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APPAREILS POUR TRAVAILLER SOUS L*EAU

pur se faisant au moyen d'une pompe fonctionnant avec beaucoup de régularité, l'ouvrier peut facilement rester sous Teau pendant 3 à 4 heures et même plus.

Le scaphandre a été employé pour visiter et construire quelques parties des fondations des piles du pont de Beaucaire, sur le Rhône, pour le chemin de fer de Marseille k Nîmes ; aux ports de Cette et de Marseille, on s'en sert fréquemment pour visiter l'état des fondations et y exécuter des réparations. M. Laroque, après avoir fait faire une partie de revêtement en ciment de Vassy, à une profondeur de 4",50 sous l'eau, au port de la Joliette, pour s'assurer de l'état du travail, a fait lui-même une descente sous-marine, et il reste convaincu que l'on peut tirer un très-bon parti du scaphandre dans l'exécution des grands travaux hydrauliques; il est fâcheux que son prix de 4500 à 5000 francs soit aussi élevé.

Le scaphandre se compose :

1" D'une pompe à air contenue dans une caisse de 0",60 à 0",80 de côté, dont le poids est de 125 kilog. environ ;

ST* D'une autre caisse contenant des souliers plombés, des plaques de plomb et des vêtements de laine, tels que camisoles, caleçons, bas et bonnets; /

3* D'un vêtement imperméable en caoutchouc d'une seule pièce, qui part du milieu du dos et couvre tout le corps en formant un pantalon à bas ;

4'' D'une épaulière en métal, dont le collet circulaire porte un pas de vis, et la partie inférieure un système de bandelettes en cuivre servant . à fixer le haut du vêtement imperméable ;

5* D'un casque en métal, de forme ovoïde, dont la hauteur est de 0",35 et la largeur de 0*,27. La partie inférieure du casque, à la hauteur du col, est ouverte circulairement, et porte un écrou en métal qui s'adapte au pas de vis de l'épaulière et permet la réunion complète du casque au vêtement imperméable. La face du casque est munie, à la hauteur des yeux, de deux carreaux fixes en verre fort épais, de O^^iS de diamètre. Â la hauteur de la bouche existe aussi un carreau mobile de même diamètre, qui est placé dans un châssis' en métal formant le pas d'une vis dont l'ouverture du casque forme l'écrou; une rainure tient ce verre très-fixe, et l'on peut très-facilement le retirer, ce qui permet au plongeur de respirer librement sitôt sa sortie de l'eau.

Les carreaux sont préservés par des petites grilles en métal. Le conduit d'aspiration d'air pur et celui de décharge de l'air vicié sont formés à l'intérieur du casque par des petits canaux placés autour des carreaux; l'air pur arrive par-dessus et derrière la tête; le casque est muni à cet effet d'un pas de vis qui reçoit l'écrou d'un tuyau en caoutchouc de 0",035 de diamètre, au moyen duquel la pompe envoie l'air pur; l'air vicié sort par une petite soupape placée sur le derrière du casque et dont la jonction s'opère sans permettre k l'eau de rentrer.

Pour se revêtir du scaphandre, il faut procéder comme il suit :

On se revêt d'abord, pour absorber la transpiration, d'une camisoUe

1800 SIXltME MRTIB.

ée grosse laioe, d'un caleçon et d'une paire de bas de même étoffe*, Il fattt mettre de«x paires de bas si la tetn^ératin-e te reqatert. finsuîle on endosse le vêtement en caoutchouc, qu'il faut avoir soin de plaioer auprès dtt feu afin qu'il se ramollisse dans le cas où il serait reàde ; «ans cetle précaution, on pourrait couper Le caoutchouc. €es ▼ètements mis, on pose sur ses épaules un coussin en couronne qu'on fait passer pardessus la tète, et Ton passe ensuite la tète dans Tépaulière ou collet du casque^ qu'on raccorde au vêtement imperméable en serrant fertem^ avec une clef les 13 écnaos. Les mains sont entièrement libres, et afin que l'eau ne s'introduise pas par les poignets du vêlement imperméable, on 4es lie étroitement avec de larges bandelettes en caoutchouc, en ayant bien soin de placer (tes linges entre ia peau et le vêtement ; on met une nouvelle paire de bas par-dessus ie vêtement, qui doit être aussi recouvert d'un surtout en toile de navire, dont le but est de le garantir de l'usure qui pourrait résulter du frottement et des chocs.

