne); l’invasion passe souvent inaperçue et le gonflement d’une parotide est le premier signe relevé dans beaucoup de cas. Le gonflement reste bien rarement unilatéral, il atteint très vite, mais successivement, les deux côtés. Parfois il gagne les glandes sousmaxillaires et même les sublinguales.
Los innombrables complications observées chez les adultes sont rares dans l’enfance (orchites, néphrites, mammites, accidents pseudo-méningitiques, etc.).
Le diagnostic est généralement facile ; la parotidite aiguë des fièvres graves se distingue par son unilatéralité, sa terminaison suppurative, les circonstances qui l’ont précédée. L’adénite pré-auriculaire et sous-maxillaire se présente avec un gonflement plus limité, plus dur, moins régulier, moins œdémateux ; elle succède à des lésions cutanées ou buccales qu’on peut retrouver ; elle n’est pas bilatérale et symétrique comme les oreillons.
TRAITEMENT
Dans les cas simples, il suffit de garder l’enfant à la chambre, de lui envelopper de coton les parties malades, de lui faire quelques onctions avec le baume tranquille. S’il a de fortes douleurs d'oreilles, de l’agitation, de l’insomnie, on donnera un peu de chloral :
% Hydrate de chloral 0 gr. îiO.
Sirop de fleurs d’oranger 30 grammes.
Eau de menthe 30 —
Prendre le soir en se couchant.
Si l’enfant ne peut avaler, on lui fera prendre le lavement suivant :
% Hydrate de chloral 0 gr. 50.
Lait tiède 100 grammes.
Quand le gonflement des parotides est très prononcé, on peut faire des frictions avec :
% Glycérolé d’amidon 20 grammes.
Onguent napolitain . 2 —
Suliatc de morphine 1 —
S’il y a beaucoup de fièvre, on donnera un peu de quinine (25 à 50 centigrammes en cachet ou dans un peu de café sucré).
Si l’hyperthermie se complique de délire, d’ataxo-adynamie, on aura recours aux bains froids (20°) et à la potion suivante :
% Teinture de musc X gouttes.
Teinture de valériane X —
Bromure de potassium 1 gramme.
Sirop de menthe 40 —
Eau distillée 80 —
Par cuillerées d’heure en heure.
Quelques auteurs ont essayé les vésicatoires, la glace, les massages loco dolenti, mais sans aucun profiL.
Si la face est très congestionnée, on donnera un bain de pieds sinapisé, un purgatif :
3* Sulfate de soude 10 grammes.
Infusion de séné 20 —
Sirop de gomme 100 —
A prendre en une fois le matin à jeun.
On traiterait l’orchite par le repos absolu au lit, la suspension sur une planchette, les compresses antiseptiques(boriquées).
Chez tous les enfants atteints d’oreillons, il convient défaire l’antisepsie naso-bucco-pharyngée, .pour prévenir les complications (pulvérisations ou irrigations deux ou trois fois par jour avec l’eau bouillie, l'eau boriquée, etc.).
L’anémie de la convalescence comporte l’usage des préparations ferrugineuses et amères (sirop d iodure de fer, quinquina), de l’huile de morue, des bains de mer.
Les oreillons sont contagieux avant l’apparition du gonflement parotidien et peut-être aussi pendant la convalescence ; c’est-à-dire que l’isolement devra être assez long (trois ou quatre semaines), pour se mettre à l’abri de la dissémination.
On a nié l’utilité de la prophylaxie en ce qui concerne les enfants, chez lesquels les oreillons évoluent toujours simplement, sans gravité, sans orchite; il y aurait même bénéfice à contracter les oreillons dans l’enfance, pour se mettre à l’abri des oreillons plus dangereux de l’àge adulte.
Cependant, il n’est pas possible d’assister les bras croisés à la propagation d’une épidémie ourlicnne dans les collèges et les pensionnats : il faut licencier les élèves et désinfecter les locaux. Dans les casernes, la question est résolue, et il faut instituer une prophylaxie sévère : isolement absolu et prolongé des premiers cas, désinfection des chambrées, etc.