CUBE
de mortier
on de plâtre gâché.
NOMBRE
de briques,
déchet
compris-
Pour 1 mètre carré de cloison dont Pépaisseur est égale à celle de la brique (0",055). . . .
Pour 1 mètre carré de cloison dont l'épaisseur est égale à la largeur de la brique (O'-jlOT).
Pour 1 mètre carré de cloison dont l'épaisseur est égale à la longueur de la brique (0-,22).
Pour 1 mètre cube de maçonnerie de briques, au-dessus de 0'",22 d'épaisseur, pour murs de face, de refend, de pignon, etc., y compris échafaudage, et montage des matériaux à 7 ou 8 mètres de hauteur
heures.
m. cube. 0,016
Pour 1 mètre cube de même maçonnerie pour voûtes
Selon que les ouvrages de ce tableau sont exécutés en briques de Montereau ou en briques de pays (734), les nombres de briques employés augmentent d'environ 7 p. 100 pour les premières, et de 15 p. 100 pour les secondes.
778. Chaînes en pierre de taille^ soubassements et baies de portes et croisées dans les constructions en moellons. Ces chaînes peuvent être
horizontales ou verticales. Dans le premier cas, sans présenter d*incon* vénient, elles ont l'avantage de bien relier les petits matériaux placés au-dessus et au-dessous. Dans le second cas, elles augmentent la soH. dite et la stabilité aux points où elles se trouvent; mais elles ont l'inconvénient de produire un gonflement ou un tassement difi'érent des autres parties de la maçonnerie, ce qui occasionne des lézardes quand on n'a pas soin de laisser, comme on le fait à Paris, quand on juge convenable de construire en pierre de taille les angles des maisons, un jeu de 0",06 à 0",07 entre les moellons et les chaînes en pierre. Ce jeu permet le gonflement du plâtre qui se cristallise, et ensuite son retrait, ou le tassement du mortier, mouvements qui sont proportionnels au nombre des joints et à leur épaisseur. On ne relie les moellons aux chaînes, et Ton n'enduit les parements du mur que quand le retrait s'est opéré dans toute la masse.
Il convient qu'un mur en moellons ou en briques soit chaussé d'une assise en pierre de taille, un peu enterrée et s'élevant au-dessus du sol, et que l'on nomme soubassement. Dans les murs, on doit placer la pierre la plus résistante à la surface du sol.
Un moyen efficace d'empêcher l'humidité de s'élever dans les murs est de placer une couche de bitume sur la première assise au-dessus de la fondation.
Les jambages, les linteaux et les appuis des croisées et des portes se font souvent en pierre de taille, surtout dans les constructions en briques. Il est nécessaire que les pieds-droits soient de plusieurs assises et de pierres d'inégales longueurs, afin qu'ils se relient bien avec les petits matériaux qui composent les trumeaux.
Les linteaux sont quelquefois formés d'une seule pierre ; mais alors il faut construire au-dessus une voûte qui reporte le poids de la maçonnerie supérieure sur les pieds-droits. Il vaut mieux construire les linteaux au moyen de plusieurs pierres disposées en voûte, dite platebande, que l'on doit appareiller avec soin.
On était dans l'usage, a Paris, pour les maisons construites en moellons, de faire des linteaux en bois; ce qu'il faut éviter, carie bois pourrissant, c'est ordinairement par la que les maisons périssent. Aujourd'hui on fait un usage presque exclusif du fer.
779. Voûtes d'édifices. Dans les bâtiments civils, on ne fait ordinairement usage de voûtes que pour les étages souterrains. Elles sont généralement en plein cintre, et on les fait en moellons, h l'exception des pieds-droits des portes de communication d'un berceau à l'autre, lesquels sont généralement en pierre de taille. Les voûtes de caves sont le plus souvent en moellons piqués, et au moins sniillés (775). Les moellons bruts ne présentent pas une solidité suffisante ; il faut que les voussoirs soient appareillés, ou au moins taillés de manière qu'étan posés les joints tendent à l'axe ; sans cela, la solidité de la voûte ne consisterait que dans l'adhérence du mortier.
Il arrive cependant quelquefois que Ton construit des voûtes pour les pièces du rez-de-chaussée des édifices publics tels que mairies
1440 CINQUIÈME PicRTIE.
halles publiques, tribunaux. Lorsque les pièces voûtées doivent servir de lieu de réunion, on adopte le plein cintre, et il est rare alors qu'on les exécute en pierre de taille; pour réduire la dépense, on les fait le plus souvent en moellons, en briques ou en poterie. Quant aux voûtes d'arête, coaanje toute la poussée se reporte sur les pieds-droits et que \e» voussoirs inférieurs ont à résister à un effort considérable^ on est obligé de les construire en pierre de taille.
Pour les voûtes eu petits matériaux, il faut employer le meilleur mortier ou plâtre possible, afin que^ reliant entre elles toutes les parties, la voûte et les points d'appui exigent une moindre épaisseur. C'est pour les mêmes raisons qu'on doit employer, surtout pour les voûtes exécutées hors du sol, les moellons de la plus faible densité, ou mieux la brique, qui fait parfaitement corps avec le plâtre ou le mortier, ou mieux encore la brique creuse ou la poterie, lesquelles, ayant la même adhérence que la brique, sont beaucoup plus légères (735).
Pour les voûtes, comme pour les murs en élévation, les moellons doivent être disposés par cours d'assise, de manière à faire croiser les joints de deux assises voisines^ et de telle sorte que dans une même assise les moellons formant boutisse soient placés entre deux carreaux (770). Si la voûte a une épaisseur de|)lusieurs moellons, le second rang de moellons doit se relier avec le premier.
On monte les deux côtés de la voûte à la fois, afin que leurs poussées se fassent équilibre sur le cintre et ne le détruisent pas, et que de plus le. mortier prenant la même consistance des deux côtés, le tassement soit égal. On ne place les couchis du cintre qu'au fur et à mesure q.vCeTi élève la voûte, afin que l'ouvrier ait Kouvrage devant lui et de plus placé à une hauteur convenable pour sa facile exécution.
Quand il ne reste plus que trois assises à poser, on commence à bander et a fermer la voûte par l'une de ses extrémités. Ou pose de part et d'autre deux ou trois moellons aussi longs que possible que l'on appuie sur le cintre ; une fois en place, on les affermit à coups de marteau sur un bourrelet de mortier soufflant; on recouvre leur face de mortier, et l'on introduit alors la clef bien taillée d'avance en forme de voussoir dans le , vide laissé, entre les moellons qu'on vient de poser; on renfonce en la frappant avec une dame du poids de 15 à 20 kilog,, jusqu'à ce qu'elle s'appuie sur le cintre. Il est évident qu'on doit prendre les plus beaux et les meilleurs moellons pour former les dernières assises de voussoirs, et surtout la cleL
Lorsque ces premiers moellons soat bien assurés et que le mortier souffle de toutes parts, on introduit dans les joints» à coups de marteau, des éclats de pierre dure. Cette première clef étant bien bandée» on conlimie à fermer la voûte; en opéranx ae même ei en auani a reculons.
Les voûtes en briques peuvent se construire de la même manière que celles en moellons, en leur taisaat former voussoir sur leur épaisseur, et en les plaçant en carreaux et bAutisses. si l'épaisseur de la voûte est sufûsanie. Dans ce cas, on peut les relier avec du plâtre ou, du mortier,.