Le plongeur se garnit ensuite les pieds de forts souliers k semblés de plomb, et il se recouvre ia tête d'un gros bonnet de laine, qu'on doit bien lui appliquer sur les oreilles, ce qui est urgent (il serait même bon de boucher ces dernières avec du coton). Dans cet état, on lui recouvre la tête du casque, sans placer le verre mobile de face; le casque est vissé sur répaulière de manière -que le tube à air revienne par le dessous du bras gauche sur le devant du plongeur ; on lui attache autour du corps et sur le devant de l'épaule droite. le cordage de signal et de sauvetage. On maintient le tube à air serré contre le corps par une ceinture à laquelle est adapté un étui contenant un couteau qui sert au plongeur à trancher ce qui pourrait f arrêter ou l'embarrasser. On place des plaques de plomb, l'une sur le ^vant, l'autre sur le derrière; la corde qui les fixe doit enfiler les brides qui existent sur le casque, et après avoir passé par les poids elle est retenue par devant au moyen d'un nœud coulant.

Avant de mettre l'appareil en service, ii est urgent de placer les tuyaux de la conduite d'air Tun au bout de l'autre et d'adapter cette conduite à la pompe en faisant fonctionner œlle-ci, afin de chasser la poussière qoi a pu s'introduire dans les tuyaux ou qui pourrait provenir de l'oxydation des parties métalliques pendant l'interruption du service.

On doit à l'avance mesurer avec soin la longueur de tuyau nécessaire à l'opération à exécuter, et ajouter -1/3 en sus, qu'on réserve à bord, et qu'on lâche au fur et à mesure si le plongeur en a besoin.

Il est dangereux de chercher à rallonger le tuyau quand le plongeur est au fond de l'eau. Cette opération ne doit se faire que qaand il est remonté à bord et qu'on a dévissé la lunette afin qu'il puisse respirer librement.

Sur le ponton ou le quai d'où le plongeur doit descendre, on dispose le tuyau d'aspiration en forme de serpentin, de manière qu'il ne puisse pas se rouler et interrompre le passage de l'air; on adapte à la pompe I une extrémité du tuyau et l'autre au «casque, et l'on essaye si ia pompe fonctionne parfaitement. Lorsque tout est bien disposé, et que le pion-

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geur est prêt à descendre» on visse sur le devant du casque le verve mobile; à partir de ce moment^ la pompe à air ne doit pas œsser de f6ncU<maer, car quoique le plongeur ne scit pas dans Teau, il est «ntièrem^ni privé d'air, puisqu'il ne peut plus lui en arriver que |»iur te tube du casque.

ÂTE&t ée descendre dans Teau, le plongeur fait régulariser le mouvement de La pompe suivant ses besoins, en faisant signe aux pompeuts d'agir plus ou moins vite suivant qu'il n'a pas assez ou qu'il a trop d*<iîr« Le premier cas se fait sentir par l'arrivée des sueurs., des étouffements et desorampes d'estomac; alors la pompe doit fonctionner plus vite; il doit en être autrement si le plongeur rasent de forts sifflements d'oreilles et des espèces de frissons.

La descente dans l'eau se fait au moyen d*nne échelle fixée an fond par un lest. Les effets qui suivent l'immersion complète du plongeur sont d'alK>rd un très-fort bourdonnement d'oreilles, un assourdissement de tous bruits extérieurs, et une obscurité presque complète, qui ceeie au iioui de quelques minutes de séjour sous l'eaDi.

Toute personne qui revêt un scaphandre pour la première fois doit, pour s'habiituer à son usage, ne descendre d'abord qu'à de petites profondeurs et n'y rester que très-peu de temps, et elle doit répéter cet exercice joisqu'à oe qu'elle puisse demeurer quelques heures sous VeBXL, quoiqu'un plongeur doive être remcftité d'heure en heure.

