E/' + 6* + TP
Tous ces calculs peuvent être abrégés en faisant la figure à une échelle plus grande , ce qui permet , lorsqu'on n'a pas besoin d'une évaluation rigoureuse, de prendre les longueurs à l'échelle sans les calculer, et même de fixer à vue d'œil la position des centres de gravité.
A l'aide du dessin des profils et d'un des tableaux pageg8l3 et 816 on peut se rendre compte exactement des quantités de terre à transporter longitudinaleraent, et plus ou moins approximativement de la distance moyenne de transport, sans qu'il soit nécessaire de faire le tableau graphique.
e05. Influence des rampes sur les distances de transport II est évi dent qu'une rampe ascendante du déblai au remblai augmente le travail, puisque, outre le travail dépensé pour le transport horizontal, il faut encore élever les matériaux. Des ingénieurs admettent que le travail est le même pour monter une rampe de 20 mètres de base sur 2',60 de hauteur (inclinée au 1/8), que pour parcourir une distance horizontale de 30 mètres. La pente 1/8 exigeant un travail au-dessus des forces de l'homme, il convient d'adopter, comme dans les travaux du génie militaire, une rampe au 1/12, et de considérer comme équivalent de la distance horizontale 30 mètres, une rampe de 20 mètres
de base sur 1",65 de hauteur. Ainsi , considérant que pour s'élever de la hauteur H il faut parcourir une rampe de 12 H de base, comme 20 mètres de cette rampe équivalent à 30 mètres de transport horizontal , un mètre équivaut à 1",50, et les 12 H à 12 H x 1,50 = 18IÏ, ce qui revient à ajouter 6H à l'espace réellement parcouru horizontalement, sans que cet espace horizontal soit jamais inférieur à. 12 H ; dans le cas où un chemin direct donnerait un espace moindre, on adopterait un chemin composé de deux, ou plus si cela était nécessaire, de directions se raccordant de manière que l'ouvrier pût facilement passer de Tune à l'autre avec sa brouette.
Soit ABCD, figure 23, planche III» une fouille dont les terres sont destinées à former le cavalier EFHI, G le centre de gravité de la fouille, Cw' celui du remblai et A, h' les distances verticales de ces centres de gravité à l'horizontale AI. Pour amener au point D les terres delà fouille, il faut développer le même travail qui si toute la masse était concentrée au point G ; par conséquent le travail développé est le même que pour transporter la masse à une distance horizontale égale k iS h; par la même raison , le travail développé pour amener les terres depuis le point E jusqu'aux différents points du cavalier est le même que pour parcourir un espace horizontal égal à 18 h'; le travail total produit équivaut donc à un transport horizontal à une distance 18 {h -h h') -h DE. On est obligé de laisser des rampes pour élever les tyres, soit de l'intérieur de la fouille au point D, soit du point E aux différents points du cavalier; comme ces rampes sont ordinairement espacées de 20 mètres entre elles, il en résulte que chacune d'elles reçoit les terres jusqu'à uiie distance de 10 mètres de chaque côté; ce qui exige encore, pour toute la masse, un transport horizontal à une distance moyenne de 5 mètres, et comme ce transport se reproduit pour former le cavalier comme pour faire la fouille, il en résulte que l'accroissement total de la distance de tranf^port est de -10 mètres ; par conséquent la distance totale de transport est 18 (h + h') + DE 4- 10 mètres.
Soit, même figure, DK et EL deux lignes inclinées au 1/12. Si le sol permet partout la circulation de la brouette, on pourra enlever la portion AKD sans s'astreindre à venir passer sur des rampes espacées de 20 mètres, ce qui diminuera, pour cette portion, la distance de transport de 5 mètres; on peut produire la même diminution sur le cavalier pour la partie EIL ; cette considération n'est pas à n^gli^er quand la fouille est très-large et peu profonde. Quoi qu'il en soit, comme il y a avantage de suivre des rampes, surtout sur les terres remuées, parce que le sol y prenant de la conj-istance le transport y devient plus facile, dans les circonstances ordinaires du transport en pente, on prend pour distance horizontale de transport 18 fois la différence de niveau des centres de gravité de la fouille et du remblai , plus la distance du bord
822 SIXitMB PABTIE.
de la fouille au pied du cavalier, plus encore 10 mètres pour le transport normal aux rampes; de sorte que dans l'exemple précédent, V étant le cube de terre transporté , le travail produit peut être exprimé par V[i8(A + A') + DE + 10].
