‹ Formules, tables et renseignements usuels (volume 2)Chapitre 178 sur 244 · AO X ^^ K · texte numérisé non relu

AO X ^^ K

-^ S — ^~ = 124"',21, ce qui représente le cube du déblai compris

entre les profils 2 et 3.

On a

kk^ =:bg-{- [ch - 65r) ^ = 3,50 + (40,40 - 3,50) ^ = 8-,i3. L'aire du trapèze bkk'g = ^>^^ + ^^^ 33,57 =495-',38; celle du tra-

ft 4Q 4- 41 A9

pèze, kcW= ' Z. '^x 46,43= i82"',05, et par suite la surface du

polygone bcWg est égale à 495,38 -f 482,05 = 377"', 43, valeur qui exprime le cube total de remblai compris entre les profils 2 et 3.

Examinons maintenant de quelle manière les déblais seront employés pour faire les remblais. Entre les profils 4 et 2, si Ton prend am = ae et bn = bg, on voit que la partie abnm du déblai sera employée pour faire le remblai abge y sans aucun transport suivant la longueur de la route, mais que le restant de remblai, représenté par le trapèze mnfd^ et qui est par conséquent égal k 343,50 — 479,40 = 464'%40, devra être transporté entre les profils 2 et 3, et peut-être plus loin. Les parties qui se compensent sans transport longitudinal se distinguent dans la figure par un liséré en hachures.

Entre les profils 2 et 3, le triangle en déblai 6A/se place directement sur le triangle 6fco, ou mieux sur le polygone bko^g, en faisant le triangle ko'p équivalent au triangle opg. Il reste donc entre ces deux profils un excès de remblai représenté par le polygone kclk'o'. Comme ce polygone €st la différence entre le polygone bcWg et le triangle bkf, Texcès de remblai est donc 377,43 — 424,24 = 253",22; ainsi, les 464"%40 d'excès

iM6 SIXIÈME FABTIE.

de déblai entre les profils 1 et 2 seront employés à remblayer entre 2 et 3^ et il restera encore un excès de remblai égal à 253,22 — 1 64,40= 89"*,12. Cet excès est représenté par le trapèze clgr^ dont il font d*abord déterminer les dimensions rc et rq,

lorsque le point r est en c, on a rç = c/, et lorsqu'il est en k, on a rq = kk'; ainsi pour un ayancement ck = 16",43, cq a diminué de cl — kk^ = 14,02 " 8,13 = 5",89, ce qui fait 0*,36 par mètre. Cela étant, on a

.^ 44,02 + 44,02 — rcx 0,36

équation de laquelle on peut tirer directement la valeur de rc; mais il est plus commode de déterminer cette valeur par le tâtonnement : la surface du trapèze clqr et la valeur de cl font juger quelle sera à peu près la valeur derc; ainsi, dans ce cas, elle différera peu de 6*,5 ; remplaçant dans le second facteur du deuxième membre de Téquation précédente rc par cette valeur, on a

89,42 =rc —^ — - — '—^ '—^ d où rc = 6",94.

Cette valeur étant substituée à son tour dans Téquation, on conclut rc = 6",98, valeur différant très-peu de la précédente et qu'on peut adopter dans la pratique.

On a

Ar= 46,43 — 6,98= 9",45, et rg = 44,02— 0,36 X 6,98 = 44-,5i.

Au lieu de déterminer directement la valeur de rc, on aurait pu déterminer celle de kr^ en remarquant que la surface du trapèze krqk' est la différence entre les deux trapèzes kclk' et rclq, c'est-à-dire égale à

482,05 — 89,42 = 92-',93, et que

rg=A;A:' + 0.36x Arr.

Examinons maintenant quelle sera la distance moyenne à parcourir pour transporter le déblai représenté par le trapèze mnfd sur Fespaee occupé par le remblai figuré par le pentagone krqk*o\ Cette distance est égale à celle des centres de gravité de ces polygones» mesurée suivant AB.

E étant le centre de gravité du trapèae mnfd^ on peut déterminer E/' en décomposant ce trapèze en deux triangles, mais on a directement ' {InL 1596)

^^^abinf+2md) 30 (3,90 -f 2 X 7,04)

'^'^ "• 3 {nf -f- mrf) "^ 3 (3,90 + 7,04) "** ^^ '*^'

De même, H étant le centre de gravité du trapèze rgA^'A;, on a

^r(Âg^--f-2rg) 9,45(8,43+2x44,51),^ ,. ^ " * ^ 3ikkf + rq) ~ 3(8,43 + 44,54) "" ® ^^^^^'

ROUTES. i&17

il faut maintenant déterminer à quelle distance de kh! se trouve le centre de gravité L du triangle kko\ La surfaqe de ce triangle est égale à celle du trapèze hkk*g moins celle du triangle hkf^ c'est-à-dire a 195,38 — 124,21 = 71-%17; la base kk' de ce triangle étant 8*,13, sa hau-

leur est ^-5^= ^'^^'S^- ^» » ^^^^ ^^ = -J^ = S"»»*» et par suite

LH' = 5,00 + 5,84 = iO",84,

Le centre de gravité du pentagone krqk'o' se projette entre L et H', à des distances de ces points qui sont en raison inverse des surfaces du triangle kk'& et du trapèze krqk\ de sorte qu'on a

et TP = 5,00 — 4,70 = 0-,30,

La distance moyenne de transport est alors

E/ + fcAr + TP = 16,43 + 33,57 + 0,30 = 5»»,30.

Tous ces calculs peuvent être abrégés en faisant la figure à une échelle plus grande, ce qui permet, lorsqu'on n'a pas besoin d'une évaluation rigoureuse, de prendre les longueurs a l'échelle, sans les calculer, et même de fixer à vue d'oeil la position des centres de gravité.

A l'aide du dessin des profils et de l'un des tableaux, pages 1510 et 1513, on peut se rendre compte exactement des quantités de terre a transporter longitudinalement, et plus ou moins approximativement de la distance moyenne de transport, sans qu'il soit nécessaire de faire le tableau graphique.

826. Influence des rampes sur les distances de transport, 11 est évident qu^une rampe ascendante du déblai au remblai augmente le travail, puisque, outre le travail dépensé pour le transport horizontal, il faut encore élever les matériaux. Des ingénieurs admettent que le travail est le même pour monter une rampe de 20 mètres de base sur 2",50 de hauteur (inclinée au 1/8), que pour parcourir une distance horizontale de 30 mètres. La pente 1/8 exigeant un travail au-dessus des forces de l'homme, il convient d'adopter, comme dans les travaux du génie militaire, une rampe au 1/12, et de considérer comme équivalent de la distance horizontale 30 mètres , une rampe de 20 mètrea de base sur 1"',65 de hauteur. Ainsi, considérant que pour s'élever de la hauteur H il faut parcourir une rampe de 12H de base, comme 20 mètres de cette rampe équivalent à 30 mètres de transport horizontal, i mètre équivaut à l-,50, et les 12H à 12H x 1,50 = 48H, ce qui revient a ajouter 6H à Tespai^e réellement parcouru horizontalement, sans que cet espace horizontal soit jamais inférieur à i2H ; dans le caâ où un chemin direct donnerait un espace moindre, on adopterait un chemin composé de deux^ ou plus si cela était nécessaire, directions se raccordant de manière que l'ouvrier pût facilement passer de Tune à l'autre avec sa brouette.