■àÇONNEMES. 1441
en ayant soin de garnir les joints à l'extrados avec des éclats d'ardoise ou de pierre mince, à moins cependant que les briques aient la forme de Youssoirs.
Quelquefois ks briques sont simplement posées à plat sur le cintre, et alors reliées par du plâtre ou (du ciment romain; on emploie ce pro cédé pour faire des voûtes minces et plaies. On prépare dans les murs qui doivent porter la voûte des coussinets dans lesquels la voûte vient s*engager et s'appuyer. Ces voûtes sont le plus souvent formées de plusieurs épaisseurs de briques ou de briquettes (page 221).
Pour les voûtes en briques, il faut preodre la précaution indiquée n* 777, qui consiste à tremper les briques dans l'eau avant de les mettre en contact avec le plâtre, sans quoi elles absorbent l'eau qui a servi à gâcher celui-ci, qui alors ne contient plus la quantité d'eau suffisante a sa cristallisation.
On ne doit jamais.fermer la voûte à la clef avant que le plâtre ait fait tout son effet, sans quoi le gonflement du piâtre dérangerait les piedsdroits de leur aplomb.
On doit commencer les voûtes en arc de cloître par la clef, et aller en s'avançant vers les naissances; sans cette précaution, on aurait beau laisser du jour à la clef, comme les quatre parties de la voûte se contre-butent mutuelleme nt entre elles, la poussée due au gonflement du plâtre se transmettrait toujours sur les pieds-droits.
780. Fondations. Lorsque le aol est formé jusqu'à une certaine profondeur de terres végétales qui ont été remuées, ou de matières rapportées, comme il n'offre pas asses de résistance pour supporter sans affaissement les constructions à ériger, on est obligé de le déblayer, et de descendre la fouille jusqu'à ce qu'on ait atteint une couche de ter rain qui présente une compacité et une résistance suffisantes. 11 arrive souvent que la couche solide se trouve à une profondeur telle, qu'on doit renoncer à l'atteindre par les fouilles et à y asseoir directement Lss fondations; alors on a recours à des moyens auxiliaires pour donner au terraèn qui la aurmonte la aolidité requise. Ces moyens varient selon la nature du sol, nature que l'on détermine, soit par des sondages, soit en creusant des puits.
Malgré le grand nombre de nuances sous lesquelles les terrains se distinguent, si on les considère sous le rapport du plus ou moins de résistance qu'ils peuvent offrir pour les fondations, on peut les diviser en trois classes principales :
La première classe renferme les terrains les plus favorables, sur lesquels on peut établir directement les fondations : tels sont les diverses espèces de rocs, les tiifs, les marnes -et les terrains pierreux qu'on «e 'peut attaquer 4[u'à ta mine «u au pie ;
La deuxième classe ooaprend to«s les terrains fravdleux ti sablonueiu, qui cmt U propriété, d'être incompressibles lorsqu'ils sont encaissés;
La troisième classe est formée dejtous les terrains qui présentent des difficultés plus ou moins grandes, lorsqu'il s'agit de les consolider et de leur donner une résistance «nKormf tnifisaiite dans toute rdConAue des fondatiom. Les terrains mosTants, efXMiiie ]fr«ont priocipaiemeBi max qui swnt glalwvx, et ks tcmins eompressibles, tdhs iqoe ceux qui sont tourbeux ou frakheiatat rBpfMuntésy af^ctieiment à cette «spèoe.
1442 ci!CQriè]iE partie.
Lorsqoe les fouilles des fondations sont descendues ^ une profondeur convenable et ont atteint un terrain suffisamment résistant, après en avoir nivelé et dressé parfaitement le fond, on procède à Texécution de la maçonnerie de fondation. Si cette maçonnerie est en moellons ou en meulière, Fouvrier choisit les morceaux les plus gros et les plus résistants, et il commence son travail en en posant une première assise sur un lit de mortier qu*îl a étendu sur le fond de la fouille, en les liaisonnant les uns avec les autres et en les frappant avec sa hachette pour les bien affermir et imprégner de mortier. Le premier rang étant posé et garni, il le couvre d'un lit de mortier, sur lequel il pose de la même manière, et toujours d'arasement, la deuxième assise, en ayant également bien soin de tasser chaque moellon et de croiser les joints montants avec ceux de la première assise ; il continue ainsi de suite jusqu*à ce que le sommet de la maçonnerie soit arrivé kO*,10 ou 0*,t5 en contrebas de la surface du sol.
Quoique la maçonnerie des fondations soit cachée, on doit avec plus de soin encore que pour celle à parements vus, prendre toutes les précautions qui assureront sa solidité. Une mauvaise exécution occcasionnerait des effets très-nuisibles à la stabilité de la construction : les murs se fendraient, perdraient leur aplomb, et il se formerait des crevasses dans les voûtes et dans toutes les parties de l'édifice.
Pour que les fondations soient solides et que le tassement soit uniforme dans toutes les parties delà construction, il faut composer chaque assise de matériaux de même hauteur et de même dureté, en plaçant les plus résistants dans le bas. Si quelques matériaux sont tendres et de médiocre qualité, on évite de les employer pour les parties de fondations qui auront a supporter de grandes masses de maçonnerie ou de fortes charges; ils pourraient s'écraser et compromettre la solidité de la construction, sinon en amener la ruine.
Lorsqu'une fondation repose sur le sol naturel incompressible, il suffit de lui donner de 0",05 à 0*,iO d*empatement, c'est-à-dire de saillie, sur chaque face du mur qu'elle doit supporter; cela suffit pour qu'on soit sûr que la fondation sera pleine sur une épaisseur au moins égale à celle du mur et qu'il n'y aura pasf de porte-a-faux, malgré le peu de soin qu'on met à dresser les parements dans les tranchées, et aussi pour que la résistance soit plus grande en raison de l'excès de charge que supporte la fondation.
Pour des piliers isolés supportant de fortes charges^ Tempatement précédent 0'',05 k 0",10 de la fondation sur tout le pourtour de chaque pilier est insuffisant ; on est obligé de les foncier sur un mur continu construit comme pour le mur que remplacent ces piliers. Souvent même, afin de répartir la pression des piliers sur toute la longueur du mur de fondation, on dispose ce mur en voûtes renversées dont les naissances sont placées sous les socles des divers piliers. Dans certains cas même, lorsqu'il y a plusieurs rangs de pilers, ceux-ci reposent sur les naissances de voûtes d'arête renversées qui reportent la charge sur toute l'étendue de l'espace qui sépare les piliers.
Dans toute construction, mais surtout pour les piliers isolés, on doit placer les pierres les plus résistantes au niveau du sol, jusqu'à une profondeur de 0",i5 à 0-,20 (n* 778).
Afin que le tassement soit le même pour tous les piliers isolés, on les construit du même nombre d'assises, on donne la même épaisseur aux joints, et Ton taille les lits pleins et bien perpendiculaires k Taxe.
