‹ Formules, tables et renseignements usuels (volume 2)Chapitre 147 sur 244 · BOIS · texte numérisé non relu

BOIS

FAGOTS oti

BOVR&ÉES.

COMBDSrniLE BlULÉ

Nombre.

Poids de chaque.

ea

totalité.

par

mètre cube.

Chêne

kil.

kil.

iserio

kil.

Bouleau et châtaigncr mélangés. .

Chêne et charme mélangés

La durée de la cuisson du plâtre varie de 10 à 15 heures; elle dépend de la quantité de pierre mise au four, du degré de dessiccation du bois et de l'état de l'atmosphère. L'habitude indique assez le point auquel il faut arrêter le feu, et ce moment est très-important à saisir, car la bonne qualité du plâtre dépend, en grande partie, de sa cuisson à un degré précis, en deçà et au delà duquel on n'obtient qu'un plâtre trèsinférieur.

La cuisson du sulfate de chaux s'opère aussi dans des fours analogues à ceux employés à Brest pour cuire la brique (732), mais à un seul compartiment. L^Jig. 18, PI. II, représente un de ces fours.

Tableau du nombre des fagots brûlés pour la cuisson d'une fournée de 8 mètres

cubes de plâtre, pendant chaque heui^ de cuisson.

Heures Fagots.

Total : 253 fagots, dont le poids est 8*,7 x 253 == 2201 kilog. ; ce qui fait 275 kilog. par mètre cube de plâtre. Pour cuire le plâtre, on modère le feu en commençant, et on Taug-

mente graduellement jusqu'à ce que le salfate ait perdu toute son eau de cristallisation. Son poids a alors diminué de 1/4 environ.

Quand le plâtre est convenablement cuit, l'ouvrier qui remploie sent, en le maniant, qu'il est doux et qu'il s'attache aux doigts; c'est k ces indices qu'on peut surtout reconnaître le bon piètre ; les enduits qu'il forme sont d'un grain fin et agréable à l'œil. Lorsqu'il n'est pas assez cuit, il est aride, n'absorbe l'eau qu'imparfaitement et ne forme pas un corps assez solide. Quand il est trop cuit, il refuse Teau parce qu'il est en partie vitrifié; il est devenu maigre, graveleux; il s'égrène au lieu de former un corps solide quan& il est em^ployé.

Les plâtres de mauvaise qualité sont en générai d'une couleur jaurnâtre; ils sont rudes au toucber comme la pierre calcaire pulvérisée; ils sont longs à prendre ; ils donnent des enduits qui se gercent facilement, et qui, au lieu de résonner sous la truelle brettée, se rayent profondément. »

Le plâtre exposé à l'air absorbe l'humidité et perd ses qualités; aussi doit-on l'utiliser le plus tôt possible après sa cuisson. Si on le tire de loin il convient, pour les mêmes raisons, de faire venir la pierre, que l'on cuit au moment d'employer le plâtre. Quand on veut conserver le plâtre, il faut apporter le plus grand soin à le préserver du contact de l'air.

Il existe des plâtres dont la prise serait tellement prompte, immédiatement après la cuisson, que l'ouvrier n'aurait pas le temps de l'employer ; c'est ce qui fait que quelquefois des compagnons intelligents, pour tirer le meilleur parti possible de leur plâtre, le laissent reposer 4 ou 5 jours savant de l'employer.

Le plâtre réduit en poudre, soit en le battant, soit au moyen de meules ou de cylindres, n'a pas besoin du concours d'autres matières pour former un corps d'une dureté moyenne ; il feuffit d'y mélanger une certaine quantité d'eau, qui provoque une cristallisation confuse et fait reprendre au plâtre à peu près sa solidité primitive, c'est-à-dire cplle d'une pierre tendre.

Le plâtre jouit de la propriété d'adhérer au bois et à la pierre; mais il faut éviter de l'employer dans des lieux humides ; au sec il se conserve parfaitement bien.

