‹ Fouilles à Carthage aux frais et sous la direction de M. BeuléChapitre 5 sur 10 · V. — Le palais ronjain au-dessous de Saint-Louis · texte numérisé non relu

V. — Le palais ronjain au-dessous de Saint-Louis

L'acrupole de Carthage n'est d'un accès facile que du côté de l'orient. Uu côté de l'occident, elle n'oITre qu'un passage oblique, qui devait correspondre à la petite poterne *. L’entrée de l'acropole était donc â l'est , selon toutes les vraisemblances, et la façade des monuments regardait la mer. Dans les anciens temps, on y montait par un escalier de soixante marches, qui pouvait s’accommoder aux exigences des fortifications et disparaître en cas de guerre. J'ai déjà dit qu'il était croyable que les Romains n'avaient point eu besoin de rétablir l'escalier, puisqu'ils n'avaient point rétabli les fortifications. Ils changèrent la pente et disposèrent au-dessous du nouveau temple d'Esculape des édifices considérables, dont l'bistoire nous apprend l'existence et la situation. Le palais du proconsul romain, la curie ou salle des réunions du sénat, la hibliothèquc publique, étaient de ce côté. Plus tard, Justinien fit ajouter au (lalais unecha|>elle consacrée â la 'Vierge. De toutes ces constructions, il ne reste d'apparent que huit citernes, figurées sur mon plan général, des murs qui soutiennent les terres, quelques débris épars sur le sol. Il n'était donc pas sans intérêt d'éclaircir un point capital de la topographie de Byrsa. Je ne pouvais espérer découvrir aucune ruine punique dans une partie bouleversée par les architectes romains. Mais, comme les monuments romains eux-mêmes étaient les plus importants de Cartilage, ils suHisaient |>our exciter tous mes eflorls.

Les murs qui entourent l'église de Saint-Louis forment une enceinte octogonale, où il n'est |K>inl aisé de faire des fouilles. L’entrée principale est â l'ouest; dès qu'on l'a francliie, on voit les logements du chapelain , du gardien et diverses dépendances de leurs hahitations ; ensuite, un petit bois de pins, trop précieux, dans un pays brûlé par le soleil, pour qu'on ose y toucher. L'église est située à peu près au centre de fenceintc;

' Appien, VIII, cxxi.

une esplanade la précède , è droite est un bassin sans eau avec un fond de mosaïque; à gauche, une belle statue de Mercure et quelques fragments antiques lui font pendant et sont dominés par des colonnes de marbre avec des chapiteaux rapportés. Jusqu'ici il ne m'était point permis de faire donner le moindre coup de pioche, ce qui eût été d’autant plus dangereux, que l'église n'est point établie sur des fondations bien solides. Elle est bâtie en partie sur une ancienne citerne qu'on a comblée, et qui a dû s'affaisser un t>eu, comme le prouve une léxarde qui fend du haut en bas l'abside.

Mais, quelques mètres plus loin, l'esplanade cesse et le jardin de Saint-Louis descend en pente. Cette partie est â peu près inculte; je pouvais la retourner sans scrupules, en ne touchant pas toutefois à l’angle sud-est, où des marins français morts à la Goulelte avaient été enterrés. L'examen des lieux m'assurait que le temple d'F.sculape n'avait pu s’élever que sur le plateau que l'architecte français avait choisi instinctivement comme la situation la meilleure pour son église. Cette supposition se changea en certitude lorMjue j'eus découvert le gros mur qui devait servir de péribole au temple. Le mm* a plus de deux mètres d’épaisseur*, et il sc continue en dehors de l’enceinte de Saint* Louis. Je l'ai suivi par une série de sondages pendant près de cent mètres. Celte puissante construction retenait les terres, et je n'avais point à craindre que mes travaux nuisissent à la solidité de l’église. Je plaçai mes ouvriers en deçà du mur et fis ouvrir deux tranchées perpendiculaires à la face de l'acropole, au milieu de la pente et dans l’axe d'un mouvement général qu’elle suivait avec une certaine régularité. Il me semblait sentir à iravci*s le sol la main des hommes et leurs œuvres enfouies.

En effet, à quelques mètres de profondeur, mes Arabes rencontrèrent le sommet d'une abside, ou cul-de-four, qui avait dû terminer une voûte d’une asseï grande portée, ainsi que les arrachements en faisaient foi. Nous pénétrâmes sous ce cul-de-four, dont la demi-coupole s'avançait en saillie au-dessus de nos têtes. Il avait 6 mètres aS centimètres

' Vojcx le plan général, planche I, fouiliea I.

