ENDUITS
792. Enduits. Dans les intérieurs, les enduits se font en plâtre comme lés plafonds (790). Les enduits en mortier se posent à la truelle, et on 'les dresse avec une taloche de 0",i5 sur 0*,20. Les enduits en ciment romain se posent à la truelle et se dressent avec le tranchant de cet «util. Lorsque les enduits sont apparents, après la taloche ou la truelle, en passe la truelle brettée pour terminer la surface (786).
L'application des enduits en mortier hydraulique se fait principalement sur Textrados des voûtes et sur les murs de soubassement, afin de préserver la maçonnerie de Thumidité et des infiltrations d'eau ; on recouvre également de ces enduits tous les murs et radiers de réservoirs, de citernes, de fosses, d'aqueducs, etc.
Les mortiers préférables pour l'exécution de ces enduits sont ceux de chaux hydraulique, et surtout ceux de ciment romain ; la prompte solidification de ces derniers à Tair et dans l'eau, et leur degré d'imperméabilité , leur donnent une supériorité incontestable sur tous les autres, surtout lorsqu'il s'agit de résister à la pression d'un liquide (754). Lorsque l'enduit doit être appliqué sur une maçonnerie neuve hourdée en mortier de chaux , si les parements sont assez bruts pour présenter des aspérités suffisantes pour retenir l'enduit, l'ouvrier commence par dégrader légèrement les joints si l'enduit est en mortier de chaux, et très-profondément s'il est en mortier de ciment, afin qu'on puisse tous les garnir d'un rocaillage, surtout si la maçonnerie est en moellons. Ce dégradage fait, l'ouvrier brosse et mouille les parements pour augmenter l'adhérence de l'enduit.
S'il s'agit au contraire d'une vieille construction dont les parements sont trop unis et couverts de matières nuisibles à l'adhérence du mortier, ou d'une maçonnerie hourdée en plâtre ou en mortier déterre, on dégrade d'abord les joints profondément et carrément, puis on pique a la pioche les matériaux , afin de priver les parements de toutes les parties allérées et d'y pratiquer des aspérités. Cela fait, on nettoie parfaitement les parements en les frottant d'abord à sec avec des balais très-durs, et en les lavant ensuite à l'eau au moyen de brosses ou de balais, jusqu'à ce qu'ils soient entièrement dépourvus de poussière, qui aurait diminué l'adhérence de l'enduit.
Pour les parements supérieurs horizontaux , comme lorsqu'il s'agit de radiers, le nettoyage ofl're plus de difficultés; l'ouvrier éprouve beaucoup de peine pour retirer avec la brosse et la pointe de la truelle tous les détritus qui se logent dans les petites cavités provenant du dégradage. Cependant, le soulèvement des enduits de radiers provenant presque toujours de leur défaut d'adhérence avec la maçonnerie, défaut du ordinairement aux détritus non enlevés, on conçoit l'importance d'un nettoyage parfait.
On nettoie très-bien les parements lorsqu'il y ti possibilité de projeter de l'eau dessus avec une pompe foulante; par sa grande vitesse, l'eau
ENDUITS. \ ÎTB
détache et entraîne la poussière, les matières terreuses et les parcelles de mortier et de pierre ébranlées lors du dégradage.
Le dégradage et le lavage des parements étant terminés, on commence par remplir les plus grands joints d'un rocaillage, puis on procède à la pose de l'enduit {Art, 251).
^79^. Rejointoiement. Il s'opère en creusant les joints avec un crochet jusqu'à une profondeur de 2 à 3 centimètres, en les nettoyant avec soin au moyen d'une brosse dure ou d'un balai, en les arrosant au besoin, et en les remplissant de mortier que Ton presse bien avec la truelle,
La surface vue des joints peut être plate et affleurer le nu du parement; c'est ce qu'on fait pour les pierres tendres, afin de préserver les arêtes, et aussi pour les briques. Ces joints plats se lissent souvent avec une tige recourbée en fer, appelée tire-joints, qu'on fait glisser le long d'une règle.
Les maçonneries de moellons bruts qu smillés se font quelquefois à joints plats, ou encore à joints arrondis en creux, mais he plus souvent on les fait en boudin. Les joints de cette dernière forme, qui conviennent surtout pour les pierres de taille dures, résistent mieux aux actions de la pluie et de la gelée, et le dégagement des arêtes de la pierre donne de plus aux parements un aspect de solidité et de beauté parfaitement en harmonie avec cette espèce de maçonnerie.
794. Corniches en 'plâtre et moulures de lambris. Pour faire une corniche en plâtre, on commence par former à la place qu'elle doit occuper une masse de plâtre dont la saillie soit un peu moindre que celle de la corniche, des rappointis assurent la fixité de cette masse; puis on fixe une règle bien droite contre le mur, au bas de la corniche et parai lèlement à cette corniche. Cela fait , on applique une couche convenable de plâtre clair contre la masse solide , et c'est avec cette couche de plâtre mou qu'on fait les moulures de la corniche , en passant dessus, à plusieurs reprises, un calibre en tôle ou en bois dont le pourtour est taillé suivant les formes des moulures. Afin que ce calibre soit bien guidé pendant la traîne de la corniche, on le fixe par une entaille sur le milieu d'une règle qui porte un angle rentrant. Un bâton oblique, dont une extrémité se fixe dans le calibre et l'autre dans la règle, donne une certaine solidité à leur ensemble. Par cette disposition, en faisant glisser le calibre sur la couche de plâtre , de manière que l'angle rentrant de sa règle suive bien l'angle saillant de la règle fixée contre le mur, on est sûr d'obtenir une corniche bien droite [Art, 427 j.
On suit une marche semblable pour faire les moulures de lambris.