Si le plongeur s'éloigne à une graaide distance de l'échelle, il doit y a;ttajcfaer une ficelle qu'il tient à la main et qui lui permet de retronver son chemin. Il doit se munir aussi d'un levier qui lui sert d'appui, et de plus avoir soin de marcher de préférence à reculons, en tâtaiit s'il fait obscur; il doit se mouvoir lentement et dans des sens déterminés, ate de ne pas s'embarrasser dans le tube on le cordon, et aussi pour éviter de briser les verres du casque en les heurtant contre quelques pointes dures.

DenEx hommes de confiance doivent être placés au-dessus de l'endroit on eisit descendu le plongeur, pour observer soigneusement le cordon de signal et le tube de respiration, qui doit toujours être modérément tendu. La surveillance de ces hommes doit être de toute confiance; on ne doit leur permettre aucune conversation qui pourrait distraire leur attention des signaux ou de toute autre circonstance. Si par la corde, qu'ils ne doivent pas quitter, ils sentent la moindre secousse, due à une chute on à tout autre accident, ils doivent haler de suite le plongeur, en veillant a ce qu'il n'y ait aucune interruption dans la pompe. Aussitôt la tète hors de l'eau, le premier soin doit être de dévisser le verre mobÂle du casque, afin que le plongeur puisse respirer k l'aise.

Les surveillants doivent aussi signaler de temins en temps au plongeur que tout va bien; oe dernier doit leur répondre; dans le cas contraire il faut le lialer. Les signaux se font en tirant la corde de sauvetage un cea^in nombre de fois convenu, en raison de la nature dn travaâ. Le plongeur peut aussi correspondre avec les surveillants en écrivant

ce qu'il désire sur une ardoise fixée k Textrémité d'une corde ; les surveillants lui répondent par le même moyen.

Nous terminerons ces indications sur le scaphandre en engageant à suivre avec une scrupuleuse attention les indications données par M. Sièbe pour l'entretien de ses appareils; car si l'on négligeait de les nettoyer ou de les entretenir quand ils sont en magasin, il en résulterait des avaries qui les mettraient promptement dans l'impossibilité de pouvoir servir.

6* Pelle à couler et encaissement à revêtir. Avec l'encaissement a revêtir, on est parvenu à faire, à plusieurs mètres sous l'eau, au moyen du ciment de Vassy, et sans épuisements, des revêtements d'une épaisseur de 0",10 à 0",20,^qui ont une parfaite adhérence avec les maçonneries restaurées, et qui présentent un parement droit et uni comme s'ils avaient été faits hors de Peau avec la truelle.

De l'avis des ingénieurs qui se sont le plus spécialement occupés des effets produits par Teau de mer sur les matières qui entrent dans la composition des mortiers hydrauliques (763), et entre autres MM. Ylcat et Féburier, le moyen a adopter pour préserver les maçonneries en mortiers douteux consiste a faire, avec le plus grand soin, sur les parements, des rejointoiements ou des revêtements de 0",05 à 0"',40 d'épaisseur, avec des ciments inattaquables par l'eau de mer, tels que ceux de Vassy et de Parker.

L'exécution de ces travaux préservatifs, assez simple pour des constructions neuves en cours d'exécution, présentait, pour la restauration des ouvrages, des difficultés qui se sont aplanies par l'usage du scaphandre, de la pelle à couler et de l'encaissement à revêtir; c'est ce qu'ont démontré les revêtements sous-marins en ciment de Vassy exécutés par M. Gariel dans les ports de la Méditerranée, en France et en Algérie.

L'encaissement à revêtir est formé de deux poteaux en bois, d'une longueur supérieure à la profondeur de l'eau, et espacés d'environ 2",00 d'axe en axe. Ces poteaux sont réunis a leur partie inférieure par une traverse horizontale, et le long de chacun d'eux est fixée une tige en fer de O'yOlB de diamètre. La paroi de l'encaissement destinée à former le parement du revêtement se compose d'une série de madriers en chêne de 0'',035 d'épaisseur et 0",25 à 0",30 de largeur, dont chacun est garni à ses extrémités d'un piton à vis, lequel, en glissant 'le long des tiges en fel*, fait que tous les madriers se superposent sur toute la hauteur des poteaux en formant une surface unie.