FOUILLES A CAHTHAGE.

de diamètre et annonçait un édifice considérable, comblé ultérieurement par des débris de toute sorte, et qu’il faudrait déblayer dans toute sa hauteur. Sans descendre davantage, je résolus de reconnaître par les crêtes le plan du monument. Un fossé fut creusé le long de ces crêtes: è droite du cul-de-four, je trouvai un mur de séparation , puis un autre cui dc-fotir, puis un troisième et im quatrième, juxtaposés, parallèles, d'un diamètre égal. Là paraissait finir le monument. Je me reportai donc à gauche du cul-de four qui avait été découvert le premier et qui, par sa décoration plus soignée, semblait être le centre de tout l'édifice. Mes prévisions se réalisèrent. Un cinquième cul-de-four existait sur la gauche, et je ne doute point que le sixième et le septième, nécessaires à la symétrie, n'eussent été reconnus sous terre, si le cimetière ne m'eût arrêté. J’aurais pu demander à févêque de Tunis l'autorisation d'exhumer les morts pour les ensevelir à une autre place. Mais cette autorisation était très-difficile à obtenir, et je jugeais, du reste, que la partie du monument que j'avais à déblayer exigerait plus de temps et plus de ressources que je n'en avais devant moi. Le développement des sept salles parallèles était de plus de 5o mètres de façade, chacune comptant, avec son mur de séparation, 7 mètres aS centimètres. Nous entrions par la voûte: il fallait donc enlever une quantité énomie de terre et de débris pour arriver jusqu'au dallage. Forcé de me restreindre, je choisis l'abside centrale et l’abside adjacente à droite. Les travaux devaient être singulièrement compliqués par la nécessité d'emporter les déblais hors de l'enceinte de Saint-Louis et de les jeter sur la pente de la colline à une assex grande distance. Je les employai à former une esplanade au delà de la route carrossable qui monte à Saint-Louis. Celte esplanade s'avance vers la mer, domine la plaine, le forum et les ports de Carthage.

Pour bien comprendre la position du monument que je vais décrire, il faut se rappeler qu'U est situé sur la pente de Byrsa et que les niveaux des divers édifices étaient nécessairement difl'ércnts. Au sommet était le temple d’Esculape, sur une terrasse qu’entourait le mur massif du përibole. Au-dessous de cette terrasse, adossé au péribole, un monument avait été construit, mais à quarante pieds plus bas, afin de ne point masquer le temple. Ce monument, composé de sept salles parallèles et

BYRSA

Toûtéet , appuyait les culs-de four qui terminaient le fond de chaque salle sur le mur d'enceinte du temple C'est pourquoi .plus tard , lorsque les voûtes s'écroulèrent sous la main des Arabes, les culsde-four résistèrent par la force de leur position bien plus que par leur propre force. Je commence par décrire le cul-de-four central.

J'ai déjà dit qu'il a 6 mètres a 3 centimètres de diamètre. Sa hauteur est d'un peu plus de 8 mètres, mais, comme le sommet delà voûte manque , il est probable que la hauteur totale était de i o mètres. Toute la partie supérieure, qui a la forme d'une dcmi-spbère, est ornée de caissons en stuc blanc. Ces caissons sont des losanges qui suivent les contoursde la coupole, en s'élargissant ou en se rétrécissant , selon les besoins de la perspective. Ils sont décorés de moulures en relief, qui représentaient desuves, des fers de lance et des canaux de beaucoup plus petite proportion. J'ai remarqué encore quelques traces de couleur, que l’action de l'air a fait promptement disparaître. On devine que celte décoration, aussi bien que le monument tout entier, sont de style romain et remontent aux empereurs, qui ont voulu embelbr à fenvi la colonie de Carthage.