Fondations en libages. Pour les constructions de quelque importance» les fondations s'exécutent de la manière suivante : Lorsque le fond de la fouille est bien nivelé, on y étend un lit de mortier, sur lequel on pose une assise de forts libages dont les lits seulement sont ébousinés ; ces matériaux font parpaing si Tépaisseur du mur le permet, et on les dispose en boulisse dans le cas contraire (770j; on a soin de bien lesliaisonner, en croisant le» joints en tous sens, et Ton garnit ces joints de mortier au fur et à mesure de la pose.
On construit quelquefois des fondations entièrement en libages jus* qu'au niveau du sol; ou encore on établit, sous forme de chaînes en libages, les parties qui doivent supporter de fortes charges, comme celles qui se trouvent sous les angles, les trumeaux, les piliers, etc., et Ton remplit les intervalles de ces chaînes en maçonnerie de moellon ou de meulière.
Fondations en maçonnerie de meulière ou de mx>ellon de roche dure^ hourdée en mortier de ciment romain. Les mortiers de ciments, par la rapidité de leur prise, permettent de faire des maçonneries qui deviennent presque immédiatement incompressibles sous de fortes charges. Aussi, depuis quelque temps, substitue-t-on, pour les murs et massifs de fondations, a la maçonnerie de libages, qui est d'une exécution longue et dispendieuse, la maçonnerie de meulière ou de moellon de roche dure, hourdée en mortier de ciment, qui procure une économie trèssensible, abrège beaucoup la durée de l'exécution des fondations, et donne d'excellents résultats sous le rapport de la solidité. Les fondations de plusieurs constructions importantes ont été exécutées de cette manière (721).
Fondations en béton. L'emploi des libages et de la maçonnerie de meulière ou de moellons durs et ciment,' pour les massifs et fondations, est assez dispendieux, surtout dans les localités où la pierre de taille et les moellons durs sont rares. Aussi, a-t-on ordinairement recours au béton, qui procure presque toujours une grande économie. On donne à la couche du béton 0*,30 à 0",80 d'épaisseur, et une largeur telle, qu'elle forme un empâtement faisant saillie sur les faces des murs qu'elle doit supporter. Ces murs se font même quelquefois entièrement en béton jusqu'au niveau du soi.
Les maçonneries en béton ont la propriété, lorsqu'elles sont bien exécutées et qu'elles sont faites avec de la bonne chaux hydraulique, de former des massifs d'un haut degré d'incompressibilité. Aussi doiventelles toujours être préférées à celles de libages ou de moellons de pierr« tendre pour les fondations de quelque importance. Si la construction doit être élevée rapidement, de cinq k six étages dans l'année, par
1444 CINQUIÈME PiHRTIE.
exemple, comme cela a lieu à Pari«, la prise du béton deit être rapide > afin de précéder le chargement de la fondation (761, 785).
Fondations par piliers. Dans un but d*éconoroie, quand on est obligé de descendre à une grande profondeur pour trouver le sol résistant, les fondations peuvent être composées d'une série de piliers convenablement espacés et reliés a leur sommet par des voûtes en plein cintre ou en arc de cercle.
Quand la largeur de la fondation le permet, on ne descend la fouille jusqu'au sol résistant qu'aux emplacements des piliers, et l'on taille le» massifs de terre intermédiaires, de manière a les faire servir de cintres pour établir les voûtes de couronnement. Dans le cas contraire, on fait la fouille entièrement, puis on construit les piliers, dont on remplit les intervalles avec des terres provenant de la fouille, en formant également, avec ces terres, les pâtés devant servir à l'établissement des arceaux.
Ces fondations s'exécutent ordinairement en béton, les réservoirs d'eau de la rue de la Tîeille-Estrapade, à Paris, ont été fondés de cette manière ; les piliers ont environ 2 mètres de côté, et une hauteur qui atteint 12 à 15 mètres pour quelques-uns; ils sont reliés par une série de petites voûtes transversales sur lesquelles, au niveau de l'intrados à la clef, prennent naissance d'autres grandes voûtes longitudinales.
Fondations par puits remplis de béton. Aujourd'hui, pour fonder un bâtiment sur un terrain qui n'est solide qu^ une grande profondeur, on fouille le sol dans toute l'étendue de la construction jusqu'au niveau du sol des caves; puis, à l'aide de treuils, on creuse des puits descendant jusqu'au terrain résistant. Ces puits s'établissent en tousles points où la charge du bâtiment se reporte avec le plus d'intensité, et leur diamètre, qui n'est guère en général inférieur à l",©©, se proportionne à la charge à supporter. On creuse également, sous tout le développement des murs des rigoles allant d'un puits à l'autre, en leur doimast une largeur un peu supérieure à l'épaisseur des murs aux fondations, pour former empâtement. On donne au fond de ces rigoles le profil de cintres de voûtes en arc de cercle s'appuyant sur les puits. •La profondeur de ces rigoles au milieu de leur longueur ne peut guère être inférieure à \ mètre, et on la fait d'autant plus grande que le sol est moins résistant. Les puits et les rigoles étant creusés, on remplit le tout de béton, sur lequel en élève, en meulière et ciment ou chaux hydraulique, les murs du bâtiment jusque près du sol extérieur. Le béton des rigoles forme voûtes de décharge, s'appuyant sur les piliers résistants formés par le béton qui remplit les puits, en même temps , qu'il répartit la pression sur le sol peu résistant sur lequel il repose.
Si le sol incompressible est situé sous Veau ou sous des couches cornpresfikles à des profondeterssi grandes qu'on Tte puisse le mettre à découvert sans des dépenser trop considérables, on a recours à Vun des moyens suivants :
mAoommx». ••lits
V Fondations êur piMt;, fig. 4^3. Ge moyen consiste à *ênfoâceir dans p. ^gj toute rétendue des fondations des pieur
etrpaieéB de 0",80 à 1*,20 d'axe en axe, «elon la charge qu'ils doivent supporter «t suivant leur diamètre, qui est en général le f /94 de l«ar longueur, sans avoir moins de <0",18àla tête. Ces pieux battus à la plus forte limite de refus peuvent supporter Jusqu'à 45 à 60 kilogrammes et même plus par centimètre carré de section (123, 253); cependant il est bon de ne pas dépasser les 2/3 de cette thai^e maxima, afin d'avoir une sécurité complète pour la solidité de la construction.
Les pieux étant enfoncés en quinconce, on les recèpe tons de niveau à une hauteur convenable, on enlève entre eux la terre ameublie parle battage, et on la remplace par un blocage en pierres sèches si Ton opère à sec, ou par du béton ou de la maçonnerie à mortier hydraulique dans le cas contraire. On a soin de comprimer fortement ces matériaux à mesure qu'on les pose, afin qu'ils maintiennent bien les têtes des pieux, qu'ils augmentent les frottements latéraux «'opposant à l'enfoncement, «t qu'ils ajoutent le plus possible à la rigidité du système.
On pose ensuite un grillage en charpente, formé de longrines reliant les files longitudinales de pieux et de traversines «'assemblant k mibois sur l'es longrines. On anase le remplissage au niveau du grillage, et sur le tout on établit une plate-forme en madriers, sur laquelle on élève l'édifice.
Comme la plate-forme unie adhère mal à la maçonnerie, il peut être convenable de la remplacer par une forte couche 4e béton enveloppant les tètes de pieux, sauf à placer sur ce massif, »i on le juge nécessaire, un ou deux rangs de forts libages Ofu un massif de 0*,40 k 0*,60 d'épaisseur de maçonnerie de moellons durs et ciment romain, afin de répartir convenablement le poids de la construction.
