EXEMPLES D*ÉDIFIGES PUBLICS CHAUFFES ET VENTILÉS
d'une buse qui fait un jet dans la direction du courant établi. Un robinet règle la pression initiale de cette vapeur additionnelle, de manière h ne pas augmenter la contre-pression derrière le piston. C'est ainsi toujours de la vapeur à basse pression que contiennent les appareils qui se trouvent dans les salles.
A Lariboisière , on évalue à 18** la température moyenne en hiver dans les salles de la ventilation insufflée, où le service médical a la faculté de chauffer autant qu'il le veut; il y a même des moments où Ton a davantage. En présence de l'augmentation de dépense qui résulte du chauffage à iS*", au moins dans le système de la ventilation insufflée, on est conduit à se demander pourquoi Ton ne chauffait souvent qu'à 14 ou 15° avec l'autre système; c'est que la température doit augmenter à mesure que la ventilation devient plus active, que l'évaporation cutanée est plus forte; avec le premier système les médecins font chauffer au degré le plus convenable pour les malades, tandis qu'avec le second l'entrepreneur se tient à la limite inférieure, malgré les plaintes des médecins et des malades. Si le chauffage à l'eau était à la disposition du médecin, comme l'est celui à la vapeur, il occasionnerait au moins la même dépense, quoique produisant une ventilation moins efficace.
738. Chauffage et ventilation des ateliers de taillerie et de cristallerie de Baccarat, par Thomas et Laurens. Les ateliers se composent d'un corps de bâtiment de 150 mètres de longueur, qui, à une de ses extrémités, se prolonge par une aile en retour d'équerre ayant même hauteur et même largeur, et une longueur de 45 mètres; les dispositions ont été prises comme s'il se fût agi d'un seul corps de bâtiment de 200 mètres de longueur. Le rez-de-chaussée et le premier étage sont occupés par deux files de tours à tailler les cristaux, mis en mouvement par deux turbines, d'une force collective de 60 chevaux. Ces ateliers contiennent 544 ouvriers. Le taillage se faisant à l'eau, l'atmosphère est toujours saturée, ce qui exige une ventilation active et un chauffage plus dispendieux.
Les travaux de ventilation et de chauffage ont été établis eh même temps et combinés ensemble. Le chauffage s'effectue à l'aide de vapeur à 4 ou 5 atmosphères, et la ventilation à l'aide de 2 ventilateurs à force centrifuge. Un des ventilateurs, mis en mouvement par une turbine, est placé dans le grenier, et il refoule dans les salles de travail de l'air pur puisé à la hauteur des toits; une conduite générale de vent, en planches de sapin bien jointives, est établie sur le plancher de grenier, et des tuyaux, aussi en bois, descendent de distance en distance pour porter l'air neuf aux diverses salles. En hiver, cet air est préalablement échauffé k 30% par son passage dans une chambre que traverse un faisceau de 15 tuyaux de vapeur ayant 0»,135 de diamètre et 2 mètres de longueur.
Les orifices d'arrivée de l'air neuf sont placés dans l'axe des salles, à 10 mètres environ les uns des autres, et à 1 mètre au-dessus du plancher. Les salles n'ayant que 8»,30 de largeur, l'air se trouve suffisam-
ment bien réparti. L'air vicié s'échappe des salles sans aucune cheminée d'appel, simplement par les joints des fenêtres qu'on a soin déménager k cet effet. On ne ressent aucun courant incommode.
Le second ventilateur est appliqué à une seconde turbine, et il fait le service de l'autre moitié des ateliers.
Les ventilateurs ont 1",20 de diamètre et une largeur de 0*,28; ils font 300 tours par minute; la pression du vent dans les répartiteurs qui aboutissent aux ventouses n'est que de 3 à 4 millimètres d'alcooL Le volume de vent insufflé s'élève à environ 12 mètres cubes par ouvrier et par heure, ce qui est suffisant à cause de la bonne répartition de l'air dans l'atelier.
Le chauffage est produit par des tuyaux de vapeur en fonte qui circulent sous les établis des ouvriers; ils enlèvent ainsi l'humidité accumulée dans ces établis et permettent aux ouvriers d'avoir les pieds chauds.
