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PLANCHERS

788. Planchers. Ce sont les séparations des étages d'un édifice; ils se composent de trois parties principales : le plafond, la charpente et le carrelage ou parquet.

La/i^. 7, pL in, représente en plan la manière dont on dispose les différentes pièces d'une charpente de plancher (696).

aa solives. Leurs extrémités reposent sur des murs, des pans de bois, des cloisons,

et quelquefois, dans les anciennes constructions, sur de fortes poutres ; bb solives dC enchevêtrure; elles peuvent reposer comme les précédentes;

i46â CINQUIÈME PARTIE.

ce solives d enchevêtrure boiteuses ; une de leurs extrémités repose comme pour les précédentes, mais Tautre est assemblée à tenon et mortaise dans un chcvêtre ou un linçoir ;

dd chevétres. Leurs extrémités sont assemblées dans des solives d'enchevêtrure ; quelquefois une seule extrémité est ainsi assemblée, Tautre repose sur le mur. Ils supportent les extrémités des solives de remplisage. On en fait usage nonseulement quand on manque de solives d'une longueur suffisante, mais aussi pour laisser vide Fespace occupé par une cheminée ou un escalier ;

€€ faux chevétres. Ce sont des chevétres placés derrière d'autres, pour remplir 1^ espace entre un vrai chevêtre et le mur ;

f linçoir. Pièce de bois dans laquelle on assemble les solives qui correspondent aux fenêtres et portes des' murs de face, ou aux tuyaux de cheminées des murs de refend. On appelle aussi linçoir un pièce de peu de longueur, telle que la pièce Qy qui s'assemble dans un chevêtre à une extrémité, repose sm* le mur par l'autre, et qui reçoit l'assemblage d'un faux chevêtre. On appelle encore linçoir, la pièce qui reçoit les abouts des chevrons d'une charpente, en face d'une lucarne ou d'un tuyau de cheminée ;

hh soliveaux. Ce sont de petites solives assemblées entre un ou deux chevétres ou linçoirs , et qui remplissent l'espace libre k côté d'une cheminée ou d*un passage de cheminée ;

u entretoises;

k place d'un àtre ;

k' passage d'un tuyau de cheminée ;

k*' passage d'un escalier.

789. DimensioTU des pièces de la charpente des planchers. Les solives d'enchevêtrure, en raison du poids considérable qu'elles supportent (elles soutiennent non-seulement les jambages et les âtres des cheminées, à Taide de bandes de fer formant trémie, mais aussi les chevétres et les linçoirs), doivent être scellées de 0*,2I2 à 0",25 dans les murs. Chacune des dimensions transversales de ces solives doit avoir au moins 0'",027 de plus que les solives ordinaires ou de remplissage.

Les tenons des chevétres et des linçoirs se renforcent en taillant en congé un petit pan incliné dans l'angle rentrant de la face supérieure du tenon, et même, si la longueur de ces pièces atteint i*,50 à 2 mètres, et qu'elles supportent des solives de remplissage d'une certaine longueur, il convient de soulager leurs tenons à l'aide d'étriers en fer qui passent sous leurs extrémités et viennent se clouer sur les solives d'enchevêtrure. Quand les linçoirs sont placés le long d'un mur, on peut remplacer les étriers par des corbeaux en fer scellés dans le mur.

Au lieu de sceller les solives dans les murs, ce qui a l'inconvénient de diviser ces derniers, on les supporte quelquefois par des pièces de bois appliquées contre les murs, comme l'indique en coupe la fig. 8, pi. III. Ces pièces, que l'on appelle lambourdes^ sont scellées par leurs extrémités dans les murs en retour, et soutenues en diÔ'érents points de leur longueur par des corbeaux en fer fixés dans les murs qu'elles longent. Quand on veut que les lambourdes jouissent d'une plus grande solidité, on les encastre d'environ la moitié de leur largeur dans les murs qu'elles longent. Lorsque l'assemblage des solives aux lambourdes a besoin d'une grande solidité, on le fait à queue d'aronde à recouvrement, en donnant au recouvrement environ le 1/3 de la dimension verticale de la lambourde, et les 2/3 à la queue d'aronde. Suivant la lar-

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geur d« la lambourde, en divisant cette largeur en quatre parties égales, la partie le long du mur n'est pas entaillée, la queue d'aronde occupe les deux portions du milieu, et l'autre partie porte une entaille de la largeur de la solive. Gomme, par ce dernier mode d'assemblage, la lambourde fait saillie au-dessous des solives, on y fixe la corniche du plafond.

La dimension verticale des solives ordinaires étant i, la même dimension des lambourdes serait 1,5 et leur dimension horizontale i. Ainsi pour une pièce de 4",55 dans œuvre, les solives ayant 0*,i9 de hauteur, on donnerait aux lambourdes 0*,âl85 de hauteur sur 0",i9 de largeur.