Généralement, pour les travaux en rivières, le recépage des pieux ae fait à environ 0*,60 ou 0",70 au-dessous des plus basses eaux.
Pietac à vis. Pour les fondations de quelques ouvrages d'art, aux pieux ordinaires en bois battus à la sonnette, on a substitué des pieux k vis en fer imaginés par M. A. Mitchell de Belfast. Ces pieux présentent une très-grande résistance à Tarrachement et à la compression, et ils permettent d'établir des constructions solides sur des sols et dans des con- 4lti0tts difiiciles.
Les vis Mitchell s'adaptent quelquefbis à des pieux en bois sous forme de sabots ; mais le plus souvent on les fixe à l'extrémité d'un pieu eiroulaire en foAte ou en fer, dont le diamètre varie en raison du poids k supporter.
Pour les terrains peu résistants, les vis sont langes et leurs filets font feu die tours. Au conlraÎTe, pour les terrains très-^dars et le rocher, on les rééait à une espèce de tarière oonique k filets saillants faisnnt un 4$ertaiii nominre de tours»
L'enfoncement des pieux à vis se fait très-simplement. Sur la tête du pieu, qui est carrée sur une hauteur de 0",20 à 0",40, on place un manchon en fer auquel s'adaptent des barres de cabestan, qui permettent de tourner le pieu à la manière d'une vrille, et de l'enfoncer jusqu'au terrain suffisamment résistant pouj^ le poids k supporter.
MM. Brunel, Gubit et Stephenson ont employé ces pieux avec avantages pour un grand nombre de ponts ou viaducs ; dans tous les cas, leur emploi s'est montré sûr, rapide et facile. On les a aussi appliqués avec succès a la fondation de plusieurs ponts et viaducs du chemin de fer de l'Ouest.
Le mode de fondation sur pilotis peut s'employer soit qu'il s'agisse de fonder sur des terrains secs qui ne sont incompressibles qu'à une certaine profondeur, soit qu'il s'agisse de fonder sous l'eau. Les procédés 9* et suivants sont spéciaux à ce dernier cas.
2° Fondations à Vaide de batardeaux. On nomme batardeaux, des digues dont on circonscrit l'emplacement de la fondation, afin de pouvoir épuiser l'eau, et ensuite établir la fondation sur le sol mis à sec, en opérant comme il a été indiqué ci-dessus.
Lorsque la profondeur d'eau ne dépasse pas 1 mètre, le batardeau se fait simplement en terre, en lui donnant de 0",80 à 1" 20 d'épaisseur moyenne ; son exécution doit être soignée, et la terre bien pilonnée au fur et à mesure de la pose.
Si l'eau a une certaine vitesse ou une profondeur de 1 mètre à 1",50, on enfonce avec le mouton une file de pieux, contre laquelle on fixe des madriers jointifs, et c'est contre ce barrage en charpente, destiné à défendre la terre, qu'on tasse celle-ci pour terminer le batardeau. Quelquefois on a remplacé les madriers par des fascines.
Quand la profondeur de Teau excède 1"',50, le batardeau s'établit encore plus solidement. On bat sur deux files parallèles des pieux espacés de 1 mètre environ dans le sens de la longueur des files; on réunit les pieux de chaque rang par des moïses boulonnées, ou par des madriers qu'on cloue horizontalement ; entre ces moises ou contre ces madriers on appuie des palplanches taillées en biseau à leur extrémité inférieure, et posées à joints carrés l'une contre l'autre, ou assemblées entre elles à rainures et languettes ; puis on enfonce ces palplanches jusqu'à ce que leur extrémité soit inférieure au sol sans consistance. Après avoir enlevé la vase entre les deux cloisons ainsi formées, on remplit leur intervalle avec de la terre que l'on jette par petites parties, et qu'on pilonne par couches de O^jlS à 0",20; l'argile est la terre qui réussit le mieux. Des entretoises reliant entre elles les deux cloisons ajoutent beaucoup à la solidité du batardeau; il faut éviter de placer ces entretroises au-dessous du niveau de l'eau, car celle-ci suivrait leur surface ^ et il en résulterait des sources abondantes.
Pour les batardeaux en terre employés pour fonder les bassins de radoub du port de Toulon, on a obtenu de bons résultats en mélangeant à l'argile de la paille ou du fumier pour en augmenter la liaison.
Les batardeaux ainsi construits doivent avoir une épaisseur suffi-
MiÇONNERlBS.
PJg. 184.
Pig. 185.
santé pour résister, non-seulement aux infiltrations, mais aussi à la pression produite par l'eau qulls soutiennent. Afin qu'ils aient une stabilité convenable, on fait ordinairement leur épaisseur égale à la hauteur d'eau à retenir.
On fait encore des batardeaux en maçonnerie hourdée en mortier hydraulique, et dans plusieurs ports de mer on en a établi en béton.
On doit avoir soin de draguer le fond sur lequel on veut les poser, jusqu'à ce qu'on ait atteint un sol assez résistant pour en supporter le poids sans afi'aissement. (Art. 30^).
:r Pour fonder k de grandes profondeurs, on emploie encore quelquefois un caisson en bois qu'on amèn&sur l'emplacement de la fondation, et sur le fond plat duquel on établit la maçonnerie, fig, 1 84. Le caisson finit par s'enfoncer jusque près du sol, par suite du poids de la maçonnerie; alors, afin de terminer l'échouage convenablement, on laisse pénétrer l'eau dans le caisson. On enlève ensuite les parois latérales du caisson, qui n'étaient retenues que par des tirants. Il est évident que le sol a dû être à l'avance consolidé par des pieux, si cela était nécessaire, et nivelé.
4* Le moyen de fonder par encawcm^n^,/^^. 1 85, est généralement préféré au précédent à cause de sa simplicité et de son prix modéré. Il consiste à former autour de l'emplacement des fondations une enceinte de pieux et de palplanches ; à draguer dans cette enceinte jusqu'à ce qu'on atteigne un sol suffisamment incompressible, et il la remplir de béton, sur lequel on érige ensuite la construction.
Si le fond du lit était un roc dans lequel il y eût impossibilité d'enfoncer des pieux, on aurait recours à un caisson sans fond, construit sur le chantier, et dont les parois seraient formés de potaux montants et de fortes palplanches, le tout maintenu par plusieurs cours d'entretoises horizontales. On amène le caisson sur l'emplacement de la fondation, on le fait échouer en le changeant convenablement, puis on établit le massif de béton. Par des sondages faits avec soin, on relève le profil du rocher sur tout le contour où doit porter le caisson, dont on taille le mieux possible le bas des parois à la demande des sinuosités du profil.
Dans ces derniers temps, pour fonder à de grandes profondeurs sous l'eau, plusieurs ingénieurs, et entre autres M. Pluyette au pont de Nogent-sur-Marne (Annales des ponts et chaussés, 185^6), ont fait usage d'un encaissement en tôle. On commence par draguer jusqu'au terrain solide dans tout l'emplacement de la pile ; on échoue l'encaissement, et après avoir dragué à l'intérieur, de manière à unir le fond, on coule une
1448 CUV^mÈMB PilCTIE. '
couche de béton d^uine épaisseur suffisante ; quand cette 'COttche «et solide, on épuise l'eau, et alors on naonte la pile à sec
Au pont Saint-Michel, à Paris, on a Mt arec succès un nouvel emploi d'un caisson sans fond, système de M. Baudemoulin, ingénieur en cbef des ponts et chaussés. Ce caisson, au lieu d'être en tôte, est en boiE, ce qui le rend heaucoup plus économique; ainsi, pour une arche de 35 nôtres, il n'a coûté que 14000 fr. environ, au lieu que celui eaa tôle de Nogent-sur-Marne est revenu à près de 90 000 fr.