Soit ÀBGD, fig, 2^,. PL lU, une fouille dont les terres sont èâftliées à

1518 UIMÈME PAKTIfi.

former le caralier EFHl , G le centre de graTÎté de la fonitte. G' celoi da remblai , et hj h' les distances verticales de ces centres de gravité à l'horizontale AI. Pour amener an point D les terres de la fonille, il faut développer le même travaU que si tonte la masse était concentrée an point G; par conséquent, le travail développé est le même que pour transporter la masse à une distance horizontale égale kiBh; par la même raison , le travail développé pour amener les terres depuis le point E jusqu'aux différents points du cavalier est le même que pour parcourir un espace horizontal égal à i8A'; le travail total produit équivaut donc à un transport horizontal à une distance 18 (h+h') + DE. On est obligé de laisser des rampes pour élever les terres, soit de Tintérieur de la fouille au point D, soit du point E aux différents points du cavalier ; comme ces rampes sont ordinairement espacées de 20 mètres entre elles , il en résulte que chacune d'elles reçoit les terres jusqu'à une distance de 10 mètres de chaque côté; ce qui exige encore, pour toute la masse, un transport horizontal à une distance moyenne de 5 mètres, et comme ce transport se reproduit pour former le cavalier comme pour faire la fouille, il en résulte que l'accroissement total de la distance de transport est de 10 mètres; par conséquent, la distance totale de transport est 18(^ +A') + DE + 10 mètres.

Soient, même figure, DK et EL deux lignes inclinées au 1/12. Si Je sol permet partout la circulation de la brouette, on pourra enlever la portion AKD sans s'astreindre à venir passer sur des rampes espacées de 20 mètres, ce qui diminuera, pour cette portion , la distance de transport de 5 mètres; on peut produire la même diminution sur le cavalier pour la partie EIL; cette considération n'est pas à négliger quand la fouille est très-large et peu profonde. Quoi qu*il en soit , comme il y a avantage à suivre des rampes, surtout sur les terres remuées, parce que le sol y prenant de la consistance, le transport y devient plus facile, dans les circonstances ordinaires du transport en pente, on prend pour distance horizontale de transport 18 fois la différence de niveau des centres de gravité de la fouille et du remblai , plus la distance du bord de la fouille au pied du cavalier, plus encore 10 mètres pour le transport normal aux rampes; de sorte que dans l'exemple précédent, V étant le cube de terre transporté , le travail produit peut être exprimé par V[18(A + A') + DE + 10].

Si le sol allait en s'élevant de A vers I , h + h' exprimerait , comme dans le cas d'un sol horizontal , la différence de niveau des centres de gravité G et G'; si au contraire le sol allait en s'abaissant de A vers I, on remplacerait iS{h'{-h') par la somme de la distance horizontale du centre de gravité G au point D et de celle du centre de gravité G' au point E, augmentée de 6 fois la distance verticale du point D au-dessus du centre de gravité G , plus 6 fois la différence positive de niveau du centre de gravité G' et du point E ; c'est également la valeur qu'on substituerait à 18(A + A') dans le cas où les lignes GD et G'E seraient inclinées à moins de 1/12; dans ce dernier cas on augmenterait la valeur de DE de 6 fois la hauteur verticale du point E au-dessus de D.

Dans les différents cas que nous venons d'examiner, nous avons tenu compte de Fexcès de travail dû à une rampe ascendante ; mais nous avons négligé l'effet d'une rampe descendante. Dans le transport a la brouette , comme l'ouvrier fatigue peut-être un peu moins en descendant, mais qu'il fatigue beaucoup plus en remontant, k vide il est vrai, la pente descendante ne peut être très-favorable; mais dans le transport au moyen du camion, du tombereau ou du wagon, cas où le moteur ne porte pas la majorité de la charge comme avec la brouette, il convient de tenir compte de l'inclinaison (816).

827. Exécution des déblais et des remblais. Les travaux de terrassements comprennent toutes les opérations ayant pour but de transformer le sol , soit en y apportant des terres pour l'exhausser, soit en le fouillant pour y pratiquer des excavations pour la construction des ouvrages d^art, tels que routes, canaux, fondations d'édifices, etc.

Pour exécuter les déblais dans les terres ordinaires , les sables, les graviers, etc., les ouvriers terrassiers commencent par les ameublir avec une pioche dite tournée^ instrument en fer aplati, du poids de 2\5 à 3^,75, dont les extrémités, aciérées sur 0*,06 de longueur, sont l'une à tranche plate très-^allongée et en forme d'herminette, et l'autre k pic ; il est percé au milieu d'un trou circulaire pour recevoir un manche de O'ySe de longueur et 0",035 de diamètre. Une tournée de 0",80 de longueur totale et de 0*,075 de largeur k l'extrémité de l'herminette , pèse 3*,75, et coûte 7 fr., y compris le manche qui entre pour 1 fr. dans ce prix.

Pour enlever les terres au fur et à mesure qu'elles sont piochées, les ouvriers se servent de la pelle, dont la plus avantageuse est celle en fer battu de 0",003 d'épaisseur. Elle est terminée en demi-cercle, ou légèrement en pointe; elle a environ 0",32 de longueur et autant de largeur; sa longueur totale, y compris le manche , qui est légèrement courbé , est de 1",40.

Pour les terres meubles et humides , telle que la terre végétale , le sable fin, la tourbe, l'argile et quelquefois la marne, on opère la fouille au moyen de la, pelle ^ de la bêche ou du louchet.

Lorsque les terres présentent une trop grande cohésion pour qu'on puisse les ameublir avec la tournée , c'est-k-dire quand elles commencent à avoir la consistance du roc, on a recours k la, pince et au pic. Ce dernier outil n'est souvent qu'k une seule pointe fortement aciérée , et l'œil qui le termine de l'autre côté reçoit un manche, dont la longueur varie de O^yCO k 0*,80 suivant la longueur du pic, qui dépend elle-même de la nature des déblais k fouiller. Parfois le pic est k deux pointes , et l'œil pour le manche se trouve au milieu.

Généralement le pic ne sert qu'k pratiquer des tranches ou saignées,

dans lesquelles, k coup de masse ou de marteau, on enfonce des coins

pour opérer l'excavation, que l'on achève en soulevant les blocs avec la

pince. Le poids des coins varie de 0^,5 k 5 kilog., et celui des masses de

5 à 10 kilog. Les manches doivent être en bois durs et souples; on les

fait ordinairement en cornouiller.

