Planchers enfer
Depuis quelques années, on substitue très-souvent le fer au bois dans la construction des planchers ; on peut presque dire que c'est ce que Ton fait exclusivement aujourd'hui à Paris.
Les solives sont en fer à double T ; on les espace de 0",80 à 1 mètre ; elles sont engagées de 0*,20 à0",25 dans les murs et y sont retenues par des harpons et ancres ; leur hauteur est ordinairement comprise entre le i/30 et le 1/35 de leur longueur, et on leur donne environ 1/200 de flèche avant la pose. Les solives sont reliées entre elles par des entretoises en fer carré qui s'agrafent dans les murs et sur les solives; quelquefois les entretoîses sont en fer rond et boulonnées ; dans tous les cas, elles sont perpendiculaires aux solives, et espacées entre elles de 0",80 à 0",90. Sur les entretoises, parallèlement aux solives, on accroche des fanions f petites tringles de fer carré de 0",010 àO",011 de côté, qui se recourbent a angle droit pour descendre au niveau de la face inférieure des solives. Les fan tons sont espacés de 0",25 environ, et c'est sur le treillage qu'ils forment qu'on exécute le hourdis, soit en plâtras secs ou en éclats de moellons tendres, soit en briques creuses, soit en poterie; ces deux dernières matières ont l'avantage de donner des planchers secs, légers, résistants et communiquant peu le bruit d'un étage à l'autre.
Le plafond s'excute sans lattes sous le hourdis. Si le plancher est plein, on peut poser le carrelage dessus directement; dans le cas contraire, on le pose sur une aire en plâtre faite sur un lattis reposant sur les solives. Les parquets peuvent se poser directement sur le hourdis ; mais ordinairement on les fixe sur des lambourdes.
Les dimensions des solives se calculent à l'aide de la formule du n*" 261, relatives à une pièce reposant sur deux appuis et chargée uniformément sur toute sa longueur :
ït! = 51 •
p charge par mètre de la longueur de la pièce, p comprend le poids du plancher (pages 4469 et 1473), et la surcharge, qui peut s'élever accidentellement jusqu'à 4 personnes on â80 kilog. par mètre carré de plancher. La pratique semMe avoir confirmé qu'en prenant en moyenne 280 kilQg. pour la charge totale par mètre carré, ce qui correspond à environ une surcharge d'une personne par mètre carré, on obtient une résisance suffistante; cela est dû à Taugmentation de rigidité produite par la liaison des différentes pièces par îeliourdis, et aux encastrements dans les mors;
R Peut être pris égal à 6000000 kilog. ;
L, n Giï ont les mêmes significations qu'au n* 2S5.
Pour des solives espacées de 0",«0, c'est-à-dire pour p=: 2*0 xO",W = 2SI4 kilog., si la portée L= 5-,00, la formule précédente donne
PLANCVÉftg.
Comparant cette valeur de - a celles du tableau de la page 4ii, on
Toit qu*on pourra employer les fers de llontataire dont A = 0*,i6 et dont le poids est de 16^,50 par mètre courant.
Les principaux architectes de Paris ne s'en tiennent plus aujourd'hui d'une manière absolue aux valeurs précédentes S80 kilog. par mètre carré de plancher et 6 000 000 kilog. pour R.
£n considération de ce que dans les planchers les fers restent sensiblement soumis à une température constante, et n'ont k subir que de très-faibles variations momentanées, si on les compare a celles d'un pont de chemin de fer, par exemple, ils font R = 10000000 kilog., au lieu de R = 6000000 kilog. qu'il convient de ne i>as dépasser dans la plupart des cas de la pratique.
Quant et la valeur de p, on la calcule d'après le poids propre du plancher, et d'après une surcharge accidentelle, qui varie selon le nombre des personnes ou la quantité de marchandises que les pièces sont susceptibles de recevoir.
Tableau du poids par mètre carré de plancher^ d'après le mode de constractidn suivi à Paris, selon Ijue le hourdis est fait en plâtras on en briques creuses, et de la surcharge accidentelle, aussi par mètre carrè^ proyenant des personnes ou des marchandises qui peuvent être réunies sur le plancher. Ce tableau et le suivant sont extraits des Études pratiques sur la construction des planchers et poutres en fer, par MM. Jolly et Joly.
OiSlGNÀTION DU PdCBS.
aa
Grandes maisons.
Maisons ordinaires, où les réunions sont peu nombreuses
Etages lambrissés sous combles
Chambres à coucher de tous les étages
Cabinets
Salons et pièces de réception (plus spécialement les 3* et 4* étages^. . . .
Grands salons et pièces de réception (plus spécialement les 4" et S* étages).
Magasins ou boutiques du rez-de-chaussée, pour marchandises d'un faible poids comparé au volume.
Bureaux , salles ordinaires.
Salons pour les assemblées ordinaires
Salons pour les grandes réunions
Édifiées publics.
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PLANCHEM HOUBDÉS
en plâtras.
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PLANCHEaS HOOEDÉS
en briques creuses.
Charge par mèt.superf.
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Sous des charges correspondant à R = iO 000 000 kilog., les barres de fer prennent une flèche de 1/300 de leur longueur, flèche admissible pour des petites ouvertures comme celles des planchers, mais qu'il est prudent de ne pas dépasser, et qu'il convient même souvent de ne pas atteindre.
Dans la construction des grands planchers avec poutres en tôle, la flèche 1/300 étant trop considérable, on la réduit en faisant R=8 000 000 kilog.
Pour les poitrails, soit en tôle et cornières , soit en fer à double T, la charge permanente étant considérable, et la flexion devant être très-faible pour éviter les tassements, qui sont à redouter, on fait R = 6 000 000 kilogr.
La flèche des pièces de fer se calcule en faisant moyennement le coeflicient d'élasticité Ë = 18 000 000 000 (n' 255).
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