Le caisson a, intérieurement aux palplanches, 38%22 de longueur sur 6'°,2!2 de largeur à la base, et 36",34 de longueur sur 4",34 de largeur à la partie supérieure. Sa profondeur est de 4",80.
11 se compose essentiellement : 1* d'une ossature formée de poteaux montants reliés par trois cours de moïses horizontales ; 2" d'une cloison en palplanches destinée à retenir le béton.
Les poteaux sont en chêne ; ils sont espacés de 2 mètres d'axe en axe, et leur équarrissage est de 0",16. Les trois cours de moisessonten boift de 0'",20 sur 0",2!5, et ils sont légèrement entaillés aux droits des montants, auxquels ils sont d'ailleurs reliés par des boulons. Les deux cours inférieurs sont en chêne; mais le cours supérieur, qui a été enlevé après la pose des premières assises de la pile, est en sapin. Les palplanches sont en madriers de sapin de 0",22 sur 0",0S ; ejles sont espacées de 0",05 au moyen de tasseaux cloués sur leurs tranches, et elles sont taillées en coin à leur extrémité inférieure, pour faciliter.leur pose et leur légère pénétration dans le sol.
Avant la pose des palplanches, on a fixé intérieurement, sur les poteaux, entre les deux cours supérieurs de moises, des planches jointives de 0°,03 d'épaisseur, dont on a recouvert les joints par des voliges garnies de mousse, pour obtenir dans le haut du caisson un bordage étanche. La mousse se fixait d'abord aux voliges avec de la terre glaise.
Le caisson, soutenu par quatorze chèvres établies sur quatre bateaux, a été descendu au fur et à mesure de sa construction. Les poteaux ont d'abord été assemblés au cours inférieur de moises situé à 0",80 du bout des poteaux. On a descendu l'ensemble jusqu'à ce qu'en faisant flotter les madriers du second cours de moises on pût les mettre en place. On a alors placé les moises du cours supérieur. Le cours du mileu est à i",80 de celui du bas, et a 2",20 de celui du haut. Cette opération terminée, on a établi le bordage étanche entre les deux cours supérieurs de moises ; puis, en chargeant le caisson au moyen de moellons, on l'a fait descendre jusqu'au fond de la fouille, qui avait préalablement été faite à la drague jusqu'au sol résistant. On a ensuite placé les palplanches ; puis on a établi un enrochement tout autour du caisson. Quand l'enrochement a eu environ 1 mèére de hauteur, on l'a continué en utilisant les pierres qui avaient servi à réctuouage.
On a alors commencé à couler le béton, ce qui se faisait à l'aide de caisses demi^cylindriques cubant (y*,650. On a élevé ie massif de béton, qui vemfJissait tout le caisson, jusqu'à O'^ydO en contne^bas du niveau làe Tcaa; ii l'aide de pompes aunes par 4eB loceaMlMlâs on a-ë^ralBé
MAÇONNERfES. 1419
l'eau, puis on a posé le socle en pierre de t8^ïïle de la pîle. Ce socle a 3",50 de largeur, et le pied de la pile 3",iO. Quand la maçonnerie a dépassé d'une quantité convenable le nhrcau de Feau, on a enlevé le cours supérieur de moïses, puis scié les poteaux et les moises au niveau du béton.
Le caisson dépassait de 1*,2}Û le niveau de l'eau, et il plongeait de 3-,60.
Mis en place, ce caisson est revenu à environ 14000 fr. Le bois de chêne était compté à raison de 260 fr. le mètre cube, et celui de sapin 4 raison de 1 40 fr. Le prix du mètre carré de bordage calfaté est revenu à 7 fr.
Il convient de faire usage de ce système de caisson toutes les fois que l'épaisseur de la vase ou du gravier mouvant n'est pas trop grande, et que le fond solide ne se trouve pas à plus de 5 ou 6 mètres au-dessous du ïiiveau de l'eau. On l'a employé au pont au Change et an pont Louis- Philippe.
Les fondations du viaduc de l'Aude, à Coursan, chemin de fer de Bordeaux a Cette, ont été formées de massifs en béton coulé sur le gravier du fond de la rivière, dans de% enceintes de pieux et palplanches; chaque massif a 3",50 de hauteur.
5* Fcmdations fuhularres. Pour fonder les ponts de la Nouvelle et de Rivesalte, chemin de fer de Narbonne à Perpignan, (m a fait reposer la base de la pile ou de la culée sur plusieurs colonnes cylindriques de 3 à 4 mètres de diamètre; construites de la manière suivante. Sur l'emplacement de la fondation, on fait hors de l'eau, en maçonnerie de briques et ciment, un cuvelage de puits d'un diamètre extérieur égal à celui de la colonne et d'une épaisseur de 0",50 environ. Ce cuvelage s'établit sur un plancher flottant en bois, et s'immerge par son propre poids. On a soin qu'il s'élève d'un mètre' au-dessus de la surface de l'eau, *et quand il repose sur le sol, par une disposition particulière, on enlève le fond mobile en bois, et l'on assujettit le cuvelage verticalement. On drague alors a la main le sable et la vase dans cette espèce de puits, en approchant le plus près possible des murs. Ce puits s'enfonce progressivement à mesure qu'on enlève la terre; quand il est descendu de 0",50 k 0*,60, on élève le dessus de ses murs d'une quantité égak; on drague de nouveau, et l'on continue ainsi de suite jusqu'à ce que le pied de la colonne repose sur le sol résistant. On coule alors à l'intérieur une couche de béton de ciment d'environ 1 mèlre d'épaisseur, on épuise Teau, et l'on finit de remplir la colonne avec de la maçonnerie. C'est sur ces colonnes, que Ton établit en nombre suffisant, qu'on pose le socle de la construction.
Pour plusieurs ponts, les colonnes tabulaires, au lien d'être en maçonnerie, comme nous venons de l'indiquer, sont en tôle ou en fonte, et également bétonnées et maçonnées à l'intérieur quand, par le dragage, on les a fait descendre jusqu'au sol résistant. Le viaduc du chemin de fer construit sur la SaOne, à Lyon, a été fondé de cette manière.