Si le sol allait en s'élevant de A vers I, /i + A' exprimerait, comme dans le cas d'un sol horizontal , la différence de niveau des centres de gravité G et G'; si au contraire le sol allait en s'abaissant de A vers I, on remplacerait 18 (h + h') par la somme de la distance (lorizontale du centre de gravité G au point D et de celle du centre de gravité G' au point E, augmentée de 6 fois la distance verticale du point D audessus du centre de gravité G, plus 6 fois la différence positive de niveau du centre de gravité G' et du point Ë ; c'est également la valeur que Ton substituerait à 13 {h-^h') dans le cas où les lignes GD et CE seraient inclinées à moins de 1/12 ; dans ce dernier cas on augmenterait la valeur de DE de 6 fois la hauteur verticale du point £ audessus de D. •
Dans les différents cas que nous venons d'examiner, nous avons tenu compte de l'excès de travail dû à une rampe ascendante; mais nous avons négligé l'effet d'une rampe descendante, pans le transport à la brouette, comme l'ouvrier fatigue peu^ôtre un peu moins en descendant, mais qu'il fat;igue beaucoup plus en remontant, à vide il est vrai, la pente descendante ne peut être très -favorable; mjis dans le transport au moyen du camion , du tombereau ou cïu wagon, cas où le moteur ne porte pas la majorité de |a charge comme avec la brouette, il convient de tenir compte de l'inclinaison (593).
604. Exécution des fouilles, il n*y a guère que des expériences directes qui permettent d'évaluer le prix à assigner à un volume déterminé de fouille ; ainsi il y a des terres qui 5 ont attaquées facilement avec la bêche ordinaire ou Je louchet, d'autres ne le sojit qu'avec la pioche, et de plus dures, avec le pic; les rocs exigent l'emploi des outils du carrier et quelquefois celui de la poudre.
La terre végétale , le sable et la tourbe sont les seules matières que partout on peut attaquer à peu près au.-si facilement avec la bêche ou le louchet ; on admet qu'un ouvrier peut facilement en fouiller et charger dans des brouettes 15 mètres cubes par jour de 10 heures de travail. On admet également qu'un ouvrier peut jeter ces mêmes cubes à 3 ou 6 mètres de distance horizontale, ou à une hauteur verticale de 1",65; cependant ce dernier travail étant un peu plus fatigant, il y a lieu de le payer un peu plus cher.
Dans les travaux du génie militaire, si un homme suffit pour charger une brouette pendant qu'un homme parcourt un relais horizontal de 30 mètres, on dit que la ier7'e est à un seul homme; si un homme ne suffit pas, et que, par exemple, pour deux meneurs il faille deux chargeurs et un piocheur, la terre est à un homme et demi; \d> terre peut
ROtTBfi. 8SS
être â deux, à trois, etc. hommes. On conçoit que les prix doivent 6trç différents pour ces diverses espèces de terre.
Afin de se rendre bien compte de la catégorie à laquelle appartient la terre que l'oa a à Touiller lorsqu'il s'agit de fixer le prit à accorder aux entrepreneurs, on faitpiocher un certain volume (le terre , en l'amenant i l'état de pouvoir être chargée h la pelle, par un ouvrier que clioisit la partie qui doit faire exécuter, e( on fait charger cette terre par un ouvrier qui reçoic, lui, ses instructions de l'entrepreneuf. Si T est le temps qu'a mis le premier ouvrfer pour piocher, et que f soit celui qu'emploie le secopd pour charger la même terre, il en résulte que
j est le nombre des piocheurs nécessaires pour entretenir un chargeur ; il faudra donc avoir -^ + 1 = i-r— ouvriers à la fonille pour occuper un
meneur d'une manière continue; par conséquent la terre est à — r—
homrnes. Il est à remarquer que dans cette expérience chacune des parties intéressées fournissant l'ouvrier qui travaille dans le sens de se^ intérêts, l'une et l'aiitre ont sujet d'être satisfaites.