Avant de poser l'encaissement, on procède à la préparation des surfaces à revêtir ou des parois des aflfouillements à remplir, c'est-à-dire qu'on les dégrade ou qu'on les pique au vif pour les dépouiller des mousses et lichens. Cette opération s'exécute au moyen de longues barres à mine appointées, et de brosses de chiendent ou de balais adaptés à des manches assez longs pour atteindre le fond de l'eau. On dépouille ensuite le pied de la paroi des résidus du dégradage ou des autres ma-

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tières qui y sont accumulées, en se servant de râteaux en fer ou de dragues à main.

On place alors la ferme de rencaissement, qui descend verticalement dans Feau, la traverse inférieure étant lestée au moyen de moellonnailles maintenues par des planches fixées contre les poteaux, du côté opposé au revêtement à exéputer. On amène la charpente de manière que, quand les madriers seront en place, leur face intérieure coïncide avec le parement qu'on veut obtenir; alors on la fixe Solidement dans cette position au moyen d'amarres; puis, si le parement a partout la même épaisseur, on place tous les madriers de rencaissement; dans le cas contraire, ou s'il y a des vides à remplir, on ne pose qu'un ou deux madriers à la fois, et l'on fait au fur et à mesure la partie correspondante du revêtement.

Le remplissage entre l'encaissement et le mur, c'est-à-dire l'exécution proprement dite du revêtement, se fait au moyen de la pelle à couler, instrument particulier à ce genre de travail, et qui est^formé d'une lame de tôle de 0'°,45 de côté, qui se relève sous un certain angle à partir d'environ la moitié de sa longueur, et qui est garnie d'une joue en retour d'équerre le long d*une arête longitudinale. Ce relèvement de l'extrémité et la joue sufiisent pour maintenir sur la pelle la matière qu'on descend dans l'encaissement. La saillie de la joue plus l'épaisseur du manche doit être égale à l'épaisseur la plus faible du revêtement, afin que la pelle puisse circuler partout avec la plus grande charge possible. La pelle à couler est garnie d'un pilon, dont le manche est aussi long que celui de la pelle, lequel doit sortir de i",50 au moins de l'eau lorsqu'on travaille au fond de l'encaissement. ^

Ayant placé la pelle h^orizontalement, l'ouvrier la garnit de mortier de ciment et de caiUoux concassés, en couvrant, sur toutes les faces vues, cette espèce de béton par un enduit de 0",02 d'épaisseur arasant la joue de la pelle. Ce garnissage de la pelle doit se faire avec rapidité, afin que l'immersion ait lieu au moment où le ciment commence à prendre, ce qui arrive parfois après une ou deux minutes.

La pellée étant bien régulièrement préparée, on la descend verticalement et avec précaution entre l'encaissement et le mur, en faisant glisser le manche contre les madriers; arrivée à la profondeur voulue, l'ouvrier incline le manche vers lui de manière à rendre l'extrémité de la pelle à peu près verticale, et soulevant légèrement la pelle, le contenu s'en détache facilement; avec le pilon on le régularise et on le fait adhérer à la paroi du mur et à la partie de parement déjà faite. Le pilon doit faire le nécessaire sans délayer le mortier; sa manœuvre étant faite avec beaucoup de précaution, elle ne produit qu'une laitance presque insensible avec un mortier très-gras composé de trois parties de ciment de Vassy pour deux de sable.

Quand l'encaissement est garni jusqu'au niveau de l'eau, on le déplace pour le reposer à la suite et exécuter une nouvelle portion du revêtement.

Malgré les difficultés d'exécution, avec des ouvriers habiles, soigneux

f894 tmÈME VARf m.

€l exOTcés comme ils doivent Tétre, les revètemasls en draent de Vassy se font avec beaucoup de célérité. Ainsi, pour le revêtement des fcmdatioes de la batterie Aljefna, à Alger, un atdier composé de 6 dégradeurs, % plongeurs, 3 poseurs, 3 gâcheurs de ciment et t manœuvres, en to«t Sh ouvriers» faisait eh moyenne deux longueurs d'eDcaissement par journée de iS heures; la profondeur d'eau était de 9*,00 k S",90, ee ^ formait une surface de 5 à 6 mètres carrés pour les deux encaissements.

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