TÉNIA
Un médecin étranger a eu l’idée d’associer, dans la même formule, les meilleurs ténifuges :
% Extrait éthéré de fougère mâle. . ) ~ n
— racines de grenadier . ) °
Fleurs de kousso 20 grammes.
Miel 20 —
On divise cet électuaire en 3 parties qu’on fait prendre à jeun, à 10 minutes d’intervalle, et on donne 15 ou 20 grammes d’huile de ricin une heure après.
Comme toujours, on recommande à l’enfant d’aller à la selle sur un seau plein d’eau tiède pour éviter la rupture de l’helminthe.
Chamberlin formule ainsi pour les jeunes enfants :
% Alcool chloroformé à 10 p. 100 . . j
Essence de térébenthine > ââ. . .
Extrait éthéré de fougère mâle . . 1 Glycérine
2 grammes.
Une cuillerée à café d’heure en heure.
Un médecin russe, le Dr Schmidt, conseille, pour les enfants qui seraient atteints de bothriocépliale, des pastilles à l’oxyde de cuivre :
% Oxyde noir de cuivre
Craie préparée
Carbonate de magnésie. . . .
Gomme adragante
Glycérine
Sucre
Eau
5 grammes.
F. s. a. 50 pastilles, en prendre 2 ou 3 par jour.
Quel que soit le remède employé, il arrive trop souvent qu’on ne réussisse pas à obtenir la tête; d’où récidive à courte échéance, formation de nouveaux anneaux, etc.
En pareil cas il faut attendre deux ou trois mois avant de soumettre l’enfant à une nouvelle cure.
On pourra alors ou changer de médicament, ou bien le prescrire à dose plus forte.
De tous les anthelminthiques actuellement connus, celui qui mérite le plus de confiance est la fougère mâle.
Je suppose qu’on se trouve pour la première fois en pré-
scnce d’un enfant, qui n’a pas rendu d’anneaux, de rubans de ténia, mais qui présente des troubles digestifs mal définis, ou des troubles nerveux inquiétants, spasmodiques, bystériformes ou épileptiformes. En pareil cas on est souvent poussé par les parents, par l’entourage, à incriminer les vers, le ténia comme les ascarides.
Sans partager absolument la croyance populaire, on peut bien, il n’y a pas d’inconvénient à le faire, suivre le courant et prescrire un anthelminthique.
S’il y a un parasite, on le verra bien; et s’il n’y en avait pas, l’enfant ne s’en trouvera pas plus mal.
Dans les pays où sévit l’helminthiase, on ne manque pas d’avoir recours fréquemment aux médicaments ténifuges, et l’on fait bien.
Donc on devra agir non seulement quand on aura sous les yeux le corps du délit, c’est-à-dire les anneaux du lénia, mais encore quand on soupçonnera sa présence dans l’intestin.
Pour ce qui regarde la prophylaxie, il faut combattre la tendance qu’ont les parents à donner à leurs enfants des viandes crues ou imparfaitement cuites. La viande saignante est inutile et elle peut être dangereuse ; en fait, la viande de bœuf, à Paris, donne très fréquemment le ténia; pourquoi ne pas exiger sa cuisson complète?
Si la viande crue est formellement indiquée par un état morbide quelconque, la viande de mouton ou de cheval sera préférée à celle du bœuf; elle a sur cette dernière le grand avantage de n’être jamais infectée par la tuberculose et 'par l'helminthiase.
TERREURS NOCTURNES
Les terreurs nocturnes ( pavor nocturnus ) sont constituées par des accès subits de frayeur surprenant l’enfant pendant son sommeil.
Tout à coup, au milieu de la nuit, il s’assied sur son séant, poussant des cris, ne reconnaissant pas les personnes de son entourage, en proie à quelque vision terrifiante ou à quelque hallucination de l'ouïe. Les yeux sont généralement ouverts
TERREURS NOCTURNES
et fixes. Aucune caresse, aucune parole rassurante ne peut dissiper les alarmes du petit sujet. Mais au bout de quelques minutes il se rendort, et le lendemain il n’a plus le souvenir de ce qui s’est passé.
Cette névrose bizarre appartient à l’enfance, et spécialement à la seconde, on la rencontre depuis le sevrage jusqu’à 7 ou 8 ans.