603. Transport des terres, ^e transport des terres se fait en les jetant à la pelte lorsque la distance n'est que de quelques mètres [éOili); mais lorsqu'elle est plus considérable, on T^if (isage de brouefte^, de camions, de tombereaux , de bourriquets, et de wagons roulant sur rait-ways(û39).
1° Traasport à la broueite. La capacité des brouettes varie ordinairement de 1/25 k 1/33 de mètre cube. Quant à la charge en terre, elle varie de 60 i. lOD kliog., et elle est habituellement de 70 kilog.
Dans un chantier bjen organisé. Il ne faut pas que des ouvriers soient inoccupés pendant que It^s autres travaillent, l'our une terre facile, un ouvrier chargeant 15 mètres cubes de terre en 10 heures de travail , c'est-à-dire en 36 OOO secondes, pour charger une brouettée de 0".03 cubes, il emploiera 36 000x0.03 ^^g.^j.j^,,
Un meneur parcourant 30 OOO mètres dans une joiirnée <]« *P heures , de travail, c'est-à-dire en 36000", en 72" il parcourra une distance 40
— ^-^^ =60mÈtres. Comme cette distance comprend une allée et
OOOUD
une venue, il en résulte que l'étendue d'un relais ne sera que de 30 mètres; c'est l'étendue généralement adoptée, et qui paraît la plus favorable au travail. Cependant, comme il ) a d' ^ ■a-- ciù le rflais ne peut ôlre réglé à 30 mèlres, celui, pjr exunifilo, où la di^lunce de transport est moindre que 60 mètres, alors ou rt^glc la eapacilé de la brouette d'après la distance à parcuurlr; ain^i le relais étant Ue 50 mèt'jfes', ce gui fait une distance de 100 mètres poiir l'allée et la venue.
824 SUIÈHE PARTIE.
l'ouvrier parcourant toujours 30 000 mètres en 10 heures, il parcourra
un relais en — ,, . - ■ — = 120'^ = 2 ; pendant ce temps, le chargeur
15x 2 placera dans la brouette -^^jp = 0,05= 1/20 de mètre cube de terre,
contenu dont la brouette devra être capable. Par un calcul semblable, on trouverait que le relais étant de 28",50, le contenu de la brouette ne doit être que de 1/35 de mètre cube.
En nous plaçant dans les conditions ordinaires, un ouvrier transportant dans sa journée de dix heures 15 mètres cubes de terre à une distance de 30 mètres, il en résulte que si sa journée lui est payée 1 fr. 50 cent , le prix du transport d'un mètre cube à 30 mètres sera de 0 fr. 10 cent. ; à 60 mètres il faudrait un second rouleur, et le prix deviendrait 0 fr. 20 cent ; à 90 mètres, ce prix serait 0 fr. 30 cent, et ainsi de suite, le prix croissant comme la distance. Si Ton voulait avoir le prix total de la fouille et du transport, il suffirait d'ajouter à chacun des prix précédents le 1/15 de la journée de Tliomme ou des hommes qui, employés à la fouille, entretiennent le rouleur.
2* Transport au camion. Le camion est un petit tombereau ordinairement traîné par trois hommes , et pouvant contenir alors 0"*',20 4e terre.
S'il n'y avait pas do temps d^arrèt, le camion parcourrait 30 000 mètres en 10 heures, et comme il faut compter sur 50 à 60'', soit O^02 pour s'atteler au camion, le décharger et le remettre en marche, il en résulte que le temps employé pour transporter le contenu 0"«"*>-,20 du cai^iion à une distance de 30 mètres est » n
Pour transporter un mètre cube à la même distance, 11 fondra donc
0,04xl^,
Si la distance de transport est de 60 mètres, le transport d'un camion
exigera
ce qui fait ~y = o\3 par mètre cube.