Pour gâcher le plâtre, il faut à peu près autant d'eau que de plâtre. Cependant on varie cette quantité d'eau suivant l'usage auquel on destine le plâtre ; ainsi, on la prend plus petite, c'est-à-dire qu'on gâche serré, quand on a besoin que le plâtre conserve toute sa force ; mais alors il faut l'employer sitôt qu'il a été gâché ; on met plus d'eau , c'està-dire qu'on gâche clair, quand l'emploi du plâtre exige plus de temps; enfin on gâche avec plus d'eau encore, c'est-à-dire qu'on forme ce qu'on appelle un coulis ^ quand le plâtre doit être employé pour boucher des trous où la truelle ne peut atteindre.

A Paris, pour l'emploi ordinaire du plâtre, la quantité d'eau à mettre dans l'auge, pour un voyage de garçon, est d'environ deux seaux; pour deux truellées, un seau et demi; une iruellée^ un seau; une demi-

MATÉRUUX EMPLOYÉS DANS LSS CONSTRUCTIONS. 4357

tmellée, un denii-fteau, et une poignée, un quart de seau. Quand le maçon crie de lui gâcher gros comme un ceuf, il demande à peu prés la moitié d'une poignée.

Par expérience on a reconnu :

l** Que poiBT le plÂtre bien euit, passé au sas et destiné k &ire des enduits» il faut environ 30 litres d'eau pour gâcher un sac de plâtre contenant 25 litres ;

2® Que pour le plâtre bien cuit, passé au panier et gâché poui* hourder les maçonneries ou pour faire les crépis, il feut, en moyenne, 18 Ktres d'eau par sac de plâtre de 25 liti^s ;

S" Que le plâtre non assez ou trop cuit absorbe 1/8 d*eaii de moiiis que les précédents.

En général, une pierre îi plâtre, cuite h un degré convenable et écrasée ensuite, absorbe un Tokune d^eau à peu près égal k celui qu'elle contenait avant la cuisson.

Une précaution à prendre quand on gâche le plâtre, c'est de mettre d'ai>ord la quantité d'eau nécessaire dans Fauge, et d'y semer ensuite uniformément le plâtre a l'aide de la truelle. Le garçon apporte le tout au maçon, qui le remue ayec une truelle en cuivre qu'il agite dans tous les sens, en cassant les mottes avec la main gauche, si le plâtre gâché est un peu clair pour être employé, le maçon le laisse un peu couder j c'est-à-dire prendre une légère consistance ; alors il l'emploie avec rapidité, car une fois que le plâtre a commencé à couder, il n'est pas longtemps à prendre.

Un mètre cube de plâtre en poudre produit environ 1"*,18 de mortier, et le gonflement, après 9A heures d'emploi, est environ 1 p. 100, dont la moitié est produite après la première heure de mise en œuvre.

Sous le rapport de l'emploi du plâtre dans les constructions, on en distingue de trois sortes :

1*> Le plâtre au panier. C'est celui qui est k Fétat dans lequel le fabricant le livide k Tentreprenear ; on l'emploie pour faire les aires de planchers, hourder les murs et pans de bois, et faire les crépis. On appelle encore ainsi le plâtre tamisé dans un panier d'osier; il est plus fin que le précédent, et il sert ordinairement k faire les crépis d'une faible charge (épaisseur) ;

â" Le plâtre au sas. C'est celui qui est passé dans un tamis de crin; il sert ordinai* rement k faire les enduits et les moulures ;

3» Le plâtre au tamis de soie. Il est utilisé pour faire de beaux enduits et moulures qui doivent recevoir la peinture.

On distingue encore les moucMtes et la fleur de plâtre. Les mouchettes sont les résidus provenant du passage du plâtre au sas. On les utilise ordinairement en les mêlant avec de Tautre plâtre pour faire de gros ouvrages.

La fieur de plâtre est le plâtre qui se trouve en poussière plus fine encore que celui passé au tamis de soie. On l'obtient en faisant sauter du plâtre sur une pelle, k ]a(|uelle la fleur s'attache assez facilement; e'est de ce mode de préparaAi(»i que lui vient le nom de plâtre à la pelle j que lui donnent les maçons. On l'emploie ordinairement pour octer les moulures, c'est-a-dire pour boucher les petits irons.