Plus tard l’enfant peut bien avoir des cauchemars, des rêves effrayants, il n’en devient pas la proie et il peut réagir.
Les accès de terreur se succèdent, plus ou moins rapprochés, suivant les cas. Quelques enfants n’en ont que de loin en loin; d’autres en ont presque toutes les nuits et même plusieurs fois par nuit. On en voit même qui en ont pendant le jour, s’ils dorment pendant le jour. Dans un cas de Moizard, l’enfant avait son accès toutes les nuits, à la même heure, pendant plusieurs semaines. Cette intermittence est rare, et d’ordinaire l’irrégularité la plus grande préside au retour des accès.
Avec l’âge, les terreurs nocturnes s’en vont et la guérison est complète; mais ces accidents révèlent un tempérament nerveux qu’il faut savoir appréciera sa juste valeur.
On a dit que les enfants atteints de terreurs nocturnes étaient des névropathes héréditaires, des dégénérés, des hystériques, des épileptiques en germe (A. Ollivier).
Sans doute les terreurs s’observent chez ces malades; mais elles peuvent survenir indépendamment d’une tare nerveuse bien accusée, d’une hérédité neuro-pathologique formelle.
Et d’abord il faut bien reconnaître que les terreurs nocturnes peuvent être purement accidentelles et provoquées par une intoxication médicamenteuse ou alimentaire. La belladone, la quinine peuvent entraîner des frayeurs nocturnes; une indigestion, un repas trop copieux, l’ingestion de boissons en excès ou trop alcooliques, l’abus du thé et du café auront le même etfet. J’ai pour ma part vu bien souvent les terreurs nocturnes survenir chez des enfants dyspeptiques, atteints de dilatation de l’estomac, gros mangeurs, grands buveurs, etc. Chez ces enfants, dont les fonctions digestives laissaient tant à désirer, pouvait-on dire que les terreurs nocturnes représentaient une forme larvée de l’hystérie ou de l’épilepsie?
Car il suffisait de régler le régime de ces enfants pour faire disparaître les terreurs nocturnes.
J’admets que les enfants nerveux sont prédisposés aux terreurs nocturnes, mais je crois que la tare nerveuse n’est pas nécessaire, la dyspepsie suffit.
Voici un enfant qui mange trop, qui boit trop; si vous l’étudiez d’un peu près, vous voyez qu’il n’a jamais un sommeil calme et tranquille. 11 s’endort avec peine, il est agité dans son lit, il a des sueurs nocturnes, des cauchemars; c’est dans ces conditions qu’il présente des terreurs nocturnes.
Tel enfant n’a de terreurs nocturnes que s’il est constipé; on prévient les accès en assurant le cours des matières. Chez tel autre on peut incriminer la présence d’oxyures vermiculaires, d'ascarides lombricoïdes, de tumeurs adénoïdes du pharynx. Chez d’autres les terreurs nocturnes sont occasionnées par les contes effrayants qu’on leur fait pour les endormir.
Il y a donc des terreurs nocturnes toxiques et des terreurs nocturnes réflexes. Je crois les premières plus communes que les secondes, mais je ne nie pas ces dernières, pas plus que je ne repousse la prédisposition nerveuse.
Faut-il maintenant, à l’exemple de J. -A. Goutts1, faire une distinction entre les terreurs nocturnes véritables ( night-ter rors ) et les cauchemars ( night-mare )? Pour cet auteur, les simples cauchemars, moins graves que les terreurs nocturnes, seraient d’origine réllexe et auraient un point de départ abdominal ou naso-pharyngien (troubles digestifs, tumeurs adénoïdes, hypertrophie des amygdales, etc.); les véritables terreurs nocturnes, avec hallucinations, s’observeraient chez les enfants à hérédité nerveuse (névroses, hystérie, épilepsie dans la famille). Chez les enfants qui en sont atteints, on observerait des convulsions, la chorée, l’incontinence d’urine, etc. De plus, les accès surviendraient en pleine santé, subitement, sans avoir été précédés par aucun trouble morbide. Ils seraient uniques, ne se produisant pas plusieurs fois dans la même nuit. Les cauchemars, au contraire, sont précédés de troubles digestifs, d’agitation, d’insomnie, et ils sont généralement multiples. On conçoit que le traitement doit varier en consé-