A une distance de 90 mètres, ces temps seraient respectivement 0**,08 et O*",/!.
Supposant, comme avec la brouette, que chaque ouvrier gagne 1 fr. 50, ce qui fait U fr. 60 pour la journée des trois rouleurs, ou 0 fr. 45 par heure, il en résulte que le prix du transport d'un mètre
cube à 30, 60, 90 mètres est respectivement. 0',09, 0',135 et 0',18; ce qui montre que l'avantage du camion sur la brouette croit avec )a distance. Ces prix font voir aussi que, même à 30 mètres , il y a avantage à employer le camion au lieu de la brouette (1°) ; cependant on n'en fait pas usage pour des distances de moins de 100 mètres. Un ouvrier chargeant 15 mètres cubes de terre en 10 heures, deux
10 X 0 2 ouvriers mettront -te — k- = 0%067 pour charger le contenu 0"%? du
camion. Ce temps, comparé à celui de 0'',08 que mettent les rouleurs pour parcourir un relais de 90 mètres , fait voir que pour une terre aussi facile on pourrait à la rigueur fixer le relais à moins de 90 mètres; cependant il convient de le fixer à 100 mètres, afin de soulager les chargeurs, qui fatiguent évidemment plus pour jeter la terre sur un camion que sur une brouette.
3° Transport au tombereau. Pour transporter les terres à une grande distance, on fait usage de tombereaux, qui sont ordinairement attelés d'un cheval et ont alors une capacité de 0'"*,50; dans quelques localités on les fait plus grands; ainsi à Paris on en voit qui cubent de 1"',00 à i",50, et qui sont le plus souvent traînés par deux chevaux.
Le temps nécessaire au transport au tombereau peut se diviser en trois parties distinctes :
1* Le temps nécessaire au chargement. En supposADt toujours qu'un homme puisse charger 4ô mètres cubes de terre en 40 heures de travail (dans le plus grand nombre de cas, il convient de réduire ce nombre à 12 mètres cubes), si Ton représente par C la capacité du tombereau, et par N le nombre des chargeurs , ce
maps lera ■ Le nombre N ne doit pas dépasser 3 . car autrement , tes
45XN chargeurs se gêneraient, et il compread le conducteur, qui travaille comme
chargeur.
%^ Le temps nécessaire au mouvement. Un cheval attelé à un tombereau parcourant
30 000 mj^tres en 40 heures, pour parcourir R relais de 30 mètres, il mettra
3* Le temps employé au déchargement et à la mise en marche du tombereau. Ce temps est évalué à 0>>,033.
Ayant ces différents temps pour une capacité C de tombereau , pour avoir ceux nécessaires au transport d'un mètre cube de terre, il suffit de multiplier ces premiers par le rapport d'un mètre cube à la capacité C, et en faisant la somme des valeurs obtenues on aura le temps T nécessaire au transport d'un mètre cube à R relais ; ainsi,
j|^+Rx 0,02+ 0,033
Supposant N = 3, R = 3 et C = 0"%50, cette formule donne
8S6 8IXIÈXB FARTIB.
T = 0*',A08« La journée d*un cheval et de son conducteur étant payée
6 fr., et celle de chacun des deux chargeurs 1 fr. 50 cenj., ce qui fait une dépense de 9 fr. par jour ou de 90 cent, pai^ heure, 1q transport du mètre cube de terre à 3 relais revient à 0',90 x 0,û08 = 0',3C72, prix beaucoup plus élevé qu'avec la brouette et le camion (1" et 2").