Lorsque les solives doivent avoir des longueurs trop grandes, on a recours aux poutres. Dans les constructions grossières, on repose simplement les solives sur les poutres, qui alors font saillie de toute leur hauteur sous la face inférieure des solives. Dans le cas où Ton veut établir un plafond et cacher les poutres, on est obligé de placer des petites pièces de remplissage en bois au niveau de la face inférieure des poutres, pour y clouer les lattes du plafond. Afin de diminuer l'épaisseur considérable de plancher qu'entraîne cette disposition, il convient d'appliquer contre chaque face latérale de la poutre une lambourde qui affleure sa face inférieure, et de fixer les solives à ces lambourdes comme il vient d'être indiqué pour le cas où les lambourdes sont appliquées contre les murs. Les lambourdes sont scellées dans les murs, et soutenues de distance en distance par des' étriers communs aux deux lambourdes et mis à cheval sur la poutre. Quelquefois encore la poutre elle-même fait l'office de lambourde; mais, afin que ses faces latérales soient inclinées sans enlever le bois, on donne, dans toute la longeur de la pièce de bois, un trait de scie incliné à ses faces supérieure et inférieure, et l'on place les deux lambourdes qui en résultent l'une à côté de l'autre, en les réunissant par quelques boulons. On peut encore faire, à l'aide seulement de pièces d'une faible longueur, des planchers d'une grande étendue, en disposant ces pièces de manière qu'elles reposent les unes sur deux murs en des points voisins d'un même angle, les autres sur un mur par une extrémité et sur une pièce par l'autre, et les autres sur une pièce par chaque extrémité. On conçoit que ces charpentes demandent à être faites avec beaucoup de soin, et que le système reposant sur quelques tenons, on peut considérer laL solidité comme problématique si l'on ne met pas un étrier en fer a chaque tenon.

D'après Rondelet, on doit donner à chaque solive des planchers de maisons d'habitation le 1/24 de leur longueur quand elles sont espacées tant vide que plein, et plus quand l'écartement augmente. La largeur des solives ne doit pas être moindre que la moitié de la hauteur (255), à moins qu'on ne place des fourrures ou desliernes pour les empêcher de gauchir. Quant aux poutres, il conseille de leur donner pour équarrissage le 1/18 de leur portée quand elles sont espacées de 3 mètres à 3",50, ce qui se rapproche assez des dimensions que donnerait la for-

mule -

Rbh*

du n° 261, dans laquelle p, charge par mètre de Lau-

gueur de la pièce, serait calculé à raison de 300 kilogrammes par mètre carré de surface (une poutre peut même se trouver momentanément charge d'un poids supérieur quand il y a un grand nombre de personnes en mouvement dans la pièce qu'elle supporte (n" 791), R = 600 000 (n'235), et b — h, car les poutres ont ordinairement une section transversale carrée, afin de ne pas les affaiblir en coupant les fibres pour les rendre méplates.

Le tableau suivant donne les dimensions des poutres et des solives de planchers d'après Bullet, et rapportées par Émy comme étant en usage dans les bâtisses ordinaires.

Loos.

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jisîge.

ÉqnarriiMge.

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É,D«tiui^.

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0,16 wr 0,22

0,1*aur0,t9

Tredgold donne la formule suivante pour calculer les dimensions des solives et des poutres :

hïuieur de U pièce en mitres ;.

largeur td. id.\

portSe de la pièce id.; eoeUcUnt qui prend les lalenrs

1' Pour les planchers simples.

inférieure à 0-,05, K =0,0363 si sont en chine ;

t- Pour lei plartdiers «asemtlés, I» poutres prînciptles, san que leur irarUttant e\cËde 3 mètres, exigent qu'on, ùuïa K^0,CIë8&ok 0,0711, sniraul qu'elles sont eu sapin ou en chêne.

Pour les petites poutres transversales assemblées aux poutres principales, distantes au plus de 1~,30 !t 9 nièU-es, K = 0,0560 pour le sapin et K =; 0,W178 poor le chêne.

Lei dimennons des soliTes supérisares se rtgtenl eomme ai 1*.

EuGn poiv les solives inférieures qui ne senaul qu'k Aiei les litlas, sans praulre b supérûuise h 0-,0S, on fait K = 0,010i au 0,0109, suiiaut qu'on empbie le safln oa le cbêne.

PLANCHERS. i 465

Aujourd'hui le» solives s'espacent de O'^^S^ environ d'axe en axe, et Ton fait à peu près /i = 26 (tableau page 1472). Des charpentiers de Paris font même A =36, avec espacement de 0",30 d'axe en axe.

Pour les poitrails des boutiques (787), ,on est dans l'usage de refendre en dcnx les pièces de bois qui servent aies former, d'en écarter les deux parties d« 0",05 a 0*,06 par des fourrures, et de les relier par des boulons. L'augmentation de largeur qu'on donne ainsi aux poitrails fait qu'il est plus facile d'y reposer les murs; de plus, le bois refendu perd facilement son humidité naturelle, qu'il aurait conservée en partie sans cette précaution, ce qui en aurait accéléré la pourriture.

