‹ Formules, tables et renseignements usuels (volume 2)Chapitre 161 sur 244 · V PANS DE BOIS ET CLOISONS · texte numérisé non relu

V PANS DE BOIS ET CLOISONS

sanshourder; on les construit ainsi quand elles sont en porte-k-faux sur des planchers.

Un pan de bois de trois étages, hourdé plein et ravalé sur les deux faces, aurait une épaisseur de O'^âlie, et une stabilité (poids multiplié par la demi-épaisseur) seulement égale au 1/7 de celle d'un même mur de face en moellons ou en briques, qui devrait avoir 0*,43 d'épaisseur.

Ce n'est qu'en reliant les pans de bois aux murs mitoyens, aux pans de bois transversaux et aux planchers, à Taide de tenons ou harpons eo fer, qu'on peut leur donner une stabilité convenable.

Non-seulement les pans de bois sont moins durables que les murs, mais ils sont aussi plus coûteux dans beaucoup de localités.

Les murs sont généralement préférés aux pans de bois toutes les fois que l'espace le permet.

Noms des différentes pièces qui composent un pan de bois, fig. 6, pi. III.

aaa sabUères, pièces dans lesquelles toutes les pièces verticales s'assemblent k [tenons et mortaises;

a* a' sablières de chambrée;

a" sablière prenant le nom de poitrail, quand, comme dans la figure, elle surmonte une large ouverture ;

bà poteaux corniers. Ils sont plus forts que les autres ;

ccc poteaux éthuisserie. L'ensemble des poteaux d'huisserie et du' linteau, pièce horizontale qui couronne une porte ou une croisée, se nomme Vhuisseiie de la porte de la croisée ;

(i(/6? poteaux de remplage, c'est-à-dire le remplissage; ils sont ordinairement plus petits que les poteaux d'huisserie, et surtout que les poteaux corniers;

eçe guettes, pièces de bois faisant un angle de plus de 60 degrés avec les sablières ; on les incline en sens inverse, afin d'obvier aux inconvénients qui résultent du relâchement des assemblages par suite de dessiccation des bois ;

yf décharges. On nomme ainsi les pièces dont l'inclinaison sur les sablières ne dépasse pas 60 degrés ; elles sont destinées non-seulement k obvier au relâchement des assemblages, mais aussi k reporter sur les poteaux d'huisserie la le poids des trumeaux qui se trouvent au-dessus d'un grand vide, de manière k soulager le poitrail qui couronne cette ouverture, ce qui est surtout nécessaire quand le pan de bois porte plancher ;

Les guettes et les décharges s'assemblent k tenons en about dans les pièces horizontales auxquelles elles aboutissent, c'est-k-dire que les tenons et leurs épaulements sont coupés k peu près en retour d'équerre du côté de l'angle aigu, de manière qu'ils pénètrent k angle droit dans les pièces qui les reçoivent.

Quelquefois, afin de donner plus de solidité aux trumeaux d'encoignure, on remplace les simples guettes ou décharges par des croix de Saint-André, formées par des pièces qui s'assemblent k mi-bois au point où elles se rencontrent, et k tenons en about dans les sablières ;

ggg tournisses, pièces de bois assemblées k tenons et mortaises dans les sablières et dans les guettes ou décharges. Quelquefois on se contente de couper les tournisses obliquement, k la demande des guettes ou décharges, sans faire de tenons ; on les arrête seulement avec de grands clous tappelés dents de loup, ou avec des chevillettes ; afin de pas fendre les tournisses, on prépare les trous des clous ou des chevillettes k l'aide d'une vrille ;

hhh potelets, petits poteaux garnissant le dessus des linteaux et le dessous des appuis des croisées;

m bouts des solives des planchers; lorsque les solives sont posées sur des cloisons, elles ne sont pas apparentes sur la façade.

1460 CINQUIÈME FARTIC.

Nous aveas <f oimé au n* 678 une règle pour détenniner l'épaissefur d'un pan de bois ; cette épaisseur, pour un pan de bois élevé de 3 h 4 étages, esl ordimiirenient de 0*,20 k (r,25. Les poteaux corwiers ont de ©'■jgS à 6*,W d'équarrissage ; cet équarrissage est le même pour les poteaux formant les pieds-droits d'une grande ouverture, et Fangle de» trumeaux dits d*étriers. Les sablières ont de 0*,2M[6 à 0*,25, et les pièces de remplissage, poteaux, tournisses, potelets, guettes, décharges, croix de Saint-André, ont de e*,162 à 0*,i^.

Un poitrail de devanture de boutique ou de porte cochère doit, lorsqu'il supporte un pan de bois, avoir une dimension verticale égale au 1/12 environ de la largeur de Touverture qu'il couronne (861, 262).