Un travail organisé ainsi que nous venons de le supposer serait vicieux , puisque les deux chargeurs se reposeraient pendant toute la durée du mouvement et de la décharge du tombereau. Pour éviter cela, il faut employer deux tombereaux, dont Tun est en charge pendant que Tautre va à la décharge; de cette manière, le travail journalier du second tombereau, travail égal à celui du premier, ne doit être évalua qu'à 6 fr., ce qui donne pour prix du transport d'un mètre cube de terre à 3 relais 0,Ç0 x 0,408 = 0',2^/i8 ; la moyenne du prix d'uQ mètre cube à 3 relais est donc pour les deux tombereaux
Pour que les chargeurs ne perdent pas de temps, il suffit que )e nombre R de relais soit tel, que le temps de la charge soit égal au temps employé au mouvement et fi la décharge, et que Ton ait par conséquent
J^^ = R X 0,02 -H 0,033 ; 15 xN
d*où Ton tire, pour Je cas où C=p"%50 et N =3, R=3,9 relais. Dans le cas où il n'y a qu'un chargeur avec le conducteur, ce qui fait N = 2, cette formule donne R = 6,7 relais.
Dans le transport au tombereau, les rampes ne doivent être inclinées qu'au 1/20, et on ne prend tout de même pour l'équivalent d*un relais horizontal de 30 mètres qu'une portion de rampe de 20 jnètres (lebs^se, et par conséquent de 1 mètre de hauteur (603}.
A* Transport au bourriquet. Lorsqu'on a à élever des terres verticalement, on peut placer des ouvriers à dés étages différents espacés de i^jôS, et compter que chaque ouvrier, en 10 heures de travail, peut jeter 15 mètres cubes de terre d'un étage à l'étage supérieur. On peut aussi disposer des rampes s'élevant de 1",65 pour 20 mètres de ))ase, ce qui équivaut à un relais horizontal de 30 mètres; ces deux paanièrof d'opérer font voir que l'on doit a4opter la hauteur verticale i",65 pour relais.
Dans un grand nombre de cas, on est obligé d'élever les terres tout à fait verticalement; on fait alors usage d'un treuil, que Ton nomme bourriquet L'arbre du treuil a ordinairement 0",29 de diamètre et 1 mètre de longueur, la manivelle a 0",40 de rayon , le diamètre de la corde estde0",03, la caisse ou panier destiné à recevoir les terres à è|ev0f* ^ Q^SOdS de capacité.
Le panier mettant 20 secondes ou 0^,00556 pour s'élever de 5 mètres,
0 00556 X 1 65 pour monter d'un relais il emploiera-^ = ^— = 0'',00183 ; comme
il descend de 5 mètres en 15 secondes ou 0'',00/(i7, la descente d*un
, . , 0,00617x1,65 ^u ^^-oo T^ u
relais durera — = — = 0'*,00138. De ces nombres, comme de
plus il faut 20"= 0'',00556 pour décrocher un panier plein et en accrocher un vide , et 25"=0'*,00695 pour vider le panier, il résulte que pour élever le contenu 0™««*'-,033 du panier à une hauteur de R relais, il faut un temps représenté par
t = R (0,00183+0,00138) + 0,00656 + 0,00695 heures.
Si R = 3 , par exemple, on conclut t = 0^0221/ii.
txi
Le temps nécessaire pour élever un mètre cube est T= , et
0,0dO
quand R = ?, on a T= ^'^fl^^ ^ = 0S671.
Pour manœuvrer une telle machine il faut cinq hommes : un pour remplir le panier, deux pour tourner les manivelles, et deux autres pour décrocher le panier et le vider; ces quatre derniers alternent leur travail. Supposant que la journée d'un ouvrier soit payée 1 fr. 50 c, ce qui fait 0',75 pour une heure de cinq ouvriers, chaque mètre cube de terre élevé à trois relais coûtera 0,75 x 0,671 = 0',503.
Trois ouvriers étages à 1°',65 Tun au-dessus de l'autre suffiraient pour élever, à l'aide de la pelle, 15 mètres cubes de terre par jour; l'élévation de ces 15 mètres cubes coûterait donc U fr. 50 c, ce qui ne ferait que 0',30 par mètre cube ; il faut donc, quand cela est possible, substituer ce mode à l'usage du bourrique t.
^° Transport par chemiiis de fer. Au chemin de fer de Saint-Germain, pour les tranchées des Batignolles, les wagons étant remorqués par des chevaux et la distance de transport étant 4c iOOO à 1500 mètres, le prix
du transport de 1 mètre cube à iOOO mètres s'est divisé en :
fr.