Au-dcssoiu des caissons il y a un rang de briques, épais de &o centimètres. C'est le seul échantillon de construction en brique que j'aie trouvé à Carthage. Plus bas commencent des assises de tuf d’une grandeur modérée et qui vont jusqu'au sol. Elles portent des trous de crampons, qui annoncent un revêtement de marbre enlevé ou tombé. On voyait, en elfct, mêlés à la terre qui remplissait l'édifice, de nombreux fragments de serpentin, de porphyre, de cipollin, de marbre veiné de Numidie. Le peu d'épaisseur de ces plaques mutilées prouvait assex qu'elles servaient de revêtement. Ces plaques , outre les crampons de bronte qui les retenaient, avaient pour lit cinq centimètres de ciment romain; le ciment reste encore par places. Les racines de fenouil, qui pénètrent à une grande profondeur, se sont glissées entre le mortier et la pierre, et ont peu à peu détaché le mortier.

A un mètre et demi au-dessus du sol, l'abside est rétrécie par une

' Vujezleplen de Byrss, fooilles 1 et lettres a, b.

FOUILLES A CAUTHAGE.

sorte de base circulaire qui en remplit le contour. La face horizontale et la face verticale étaient revêtues de marbres précieux : noo-seule* ment le ciment mêlé de grands tessons se voit encore , mais des cram> pons de bronze sont restés en place. On avait craint sans doute que des crampons en fer ne fissent éclater le marbre ou n'en altérassent la pureté, en se rouillant. La première idée que ce banc fît naître en moi (il est indiqué sur le plan général à la lettre a) fut celle d'un triclinium. Je me demandai s'il n'avait point servi de lit à des convives illustres et si cette salle n'était point la fameuse Delphica, la salle des festins où s'éle* vait un grand trépied, souvenir du trépied de Delphes, pour poser les coupes L II serait possible aussi que ce banc, qui remplit le fond de l’abside, eût servi de piédestal continu à une série de statues, de bustes, décoration digne d'une bibliothèque ou du lieu où se réunissait le sénat . puisque nous savons que la curie et la bibliothèque publique étaient près du temple d'Esculape. Mais il faut convenir que, dans ce cas, le piédestal eût été bien bas. Nous verrons si la salle voisine fournira quelques renseignements de plus. Cette salle centrale était pavée avec une grande magnificence. Une mosaïque de marbres précieux lui servait de dallage, mosaïque qui formait de grands dessins géométriques , des rosaces variées. Tous les éléments en étaient dispersés, maison les retrouvait dans la dernière couche de débris qui recouvi'ait le sol. J’ai recueilli une grande quantité de ronds, de triangles, de carrés, de losanges, de quarts de rond, de trapèzes, en marbre blanc de Felfellah, en porphyre, en serpentin, en marbre veiné de Numidie. Le sol était revêtu d‘un riment épais, dans lequel ces marbres étaient jadis scellés. La chute des voûtes et des décombres qui ont rempli les salles a détruit cette belle décoration, qu'on serait presque tenté de recomposer ainsi qu’un jeu, de patience.

Le cul-de-four qui est é droite du spectateur (lettre b), lorsqu’il se place en face du centre de rédifice, est moins richement orné que le cul-de-four central. Il n'a ni caissons, ni moulures, ni revêtements de marbre, mais seulement un enduit de stuc qui a dû jadis être peint.

' Procope. [)t Mlo Vojulai I. I, c. xxi. et ÎI, xxti.

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De grandes taches noirâtres, qu'on aperçoit çâ et lâ, paraissent provenir de couleurs décomposées. L’enduit est double, c’est-â-dirc qu'une couche trés-mince de stuc est étendue sur une couche do mortier plus épaisse. L'humidité a fait soulever le stuc, qui tombait i mesure qu'on emportait les terres qui le pressaient. Plus bas, la construction est la môme que dans le cul-de-four principal. Ce sont des assises do tuf régulières-, malheureusement, les Arabes, qui ont l'industrie des taupes pour pénétrer dans le sol par d’étroits bopux et y chercher des matériaux qu'ils vendent, ont jadis rencontré ce mur. Ils ont retiré sur le côté plusieurs rangs de pierres, puis se sont arrêtés précipitamment, menacés sans doute par un éboulement, car j'ai retrouvé, enfoncé entre deux assises , un coin de fer qu'ils ont abandonné et que la rouille rongeait depuis nombre d'années. L'éboulement qu'ils ont craint et préparé était inévitable; j’ai dù m’y résigner, et il s'est produit sans accident dés que les terres ont été enlevées. Toutefois, eomme je déblayais de haut en bas et no connaissais point l'état dos fondations , je n’ai poussé mes travaux qu'avec une extrême circonspection , de peur d'accideots graves, et ne les ai point étendus autant que je l'aurais souhaité. Je suis descendu jusqu'au sol, c'est-à-dire jusqu'au rocher, parce que le dallage a disparu.