4920 SIXIÂHE Pik{RTIE.

Pour le roc dur, on emploie ordinairemewtia pomôerolJe. Cet outil en fer est terminé d'un cèté par une pointe obtuse, et de l'autre par nne tête carrée, sur laquelle on frappe avec une massette, à manche court, pouvant peser 2 kilog. Les extrémités de la pmnterolie doivent être aciérées. Un msnche lon^ de O^ydO est placé au miBeu de sa longueur, qui est environ de 0",2i*-

Pour les roches excessivement dures , on se sert dujlemvt, qui n'est autre chose qu'une tige en fer rond de 0",08 à 0",04 de diankètre, et de 0",50 à 0",75 de longueur, teraiinée d'un bout par une tète, et de l'autre par un biseau courbe et allongé. La largeur de ce biseau doit être un peu plus grande que le diamètre de la tige , afin que le flefuret puisse tourna* librement dans les trous qu'il sert à pratiquer dans le roc.

Pour exécuter dans l'eau la fouille des terres, des sables ou des graviers, on emploie la drague à main^ et s'il s'agit de fouilles considérables , la drague a main est remplacée très-aTamlageusement par un bateau dragueur, que fait fonctionner, soit un man^e à un ou à denx chevaux, soit une machine h vapeur.

La méthode généralement employée pour eioécutfer les fouilles consiste à piocher les terres par couches successives de 0",30 à #"40 d'épaisseur, que les ouvriers appellent plumées, et k les enlever au furet à mesure qu'elles sont ameublies.

Lorsque la fouille a de grandes dimensions , on attaque, tontes les fois que cela est possible, les déblais parleur partie inférieure, en dressant immédiatement le fond de la fouille , afin de faciliter le pelletage des terres. Dans ce cas, on peut employer la méldiode dote par abatage, qui est très-expéditive, et qui consiste , une fois que la fo«ille est faite en un point , à attaquer la masse latéralement en la creusairt en dessous, et à la détacher par parties, en faisant tomber les portions qui ne sont plus retenues que par la cohésion des terres , à l'aide de deux ou trois pieux en bois armés d'une pointe en fer et frettés parle haut, que l'on enfonce à coups de masse dans la limite de la partie minée. Les terres, en s'éboulant ainsi dans la fouille, s'ameublissent au point de pouvoir être pour ainsi dire chargées directement avec la pelle. On peut de cette manière détacher à la fois des masses de ^ à 30 mètres cubes.

L'ouvrier terrassier doit apporter un soin tout ipartBCuiier à bien dresser les berges de la fouille , surtout quand elle est destinaée à recevoir des maçotnneries de fondations.

Un terrassier peut jeter la terre à la peEe à & mètres de distance h»rizoniale, ou à une hauteur verticale de l'",60 à 9i mètres. Il peut enlever a la pelle et charger sur une brouette ^ à 25 mètres cubes de terre, dans sa journée de 10 heures de travail; il faut réduire ce volamede i/4 lorsque la terre est jetée horizontalement à 2 nnètres au meins ett 4 mètres au plus, ou qu'elle est élevée verticaiemeni à i",^ ou îvat très, ou encore chargée en tonvbereau.

Relativement à la fouille, il n'y a guère «que des •expérienees 'directes qui permettent d'évaluer la quantité qu'en peu^t faire «» terrassier, cette

quantité étant variable selon la nature et la dureté des terres. €epe!idaat, dans les terrains ordinaires, analogues au sol rapporté de Paris, lorsqu'il y a nécessité de faire usage de la pioche, et qu'il y a impossibilité d'employer Tabatage, un terrassier peut fouiller et jeter à la pelle horizdataleinent à 4 mètres au pdus,, ou sur une banquette élevée de 4",60 à 2 mètres, environ 7 à 9 mètres cubes de terre.

Dans les trafraux dii génie militaire, si un homn>e suffit pour charger une brouette pendant qu'un homme parcourt un relais horizontal de 30 mèlares, on dit que la terre est à un seul homme; si un homme ne «uffitpas, et que, par exemple, pour deux meneurs il faille deux chargeurs et un piocheur, la terre est à un hofmme et demi; \a terre peut étre^ d»MX, à trois, etc., hommes. On conçoit que les prix doivent être différents pour ces diverses espèces de terres.

Afin de se rendre compte de la catégorie à laquelle appartient la terre qu'o^h a à fauilier lorsqu'il s'agit de fixer le prix à accorder aux entrepreneurs, on peut faire piocher un certain volume de terre, en l'amenant à l'état de pouvoir être chargée à la pelle, par un ouvrier que choisit la partie qui doit faire exécuter, et faire charger cette terre par un ouvrier qui reçoit, lui, ses instructions de l'entrepreneur. Si T est le tempis qu*a mis le premier ouvrier pour piocher, et que t soit celui qu'emploie le second pour charger la même terre, il en résulte que

-T est le nombre des piocheurs nécessaires pour entretenir un chargeur;

il faudra donc avoir y + 1 = — — ouvriers à la fouille pour occuper

lin meaaeiur d'ujae manière très<onti»ue, par cottséquent la terre est à

-TT — hommes. Il est è remarquer que dans cette expérience chacune

des pArâie» intéressées loumissant l'ouvrier qui travaille dans le sens d<e ses interdis, Tune et l'autre ont sujet d'être satisfaites.

02^. Le système de déblms par dépôts et emprunts consiste dans rextéeutidn d'un déhlai do«it les terres sont mises en dépôts ou en ccnxp- Uers'^KST r>un -ou les deus côtés de la fouille, ou dHin remblai faitau moyen à!e7nfp(runts, c'est-à-dire de fouilles exécutées sur l'un ou les 4euR cètés éxk cavalier.

Si les moyens uïécaniques ne peuvent être employés avan^iageusement powr élever les terres fouillées et en former des cavaKers, le niou<v«ment des terres s'opère au moyen de brouettes, de camions ou ée tombereaux.

1*" Exécution d^un déblai au moyen de broueûtes. La longueur an relais étant de 30 mèÉressur un plan horizontal, elle sera réduite à 90 mètres «ur utn plan dKknt la pente est de CfOd à6",0835 par mètre, et les terres seront «élevées die î^M à i"',65 à Textrémité du relais, hauteur qui est celle du jet vertical à la pelle (826).

LafcmiMe à exécuter devra alors è^e partagée dans le sens de sa longueur euttrancftiées de ^ mètres de longueur, iesqueHes, avec palier horizontal idie=i*,BO^ lais^enr, recevront chacune un atelier. Cet «telier

i51t2 SIXIÈME PARTIE.

sera composé, par chaque 2 mètres de largeur de la tranchée, d'un piocheur chargeant les brouettes si la terre est meuble, ou d'un piocheur et d'un chargeur si elle est assez dure pour que ces deux hommes soient constamment occupés pendant qu'un troisième conduit la terre à un relais. Gomme il doit toujours y avoir sur chaque atelier élémentaire une brouette en charge, le nombre des brouettes pour chacun d'eux sera égal à celui des rouleurs plus 1. Si, par exemple, la fouille a 6 mètres de largeur, on y établira un atelier composé de trois ateliers élémentaires, et si la terre est assez ferme pour exiger un piocheur et un pelleteur pour un rouleur, la terre n'étant transportée qu'à un relais, le personnel de l'atelier se composera de trois piocheurs, trois pelleteurs et trois rouleurs. Si le dépôt des déblais n'était pas placé immédiatement au bord de la tranchée, on ajouterait le nombre de rouleurs nécessaire.