, Transport proprement dit 0.20
Réparation et graissage des wagons. 0.08
Dépréciation 0.03
ToUl p.34
La décharge est revenue à o',13 par mètre cube, y compris les chevaux qui conduisaient les wagons de la gare |a plus voisine à la décharge.
La distance de transport ayant été cle 3000 mètres, on a fait usage ^e locomotives , et le prix du transport d'un mètre cube à 1000 mètres s'est divisé en :
828 SIXIÈJHK PARTIE.
Tr<»Dsporl proprement dit, c'est-à-dire salaire des mécani- rr.
cicns, combustible et réparations 0.10
néparation des wagons 0.2i
Dépréciation des wagons 0.03
Total 0.37
La décharge des wagons est revenue, par mètre cube, à :
Chevaux employés à traîner les wagons du point où les dépo- fr.
saillit les locomotives jusqu'à la doçharge et les ramener. 0.4 S Ouvriers • 0.08
Total 0.26
Ainsi , sous le point de vue de Téconomie, il y aurait avantage à remorquer les wagons par les chevaux ; mais les travaux s'exécutent avec moins de rapidité.
Nous allons donner un aperçu de la manière dont se sont divisées les dépenses de la tranchée de Clamart, chemin de fer de Versailles (rive gauche), d'après les séries do prix établies par M. Brabant Les nombres qui suivent sont extraits du' Portrfeuille de Vingénieur des chemins de fer^ de MM. Perdonnet et Polonceau.
Le cube total des déblais était de 378000 mètres cubes; mais comme les trois quarts seulement ont été transportés d'un même côté de la tranchée, à une distance supérieure à 1000 mètres, les prix suivants sont établis dans Thypothèse d'un volume de 300000 mètres à transporter à une distance de 1000 mètres.
L*accélération des travaux a dû faire sacrifier l'argent pour économiser le temps (les travaux devant être terminés en vingt mois, il a fallu effectuer un tir^osport de 600 mètres cubQç par journée de 10 heures de travail).
Les wagons contenaient 1"*,50 de terre et descendaient pleins un chemin incliné à 0^,00/i par mètre. Trois chevaux en remorquaient 10 à la vitesse do 25000 mètres par jour, et une locomotive dont les pistons avaient 0",25 de diamètre en traîns^t 20 à la vitesse de 100 000 mètres par jour de 10 heures.
On a compté pour le temps perdu à la charge et à la décharge 10 minutes par voyage, quels que soient le mode de traction et la distance de tr^sport.
Le transport s'effectuant avec des chevaux, il a fallu, pour 600 mètres cubes à transporter par jour, 150 wagons (80 à la charge et décharge, 40 sur la voie, 10 à la réserve et 20 en réparation). Avec les locomotives, il a fallu 132 wagons (80 en charge et décharge, 20 sur la voie, 10 en réserve, 20 en réparation et 2 wagons intermédiaires). Le nombre des locomotives doit être double de celui nécessaire ; ainsi , pour une que Ton avait en marche , il en fallait une seconde en réserve ou en réparation.
HOVTES. 829
Prix du transport d'un mètre cube de déblai à une distance de 4000 mêtrei, êur un chemin dont la pente est de O^^OOi par mètre , les wagons étant remorqués par des chevaux.
Intérêt à 5 pour \ 00 de 375000 fr, qu*a coûté le matériel d'exploitation , fr. et dépréciation de ce matériel , 0.4625
Entrelien du matériel. -...;•.•,. 0.2000
Le malérkl d'exploitation comprend 450 wagons de terrassement à 650 fr. la pièce, 3000 mètres de doubles voies en fer à 80 fr., 40 changf^menis de voies provisoires à 225 fr. pièce, hangar, bâtiments, outils , 2 échafauds de décharge.