Lorsque les cloisons intérieures portent planchers, les poteaux d'aplomb doivent avoir une épaisseur égale au 1/12" de leur hauteur. Les décharges et les sablières ont une longueur et une épaisseur plus fortesde 0",027 environ. Les cloisons de simple séparation n'ayant pas besoin de monter de fond, il suffit que leurs dimensions soient moitié des précédentes ; souvent même, aân de les rendre plus légères, au lieu, de ' les hourder pleines, on les laisse creuses, et Ton pose seulement un- enduit sur des lattes clouées l'une à côté de l'autre sur les poteaux. Afin de diminuer les chances de flexion des poteaux de ces cloisons creuses, quand ils ont une certaine hauteur, ob les réunit çn leur milieu etea d'a^utres points, si cela est nécessaire, par des liernes horizontales.

Une cloison de séparation doit pouvoir être posée d'une manière quelconque sur le plaacher de la pièce qu'on sépare ; mais Lorsqu'on est obligé de la poser dans le sens de la longueur des solives* qui supportent le plancher, afin de soulager la solive qui se trouve en dessous, et qui en supporte le poids, on place des décharges qui reportent une partie de ce poids sur les extrémités de la solive, sinon sur le mur. C'est encore dans le but de soulager la solive travaillante, qu'on met quelquefois dans l'intérieur de la cloison des tirants qui embrassent la , solive et vont s'attacher sur les décharges.

Le tableau suivant, extrait du Traité de Part de la charpenterie^ par Émy, contient les grosseurs que les praticiens diofinent le plus communément au rez-de-chaussée, aux pièees qu'ils emploient dans les pans^ de bois de 3",25 à 3*,90 sous planchers, pour les bâtisses de trois étages. Les pans de bois se montent d'aplomb à l'intérieur; mais à Fextérieur ils ont un fruit de quelques lignes par étage,, ee qui diminue en conséquence réquiarrissage des pièees des parties supérieures des pans de bois.

PANS DE BOIS DANS DES FAÇADES (dc 3*,90) Èpaùs€ur. 0",217 à 0'",244

Poteaux corniers et poteaux de fouds Équarrissage, 6 ,244 0 ,271

Poteaux d'étrière 0 ,217 0 ,244*

Sablières hautes et basses 0 ,217 0 ,244

Poteaux d'huisserie 0 ,189 0 ,21T

Poteaux de remplage 0 ,162 0 ,217

Écartexnent des poteaux de remplage 0 ,271 0 ,225

Guettes, décharges, croix de Saint-André 0 ,162 0 ,21T

Tournisses €ft potelets 0 ,135 0 ,21T

PLANCHERS. i ^^i

Pans de bois intérieur, ou cloisons j '^^ ^ -.^P--"; ; ^j^

Poteaux [ PO''*^°t plancher Equarrissage 0",135 0 ,162

( ne portant pas plancher 0 ,108 0 ,135

Cloisons de refend ou en porte-à-fanx 0 ,081 0 ,135

Toutes les pièces qni eomposent un pan de bois ou une cloison en charpente doivent être assemblées entre elles à tenons et mortaises entrés de force et chevillés.

Afin de garantir le bois de l'humidité, on établit les pans de bois et les cloisons sur des soubassements en moellons ou en pierre de taille, s'élevant au moins de 0",60 au-dessus du sol.

Une fois la charpente d'un pan de bois établie, on: procède au remplissage. Pouor eela, on cloue sur l'une de ses faces des lattes éloignées entre elles de O^jOe à 0",11 ; on garnit ^'intervalle entre les poteaux de plâtras hourdés grossièrement avec du plâtre, et l'on place un lattis du côté où le hourdis a été fait, comme sur l'autre face. Cette opération faite, après avoir nettoyé la poussière et arrosé le hourdis, on procède au gohetage, qui consiste à appliquer du plâtre liquide sur le lattis, avec un balai ou avec la main. Une fois le gobetage sec, on applique le crépi^ qui se fait avec du plâtre gâché plus serré ; ce crépi se jette à la miain et s'étend avec le côté de la truelle, afin que la surface restant raboteuse, Yenéuit ou troisième couche y adhère mieux.

Le crépi se fait avec du plâtre écrasé passé au panier, au lieu que l'enduit se fait en plâtre fin passé au tamis de crin (739).

Afin d'obtenir des surfaces bien planes, on fixe deux règles sur le gobetage, après les avoir plombées avec soin, et au moyen d!une règle mobile qu'on traîne sur les deux règles fixes , qui doivent afileurer l'enduit, on arrive à rendre ce dernier parfaitement plan. L'enduit s'étend avec le dos de la truelle ou la taloche; mais comme, malgré tous les soins qu'on peut prendre, il est impossible d'obtenir une surface plane bien imie, on arrive à ce résultat au moyen de la truelle brettée (786).

On fait quelquefois des cloisons creuses, c'est-à-dire qu'on supprime le hourdis entre les pièees de bois qui forment la charpente; dans ce cas, le lattis doit être jointif, et l'on applique successivement dessus, le gobetage, le crépi et l'enduit, comme dans le cas précédent

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