Le plâtre employé à Paris est tiré des carrières de Montmartre, Pantin, Ménilmontant, Charonne, Montreuil, Clamart, Villejuif, etc. ; celui de Pantin est le plus estimé.

740. Chaux, La chaux pure est du protoxyde de calcium (CaO); elle est Manche, caustique, elle attaque rapidement les tissus des matières

4358 CINQUIÈME PAUTIE.

animales. Elle ramène au»bleu la teinture de tournesol rougie par un acide, verdit (fortement le sirop de violettes, rougit la teinture de curcuma. Le poids de son équivalent est 350, et sa densité est égale à ' 2,3 environ (300). Elle est infusible aux températures les plus élevées de nos fourneaux.

Le carbonate de chaux pur se compose de 56 de chaux et de 44 d'acide carbonique (300).

La chaux se combine avec l'eau, en dégageant beaucoup de chaleur; une portion de l'eau s'échappe en vapeur, et l'élévation de température est souvent assez grande pour enflammer la poudre (300° environ); elle fait entendre le même bruit qu'un fer rouge trempé dans l'eau ; on dit qu'elle /w*e. L'opération par laquelle on combine la chaux avqc l'eau s'appelle éteindre la chaux, et la chaux hydratée qu'on obtient prend le nom de chaux éteinte, pour la distinguer de la chaux anhydre, qu'on appelle cAaîu; vire. La chaux, en s'hydratant, augmente considérablement de volume; on dit qu'elle foisonne beaucoup. Si la quantité d'eau n'est pas trop grande, il se forme un monohydrate de chaux (CaO+HO), qui reste sous la forme d'une poudre blanche, fine, douce au toucher. En ajoutant une plus grande quantité d'eau, la chaux reste en suspension quand on agite, et l'on obtient un lait de chaux,

La chaux se dissout dans environ 700 fois son poids d'eau à 15% et dans 1270 fois à la température d'ébuUition. La dissolution prend le nom d'eau de chaux; elle exerce une réaction fortement alcaline.

La eaux vive, exposée à l'air, attire rapidement l'eau et l'acide carbonique de l'atmosphère; elle se délite, c'est-à-dire tombe en poussière, et elle ne s'échauffe plus quand ensuite on la mouille avec de l'eau. Le produit qu'on obtient ainsi à l'air est un composé défini de carbonate et d'hydrate de chaux (CaO.CO* -I- CaO.HO), auquel se trouve mélangé beaucoup d'hydrate de chaux dû à ce que l'air atmosphérique contient beaucoup plus de vapeur d'eau que d'acide carbonique ; mais à la longue, l'absorption de l'acide carbonique continuant incessamment, toute la matière se rapproche de plus en plus de la composition définie par la formule précédente.

La chaux que l'on consomme dans les arts pour la confection des mortiers s'obtient en calcinant dans de grands fours, diisfoursk chaux, le carbonate de chaux plus ou moins pur que l'on rencontre en abondance dans la nature. La décomposition a lieu à une température bien inférieure à celle nécessaire à l'opération dans des creusets fermés ; ce qui est dû au courant gazeux, lequel n'est composé d'acide carbonique qu'en faible proportion, et qui, en traversant la masse, facilite la décomposition. L'expérience a démontré que la cuisson de la chaux était singulièrement facilitée par la présence de la vapeur d'eau; c'est pour cette )'aison que les chaufourniers préfèrent employer une pierre encore imprégnée de son eau de carrière, k celle qui ^ subi une certaine dessiccation par une exposition plus ou moins prolongée à l'air.

Il arrive souvent qu'une partie de calcaire n'a pas été complètement décomposée par la chaleur et retient une plus ou moins grande propor-

tien d*acide carbonique ; on donne à ces produits le nom d'incuits.

On désigne sous le nom de pierre à chaux, toutes les variétés de pierres qui contiennent le carbonate de chaux, lequel , soumis a une température suffisante, perd son acide carbonique et fournit la chaux.