Pose, démontage ci entretien des voies provisoires 0.0873
Transport des déblais 0.3246
Ce transport exige 8 chevaux , payés 48 fi*. par jour, pour conduire les wagons au point où ils doivent être pris par les chevaux chargés du transport ; 3 chevaux et 2 conducteurs, payés 24 fr. par jour, par chaque 40 wagons portant 15 mètres cubes de terre à 25000 mètres par jour; 40 minutes de temps perdu (temps pendant lequel les 3 chevaux et les conducteurs ne marchent pas); 4 2 ouvriers pour pousser et décrocher les wagons^ 30 fr. par jour; aiguilleurs , nettoyeurs de rails et graisseurs^ 42 ouvriers payés 24 fr. par jour.
Fouille et charge • 0.6000
Reprises et jets à la pelle on transports en brouettes nécessaires pour charger en wagons , 0.3000
Déchargement et manœuvre des ponts de décharge , 24 ouvriers à 84 fr, par jotir, 0.4400
Dépenses diverses (manœuvres pour travaux divers, 46 ouvriers à 40 fr. par jour; surveillants et gardiens , 4 0 employés à 30 fr. par jour] 0.4467
Total 2.2314
Pour un supplément de transport à 1000 mètres, l'excès de dépense n'est que de O',0Zt02.
Sur un cbemin horizontal, au lieu de 3 chevaux pour conduire 10 wa- * gons, il en faudrait 5, ce qui porterait le prix du mètre cube transporté à 1000 mètres à 2',3085, et l'excès par 1000 mètres de distance en plus, à 0',0Zi67.
Si le chemin montait de 0",004 par mètre, il faudrait 8 chevaux et 2 conducteurs payés 54 francs par jour, ce qui porterait les prix précédents à 2',Zi2û3 et 0',0664.
Quand les wagons sont remorqués par une locomotive , il faut 132 wagons, 2 locomotives du prix de 33000 francs pièce, 12 chevaux pour amener les wagons au point où la locomotive peut les prendre. L» locomotive, esitiméeêtre de la force de 10 chevaux, produit une dépense journalière évaluée à loi francs. Ces diverses dépenses font que le prix du transport d'un mètre cube à 4000 mètres est de 2',3005 sur un chemin descendant de 0°',004 par mètre , 2',3728 sur un chemin horizontal , et 2',5137 sur un chemin dont la pente ascendante est de 0^,00/i par mètre. Pour ces divers chemins, l'augmentation de dépense pour un excès de 1000 mètres de distance de transport est respectivement 0',03/iZi, O',O301 et O',0/i66.
SIKIËME PARTIE.
En effectuant le transport par plans automoteurs, ce (Jui est nécessaire toutes les fois que les déblais doivent être descendus à une grande profondeur, il faut le même nombre de wagons qu'avec des chevaux, 12 conducteurs de wagons et 15 chevaux, et le prix du transport du mètre cube à une distance de 1000 mètres est de 2',2861. Ce prix a été établi dans Thypothèse où le pian automoteur a 200 mètres de longueur et 0",05 de pente par mètre ; cela suffit pour que les wagons acquièrent une impulsion nécessaire pour parcourir ensuite une distance de 800 mètres; ils pourraient même franchir un espace plus long; mais alors il faudrait leur laisser prendre sur le plan une vitesse qui serait dangereuse.
D'après les résultats précédents, et en supposant qu'un tombereau attelé de 2 chevaux serait payé 14 francs par jour de 10 heures, y compris le conducteur ; que le temps perdu à la charge et à la décharge serait de 1/ûO de jour, que deux chevaux pourraient traîner 0"%80 ou 1 mètre cube de terre en parcourant 36000 mètres par jour, selon que le chemin serait en terre ou serait une route bien entretenue, MM. Perdonnet et Polonceau ont établi le tableau suivant :
TABLE JU du prix de revient du tranêport de \ mètre cube de déblai à une distance
de 1000 mètres sur des chemins horizontaux^
WSTAIVCBS
TBANftPOKT AU TOMBEREAU
TANSPOKT BIf WAGONS
traloés i»ar des
tnniport.
sur cheminf
sur routes
ea terre.
entreteneet.
cheTaux.
loeomotives.
fr.
fr.
fft.
fr.