Au commencement, les déblais sont portées a l'extrémité du lieu de dépôt; il en résulte que la fouille étant commencée près du bord voisin du dépôt, la distance de transport et, par suite, le travail des rouleurs varient le moins possible.

L'atelier enlève d'abord une tranche dont l'épaisseur, nulle au point de départ, augmente progressivement de manière à être i",65 à la distance de 20 mètres ; puis il extrait la terre a cette profondeur dans toute l'étendue de la fouille, en ne réservant que les rampes nécessaires. Au lieu d'enlever toute la tranche inclinée de 20 mètres, on peut d'abord ne creuser que les rampes, puis faire la fouille de 1",65 d'épaisseur uniforme. Quand l'excavation est arrivée à 4",65, on enlève une autre couche d'une égale épaisseur, en continuant les rampes, auxquelles on donne les directions qui nécessiteront le moins de transport transversal pour extraire cette seconde couche. On enlève ensuite une troisième couche, et l'on continue ainsi de suite jusqu'à ce que la fouille soit arrivée à la profondeur voulue. Alors on procède à l'enlèvement des rampes, auxquelles on a donné environ 1",50 de largeur, pour que deux rouleurs puissent se croiser. On conçoit que, pour accélérer le travail, on peut, en ménageant des rampes convenables, disposer un atelier tous les 20 mètres de longueur d'une même couche, au lieu de faire enlever toute la couche par le même atelier. On conçoit aussi qu'au lieu de procéder par couches de 1",65 d'épaisseur, il peut être convenable, si la nature des terres varie ou si l'eau peut arriver dans la fouille à une certaine profondeur, de modifier cette épaisseur i",65.

Parfois, au lieu de réserver les rampes en déblais, on les établit à l'aide de tréteaux et de plats-bords; cela permet d'enlever en totalité les tranches successives. Du reste, il est facile de comprendre qu'on ne peut poser de règle absolue pour la disposition des ateliers de terrassement, les conditions d'exécution étant loin d'être toujours les mêmes.

Pour former le dépôt de remblai au moyen de la brouette, on procède également par couches successives de 1",65 environ, à l'aide de rampes inclinées à 0',08 par mètre, et dirigées de manière à diminuer, autant

ttOUTES. 1523

que possible, les transports transversaux et les élévations verticales des remblais. Gomme au déblai, on peut encore diviser le travail en ateliers de 80 mètres de longueur, en réservant des rampes convenables de i mètre à 1",50 de largeur, disposées, autant que possible, sur le bord du remblai, entre le talus naturel des terres, qui est k environ 1 de base pour 1 de hauteur, et le talus définitif, qui est ordinairement à i et i/2 de base pour 1 de hauteur.

Quelle que soit la disposition des rampes, le transport horizontal transversal est toujours considérable et dispendieux ; pour y remédier, on a eu recours à différents appareils mécaniques transformant ce transport horizontal en une élévation verticale, et qui ont, dans quelques cas, donné d'assez bons résultats.

2* Les dispositions que nous venons de décrire succinctement peuvent aussi être adoptées quand on fait usage de camions ou de tombereaux^ mais en réduisant la pente des rampes à 0*,05 ou 0",06 par mètre (833).

820. Prix de revient des terrassements. On peut énoncer que pour des terrains ordinaires (terre végétale, alluvion, sable et menu gravier), le temps nécessaire à la fouille, en grandes tranchées de plus de 0",20 d'épaisseur et au moins de SI mètres de largeur, sans embarras d'étais, est à très-peu près égal à une fois et demie celui nécessaire k un jet de pelle de 1",60 de hauteur verticale. C'est ce que confirment les résultats du tableau suivant, qui peuvent être pvis comme terme moyen du temps nécessaire k l'exécution des déblais dans les terrains analogues à celui du sol supérieur de Paris (terres végétales ou gravats rapportés).

Heures Pour un mètre cube. de

terrassier.

Fouille en graBdes tranchées ayant au moins 2 mètres de largeur au fond,

sans étais • 0,80

— en tranchées on rigoles ayant moins de 2 mètres de largeur au fond,

avec embarras d'états 0,90

Jet à la pelle à une distance horizontale de 3 mètres ou à une hauteur verticale de 1",60, en rigoles ou tranchées ayant au moins 2 mètres de largeur au fond, sans étais ni banquettes 0,50

— k une distance horizontale de 3 mètres ou à une hauteur verticale de

1",60, en rigoles ou tranchées ayant moins de 2 mètres de largeur

au fond, avec étais en banquettes 0,60

en brouette, caisse ou camion n'excédant pas 1"',20 de hauteur. . . . 0,40

— en tombereau ou en wagon, ou encore sur berge ou sur banquette de

2 mètres de hauteur, en grandes tranchées 0,60

Les résultats précédents doivent être modifiés selon les données du tableau suivant, quand il s'agit de terres dures, grasses ou humides, et d'un pelletage difficile.

itti

Tablems des quantités moyennes de déblai qu'un terrassier de fé)xe ordinaire peut piocher et jeter à une hauteur de 1",60, ou charger en brouette, dans wne journée de 10 heures de travail^ pour différentes natures de sol, en grandes tranchées.

se

Terre Tégétale de dWerses espèces (allu- Tions, sables, etc.)

Terre mamease et argileuse, moyennement compacte

Terre compacte, dure

Terre crayeuse

Terre fortement imbibée d'eau

Tuf moyennement dur

Tsf très-dur

Roc tendre, gypse^ enlevé au pic et au coin.

CDBS

fonillé et jeté

à i»,60 en 10 henret.

BÉTAVriTION

des heures employées

à la fouille.

aa jet on à la cfaafge

850. Étrésillonnement des berger. Quelle que soit la nature des terres, il est une" mesure de précaution à prendre pour éviter les étwulements, quand la fouille, taillée à pic, atteint une certaine profondeur; elle consiste à étrésillonner les berges avec des étais en bois placés en arcs-boutants , Afin que ces derniers soient moins chargés et qu'on puisse les serrer plus facilement contre les couches de terre, on donne aux berges un talus de 0",03 à 0^,05 par mètre de profondeur.

851. Déblais au-dessous de Veau, Dra^a^^e. Pour les fondations d'ouvrages d'art, il arrive souvent que les moyens d'épuisement seraient insuffisants ou trop dispendieux pour qu'on puisse exécuter les fouilles à sec. S'il s'agit de roc ou d'un terrain dur et argileux, on a forcément recours à un batardeau pour entourer l'espace à creuser; si l'épuisement est possible, on l'exécute, et la fouille se fait à sec ; mais dans le cas contraire on est obligé de se servir de la cloche à plongeur ou du scaphandre, moyens très-dispendieux qui ne s'emploient que dans les cas extraordinaires.