6* Fondations tubulaires à Vaide du vide. Un pieu creux en fonte ou en tôle, ouvert par l'extrémité inférieure et fermé à l'extrémité supérieure, étant placé verticalement sur un sol baigné par Feau, en y faisant le vide à l'aide d'une pompe a air, l'eau se précipite dans son intérieur en entraînant des parties solides qui se trouvent sous son extrémité, et le pieu s'enfonce graduellement sous l'action de son poids et de la pression atmosphérique sur sa base supérieure. Quand le pieu est rempli d'eau et de débris solides, on le vide, et l'on recommence successivement l'opération jusqu'à ce que le pieu ait atteint le sol résistant. Ce procédé a été employé pour un viaduc de l'île d'Anglesey, chemin de Chester à Holyhead. La maçonnerie d'une des piles est établie sur une plate-forme en fonte supportée par 19 pilotis en fonte de 0",037 d'épaisseur et de 0'",355 de diamètre extérieur. Quand un pieu était arrivé à la profondeur voulue, on le vidait d'environ i",80, et on le remplissait de béton. Ces fondations, exécutées en 1847, n'ont éprouvé aucun tassement, quoique la charge supportée soit de plus de 500 tonnes, y compris le poids des trains. Ce procédé n'est applicable que dans les terrains de vase, de sable, de gravier et d'argile.
7" Fondations tubulaires à Vaide de Vair comprimé. Un tube en fonte de 1 à 3 mètres de diamètre, ouvert par le bas et fermé par le haut, reposant sur le sol, on y comprime de l'air qui chasse l'eau du tube. Des ouvriers s'y introduisent alors et, en creusant le sol, ils font progressivement descendre le tube jusqu'au terrain solide. On coule alors au fond du tube un lit de mortier de ciment romain, qui s'oppose à l'introduction de l'èau, et, ouvrant le tube à la partie supérieure, on achève de le remplir avec du béton ordinaire ou de la maçonnerie. Pour rendre possible l'entrée et la sortie des ouvriers et dçs matériaux ou des terres, le tube est muni à sa partie supérieure d'une chambre, dite chambre à air ou &' extraction^ qui a deux portes qui la mettent en communication, l'une avec l'air extérieur, et l'autre avec l'intérieur du tube. Pour accélérer le travail, on a garni chaque tube de deux chambres à air.
Au pont de Rochester, les tubes en fonte, composés d'anneaux boulonnés entre eux à l'aide de brides intérieures, ont 1 mètre de diamètre; il y en a 8 pour chaque pilr. Au grand pont de Mâcon, sur la Saône, les tubes en fonte ont 3 mètres de diamètre, et il n'y en a que 3 pour une pile; ils descendent à une profondeur de 15 mètres au-dessous du niveau de l'eau. La dépense a été de 87 000 fr. par pile.
A des profondeurs qui dépassent 25 mètres sous l'eau, la pression de l'air est telle que les ouvriers ne peuvent plus y résister.
Voir le mémoire de M. Malézieux, ingénieur en chef des ponts et chaussées, sur \t^ fondations à Vair comprimé^ publié dans les Annules des ponts et chaussées, 1874, 1*' semestre, p. 329.
8' Pour le pont de Kehl, M. Fleur-Saint-Denis, ingénieur principal au chemin de l'Est, a appliqué la méthode précédente, mais en la modifiant pour la rendre à la fois plus expéditive et plus économique. Pour descendre les fondations à 20 mètres de profondeur au-dessous de
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rétiage, ou à 22 mètres environ au-dessous des eaux moyennes, dans un sol de gravier indéfini et très-mobile, au lieu de cylindres en fonte s' élevant dans toute la hauteur de la fondation, on a employé d'énormes caissons rectangulaires en tôle, de 7 mètres de longueur (largeur de la fondation), et de 5",80 de largeur, juxtaposés Tun k côté de Tautre, au nombre de 4, pour former toute la longueur de la fondation.
Le couvercle de chaque caisson portait en son milieu une cheminée d'extraction en tôle de 1",50 de diamètre, ouverte à ses deux extrémités, s'élevant jusqu'au-dessus de la surface de Feau, et descendant à travers l'intérieur du caisson jusqu'au niveau des bords inférieurs de celui-ci. Dans cette cheminée, constamment remplie d'eau, se mouvait une noria ou drague dont les godets venaient creuser le sol au centre du caisson, où les ouvriers poussaient le gravier de toute retendue du caisson. Sur la largeur de la fondation, chaque caisson portait deux autres cheminées en tôle de 1 mètre de diamètre, ouvertes par le bas au niveau du couvercle du caisson, et garnies k leur partie supérieure d'une chambre ou écluse à air pour l'entrée et la sortie des ouvriers.
Les 4 caissons étant descendus sur le sol, à l'emplacement de la fondation, à l'aide d'une pompe on foulait de l'air dans les deux cheminées latérales, jusqu'à ce qu'il n'y eût plus d'eau ni dans ces cheminées ni dans les caissons. Les ouvriers descendaient alors à leur travail, et l'on mettait les dragues en marche.
Pour la première pile, on a élevé au-dessus des parois latérales des caissons une caisse en bois, dans l'intérieur de laquelle on a coulé du béton au fur et à mesure de la descente du travail. Ce béton formait le corps de la pile autour des cheminées en même temps qu'il chargeait le système et l'obligeait à descendre. Les caissons étaient du reste suspendus a des verrins servant à régler la descente. Arrivé à la profondeur voulue, on a rempli de béton et de maçonnerie les caissons, puis les vides circulaires laissés par les cheminées, que l'on a réemployées pour les autres piles.
Pour les 3 dernières piles, on a supprimé le caisson en bois; on s'est contenté d'élever sur les caissons en tôle, au fur et a mesure àe leur descente, un massif continu de maçonnerie parementé en libages ou en moellons smillés; on a aussi supprimé les cheminées centrales en tôle, en se bornant a parementer en briques les parois du puits contenant la drague; enfin on a réuni d'une manière invariable les caissons d'une même pile, et l'on a établi entre eux des communications qui ont facilité beaucoup le travail en permettant aux ouvriers d'aller de l'un dans l'autre selon les besoins du travail.
te pont de Kehl a 4 piles sur lesquelles reposent 3 travées fixes du système américain, c'est-à-dire en treillis, mais en tôle. Chaque culée porte un pont tournant qui va se raccorder k la partie fixe du tablier reposant sur la pile voisine. Les piles extrêmes sont presque doubles des piles intermédiaires; elles reposent sur 4 caissons en tôle, au lieu que ces dernières sont fondées sur 3 seulement.
La première pile a été fondée en 68 jours, la 2* en 35, la 3* en 25, et
la 4' en 22, sans aucun accident. Les ouvriers gagnaient 6 fr. par jour.
Pour fonder les deux culées, dans une très-grande excavation faite à Faide de puissantes machines à draguer» on a fait arriver, en le faisant glisser sur un plan incliné, un caisson en bois de 15 mètres de profondeur et 12 de largeur, qu'on a rempli de béton. Toutes les palplanches ont été battues avec une Nasmith, qui en enfonçait 20 par jour (783).
781. Fondations sur un sol compressible. On parvient à donner aux terrains compressibles un certain degré dé résistance en y battant des pieux en bois, ou en y enfonçant de distance en distance un pieu en bois que l'on retire pour remplir l'alvéole qu'il laisse avec du mortier ou du béton que Ton pilonne fortement au fur et à mesure de leur pose. On fait autant de ces pieux en béton que cela est nécessaire pour rendre le sol résistant, puis on recouvre ce sol d'une couche de béton bien pilonné. Lorsque le sol est constamment sec, on peut à la rigueur substituer le sable au mortier ou béton.