4ood
SOÛO
dooo
fôoo
Ce tableau fait voir que, sous le rapport de Péconomie, l'usage des wagons n'est plus avantageux que celui des tombereaux que pour des Toluraes de déblais considérables et pour des distances de transport sut)érieures à 1000 mètres; cependant on y a souvent recours pour àéê distances moindres, parce que les chemins en terre sont impraticables avec
des tombereaux par les temps humides, au lieu qu'avec des wagons et des voies en fer on est rarement obligé d'interrompre les travaux.
11 est à remarquer que Ton peut diminuer notablement les prix du tableau précédent quand les circonstances n'exigent pas , comme dans la vallée de Clamart, une exécution aussi rapide.
Le plus habituellement, pour les grands terrassements, on fait usage de la brouette pour les distances de transport de moins de 100 mètres ; du tombereau pour celles de 100 à 500 mètres; des wagons traînés par des chevaux pour celles de ËOO à 2000 mètres, et des wagons remorqués par des locomotives pour des distances de 2000 mèlres et au-dessus.
On a donné différentes formules pour calculer les prix de revient du transport en wagons traînés par des chevaux, du mètre cube de terrassement et de ballast; celle (1) a été établie par M. Duvignaud, ingénieur en chef des ponts et chaussées, pour les transports exécutés sur la 2* section du chemin de fer d'Orléans à Bordeaux, entre Poitiers et Libôurne; elle comprend les mains-d'œuvre supplémentaires pour chargement et déchargement, les faux frais, le bénéfice de Tentrepreneur, la fourniture des wagons et des voies formées de bandes de fer de 0*^,075 sur O^'^O^ posées de champ, sans coussinets, sur des petites traverses en bois blanc; elle ne comprend pas les frais de fouille et de charge.
x=: t±? X 900 + 0,25 + 0,0Û5D±DI (i)
» prix du mètre cube en francs ;
L loogueur. cumulée du déblai et du remblai , exprimée en hectomètres ;
V volume transporté , en métrés cubes ;
h distance du centre de gravité du déblai à celui du remblai , en heetomètref ,
1 déclivité.
Pour les ateliers où leshvoies servent pour la seconde fois, on a
X = î~^ X 250 + 0,25 -f 0,045 D± DI Là formule (2) a été appliquée au chemin de fer du Nord-:
^ = *i^±2î»?xO,00031D + 0,40 (i).
D dislance moyenne du transport , en mèlres.
Cette Tormule suppose :
^i*^ Oiiê ia longueur des voies provisoires avec rails définitifs est égale à 3D ; f Que la longueur des voies provisoires établies sans rails définitifs est de 300 métrés; 30 Que le développement total des voies posées, déplacées ou enlevées pour, rexéeulton des travaux est égale â 6D.
La formule (3) a été établie par M. Brabant, en 1847, dans le but de calculer approximativement les frais de transport en wagons pour la tranchée à ouvrir sur la ligne de Lille à Dunkerque.
SIXdWB PARTIE.
X = ^i?? X 0,50 + 0,ZiO + 0,04 D
D distance moyenne de iransporl en bectomëtreB ; V volume i transporter en milliers de mëlres.
Celte valeur de x comprend la fourniture et Tentrelien du matériel , wagOQs et voiet provisoires Tormées avec un matériel provisoire (*); les frais de pOi>e, dépose, reposé et entretien des voles, les mains-d'oeuvre supplémentaires pour chargement et déchargement, et généralement toutes les dépenses, sauf celles de fouille et charge
(*) Pour des cubes d*une certaine importance, la formule précédente peut encore s'appliquer au cas où les voies provisoires sont formées avec un matériel définitif.
A. Tableau dressé par M. Brabant, d'après les formules précédentes ^ et donnant le prix du transport d'un mètre cube de déblais ou de ballast , avec wagons de terrassement ordinaires traînés par des chevaux sur voiéjf provisoires ^ en supposant la voie horizontale.
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Prix du métré cube pour un volume de I