Toutes les pierres calcaires peuvent se convertir en chaux par la calcînation, toutes font une effervescence plus ou moins subite quand on en jette un fragment dans Facide azotique (eau-forte) et une pointe de fer suffit ordinairement pour les rayer profondément.

Tout ce qui a été dit aux n" 722 et suivants sur les gisements et la nature des calcaires employés comme pierre de construction, s'applique également aux pierres à chaux.'

La propriété particulière à toutes les chaux est de servir de base dans les mortiers, bétons et ciments employés dans les constructions, et de se combiner, par l'intermédiaire de Teau, à la silice que contient le sable. De Teffet complexe de la combinaison chimique de la chaux avec la silice, de Fabsorption de Tacide carbonique de Tair et de l'évaporation de Feau, le mortier durcit et adhère aux matériaux de construction, de manière à constituer une seule masse plus ou moins homogène et plus ou moins solide.

La chaux considérée sous le rapport de la quantité d*eau nécessaire pour la réduire en pâte, et sous celui de la dureté que cette pâte peut acquérir sous Feau, se divise en plusieurs espèces que nous allons passer en revue.

Les pierres calcaires sont rarement de carbonate de chaux pur; celles que Fon soumet à la cuisson en grand renferment en général des quantités notables de matières étrangères , tels que quartz, oxydes de fer et de manganèse, magnésie, argile, etc. Les qualités de la chaux dépendent beaucoup, non-seulement de la quantité de matières étrangères contenues dans la pierre calcaire, mais aussi de la nature de ces matières.

1" Chaux grasse. Lorsque la pierre calcaire ne renferme [qu'une petite quantité do matières étrangères, elle donne une chaux dont les propriétés se rapprochent beaucoup de celles de la chaux chimiquement pure. Elle foisonne considérablement avec l'eau, s'échauffe beaucoup ; elle forme une pâte liante, grasse au toucher ; on rappelle chaux grasse. Dans les mortiers, cette chaux, en séchant et fixant graduellement l'acide carbonique de l'atmosphère, durcit en passant à l'état de carbonate, ou mieux d'hydrocarbonate. Le sable ne remplit qu'un rôle purement mécanique : il sert k diviser la chaux, à augmenter sa perméabilité, et par suite k favoriser sa combinaison avec l'acide carbonique ; il joue de plus le rôle de centres ou noyaux autour desquels vient se cristalliser le carbonate de chaux; il empêche aussi la matière de prendre un trop grand retrait en séchant. Les parties de mortiers qui sont en contact immédiat avec l'air se changent entièrement en carbonate de chaux ; .mais les parties intérieures passent seulement k l'état d'une combinaison de carbonate de chaux et d'hydrate, qui acquiert beaucoup de dureté. 11 faut un temps extrêmement long pour que cette conversion ait lieu d'une manière complète ; en effet, au bout d'un grand nombre d'années, la chaux existe encore presque entièrement k l'état de chaux hydratée dans l'épaisseur des murs. Il convient de ne pas placer ces mortiers dans l'intérieur de constructions trop épaisses, où ils ne peuvent sécher, et il faut s'en abstenir dans les lieux humides ou souterrains et à plus forte raison sous l'eau, où ils se délayent complètement.

Le mortier prend une plus grande consistance que l'hydrate de chaux pur, et l'adhérence de celui-ci k la pierre est plus grande que sa cohésion. 11 convient, pour faci-

liter le durcissement du mortier, qu'il ne soit pas placé en couches trop épaisses entre les pierres. Il est convenable aussi que les pierres ne soient pas trop sèches, sans quoi eHes absorbent Teau de l'hydrate, lequelv durcissait trop promptement n'acquiert pas toute la résistance dont il est susoeptiUe. C'est ce qui explique pourquoi on projette de l'eau sur la surface des piarcea qui sont trop sèches avant d'y appiiqaor le mortier.