La pièce de bois a 1 mètre à 1",60 de longueur, et de 0",!^ à 0",25 de diamètre à la partie supérieure ; sa tête doit être garnie d'une frette en fer pour résister aux chocs du mouton ou du maillet, et elle est percée d*un trou dans lequel on passe une pince ou une barre de fer, qui sert, pendant le battage, à remuer et tourner la pince au fur et à mesure qu'on l'enfonce, de manière à lisser les parois de l'alvéole et à leur donner une certaine consistance qui permette la pose du béton sans qu'elles s'éboulent. Ce mouvement imprimé au pieu le rend facile à retirer quand il est entièrement enfoncé.
Si l'espace occupé par la fondation était très-grand, on pourrait, après avoir consolidé le sol au moyen de pieux en béton, le couvrir d'un massif de sable de 0",60 a 0°,80 d'épaisseur, que l'on forme par couches successives de 0",15 à 0'",20, parfaitement pilonnées et mouillées d'un lait de chaux très-épais. Ce massif, que l'on couvre également d'une couche de béton bien pilonné, est incompressible et offre l'avantage de répartir uniformément la charge sur toute l'étendue de la fondation.
Racineavx, On nomme ainsi des pièces de charpente méplates, de 0",30 sur 0",12, que l'on place bien de niveau sur le sol compressible, et sur lesquelles on fixe avec des chevillettes une plate-forme en madriers de chêne de 0'°,085 d'épaisseur. Avant de placer cette plate-forme, on a soin de remplir l'intervalle des racineaux avec du béton ou avec des moellonnailles posées à bain de mortier. C'est sur la plate-forme qu'on établit la fondation.
On conçoit que siir un sol consolidé par des pieux en bois ou en béton on peut encore faire usage d'une plate-forme en bois pour bien répartir la pression ; mais le plus souvent on emploie une couche de béton assez forte pour qu'elle ne se brise pas.
Quand le sol est très-compressible^ on commence par lui donner un certain degré de solidité, soit en le chargeant de pierres qui s'y enfoncent, soit en y faisant entrer des pieux par le grès bout, afin que l'élasticité du terrain ne les soulève pa£, soit encore en combinant ces deux
JIAÇONNEBIBS. 145a
moyens, c'est-à-dire ea enfonçant des pierres entre les pieux. Sur le sol ainsi préparé^ on pose ensuite, soit la plate-forme en bois, soit la couche de béton si Ton ne craint pas sa rupture.
7Bâ. Lei fondations sur des sols argileux détrempés par des eaux sont celles qui offrent le plus de difficultés. En vertu de leur viscosité et de leur élasticité, ces terrains se comportent à peu prè& eomme des li^ quides. Ils transmettent la pression en tous sens ; ils s'afiEaissent iné* gaiement pour peu qu'ils ne. soient pas cihargés uniforiaément; les pilotis n'y adbèrent pas et tendent à sortir quand on bat les voisins. Il faut, pour construire avec quelque sécurité sur un terrain de cette nature, avoir recours a des plates-formes d'une grande étendue, à de larges empâtements^ répartir les pressions avec une grande unifor*mité, même pendant l'exécution du travail, et souvent charger par des remblais provisoires les abords de la construction. Il est môme prudent, avant d'élever les parties supérieures de l'édifice, de charger les massifs inférieurs, pendant plusieurs mois, d'un poids au moins égal à. celui qu'ils auront à supporter plus tard.
Les difficultés sont plus grandes encore lorsqae œs terr»ina sont noyés. Un est obligé alors d'avoir recours kla fois aux moyens de fonder soiiâ l'eau, et à ceux relatifs aux terrains compressibles (&95).
785« Battage des pieux à la vapeur. Il y a un certain nombre d'années, on a imaginé de substituer des appareils k vapeur au. treuil de la sonnette a déclic On a d'abord employé le marteau-pilon de Nasmith, c'est ce qu'on a fait au viaduc de Tarascon, sur le Rhône ; mais cet appareil n'est applicable que pour des ouvrages d'une notaJ»le importance. M. Janvier, ingénieur des ponts et chaussées, au port de Toulon, est parvenu a faire le battage d'un grand nombre de pieux au moyen de sonnettes à déclic à très-peu près aeœblables à celles ordinaires, mais dont le treuil et le déclic étaient mis en mouvement par une locomobile. Aujourd'hui cet appareil esl fré<{uemmettt employé; c'est ce qu'on a fait à Paria aux pants uxl Change et Louis-Philippe, à. la Morgue, etc.
Au pont au Change, la sonnette et la locomobile étaient sur un même bateau». ca qui rendait le déplacement de leijur ensemble très-facile pour battre successivement leâ pieux. Le mouton pesait 1100 kilog.; une locomobile de la force de 6 chevaux le commandait à l'aide d'une co'ur^ roie, et il donnait de 7 a 8 coups par noinute. La même machine a battu presque. tous les pieux d«a cintres, dont te nmnbre total était, de 300 pour le&3» arches. Ces pieux avaient 0**y35 sur 0r,36 d'équarrissage, et 3",âf0 da fiche moyenne..
Une sonAette ^ déclic ovdinaire, dont le mouton pesait 500 kilog;, ay^wat été employée concurremment avee la sonnette a vapeur, les nombres-de pieux enfoncés pair les deux machines ont été entre eux dans le rappoirt. de 1 k 3,5; le^noaubre des hommes employés à la manœuvre a été le. même, et le battage à la vapeur,, tout en procurant une très*grajQude éconemie de temiK^-^^noi^o^ paraît-dl^ été anotatageux sous le rap^ri de l'argent (1SI3= e 780).
4454 CINQClèME PARTIE.
784. Enrochements. Pour fonder des piles de ponts, des jetées et autres ouvrages analogues, sur des fonds mobiles soumis à Faction de grands courants, on a de grandes profondeurs d*eau, on fait un enrochement, c'est-à-dire un massif de maçonnerie en pierre sèche, établi en jetant simplement, sans aucun apprêt, les pierres dans Teau. On construit en général des enrochements tout autour des fondations exposées à de grands courants, pour les préserver des affouillements. Les matériaux employés à ce genre de construction doivent être durs, de bonne qualité, et de diverses grosseurs, afin que, quand on les jette, ils s'ench.evêtrent le mieux possible les uns dans les autres.
Les plus petits blocs doivent être jetés sur le fond du lit de fondation ; ainsi, pour ]a construction d'une jetée, par exemple, la première couche est formée de blocs naturels cubant de 0**,030 k 0"%040 ; la seconde, de blocs de 0"%035 à 0"*,055; la troisième, de blocs de 0"*,500 à 1"*,500, et Ton termine ordinairement par une couche de blocs artificiels en maçonnerie de béton ou de moellons, dont le volume varie de 5 à 15 mètres cubes. Pour les enrochements en rivières, les plus petits blocs cubent ordinairement 0"*,040, et les plus gros 0"*,100.
785. Mise en œuvre du béton (761, 780). Lorsque le béton est employé hors de Teau pour faire des massifs de fondations, des blocs artificiels ou autres travaux hors de Teau ou dans des enceintes asséchées, on le jette directement avec la griffe et la pelle dans la caisse ou dans Tenceinte qui doit le contenir, ou bien on le transporte et on le verse avec la brouette, le camion, le wagonnet, et parfois avec Toiseau, sur la place qu'il doit occuper, en ayant soin de le régaler par couches horizontales de 0",20 à 0",25 d'épaisseur, afin de rapprocher les cailloux qui tendent toujours à s'écarter lorsqu'on jette le béton; par cette précaution, on rend au béton son homogénéité, ce qui est surtout essentiel lorsqu'il doit être imperméable. De plus, on a soin de pilonner les couches, au fur et à mesure qu'on les pose, avec des pilons en fonte ou en bois, afin de faire prendre aux cailloux les positions les plus favorables, et de remplir les vides en répartissant uniformément le mortier dans toute la masse.