795. Blanc en bourre. Quand on n'a pas de plâtre, on fait usage, pour les plafonds et enduits, de blanc en bourre , mortier de terre argileuse et de 1/6 à 1/5 de chaux grasse, auquel on a mélangé de la bourre.
Il faut éviter d'employer le blanc en bourre pendant les temps de gelée.
La chaux doit être éteinte depuis plusieurs mois, afin que l'on soi4 sûr qu'aucune particule n'a échappé à l'extinction; sans quoi, après la confection de l'enduit , le poli s'altérerait.
1476 CINQl^ltME' PâRTIE.
7Mb Siua. On fait souyent usage d'un marbne artificiel appelé stne. On distingue :
V Le stuc- erv chaux , ohtemi en mélangeant ev parties^ égales de la chaux et du maiiire en poudre tamisé; on le pose en couche mince sur une première couche en plâtre mélangé à un mortier de chaux et de sable fin;
2f Le stuc en plâtre , qui n'est antre drose que du prlàtre bien pur gâché avec une eau dans- laquelle on a fait fondre de la colle de Flandre.
Le stuc en plâtre ne peut s'employer qu'à l'intérieur; mais celui à la chaux peut s'appliquer à l'extérieur, en ayant soin de faire l'ébauche ou les premières couches entièrement en mortier de chaux hydraulique.
Si L'on yeut donner au stuc en plâtre un aspect de marbre yeiné, on incruste dans la masse des yeines faites ayec du plâtre gâché colorié à l'aide de la couleur que l'on veut obtenir {Art. 114).
7071 Combles. C'est la construction que l'on fait pour préserver de la pluie les parties intérieures d'un édifice.
(Quelquefois un comble est assez peu incliné pour qu'on puisse y marcher assezi facilement; il prend alors le nom de terrasse,
Ondinairement un toit est formé de deux pans inclinés en sens contraires et se raccordant suivant une arête qui prend le nom de faîte.
Dans les édifices plus longs que larges, le faîte est parallèle à la Iongneur,. et chacun des pans dont se compose le toit prend le nom de Umgrpan^ Quand les longs-pans du toit se terminent aux murs latéraux de Y.éAiûct , ces murs prennent le nom de pigrumsi Si le toit se termine par des- portions de toit qui s'appuient sur les longs-pans et sur les murs IsU^raux, ces pans inclinés s'appellent croupes. Quand l'édifice est carré, les longs-pans et les croupes-sont égaux et viennent se terminer à un sommet commun ; on a alprs un toit en' pavillon.
Quand on veut faire des logements dans les combles, les pans du toit sont formés de deux parties; l'une inférieure se rapprochant beaucoup de la verticale et dans laquelle on pratique les- fenêtres des appartements, et une partie supérieure, plus- inclinée et s'appuyant sur* la première et sur le faîte. Ce sont les combles à la mansarde.
Queiqnefois le oomble est composé d'une seule pente , et prend' le noïiLd^appentis; nomcpii s'étend. à tout l'édifice^ si cet édifice reste ou- Yerty ou si le comble n'est soutenu que par des^ poteaux ou des -pilastres. Le faîte d'un appentis est généralement adossé à< l-un des- murs d'un édifice- plus élevé.
798. Fermes. Comme leâ matériaux employés pour la couverture sont en p^ts écbantillons et trés-minoes>, pour les soutenir, on construit, tous les 3; àr 4. mètres, des assemblages s&liàes^ sLp^éïés fermes, dirigés suivant la largeur de l'édifice. Ges' fermes sont quelquefois en
COMBLES. HTT
iiiaçonnerîe ,,plus souvent en fer, ou en fer et fonte , ou encore enifer et bois, mais ordinadrement elles sont en bois.
Oa,doit toujours placer les fermes a l'aplomb des trumeaux , c'est^àr dire des parties pleines qui séparent las portes et croisées de Tédifiee,
790. Noms des différentes pièces qui entrent dans la composition d'uneferme,
Fig, 9,' pi. III.
a entrait on tirant. Pièce recevant les assemblages des arbalétriers, et celui da
poinçon quand il n'y a pas d' entrait retroussé ; h etthmt retroussé. Il reçoit l'assembla^ du poinçon et empêche les acbalétrier»
d^ fléchir sur leur charge ; € arbalétrier; d poinçon; € contre^ fiche; ff jambettes; g aisselier; h faîte; h' lien de faîte. Petite jambe de force empêchant tout mouvement du poinçon parr
rapport au faîte ; A" lierne. Pièce destinée à relier les fermes entre elles ; il pannes. Leur distance varie de 2 mètres k S'^SO ; la panne qui se trouve à Tangle
de deux pajrtiesqui composent un même pan de toit k la mansarde prend le
nom dé panne de brisis; '
Jck tasseaux. Quelquefois, entre le tasseau et la panne, on place un coussinet en .
bois, qui prend le nom de tasseau; alors le tasseau prend le nom. à» chanti-
gntle; l sablière; m biochtt; n chevrons. Pièces de 9 k 11 centimètres d'équarrissage, éloignées entre elles de.
0"',40 k 0"',45, et supportant la volige ou le lattis sur lequel on pose la couverture proprement dite ; o coyau.
On appelle chanlate une pièce dé bois dont la section est untri«2i|;lfi;rMlu»gle, qu'on place au pied des chevrons pour recevoir un égout pendant.
800. Dimensions des différentes pièces d'une ferm£» C'est toujours avec le plus grand soin qu'un ingénieur doit étudier les fermes des combles. Par une heureuse disposition , il peut réduire les dimensions des pièces qui les composent , et par suite en diminuer le prix et le poids, tout en obtenant une rigidité plus grande, ce qui n'ajoute pas peu à la solidité des murs (678).
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