Une propriété particulière k la chaux grasse est que son volume augmente à l'extinction au moins du quart de son volume primitif, souvent de deux fois et demie ce volume, et quelquefois de trois k quatre £eàs. GettB cfaaox est celle qui profite le plus aux entrepreneurs, à cause de la grande quantité de mortier qu'elle fournit; on l'emploie pour les maçonneries ordinaires, mais il faut s'en abstenir pour les travaux hydrauliques ou souterrains, attendu qu'elle ne durcit qu'imparfaitement.

Dans un volume d'eau indéfini, la chaux grasse se combine rapidement avec un poids d'eau k peu près égal aux O^jâS du sien ; retirée et exposée k l'air, elle fuse avec dégagement de chaleur en sa réduisant en poudre impalpable. L'hydrate de chaux obtenu peut encore absorber une grande quantité d'eau, mais sans qu'il y ait ni combinaison ni dégagement de chaleur. Cet excès d'eau, qui donne naissance k une pâte plus ou mains ferme, peut se^ dégager en assez grande quantité par le rebattage, pour qu'il soit inutile d'en ajouter de. la nouvelle quand on fabrique le mortier.

Les mortiers de cette chaux restent mous,, comme le ferait la chaux ^ule, quand on les prive du contact de l'air ou plutôt de l'acide carbonique.

D'après Vicat, 100 parties de chaux grasse absorbent, en se solidifiant, 74 parties d'acide carbonique et en retiennent 17 d*eau.

2» Chaux maigre. Quand le calcaire soumis k la. cuisson reoferme^ des (|aantités notables de matières étrangères, telles que sable quartzeux> oxydes de fer et de manganèse, carbonate magnésien, la chaux obtenue, dite chaux maigre, développe peu de chaleur quand on la met en contact avec l'eau, elle foisonne moins que la chaux grasse, et ne forme pas une pâte liante. Comme la chaux grasse, elle durcit k Pair avec I« temps, et aussi se désagrège dans l'eau. A défaut d'autre, on l'emploie 'aux mêmes usages que la chaux grasse.

3* Chaux hydraulique. Si la matière étrangère que contient le calcaire est de l'argile (728), ou de la silice dans un certain état de division, et que sa proportion s'élève au moins k 10 ou 15 pour 100 du poids du calcaire, la chaux qui en résulte est encore une chaux maigre; elle ne foisonne pas ont que tiès-peu, et ne dévBtoppe pas de chaleur k l'extinction ; mais elle jouit de la propriété remarquable de faire prise sous l'cau^ après un temps plus ou moins long, pourvu qu'elle n'ait pas été trop fortement calcinée. Cette propriété lui a fait donner le nom de chaux hydraulique.

L'hydraulicité de cette chaux est due k ce que pendant la cuisson du calcaire il s*établit une combinaison chimique entre la chaux, et la silice divisée k laquelle eue est mélangée, soit que cette dernière y existe k l'état libre, soit qu'elle s'y renconlrekrôtot d'argile. En eflfet, si l'on traite la chaux hydraulipue par un acide, on met en libesté. de la sflice en gelée, ce qui prouve que cette substance, s'y trouvait à l'état de combinaison. D'une autre part, en mélangeant du sable quartzeux avec une quantité convenable, de carbonate de chaux, on n'obti«nt jamais qu'une chaux maigre non hydraulique,, tandis que si l'on remplace le sable pai* un poids égal de silice gélatineuse desséchée, puis. amenée sous forme de poussière farineuse, on obtient une chaux douée de pronriétés hydrauliques.

Ces expériences montrent que la solidification des. chaux hjdrauliqaes sous l'eau, provient d'une combinaison qui se fait entre l'hydrate de chaux et les silicatis d'alomine et de chaux ; cette combinaison détermine une nouvelle agrégation de la natiène, et rend la chaux insoluble. Ces expériences font voir,, en outre, la possibaité de fahnquer artificiellement des chaux hydrauliques en mélangeant du carbonate da ehAUz et. de l'argile dans des proportions conivenables*.