Quand le terrain à fouiller dans l'eau est composé de sable et de menu gravier, ou même de terre friable, on fait usage dé la drague à main toutes les fois que le volume de la fouille n'est pas assez important pour qu'on ait recours k la drague-machine, ou qu'il est impossible d'amener le bateau-dragueur an-dessus de l'excavation.

Le dragage à la main s'exécute ordinairement par des ouvriers spéciaux, habitués à ce genre de travail, et qu'on désigne sous le nom de dragueurs. En leur absence on a recours à des manœuvres; mais le travail produit est considérablement réduit; la profondeur d'eau variant de 2",50 à 4 mètres, deux dragueurs expérimentés peuvent extraire ensemble trois bateaux de sable cubant moyennement g^'jSO chacun, soit 8"%40 par journée de dix heures, au lieu que deux manœuvres ne font guère que la moitié de ce travail.

L'emploi deia machine k draguer, lorsqu'il est possible, diminue cansidérablemëBt le prix de revient des fouilles. Nous donnons ci-dessous ]a dépense et le travail en i;ne joarnée de dix heures, pour une petite drague à manège mue par deux chevaux, doAt M. Laroque k fait usage pour extraire deTAude, à Goursan, des saJUes et graviers destinés au baUastage eu chemin de fer du Midi. Pour une forte drag.ue, ces prix seraient encore réduits dans une notable proportion.

Cube dragué en dix heures de travail par la drague mue par un manège à deux chevauxj la profondeur d'eau étant de 3 k 4 mètres 80"<',00

1" S)ragaffe. ^

Dépense brute.

1 patron chef. 5',00

1 aide 3 ,W

3 maDSvrrea à âS50 7 ,50

1 forgeron 4 ,25

3 chevaux 15,00

1 conducteur 2,25

Temps du patron et de son aide pendant l«s journées de non-travail. 6 ,40 Intérêt du prix d'acqniaitiDn de la drague, estimée 12000 fr., et

ti'availlant moyennement deux cents ^ours par an 3 ,00

Entretien, valeur des fers, bois, etc 5^50

Total pour 80 mètres cubes 51',90

Id. pour 1 mètre cube 0^65

2" Transport des sables dragués à une distance de 100 mètres, au moyen de bm^ques; mtse sur berges; reprisent transport ûu camion aune distance de 40 mètres; mise

en éépôt et emmétrtige.

Dépense brute.

1 marin pour conduire les barques 4',50

4 hommes pour décharger les barques, à 3 fr 12 ,00

3 chai*geurs de camions, à 3 f r 9 ^

1 rouleur à la flèche de chacun des trois camions, k 3 fr 9 ,00

1 cheval à. chacun des trois camions, à 5 fj* 15 ,00

6 manœuvres k la mise en dépôt et k l'emmétrage, k 2',50. ... 15 ,00

'Valeurs des barques et camiens, et entretien 8,00

Total pour 80 mètres cubes 72^,50

Id. pour 1 mètre cube 0 ,91

Prix total du mètre cube de dragage mis en dépôt, 0^,65 + 0^,91. 1 ^

SS2. Extraction ées roches. On a soin d'opérer par gradins, afin que les maâsifs présentent toujours dieux faces libres, ce q>ijl rend leur attaque plus facile, en même temps que cela permet de multiplier les ateliers.

1*» Extraction par ahatage. Pour les roches trop tendres ou trop fendillées, qui ne permettent pas de faire avantageusemeiit usage de la poudre, oa procède par ahatage, en se servant du pic, de la tranche, du coin, du levier et parfois de la pointeroUe (827). On pratique ' unue irand>ée ou saignée de O'^Oô à O'^OS de largeur dans la paiiâfe la plus ienchse du rocher, et en profitant, autant que posâible, des veines ou fissures naturelles qui peuvent s'y trouver. On enfonce alors à la nuâae des ooinfl dans la tranche, et à l'aide de gros leviers d^ot l'eKiréniité

recourbée est introduite dans la tranche, on détache les blocs, qu'on débite ensuite en moellons transportables, en pratiquant des petites saignées dans lesquelles on enfonce des coins.

Le procédé d'extraction parabatage est aussi employé pour des roches dures et compactes d'un grand prix, qu'on veut obtenir en blocs réguliers, tels que les marbres, les pierres de taille, etc. Pour ces matériaux, les devis proscrivent, du reste, presque toujours l'emploi de la poudre pour leur extraction.

2* Extraction à la poudre. Pour l'exécution des déblais proprement dits, ainsi que pour Textraction des moellons et des enrochements, le procédé par abatage est remplacé avec une très- grande économie par l'emploi de la poudre, dont la transformation en gaz produit, dans l'espace qu'elle occupe, une pression qu'on évalue a environ 4000 atmosphères, et qui permet de diviser les roches les plus dures et les plus compactes.

On commence par forer dans la roche un ou plusieurs trous de 0",03 k CfOC dei diamètre, et de O^^^O à 2 mètres de profondeur, selon la puissance du bloc qu'on veut détacher ; on verse alors la quantité convenable de poudre dans la partie inférieure de ces trous, et l'on achève de les remplir au moyen de sable terreux, d'argile ou de débris calcaires, qu'on bourre au fur et à mesure du remplissage. On a soin de loger une mèche dans toute la longueur de cette espèce de tampon en terre, ou d'y réserver un trou pour la recevoir. Cette mèche se calcule de manière qu'après en avoir enflammé l'extrémité, les ouvriers aient le temps, avant l'explosion, de se mettre à l'abri des éclats qui peuvent être projetés.

La charge de poudre varie de 0^,60 à 2 kilog. ; elle dépend, ainsi que la capacité et la profondeur des trous de mine, de la dureté de la pierre et du volume des blocs à détacher.

Si Ton ne tient pas à détacher de beaux blocs bien réguliers, et qu'on se propose surtout de déblayer la pierre, au lieu de forer les trous de mine normalement k la surface à attaquer, on les incline sur cette surface, ce qui augmente l'effet delà poudre.

Pour percer les trous de mine, on fait usage du fleuret, qu'on frappe avec une masse, en ayant soin de le faire tourner d'un sixième de circonférence environ après chaque coup, ou d'une barre de fer rond assez pesante, portant, comme le fleuret, un tranchant aciéré à son extrémité. Cet outil, appelé barre à mine, est successivement soulevé et projeté sur le fond du trou que l'on creuse, en ayant également soin de le tourner d'une certaine quantité à chaque coup.

Au fur et a mesure de la descente du trou, on a soin de retirer les détritus au moyen d'une cuiller en fer, dite curette. Pour les roches trèsdures, afln que la barre à mine ne s'échaufi^e pas, et aussi pour que la pierre soit moins dure et que le curage soit plus facile, l'ouvrier a soin de verser de l'eau dans le trou ; dans ce cas, les détritus sont à l'état de boue liquide.

La barre h mine est lancée par un ou deux hommes. Pour le fleuret,

deux hommes au moins sont nécessaires, un pour tenir l'outil et un second pour frapper dessus avec la masse, dont le poids varie de 4 à 6 kilog. La profondeur de forage produite en un jour par deux hommes, soit avec le fleuret, soit avec la harre à mine, varie de 0",25 k 0",75, selon le degré de dureté de la roche.