Quand on est obligé d'interrompre des couches de béton, on les termine toujours par redans inclinés, afin que les parties interrompues un jour se raccordent bien avec celles qui se feront les jours suivants. Lorsqu'on veut continuer une couche interrompue qui a eu le temps de sécher, on nettoie parfaitement la surface du redan, et Ton applique dessus une couche de mortier frais, sur laquelle on pose le nouveau béton. On prend également cette précaution pour raccorder une couche, qui a eu le temps de sécher, avec celle qu'on vient placer dessus.
Vimmersion du béton en eau profonde présente généralement plus de difficultés et demande plus de soin que son emploi à sec. Pour des profondeurs d'eau qui ne dépassent pas i*,60 à 2 mètres, on adopte généralement le coulage au talus, qui consiste à descendre d'abord, au moyen d'une coulotte ou d'une caisse en planches, une certaine quantité de béton pour former le talus naturel, que l'on fait ensuite avan-
ccr progressivement, en posant le béton hors de Feau à la crête de ce talus, comme s*il s*agissait d'un remblai. De temps h autre , on facilite le glissement au moyen de la pelle; il convient même de tasser la niasse avec la dame plate , a mesure de Tavancement du travail. Le béton chasse devant lui la laitance, et des ouvriers, armés de raclettes en tôle et de larges balais en bouleau, par des mouvements doux, nettoient le sol des fondations, au pied du béton, en entraînant la laitance et les vases dans des trous, d'où on les extrait avec la drague à main ou avec des pompes. De plus, à chaque reprise du travail, des hommes, imunis de larges balais en paille, nettoient, sans agiter l'eau, la surface du béton précédemment coulé. Enfin, chaque fois que le béton doit rester exposé sans revêtement à l'action des eaux , on a soin de dresser, comprimer et lisser, au moyen d'un rouleau en fonte ou en pierre, la couche supérieure du massif.
Le coulage au talus est fréquemment employé pour les massifs de radiers ou de fondations de ponts, quand la profondeur d'eau ne dépasse pas 2 mètres. Quand la profondeur d'eau excède 2 mètres , le coulage du béton se fait au moyen d'une trémie en planches allant de la surface jusqu'au fond de la fouille , et dans laquelle on verse le béton jusqu'à ce qu'il garnisse, sur une épaisseur suffisante, toute l'étendue à recouvrir, ou mieux avec des caisses prismatiques ou demicylindriques qu'on descend au fond de Peau avec un treuil, où on les vide en les bascuJant, ou en ouvrant une soupape, ou encore ^ar tout autre moyen qui permet à la caisse de s'ouvrir en dessous. La caisse demi-cylindrique est généralement adoptée aujourd'hui; elle présente sur les autres l'avantage de diminuer les remaniements du béton sous l'eau , et de le maintenir autant que possible à la consistance de fabrication , en réduisant son délayement et la formation de la laitance. On la descend l'axe horizontal; elle s'ouvre dans la paroi cylindrique, et elle cube jusqu'à 0"*,650.
La laitance se produit toujours en plus ou moins grande quantité, suivant les précautions apportées à l'immersion ; elle est formée en grande partie par la chaux délayée , mais aussi par la vase qui s'est déposée sur le fond après le dragage, et qui se soulève quand on coule le béton. C'est afin de remplacer la chaux qui forme la laitance, qu'on en force un peu la dose dans le mortier employé à la fabrication du béton destiné à être coulé.
Quand le béton est coulé dans une enceinte non jointive, la laitance est entraînée naturellement s'il existe un petit courant; mais si, au contraire , l'enceinte est bien close , l'eau ne peut se renouveler, et la laitance se dépose en si grande quantité qu'il devient nécessaire de l'enlever.
L'immersion du béton doit se faire sans secousse, afin d'éviter tout délavement; la caisse doit être parfaitement remplie, et la surface du béton bien égalisée avec le plat de la pelle , de manière à la rendre presque lisse, et par suite plus propre a s'opposer à la pénétration de
1456 CINQDtÂME PARTIE.
Teau dans le béton. La caisse ne doit être vidée que q;Uand elle arrive à O^ao ou 0",40 du fond.
Quand il y a un courant , les couches de causées^ auxqu^Ues on peut donner environ 1 mètre de hauteur, se forment en allant de Taioont vers l'aval , afin de favoriser l'écoulement de la laitance, qui se trouve naturellement entraînée en avant sur la couche inférieure, où elle se dépose et d'où on l'enlève avec la drague a main, ou mieux au moyen d'une pompe Letestu, qui convient parfaitement pour ce genre de travail.
Les caissées doivent être descendues les unes sur les autres jusqu'à ce que le tas ait la hauteur qu'on veut donner a la coucha. Quand un tas est formé, on avance le treuil sur l'emplacement du tas suivant, et l'on continue ainsi de suite par zones de tas, en ayant soin de toujours comprimer le béton au fur et à mesure de sa pose avec un pilon muni d'un long manche. Cette compression doit se faire par simple pression, et non en pilonnant; car des chocs, en refoulant violemment l'eau dans l'intérieur de la masse , en chasseraient le mortier. La laitance va se déposer entre les bases des cônes fornjant les sommets des tas, d'où il est très-important de l'enlever a mesure de sa formation , et surtout avant de placer dessus du nouveau béton, sans quoi elle formerait une espèce de vide sans consistance dans la masse. On facilite l'enlèvement de la laitance en la chassant avec un balai vers la couche inférieure, ou même vers un puisard disposé exprès pour faciliter son aspiration par des pompes. Quand une couche de caissée de 1 mètre environ d'épaisseur est coulée, on en pose dessus une nouvelle, et l'on continue ainsi de suite jusqu'à ce que le massif de béton arrive à la hauteur voulue.
Au lieu de faire l'immersion du béton par couches horizontales de caissées, pour faciliter l'écoulement de la laitance , on peut le couler par gradins allongés donnant lieu a un talus de 28 de base pour 4 à 5 de hauteur. Cette disposition a été appliquée par M. l'inspecteur général Noël , à la fondation du troisième bassin de radoub du port de Toulon , et elle a fourni d'excellents résultats.
Le coulage en talus avec des caissées a été employé avantageusement pour de grandes profondeurs d'eau. Toute la hauteur de béton se mène d'une seule couche, que Ton pose par bandes appliquées les unes contre les autres, montées successivement du fond jusqu'à la surface, et ayant un talus de 1 et 4/2 à 2 de base pour 1 de hauteur. Sous cette inclinaison, et à cause de la perte de poids due à l'immersion, il ne se produit aucun éboulement ni roulement de pierrailles , surtout si l'on emploie le béton aussi ferme que possible, et qu'on ne le comprime pas trop au fur et à mesure de sa pose. La laitance ne se forme qu'en petite quantité , et elle descend au pied du talus , d'où on l'enlève facilement