MOTEURS HYDRAULIQUES
4ous les trois ou quatre jours, de façoQ à avoir un débit annuel de -50000 mètres cubes par hectare. Les résultats ont été encourageants : le prix des terrains à Gennevilliers a quadruplé, les terres sont devenues très fertiles. Aussi le conseil municipal, puis la Chambre des députés ont-ils adopté, en 1888, un projet consistant à envoyer les eaux ■d'égout de Paris dans la forêt de Saint-Germain, sur le territoire d*A- •chères (2000 hectares), à l'exemple de ce qui se fait déjà avec succès à Berlin, à Londres et dans d'autres villes.
iOTEURS HYDRAULIQUES
290. Pour rétablissement d'un moteur hydraulique, la chute dont on peut disposer, dite chute disponible, est égale à la chute totale du cours d'eau, c'est-à-dire à la difiFérence de niveau de l'eau en aval de la première des usines d'amont et de l'eau dans le canal d'aval de l'usine à établir, diniinuée de la pente nécessaire à l'écoulement de l'eau entre les deux usines et de celle nécessaire au chenal qui conduit l'eau dans le canal d'aval (171).
Le canal d'arrivée doit avoir, autant que possible, près des vannes, une section au moins égale à 10 ou 12 fois celle de la plus grande ouverture de l'orifice, afin de diminuer la dénivellation et par suite la perte de chute. Un canal de dérivation doit avoir la même profondeur que le canal principal, avec lequel il doit se raccorder par des parties arrondies; on diminue ainsi la contraction et par suite la dénivellation (172).
Le travail par éclusées, qui consiste à retenir l'eau dans des étangs pendant les interruptions de travail, afin d'augmenter momentanément la puissance des moteurs, n'est pas permis; car s'il est avantageux aux usines d'amont, il est très gênant pour celles d'aval. On ne le tolère que quand il remonte à des époques pour lesquelles il y a prescription, ou auxquelles l'usine supérieure existait seule.
A l'origine des canaux de dérivation, on établit des vannes de prise d'eau ou de garde, qui permettent de régler l'arrivée de l'eau dans le canal, ou même de l'interrompre. Comme un canal de prise d'eau ne doit pas servir en général à l'évacuation des crues, quoique parfois la -vitesse de l'eau puisse y être augmentée notablement sans qu'on ait à redouter la dégradation des parois, on élève les murs bajoyers ou les charpentes qui les remplacent jusqu'au-dessus du niveau des plus hautes eaux, et on les réunit par une fausse vanne ou tête d'eau solide qui s'élève à la même hauteur. Si le cours d'eau est susceptible d'entraîner des corps flottants, arbres, pièces de charpente, etc., ou de rouler des rochers, il est bon de préserver les'vannes de prise d'eau par une estacade formée de poteaux verticaux de 0"',20 à 0"',25, et établis obliquement de manière à rejeter ces corps entraînés vers le courant principal. Enfin, îl est prudent de ménager dans les bajoyers des rainures verticales de 0"*,i5 à 0",20 destinées à recevoir des poutrelles contre lesquelles on peut appuyer un batardeau en cas de réparation.
29i. Règlement des eaux. Aux termes de la circulaire du 23 octobre 1851, on entend par niveau légal de la retenue la hauteur à laquelle l'usinier doit, par une manœuvre convenable de ses vannes de décharge, maintenir les eaux en temps ordinaire et les ramener autant que possible en temps de crue. La fixation de ce niveau doit être faite de manière à ne porter aucune atteinte aux droits de l'usine supérieure et à ne causer aucun dommage aux propriétés riveraines. Pour la première de ces conditions, la circulaire ne pose aucune règle. Pour la seconde, elle indique qu'à défaut d'usages locaux et de circonstances particulières, il est nécessaire de maintenir entre le niveau et la retenue habituelle et les parties les plus déprimées des terrains qui s'égouttent directement dans le bief une différence de niveau de O"*,! 6, en même temps que de protéger les terrains inférieurs au bief par une digue de 0",3O au moins de hauteur.
La différence 0",16 ne paraît s'appliquer qu'aux terrains de consistance moyenne cultivés en prairies, qui sont les plus fréquents. Pour les terrains de labour, l'usage, dans certains déparlements, est de maintenir une différence de niveau de 0",50 à 0"^,66. Dans les vallées^ tourbeuses, le relief du sol doit, suivant Nadault de Buffon, varier de 0"^,^^ à 0™,50 (Études sur les règlements des eaux^ par M. de Lafont, Annales^ des ponts et chaussées^ 1861).
Quand l'usine est établie en travers d'un cours d'eau naturel, le niveau de l'eau doit être maintenu entre de certaines limites, même en temps de crue. Pour cela, on établit près de l'usine un déversoir de superficie dont la crête se trouve à une hauteur fixée par le règlement d'eau, et indiquée sur une partie fixe des maçonneries des bâtiments voisins par une ligne qui y est creusée au ciseau ou par une pièce de fer qu'on y a scellée. Ce déversoir, construit ordinairement le long d'une des rives, avec une largeur au moins égale à la largeur moyenne de la rivière, suffit pour maintenir le niveau entre des limites convenables on temps d'étiage et d'eaux moyennes; mais il n'en est pas ainsi en temps de crue ; aussi pour assurer le régime des eaux, construit-on des vannes de décharge ou pertuis de fond capables de débiter, conjointement avec le déversoir, le produit des crues.
Sur un canal de dérivation établi avec des dimensions convenables,, on construit, également tout près de l'usine, un déversoir et une vanne de décharge. Le déversoir n'a alors pour objet que de laisser évacuer l'excès accidentel d'eau qui peut résulter de la diminution de la dépense ou de la cessation momentanée du travail, sans qu'on ait besoin, pour maintenir un niveau convenable dans le canal, de manœuvrer les vannes de prise d'eau, qui sont ordinairement assez éloignées de l'usine. Ce déversoir est nécessaire aussi pour assurer le travail à eau courante des usines qui peuvent se trouver en aval sur le canal de fuite; sa largeurest ordinairement égale à une fois et demie la largeur du canal à la surface de l'eau. Quant aux vannes de décharge, elles servent dans ce cas à vider le canal, ou à y laisser couler momentanément l'eau avec une vitesse suffisante pour que les vases soient entraînées, sans que le