L'argile et la silice désagrégée ne sont pas les seules matières qui communiquent èr la chaux des propriétés hydrauliques. La ma^jtésie produit, k un moindre degré il est vrai, un effet semblable. Le carbonate de chaux lui-même, lorsqu'il est mélsniié dans. des proportions convenables, k la chaux, lui fait acquéra^ de bibles propriétés kydrwi-liques : tel est le résultat que présentent les incuits.

La chaux hydraulique éteinte k la manière ordinaire solidifia,. caiimiel»ekau «msw»

MATÉRIAUX EMPLOYÉS DANS LES CONSTRUCTIONS. i361

une certaine qawaliié d'eaa, et forme, aTec nue addition d'eau, nne pâte plus ou moins ferme, laquelle, exposée à l'air, se solidifie en absorbant nne moindre quantité d'acide carbonique qne la chaux grasse, et en retenant également une certaine poroportion d'eau.

D>'après Yicat, iOO parties d'une chaux hydraulique eontanant i/5 de son poids d'argile absorbent, en se solidifiant, 54 parties d'acide carbonique et en retiennent i5 d'eau. Ainsi ce produit, composé de 100 parties de chaux, 25 d'argile, 67,5 d'acide carbonique et 18,7 d^eau,. est encore un hydrocarbonate de chaux, dans lequel l'argile paraft être en dehors de la combinaison.

4<> ChauX'Ci'iient ou ciment romain. On trouve dans la nature des mélanges intimes de calcaire et A'argile, des calcaires argileuxj qui donnent immédiatement des chaux hydrauliques à la cuisson. On a reconnu par expérience que pour qu'un calcaire possède les propriétés hydrauliques, il doit renfermer au moins 10 ou H pour 100 d'argile. La chaux qui en provient, gâchée avec de l'eau, durcit en râgt jours environ dans les lieux humides ou sous Teau. Quand le calcaire renferme de 20 k S5 pour 100 d'argile, la chaux gâchée fait prise en deux ou trois jours. Enfin, si le calcaire renferme de 25 à 35 pour 100 d'argile, la chaux fait prise en quelques heures, et on lui donne le nom de chaux-ciment ou de ciment romain.

Lorsque les calcaires renferment plus de 30 à 35 pour 100 d'argik, ils ne donnent plus de ciment par la cuisson ; la matière ne fournit plus une pâte assez liante avec l'eau.

La chaux-ciment n'est pas susceptible de fuser ; mais, réduite en poudre, puis en pâte, elle prend corps très-facilement. A la cuisson, il se forme un silicate de chaux plus ou moins abondant, et la chaux qui est restée libre ne peut plus fuser, de sorte que l'eau est sans action sur toute la masse de cette chaux quand elle sort du four; mais, réduite en pondre et mouillée d'une quantité d'eau suffisante pour en faire une pâte, il se produit une cristallisation confuse, et la pâte prend corps sous l'eau, d'autant plus rapidement que le silicate est plus abondant, si toutefois il n'est pas en quantité suffisante pour nuire à l'action réciproque des molécules les unes sur les autres.

La chaux-ciment fait prise d'autant plus rapidement qu'elle n'a pas été exposée k l'air depuis sa sortie du four, et à ce moment, si on la broie et si on l'utilise immédiatement, sa prise est quelquefois si rapide qu'on n'a pas le temps de l'employer.

La cuisson des calcaires hydrauliques, et surtout celle des ciments, demande à être faite avec des précautions particulières. Si la température s'élève trop, la matière acquiert de l'agrégation, par suite d'une combinaison trop intime de la chaux avec le silicate d'alumine, et il ne se forme plus de nouvelle combinaison lorsqu'on mélange la matière avec de l'eau. La chaleur doit être la plus faible possible, et seulement suffisante pour faire perdre au carbonate de chaux la plus grande partie de son acide carbonique, et à l'argile son eau.

On mélange ordinairement avec les ciments, et surtout avec les chaux hydrauliques, des sables quartzeux, dans le but d'augmenter leur dureté et de faire prendre au mortier un plus ^rand volume.