Quand le trou est arrivé à la profondeur voulue, on le cure avec soin, puis on le sèche avec des étoupes ou des chiffons passés dans Tœil de la curette. Alors on y verse de la poudre jusqu'au tiers ou la moitié de sa hauteur, ou mieux on y introduit une cartouche disposée à cet effet, en ayant soin, pour la pousser au fond, de se servir du bourroir en cuivre ou en bois, afin d'éviter les explosions. La charge mise, on enfonce dans sa partie supérieure, sur le côté du trou, une épinglette en cuivre, autour de laquelle on comprime la bourre, à l'aide d'un bour» roir dont la forme est à peu près celle de la barre à mine, si ce n'est que son extrémité est en cuivre et qu'elle porte une échancrure de même diamètre que l'épinglette, dans laquelle celle-ci passe librement, de manière à ne pas gêner le jeu du bourroir. Le bourrage étant complet, on retire l'épinglette, en la faisant tourner afin qu'elle laisse un trou bien lisse. Le bourroir, passé dans un anneau qui termine supérieurement l'épinglette, rend facile cette opération, qui doit être exécutée sans secousse, afin d'éviter tout échauffement ou étincelle qui pourraient enflammer la poudre. On remplit alors le petit trou laissé par l'épinglette avec de la poudre ou des petites fusées, que l'on meten contact avec une mèche soufrée ou un morceau d'amadou, lesquels brûlent assez lentement pour qu'après y avoir mis le feu, l'ouvrier ait le .temps de s'éloigner avant que la poudre fasse explosion. Quelquefois, au lieu d'une épinglette, on laisse dans le trou une paille ou un petit tube en fer-blanc rempli de poudre. Depuis quelques années, on remplace très-avantageusement dans le bourrage l'épinglette par des mèches de sûreté, dites de Bickfort, qui sont spécialement fabriquées pour cet objet. Elles sont formées d'une petite corde de coton dont l'âme est un filet continu de poudre recouvert d'un ruban goudronné contourné en spirale. Gomme elles brûlent assez lentement, on peut en allumer directement le bout extérieur, et avoir le temps de se garer avant l'explosion. De plus, comme elles ne craignent pas l'humidité, quand le trou de mine est sous l'eau ou ne peut être séché, il suffit de placer la poudre dans une cartouche imperméable, en toile ou en papier goudronné, ou en fer-blanc, à laquelle on adapte- une de ces mèches imperméables.

Afin d'éviter les pertes de temps et les accidents, on a soin de faire partir à la fois tous les trous de mine de l'atelier; les ouvriers ne se garent ainsi qu'une seule fois pour plusieurs explosions. Il arrive quelquefois qu'un trou de mine rate ; ce cas réclame une grande prudence, et le chef d'atelier doit fixer un délai d'une certaine durée entre la mise du feu et la visite du trou, dont l'explosion a pu n'être que retardée. Dans les roches fissurées, il peut arriver que le départ d'un trou de mine communique l'explosion à d'autres situés à plusieurs mètres de

îWè SIXIÈME PA&TIE.

distance; on conçoit coflid)ien il est prudent alors de faire par&ir ensemble tous les trous démine ckargés, et de ne reprendre k travail que q^iand on a fait faire explosion aux trous qni ont raté. On a tu des trous qui, après avoir raté, ont fait explosion quinze ou vingt heures plus tard, par suite de rinflammation d'autres trous.

Quand les trous de mine ont fait explosion, les ouvriers, à Taide de pics et de leviers, procèdent à Tabatage des parties de rocbe détachées par la poudre, et les divisent en blocs transportables.

Voir Jrt de construire, n'^ 472 et 173, l'extraction des roches par le procédé de M. Courbebatsse, et à Taide de mines sous^marines.

Voir Annales des ponts et chaussées:

V semestre 1873, page 339, note sur remploi de la dj^nmnite, par M. Séguran, conducteur des ponts et chaussées;

1*' semestre 1873, page 465, expériences sur les effets de la dffnamiie, note de MM. Roux et Sarraa ;

2' semestre 1873, page 166, note de M. Amiot, ingénieur dfes mines, sur plusieurs accidents causés par imprudence dans remploi de la dynamite ;

1" semestre 1874, page^316, analyse, par M. Gariely ingénieur des ponts et chaussées, de l'ouvrage de M. Fritsch, capitaine du génie : Les dynamites. Étude théorique et pratique de quelques poudres brisantes dérivées de l'azote.

853. Transport des terres. Le transport des terres se fait en les jetant a la pelle lorsque la distance n'est que de quelques mètres (827); mais lorsqu'elle est plus considérable, on fait usage de brouettes, de camions, de tomberaux, de bourriquets et de iwagons (620).

1* Transport à la brouette (828). Les brouettes employées pour les terrassements ont ordinairement 1/25 de mètre cube de capacité ; cependant on en fait dont le contenu atteint 1/20, et d'autres où il n'est que de 1/33 de mètre cube.

Le relais est à peu près constant dans toutes les localités ; U est de 30 mètres sur un terrain horizontal, et de 20 mètres sur les rampes de 0^,08 par mètre. Le poids de la charge des brouettes est, au contraire, très-variable ; il ne doit pas être inférieur à 60 kilog.; il est ordinairement de 70 kilog. environ ; on le porte quelquefois à 80 kilog., et l'on voit même des ateliers rouler avec des charges supérieures à 100 kilog. ; cette variation apporte la plus grande différeisce dans le travail des ateliers.

Un fort rouleur k la tâche, dans une journée de huit à neuf heures de travail, parcourt environ 30090 mètres ou 7,5 lieues de 4 kilomètres, avec sa brouette tant pleine que vide.

La quantité d'ouvrage faite par un rouloir augmente sensiblement par l'emploi d'un bon système de chemins en planches, bien unis et souvent nettoyés avec la pelle; c'est surtout dans les rampes que les chemins de cette nature sont souvent nécessaires, et lorsqu'il pleut on doit avoir soin de les saupoudrer de sable ou de ééeonàbres, pour 'eoapécher ies pieds des trayaiHeurs de glisser. Il&nt aussi enleverla tenre

ROVTES. 15^

qui reste adhérente a la brouette, toutes les fois que le besoin s'en fait sentir.

L'expérience prouve qu'il y a avantage de ramener, autant que possible, le centre de gravité de la charge sur le devant de la brouette, «t de réduire la longueur des bras à O^.dO eu 0",60, mininium de longueur nécessaire pour que le mouvement des jambes des hommes ne soit pas gêné ; l'une et l'autre de ces précautions tendent à reporter la charge sur la roue de la brouette, au lieu de la suspendre aux br»s de l'homme.