Il y a encore un cas où l'on refend une poutre : c'est celui où, ne disposant pas de bois d'une assez forte dimension, on est obligé d'avoir recours aux poutres armées. Dans ce cas on refend la pièce de bois et Ton en écarte les deux parties, entre lesquelles on place deux pièces de bois qui forment un triangle isocèle dont la poutre est la base. La hauteur de ce triangle est faible, afin que le dessus des armatures ne dépasse pas le haut des lambourdes, sur lesquelles reposent Taire en plâtre et le parquet. Un boulon allant du sommet du triangle au milieu de sa base rend tout le système solidaire et lui donne une grande rigidité.

Pour les édifices tels que les magasins à blé, entrepôts, etc., il est impossible de donner une règle empirique pour déterminer les dimensions des poutres, solives et autres pièces des planchers; on est obligé d'avoir recours aux formules relatives à la résistance .des matériaux (n"' 255 et suivants).

Poutres et solives nervées en bois.

Quand on emploie des bois ou des fers méplats pour résister à des pressions transversales, on a intérêt à adopter l'épaisseur 6 la moindre

possible, par rapport à la hauteur A, puisque c'est celle dont le moment

d'inertie — bh^ est le plus grand possible pour des sections 6A, b'h',

équivalentes (255). Si les tôles sont trop minces, elles se voilent; si les bois sont trop méplats, ils se plissent.

Pour les eonstructioDS en bois, la hauteur h est donnée par la section h* d'équarrissage des poutres livrées au commerce ; s'il s'agit d'un plancher, la somme des largeurs S6 = B des poutres d'une portée L est donnée par la formule (261)

p pression par mètre courant de portée du plancher pour toute sa largeur : si le plancher a 10 mètres de largeur, et qu'il doive résister à »ne pression de 280 kilog. par mètre carré, p sera égal k 2800 kilog. (191).

B étant obtenu, on a un grand intérêt à diviser cette largeur en un plus grand nombre possible de poutrelles d'une épaisseur 6, afin de diminuer la portée des pièces du parquet, et celle du lattis du plafond ; ainsi il est très-important de savoir à quelle limite dé grande sécurité

on doit s'arrêter dans la détermination du rapport y. Dans la pratique,

pour les solives, on fait^- = - environ.

Partant de ces considérations, M. Lagout, ingénieur des ponts et chaussées, a cherché à concilier le principe avantageux des bois méplats avec la règle précédente, en clouant contre la moitié supérieure des faces latérales des bois méplats, des nervures économiques, de manière a donner à la face supérieure de la pièce armée, une largeur égale à la moitié de la hauteur, et à doubler ainsi, à peu de frais, la résistance du bois méplat.

Croûtes ou dosses de scieries utilisées en nervures,

M. Lagout ayant soumis des bois méplats à des pressions transversales croissantes, a observé que Taltération du bois se produisait d'abord dans la zone supérieure ou de compression des fibres, sans que la limite d'élasticité fût atteinte dans la zone inférieure ou de traction des fibres, et il a été ainsi conduit à consolider la partie supérieure par des demi-croûtes ou matières encombrantes des scieries clouées le long de la pièce en forme de nervures, dont la plus grande section est au milieu de la poutre, ce qui lui donne en plan la forme d'un solide d'égale résistance qui a une hauteur uniforme (268).

L'épaisseur uniforme b de l'âme est égale au sixième de la hauteur h de la poutre, et la plus grande largeur de chaque nervure, au milieu

de la longueur de la poutre, est aussi égale à 6; d'où il résulte qu'en

ce point la largeur totale de la base supérieure est égale k3b= -h.

Cambrure, De plus, avant de l'armer de ses nervures, la pièce est cambrée en son milieu sous une flèche égale aux 0,004 de la portée L.

La pièce de bois méplat ainsi préparée présente trois avantages :

1" La résistance de la pièce nervée est double environ de la pièce non nervée, ce qui présente une économie de 50 p. 100 du bois du commerce;

2» Le prix de revient est augmenté d'un tiers, ce qui équivaut à une économie en argent de 33 p. 100;

3" La cambrure disparaissait à l'œil sous la flexion produite par la charge .utile. Résultat important, puisque la flexion trop grande des pièces primitivement droites oblige ♦ souvent les constructeurs k augmenter la section pour diminuer la flèche.

Règles pratiques pour les ouvriers :

i" Débitez en 6 madriers les bois équarris ;

â*" Placez le madrier de champ sur un établi, fixez les extrémités, enfoncez une cale au milieu pour le soulever de 0,004 L, en ayant soin de mettre une plaque en fer entre la cale et la pièce de bois ;

3^* Fixez de chaque côté les demi-croûtes arasées k la partie supérieure par deux rangs de clous disposés de manière que les clous d'un, rang se croisent avec ceux de l'autre ; dans chaque rang, les clous sont espacés de 0'",30. De plus, entre les bouts des deux parties de dosses qui composent chaque nervure, enfoncez une cale ou clef en bois, qui se trouve au milieu de la longueur de la poutre.

L'entr'axe des poutres ainsi nervées peut être égal à celui qui con-

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