Avec la ventilation indiquée, il est indispensable, soit d'émettre de la chaleur dans les ateliers, soit, de préférence, d'élever la température de l'air insufflé, à des époques de l'année et à des heures de la journée pour lesquelles la température extérieure semblerait devoir rendre tout chauffage inutile. On explique ce fait, qui est une cause d^excès de dépense, par l'efficacité de la ventilation jointe à l'humidité répandue dans les ateliers. Si l'air neuf n'amve pas dans les salles à une température d'au moins 22 à 25°, les salles se refroidissent rapidement; d'où résulte la nécessité de chauffer l'air de ventilation la majeure partie de l'année, au moins le matin.
739. Chanifage et ventilation du nouvel EAtel de Tille de Paris. Nous donnons ci-près le mémoire dressé par MM. Geneste et Herscher, à l'appui de leur projet de chauffage et de ventilation du nouvel Hôtel de ville de Paris. Ce projet a été exécuté depuis, dans ses grandes lignes :
« Choix du système de chauffage. Avantages du système de chauffage par la vapeur. Parmi les moyens dont on dispose pour le chauffage d'un local de grande étendue^ il en est trois principaux : le chauffage à air chaud, le chauffage à eau chaude, le chauffage à vapeur.
« Enfin, on peut concevoir un quatrième système mixte, qui consiste à chauffer les locaux par des surfaces d'eau chaude chauffées eUesmêmes indirectement par la vapeur.
(c Nous sommes amenés à reconnaître, si l'on compare la quantité ou le poids de chacun des trois corps : àir, eau ou vapeur, qui est nécessaire pour transporter une unité de chaleur ou calorie : que si l'on emploie de l'air, il faut environ 100 et 160 grammes pour transporter une calorie, tandis qu'il ne faut que 15 à 20 grammesd'eau et seulement 2 à 3 grammes de vapeur. On peut donc, apnort, établir : que le chauffage à air chaud ne se prête pas aux transmissions de chaleur à grandes distances, et que par conséquent le chauffage par l'air chaud de l'Hôtel de ville nécessiterait un grand nombre d'appareils répartis sur toute la surface du bâtiment, ce qui entraînerait un service encombrant, coûteux et compliqué. Le chauffage par l'air chaud nécessite, en outré, pour chacune deis pièces,
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un conduit spécial de grande section prenant Tair au calorifère et le conduisant aux locaux à chauffer.
« Or, il résulte de Texamen des plans de THôtel de ville qu'il faudrait plusieurs centaines de ces conduits établis dans toute la hauteur de la construction, et que la disposition même des locaux fait que les étages supérieurs sont plus divisés que les étages inférieurs. Il en résulte l'impossibilité d'établir les conduits à air chaud.
« Les systèmes de chauffage à eau chaude et vapeur permettent, au contraire, de transporter facilement la chaleur aux différents locaux ; mais nous reconnaissons que le chauffage à eau chaude présente des inconvénients qui le rendent, dans le cas actuel, inférieur au chauffage à vapeur. En effet, la grande quantité de chaleur latente contenue dans la vapeur d'eau fait que la condensation d'une petite quantité de vapeur permet un échauffement d'air considérable, et qu'il faut des surfaces de transmission de chaleur beaucoup moins grandes que celles nécessitées par le chauffage à eau chaude (1).
(( Ainsi, en tenant compte de toutes les déperditions, on doit admettre que les surfaces chauffantes transmettent par la vapeur deux fois plus de calories que les mêmes surfaces n'en transmettent par l'eau chaude. Il en résulte un avantage tant au point de vue de l'économie de l'installation qu'à celui de la diminution d'encombrement résultant de la réduction des surfaces de transmission.
« Les chances de fuîtes dont on n'est jamais à l'abri avec l'emploi de l'eau chaude, en raison de la pression inévitable qui existe dans les conduites, par suite de la hauteur d'eau même provenant du chauffage, sont complètement évitées par l'emploi raisonné de la vapeur. Dans un chauffage bien étudié, en effet, l'eau de condensation ne devant pas séjourner dans les tuyaux, il en résulte, à l'arrêt du chauffage, une sécurité complète au sujet des fuites.
