‹ Formules, tables et renseignements pratiques:Chapitre 305 sur 328 · CANAL LATÉRAL · texte numérisé non relu

CANAL LATÉRAL

660. Tracé, Un canal latéral a sa pente dans le même sens que le cours d'eau qu'il longe, et il suit constamment la même vallée. Sa position doit être choisie telle , qu'il conserve l'eau nécessaire à la navigation , que le cours de la rivière ne puisse pas le dégrader, et que les dépenses en acquisitions de terrain et en travaux soient les moindres p<MHsibles.

938 SlUiail PAATIB.

Loraqne le sol de la vallée est de gravier plus oq moins pur» comme cela arrive souvent, ce sol étant très-perméable, on doit tâcher de |riacer le canal sur un sol végétal, en se rapprochant des coteaux; il est évident que Ton doit chercher à Tadosser à celui des coteaux qui est le moins abrupte, le moins couvert d*habitations, celni dont le sol est le moins perméable et le plus facile à travailler. Il faut éviter de faire passer un canal d*une rive sur Tautre , cette disposition eotraînant dans des inconvénients pour la navigation et des dépenses considérables de construction.

Lorsqu^on établit un canal sur un sol graveleux couvert d*uiie couche de terre végétale, 11 faut avoir soin de ne pas enlever toute cette dernière, qui est plus ou moins imperméable; on ferait des emprunts de part et d*autre de remplacement du canal pour établir les digues, en ayant soin de placer les terres dans les parties en contact avec Teau, et le gravier derrière ces terres.

La quantité d'eau dépensée dans un canal devant être la plus faîMe possible, il faut éviter de donner écoulement à Teau. Aussi doit-on composer le canal de parties horizontales placées Tune à la suite de Tantre, à des étages dilTérents, afin de racheter la pente du terrain, et d^évlter les grands travaux de construction en se rapprochant le plus possible de la surface du sol. On maintient Teau à un niveau convena- | ble dans ces différentes parties du canal à Taide de portes d*écluses, et, afin de dépenser le moins d'eau possible au passage d'un bateau d^ bief dans un autre, on place dans le bief inférieur une seconde porte d'écluse, éloignée de la première d'une distance au moins égale à la longueur du bateau. La partie de canal ainsi comprise entre deux portes prend le nom de sas. En ouvrant la porte d*amont. le niveau de l'eau s'établit dans le sas et le bief supérieur, et permet de faire passer un bateau de ce bief dans le sas; ouvrant ensuite la porte d'aval , Teau dans le sas descend Jusqu'au niveau du bief d'aval , et alors le bateau passe dans ce bief.

Pour faire passer un bateau d'un bief dans le bief supérieur, on procède de la même manière , mais en commençant d'abord par ouvrir lâ porte d*aval.

Comme il est impossible d'ouvrir les portes tant qu'il existe une différence de charge considérable sur leurs deux faces, on établit au bas de chacune d'elles une petite vanne, appelée vénielle, qui permet d'établir le niveau de l'eau sur les deux faces de la porte avant de l'ouvrir. La queue de la ventelle s'«ève Jusqu'au haut de la porte, de manière qu'on puisse lui communiquer le mouvement à l'aide d'un cric, d'une vis,OB d'un levier simple; on est revenu à ce dernier moyen, qui demande moins de temps pour la manœuvre que le cric, qui est ordinairement ©mployé, et surtout que la vis , que l'on a à peu près abandonnée (67i).

Lorsque Je can^l est placé sur un sol dont la pente est à peu près m-

CÀlfAUX. 950

tofnie, comtne cela a lieu dans une vallée, en donnant aux écluses une forte chiite, on serait conduit à des dépenses considérables pour creuser Tamont dé chaque bief et remblayer l'aval. Quand le canal latéral est adossé à un coteau d^uno pente douce , il faut , autant que possible, se placer de manière que les déblais de la cunetie compensent lesremblaiij des digues, et donner aux écluses la chute la plus convenable, dé 2*,50 à 3 mètres.

661 • Section transversale. La largeur du fond d'un canal se fait à peu p^ès égale au double de celle des bateaux qui le fréquentent ; ainsi ^ selon que les écluses ont de 5*,20 à 6*,50 d'ouverture, la largeur du plafond se fait de 10 mètres à 12 mètres. Au pont-canal de Saint-Plofe&tid, sur l'Armance, formé de cinq arches de 5*,80 de largeur chacune, la largeur est de iO^^lO, savoir : 2*,û5 pour chaque banquette et 5^20 pour le eanal ; cette dernière dimension est celle des écluses et suffit au passage des bateaut.

ta profondeur d'eau est de 1**,50 pour plusieurs canaux, et elle est de 1*,65 à 2 mètres pour d*autres ; dans tous les cas, cette profondeur doit être en rapport atec le tirant d'eau des bateaux qui fréquentent le 6anal.

Les talus intérieurs sont ordinairement à 1 et 1/2 de base pour 1 de hauteur, et, ailii que le batillage de l'eau ne les dégrade pas , le plus souvent on établit sur chacun d'eux, au niveau de l'eau, un% petite fisherme de 0",25 à 0",8e, sur laquelle on plante des glaïeuls.

Les chemins de halage ont de 3 à 0 mètres de largeur, selon la nature du sol sut* lequel ils sont établis et l'importance des trains haléS. Ils sont ordinairement placés à fn^fifi au-dessus du niveau de l'eau et quelquefbis à 0*,75 ou 1 mètre.

668. A /I>nimlfaft07t. Ordinairement Psillmentation d'Un canal latéral A^bffré aucune difficulté; la prise d'eàti se fait dans la rivière qu'il Ibhge, fet les ruisseaux tributaires de la rivière réparent de distance en distance les pertes dues aux inflltrations et à l'èvaporatlon. On a cependant quelquefois éprouvé des difficultés ; ainsi le canal du Rhône au Khin, quoique alimenté par une rigolé navigable prenant 20 mètres cubes d'eau par seconde dans le Rhin, n'a pendant longtemps offert qu*une navigation incommode. Cela tient à ce que le canal est creusé sur un sol de gro* gravier très-perméable; mais comme on introduit nue eau boueuse, les pertes de la rigole ont diminué de Jour en jour.

Page 1