I^ans un chantier bien organisé, il ne faut pas que des ouvriers soient

inoccupés pendant que les autres travaillent. Pour une terre facile, un

ouvrier chargeant 20 mètres cubes de terre en 10 heures de travail, c'est-

à-^ire en 36000 secondes, pour charger une brouette de 0"%OI,i) mettra

36000x0,04 ^„ ^ , xo^n/v^ ^^ jx — 2 — =72"; et comme un rouleur parcourt 30000 mètres dans

une journée de 10 heures de travail, ou — — = 60 mètres en 72'',

ooOOw

le relais sera donc de 30 mètres, ou 60 mètres pour l'allée et la venue ; c'est l'étendue généralement adoptée, et qui paraît la plus favorable au travail. Cependant il y a des cas où le relais ne peut être réglé à 30 mètres, celui, par exemple, où la distance de transport est moindre que 60 mètres ; alors on règle la capacité de la brouette d'après la distance à parcourir.

2" Transport au camion. Le camion est un petit tombereau ordinairement traîné par trois hommes, et pouvant contenir alors 0"'%20 de terre.

S'il n'y avait pas de temps d'arrêt, le camion parcourrait 30000 mètres en 10 heures, et comme il faut compter sur 50 à 60", soit 0^02 pour s'atteler au camion, le décharger et le remettre en marche, il en résulte que le temps employé pour transporter le contenu 0""',20 du camion à une distance de 30 mètres est

<^'^2 + 30000 = ^ ''^- Pour transporter un mètre cube à la même distance, il faudra donc

Si la distance de transport est de 60 mètres, le transport d'un camion exigera

v,v»-r 3QQQQ v,w,

ce qui fait —^ = 0*,3 par mètre cube. 0,8

k une distwice de 90 mètres, ces temftô seraient respectivement 0^^8

et 0%4.

Un ouvrier fiharçeant 20 mètre» Gub«« ^e terre en 10 heure», deux

1530 SIXIÈHE PARTIE.

10 X 0 2 ouvriers mettront -rrr — ir = 0*,05 pour charger le contenu 0"%2 du ca-

mion. Ce temps, comparé à celui 0^,08 que mettent les rouleurs pour parcourir un relais de 90 mètres, fait voir que pour une terre aussi facile on pourrait à la rigueur fixer le relais à moins de 90 mètres ; cependant il convient de le fixer a 100 mètres, afin de soulager les chargeurs, qui fatiguent évidemment plus pour jeter la terre sur un camion que sur une brouette.

3* Transport au tombereau. Pour transporter les terres aune grande distance, on fait usage de tombereaux, qui sont ordinairement attelés d'un cheval et ont alors une capacité de 0*%50. Dans quelques localités on les fait plus grands; ainsi, a Paris, on en voit qui cubent de 1 mètre à 1"*,50, et qui sont le plus souvent traînés par deux^chevaux. Sur les routes du département de la Seine, on fait même usage de tombereaux à bascule cubant 1"%80; ils coûtent 500 fr. et pèsent 750 kilog.

Le temps nécessaire au transport au tombereau peut se diviser en trois parties distinctes :

1* Le temps nécessaire au chargement. En supposant toujours qu'un homme puisse

charger 15 mètres cubes de terre en 10 heures de travail (dans le plus grand

nombre de cas, il convient de réduire ce nombre à 12 mètres cubes), si Ton

représente par G la capacité du tombereau, et par N le nombre des chargeurs,

lOxC

ce temps sera --• Lo nombre N ne doit pas dépasser 3, car autrement les

15xN

chargeurs se gêneraient, et il comprend le conducteur, qui travaille comme

chargeur;

2» Le temps nécessaire au mouvement. Un cheval attelé à un tombereau parcourant

30 000 mètres en 10 heures, pour parcourir R relais de 100 mètres, il mettra

3« Le temps employé au déchargement et à la mise en marche du tombereau. Ce temps est évalué à 0'',033 ou 0'>,05, suivant la capacité du tombereau.

Ayant ces différents temps pour une capacité C de tombereau, pour avoir ceux nécessaires au transport d'un mètre ciibe de terre, il suffit de multiplier ces premiers par le rapport d*un mètre cube à la capacité C, et en faisant la somme des valeurs obtenues on aura le temps T nécessaire au transport d'un mètre cube a R relais de 100 mètres; ainsi,

Supposant N = 3, R = l et C = 0"%50, cette formule donne T = 0',422.

Un travail organisé ainsi que nous venons de le supposer serait vicieux, puisque les deux chargeurs se reposeraient pendant toute la durée du mouvement et de la décharge du tombereau. Pour éviter cela, il faut employer deux tombereaux, dont l'un est en charge pendant que l'autre va à la décharge, et pour que les chargeurs ne perdent pas de temps, il suffit que le nombre R de relais soit tel, que le temps de la charge

soit égal au temps employé au mouvement et k la décharge, et que Ton ait par conséquent

d'où r 01^ tire, pour le cas où C = 0-%50 et N = 3, R = 1,16 relais. Dans le cas où il n'y a qu'un chargeur avec le conducteur, ce qui fait N = 2, cette formule donne R = 2 relais.

Dans le transport au tombereau, les rampes ne doivent être inclinées qu'au 1/20, et l'on ne prend tout de même pour l'équivalent d'un relais horizontal de 30 mètres qu'une portion de rampe de 20 mètres de base, et par conséquent de i mètre de hauteur (826).

4" Transports verticaux à la pelle, au baurriquet et à la hotte. Lorsqu'on a k élever des terres verticalement, on peut placer des ouvriers à des étages différents espacés de 1",65, et compter que chaque ouvrier, en 10 heures de travail, peut jeter 16 mètres cubes de terre d'un étage à l'étage supérieur. On peut aussi disposer des rampes s'élevant de 1",65 pour 20 mètres de base, ce quî équivaut à un relais horizontal de 30 mètres; ces deux manières d'opérer font voir que l'on doit adopter la hauteur verticale 1",65 pour relais.

Dans un grand nombre de cas, on est obligé d'élever les terres tout à fait verticalement. On fait alors usage d'un treuil ordinaire mû à bras d'hommes, ou d'un treuil k tambour mis en mouvement par des chevaux ou par des machines k vapeur.

L'arbre du treuil ordinairement employé pour le montage des déblais à bras d'hommes a de 0",15 k 0-,20 de diamètre, et de 1 mètre k 1",20 de longueur; la manivelle a 0-,40 de rayo^; le diamètre de la corde est de 0",03; la caisse ou panier, appelé bourriquet, destiné k recevoir les terres k élever, a 0"%033 de capacité.

Le panier mettant 20 secondes pu 0%00556 pour s'élever de 5 mètres,

* j, 1 . ., , . 0,00556 X 1,65 pour monter d un relais il emploiera -^ ' = o*,001 83 ; comme

il descend de 5 mètres en 15 secondes ou 0S00417, la descente d'un re-

0 00417 X 1 65 lais durera -2 L = o^001 38. De ces nombres, comme de plus

il faut 20"=0'»,00556 pour décrocher un panier plein et en accrocher un vide, et 25"= 0^,00695 pour vider le panier, il résulte que pour élever le contenu 0'**,033 du panier à une hauteur de R relais, il faut un temps représenté par

t = R(0,001 83 + 0,001 38) + 0,005 56 + 0,006 95 heures.