5<* Les ciments hydrauliques ou pouzzolanes étant composés de 61 à 90 d'argile pour 39 k 10 de chaux, ils renferment, après la cuisson, du silicate de chaux, sans qu'il y ait assez de chaux libre pour que le résidu de la calcination, réduit en poudre, fasse pâte, et l'eau ne produit aucun eff'et sur cette poudre, que l'on ne peut utiliser qu'en y mélangeant une certaine proportion de chaux grasse. Le silicate se trouve, suivant les proportions de chaux qu'il contient, dans les mêmes conditions que dans une chaux plus ou moins hydraulique, ou que dans la chaux-ciment.

6* Ciments de briques ou de tuiles. Ces matériaux contenant généralement moins de 1/10 de chaux, ils sont encore en dehors des pouzzolanes ; mais cependant celle qu'ils peuvent contenir est combinée avec la silice, et l'on remarque, quand l'argile n'a pas été trop cuite, que de la chaux grasse, combinée avec ces matières pulvérisées, donne un mortier qui a un léger degré d'hydraulicité.

Comme la pulvérisation de la fabrique ou de la tuile est coûteuse, il vaut mieux, au lieu de faire usage de ces matières, fabriquer des pouzzolanes énergiques, dont une légère quantité, mélangée au mortier ordinaire de chaux grasse, suffit pour faire un

tô6â CINQUIÈME PARTIE.

tr&s<-bon mortier hydraulique. Ce n'est qu'à défaut de toute autre matière qu'on doit uToir recours à l'emploi du ciment de briques ou de tuiles.

D'après Vicat, de l'argile, après une première cuite, donnant b la combinaison a^ec ïa chaux une énergie représentée par 1, bis-cuite, cette énergie est représentée par 0,30, si demi-vitrifiée par 0,19; on Yoit donc que c'est une erreur de croire que la brique la ^lus cuite est la plus convenable pour la fabrication des mortiers.

741. Composition des diverses espèces de chaux. L'analyse a fait reconnaître, comme le confirme le tableau suivant : 1* que le carbonate de chaux qui fournissait la chaux grasse contenait moinr. de 1/10 de matières étrangères; 2" qu'au-dessus de 1/10, il donnait une chaux d'autant plus maigre que cette proportion de matières étrangères était plus grande; 3° que la propriété hydraulique était due à la formation, au feu, du silicate de chaux, c'est-a-^ire que la silice jouait un rôle essentiel dans la combinaison, mais que cette combinaison n'avait lieu qu'autant que la silice se trouvait en gelée ou réduite à un état de ténuité extrême dans son mélange avec le carbonate de chaux.

Tableau de la composition de quelques chaux d'après les analyses de M. Berthier, Chaux grasse de Château-Landon

( 96,40 chaux pure.

j 1,80 magnésie.

( 1,80 argile (silice et alumine).

( 78,00 chaux pure.

Chaux maigre non hydraulique ce Coulommiers. . . j 20,00 magnésie.

( 2,00 argile (silice et alumine) •

( 89,00 chaux pure.

Chaux moyennement hydraulique de Saint-Cerniain. < 1,00 magnésie.

( 10,00 argile (silice et alumine).

70,00 chaux pure.

Chaux très-hydraulique de Senonches j 1,00 magnésie.

A ce tableau on peut ajouter :

29^00 silice.

( 82,30 chaux pure.

€haux maigre non hydraulique de Brest j 10,00 oxyde -de fer.

( 7,70 argile.

Ces analyses font voir que la magnésie et l'oxyde de fer rendent la ôhaux maigre non hydraulique, et que la silice pure ou mélangée d'alumine lui communique la propriété hydraulique.

M. Berthier, en opérant par synthèse, a obtenu, pour la mên^e composition, des chaux jouissant des mêmes propriétés que celles du tableau précédent, et il a reconnu de plus :

1" Que la silice en gelée, calcinée avec de la chaux pure, donnait un produit hy- «Iraulique ;

2* Que l'alumine, la magnésie, l'oxyde de fer et celui de manganèse, calcinés un à un a<vec de la chaux pure, donnaient une chaux maigre;

3'* Que l'alumiue et la magnésie, mêlées avec la silice, exaltaieîft la propriété hydraulique ; mais que les proportions les plus convenables pour ce mélange étaient une partie de silice pour une partie d'alumine ou une partie de magnésie.