« L'inconvénient de la gelée, pendant l'arrêt du chauffage, qui est tant à craindre avec les systèmes à eau chaude, est pour le même fait absolument évité. Le chauffage à la vapeur est celui qui se prête le mieux à un réglage parfait.
« La faculté de conduire la vapeur à grande distance fait que l'on peut, des chaudières mêmes, régler les différentes parties du chauffage. Chacun des appareils de chauffe peut en outre se régler isolément des locaux chauffés, sans nuire en quoi que ce soit au chauffage général* Cette faculté de réglage à volonté du chauffage procure une économie de combustible importante sur le chauffage par transmission d'eau chaude, dontl'action régulière se prête moins aux modifications brusques.
<c On a cherché à éviter les inconvénients du chauffage à eau chaude en lui substituant un système mixte où l'eau est chauffée par un serpentin de vapeur.
« Il y a avantage à éviter des transmissions calorifiques qui se traduisent toujours par une perte; il convient donc économiquement de
(1) Voir k ce sujet U note placée k la suite de ce mémoire, p. 936.
faire agir les appareils chauffants aussi directement que possible sur les espaces à chauffer. D'autre part, Feau contenue dans les poêles à surface de chauffe présente des inconvénients de différentes natures. D abord, par leurs dispositions mêmes, ces poêles exigent des précautions spéciales dont la non-observance occasionnerait de graves accidents. Si les poêles sont entièrement clos, ils nécessitent la précaution de ne les remplir d'eau que jusqu'à une certaine hauteur, remplissage qui se fait isolément pour chaque poêle. La simple dilatation du liquide par réchauffement suffirait, dans le cas où cette précaution ne serait pas prise, pour provoquer une rupture. Un poêle contenant de Teau, qui subit des variations continuelles de température, n'est jamais à Fabri des fuites. Si faibles qu'elles puissent être, ces fuites font peu à peu descendre le niveau de Feau sans que rien le fasse connaître, et il arrive que le serpentin de vapeur qui traverse le poêle ne plonge plus dans le liquide et que la condensation se trouve graduellement réduite dans la proportion de 20 à 1. Le chauffage cesse alors peu à peu à mesure que le niveau baisse.
« 11 y a donc là exigence d*une surveillance constante et un système vicieux en principe.
« Le chauffage à vapeur est donc celui que nous avons cru devoir employer pour l'Hôtel de ville de Paris. 11 permet d'établir, à proximité des locaux à chauffer, des surfaces dans lesquelles la vapeur, venant à se condenser, chauffe Fair qui est introduit dans les divers locaux. En réalité, le chauffage a lieu par Fair chaud, mais cet air est chauffé par de la vapeur.
€ Nous avons été amenés à perfectionner les appareils servant à l'emploi delà vapeur. Les appareils de chauffage parla vapeur peuvent se diviser en trois groupes :
« !• Appareils de production de vapeur. Ce qu'il faut avant tout dans les appareils de production de vapeur destinés au chauffage, c'est d'éviter tous dangers d'accidents, quelque minimes qu'ils soient, rendre la surveillance simple, multiplier les appareils de sûreté et éviter tous les inconvénients de surveillance périodique; les appareils étudiés pour l'Hôtel de ville présentent une sécurité absolue.
« 2* Canalisation et répartition de la vapeur. Dans une instaUation de chauffage à vapeur un peu étendu, la question de canalisation prend une importance considérable. H faut en outre se préoccuper de Fétanchéité des conduites, assurer leur durée en évitant les inconvénients qui se produisent fréquemment dans les canalisations de vapeur. C'est à quoi servent les appareils de détente et de purge qui sont construits par la maison Geneste et Herscher. Il faut se préoccuper également de la dilatation et enfin éviter les claquements d'eau dans les tuyaux et les détériorations qui en résultent. QueUe que soit la disposition spéciale d'une canalisation, les tuyaux de vapeur peuvent être en fer, en fonte ou en cuivre. Les tuyaux en fonte à brides avec joints eu caoutchouc, les tuyaux en fer nvec manchons taraudés et contre-écrous, les tuyaux