Si R = 3, par exemple, on conclut t = 0'',02214.

^ X I Le temps nécessaire pour élever 1 mètre cube est T ±z et quand

n — Q n« a T 0,02214x1 __ .^ .^, R = 3, on a T = — ^^555— = 0N671.

Gomme pour manœuvrer une telle machine il faut cinq hommes : un

t 4534 SIXIÈME PARTIE.

niorquer les wagons par les chevaux ; mais les travaux s'exécutent avec moins de rapidité.

Nous allons donner un aperçu de la manière dont se sont divisées les dépenses de la tranchée de Glamart, chemin de fer de VersaUles (rive gauche), d'après les séries de prix établies par M. Brabant. Les nombres qui suivent sont extraits du Portefeuille de Pingénieur des chemins de fer^ de Perdonnet et C. Polonceau.

Le cube total des déblais était de 378000 mètres cubes; mais comme les trois quarts seulement ont été transportés d'un même côté de la tranchée, à une distance supérieure à 1000 mètres, les prix suivants sont établis dans Fhypothèse d'un volume de 300 000 mètres à transporter a une distance de 1000 mètres.

L'accélération des travaux a dû faire sacrifier l'argent pour économiser le temps (les travaux devant être terminés en vingt mois, il a fallu effectuer un transport de 600 mètres cubes par journée de 10 heures de travail).

Les wagons contenaient 1**,50 de terre et descendaient pleins un chemin incliné à 0",004 par mètre. Trois chevaux en remorquaient 10 à la vitesse de 25000 mètres par jour, et une locomotive dont les pistons avaient 0*,25 de diamètre en traînait 20 k la vitesse de 100 000 mètres par jour de 10 heures.

Oh a compté pour le temps perdu à la charge et à la décharge 10 minutes par voyage, quels que soient le mode de traction et la distance de transport.

Le transport s'effectuant avec des chevaux, il a fallu, pour 600 mètres cubes à transporter par jour, 150 wagons (80 à la charge et décharge, 40 sur la voie, 10 à la réserve et 20 en réparation). Avec les locomotives, il a fallu 132 wagons (80 en charge et décharge, 20 sur la voie, 10 en réserve, 20 en réparation et 2 wagons intermédiaires). Le nombre des locomotives doit être double de celui nécessaire; ainsi pour une qu'on ^vait en marche, il en fallait une seconde en réserve ou en réparation.

Prix du transport d'un mètre cube de déblai à une distance de 1000 mètres, sur un chemin dont la pente est de 0",004 par mètre, les wagons étant remorqués par des chevaux.

Intérêt à 5 pour 100 de 375000 /r. qu'a coûté le matériel d'exploitation, fr.

et dépréciation de ce matériel, 0,4625

Entretien du matériel o 2000

Le matériel d'exploitation comprend : 150 wagons de terrassement k 650 fr. pièce, 3000 mètres de doubles Toies en fer & 80fr., 40 changements de voies provisoires à 225 fr. pièce, hangar, bâtiments, outils, 2 échafauds de décharge.

Pose, démontage et entretien des voies provisoires 0 0873

Transport des déblais 0 3246

Ce transport exige : 8 chevaux, payés 48 fr. par jour, pour conduire les wagons au point où ils doivent être pris par les chevaux chargés du transport; 3 chevaux et deux conducteurs, payés 24 fr. par jour, par chaque

A reporter 1,0744

fr.

Report 1,0744

10 iragons portant 15 mètres cubes de terre à 25 000 mètres par jour; dix minutes de temps perdu (temps pendant lequel les trois chevaux et les conducteurs ne marchent pas) ; 12 ouvriers pour pousser et décrocher les wagons, 30 fr. par jour; aiguilleurs, nettoyeurs de rails et graisseurs, 12 ouvriers payés 24 fr. par jour.

Fouille et charge 0,6000

Reprises et jets à la pelle ou transports en brouettes nécessaires pour

charger en wagons 0,3000

Déchargement et manœuvres des ponts de décharge, 24 ouvriers à 84 fr. par jour, ^ 0,1400

Dépenses diverses (manœuvre pour travaux divers), 16 ouvriers à 40 fr. par jour ; surveillants et gardiens, 10 employés h 30 fr. par jour 0,1167

Total 2,2311

Pour un supplément de transport à 1000 mètres, l'excès de dépense n'est que de 0',0402.

Sur un chemin horizontal, au lieu de 3 chevaux pour conduire 10 wagons, il en faudrait 5, ce qui porterait le prix du mètre cube transporté à 1000- mètres à 2S3085,et l'excès par 1000 mètres de distance en plus, à 0S0467.

Si le chemin montait de 0'',004 par mètre, il faudrait 8 chevaux et 2 conducteurs payés 54 francs par jo^r, ce qui porterait les prix précédents à 2',4243 et 0',0564.

Quand les wagons sont remorqués par une locomotive, il faut 132 wagons, 2 locomotives du prix de 33000 francs pièce, 12 chevaux pour amener les wagons au point où la locomotive peut les prendre. La locomotive, estimée être de la force de 10 chevaux, produit une dépense journalière évaluée à 101 francs. Ces diverses dépenses font que le prix du transport d'un mètre cube à 1000 mètres est de 2S3005 sur un chemin descendant de 0",004 par mètre, 2^',3728 sur un chemin horizontal, et 2',5137 sur un chemin dont la pente ascendante est de 0",004 par mètre. Pour ces divers chemins, Taugmentation de dépense pour un excès de 1000 mètres de distance de transport est respectivement 0%0344, 0',0391etO',0466.

En effectuant le transport par plans automoteurs, ce qui est nécessaire toutes les fois que les déblais doivent être descendus aune grande profondeur, il faut le même nombre de wagons qu'avec des chevaux, 12 conducteurs de wagons et 15 chevaux, et le prix du transport du mètre cube à une distance de 1000 mètres est2',2861. Ce prix a été établi dans l'hypothèse où le plan automoteur a 200 mètres de longueur et 0",05 de pente par mètre; cela suffit pour que les wagons acquièrent une impulsion nécessaire pour parcourir ensuite une distance de 800 mètres ; ils pourraient même franchir un espace plus long ; mais alors il faudrait leur laisser prendre sur le plan une vitesse qui serait dangereuse.

D*après les résultats précédents, et en supposant qu'un tombereau attelé de 2 chevaux serait payé 14 fr. par jour de 10 heures, y compris le conducteur ; que le temps perdu à la charge et à la décharge serait

SIXIÈHB riATIE.

de 1/40 de jour, que deux chevaux pourraient traîner O^^SO ou 1 mètre cube de terre en parcourant 36000 mètres par jour, selon que le chemin serait en terre ou serait une route bien entretenue, Perdonnet et C, Pc lonceau ont établi le tableau suivant :

Tableau du prix de revient du transport de 1 mètrt cube de débkù à une éùtame

de 1000 mètres sur des cheniinf horizontaux.

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