Avant ces analyses, Vicat avait remarqué que si l'on faisait cuire (îans un four un mélange d'argile et de chaux éteinte ou de chaux ré-

MATÉRIAUX EMPLOYÉS DANS LES CONSTRUCTIONS. iSB^

duite en pâte, on obtenait de la chaux hydraulique quand la proportion d'argile était d*au moins 10 pour 90 de chaux, et que la chaux était d'autant plus hydraulique que la proportion d*argile était plus considérable; mais que si cette proportion d'argile dépassait 3i pour 66 de chaux, le composé ne fusait plus.

Depuis que cette théorie a été clairement établie, on a fait, par la synthèse, des essais avec tous les composés qu'il est possible d'obtenir en faisant varier les proportions de chaux et d'argile; ces essais ont conduit à ranger les chaux sous les dénominations suivantes :

Argile. Chani,

Chaux hydrauliques^ celles qui contiennent | 0,â0 0,80

Limite | 0,34 0,66

Chaux-ciments f celles qui contiennent. . . .' | 0,50 0,50

Limite j 0,6! 0,39

Ciments hydrauliques ou pouzzolanes, celles qui contiennent. . | 0,80 0,!20

( 0,90 0,40 Ciments ordinaires, celles qui contient plus de 0,90 d'argile.

Ces différentes espèces de chaux se distinguent par les propriétés que nous avons énoncées précédemment.

Les chaux maigres non hydrauliques, c'est-a-dire les chaux ou carbonates de chaux dans lesquels il entre une quantité notable d'oxyde de fer ou de manganèse, ne sont pas propres à cette tranformation en chaux hydraulique par le concours de l'argile et du feu ; on est obligé, pour leur donner cette qualité, d'employer, non pas de l'argile, mais de la pouzzoulane ou ciment hydraulique obtenu par la calcination de l'argile calcaire (751).

Avec les chaux hydrauliques qui contiennent la limite d'argile, c'està-dire 34 d'argile pour 66 de chaux, on fait d'excellents mortiers qui durcissent rapidement; mais il faut que toutes les molécules de chaux soient attaquées par l'eau «au moment de l'extinction; car s'il en reste de libres, elles fusent seulement dans la masse, et en désagrègent toutes les parties, qui ne peuvent plus ensuite prendre aucune consistance. Pour éviter cet inconvénient, qui s'est déjà présenté, on pourrait pulvériser ces chaux-limites, comme on le fait pour les chaux-ciments; toutes les molécules de chaux étant ainsi mises à peu près dans i\3s mêmes conditions pour leur extinction, l'inconvénient signalé ne serait plus à redouter.

M. »Durand-Claye, ingénieur des ponts et chaussées, donne, d'après les travaux de Vicat, le tableau suivant du degré d'hydraulicité de8 chaux, c'est-à-dire du rapport de l'argile à la chaux caustique (Annales des ponts et chaussées, année 1871) :

DESIGNATION DES fROSmTS.

Chaux srasse ou ehaux maigre^

Chaux faiblement hydraulique

Chaux moyenuement hydraulique

Chaux hydraulique

Chaux éminemment hydraulique

Chaux-limite ,

Ciment

Ciment maigre

Pouzzolane

IMDICBS D'EIDRAULianî.

de 0,00 à 0,10 de 0,10 à 0,1)6 de 0,16 k 0,31 de 0,31 à 0,43 de 0,42 k 0,50 de 0,50 k 0,65 de 0,65 à 1,20 de l,â0 k 3,00 de 3,00 et au-dessus.

Dans un calcaire qui ne renfermerait pas d^autre produit étranger que de l'argile, les proportions de ce tableau pourraient se mettre sous la forme suivante :

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