Au fond de cette seconde salle se trouve , non plus un banc circulaire , mais un grand piédestal carré, qui a pu être aussi un tribunal sur lequel siégeait un magistrat. Si c'était un piédestal , telle est sa dimension, qu'il n'a pu porter qu'une statue colossale ou équestre. Si c'était un tribunal, il faudrait croire que le monument qui nous occupe est bien réellement le palais du proconsul romain et qu’à côté de la Oelphica, salle des festins, nous rencontrons la salle des jugements oit les proconsuls romains, les rois vandales, Bélisaire, Salomon, Héraclius et tous les gouverneurs envoyés de Byzance, auraient rendu la justice'.

Sur le côté gauche du cul-de-four, presque au sommet du mur et à la naissance du cintre, on voit une très-petite niche, qui n'a que ao

' L'Alriam Muciolajn. daat parient les Acia Am martyn (Ruinart, p. aiy) était dans une autre partie de la ville, ad Saxti.

centimètres de haut sur lO de large. Elle a été taillée après coup dans la muraille et porte des traces de couleur rouge. Quatre trous de scel< lement aux quatre coins • des rainures d'engagement , attestent que cette niche était fermée anciennement par une porte solide. Je nai pu encore m'expliquer quelle était sa destination. Ce qui est certain, c'est qu elle a été creusée d'une façon grossière et dans les bas temps, plusieurs siècles après la construction du palais.

Enfin, deux autres salles à droite de cette dernière et une cinquième salie, à gauche de la salle principale, sont terminées également par des culs de-four. J'en ai d^agé seulement le sommet, qui est revêtu de stuc et noffre aucune particularité digne d'être remarquée. Lè se sont arrêtées mes explorations; la nécessité de revenir à Paris poiu* ouvrir mon cours d'archéologie me forçait de quitter l'Afrique. D'ailleurs, je ne pouvais me dissimuler combien de temps et de dépense exigerait le déblai d'un monument qui avait i5a pieds de largeur, une longueur indéterminée, et qui était enseveli dans toute sa hauteur. J'avoue cependant mon profond regret de n'avoir pu en découvrir une étendue asses considérable pour me permettre d’apprécier le plan complet et de décider, d’après ce plan, quel édifice de la Carthage impériale J’avais retrouvé. Nous savons par les historiens que plusieurs monumenis étaient situés auprès du temple d'Esculape : une église consacrée à la Vierge, bâtie par l'ordre de Justinien ^ la curie où se réunissait le sénat’, la bibliothèque publique de Carthage’, le palais du proconsul , qui fut aussi le palais des rois vandales*.

On ne peut reconnaître l'église de la Vierge dans un édifice composé de sept salies différentes. Si l'on voulait supposer que ces salles sont des absides plus profondes et doivent s'ouvrir sur un espace commun, on sera arrêté par cette considération que la hauteur des voûtes n'est que de dix mètres, tandis que la largeur de l'église eût été de cinquante

' Procope, De eedijic. VI, v.

* Voves Du retu de l« MtUe, p. i53.

' IbÙUm.

* ÜiDS le premier cliapitre de ce mémoire, j’ai réuni toux les lextei qui Lient it potitiun du ptitit du proconsul.

BYRSA

mètres : disproportion inadmissible. Comment c;roire qu*on eût fait rien de pareil à Carthage, la troisième ville de fcmpirc, sous Justinien, le fondateur de Sainle^Sophie? D’ailleurs l’église delà Vierge n'était point isolée : elle était annexée au palais des proconsuls.

Il semble qu'il faille écarter aussi l'idée de la curie; car les réunions d'un sénat demandent une vaste enceinte, et non point sept chambres séparées. Au temps de la Cartilage punique, la curie était sur le forum, de même qu'à Rome la curie Hostilia. Par un nouveau trait de rcsscni' blance.le sénat de Carthage, lorsque scs séances devaient être secrètes, sc réunissait dans le temple d'Esculape; ainsi le sénat de Rome s'assemblait dans le temple de la Concorde, pour délibérer en secret. Il est inutile de dire que, dans la colonie romaine, le sériât n'eul plus sa grandeur passée , sans que cependant celle décadence permette d'affirmer qu'il n'y avait plus deux curies. Du moins ne connaissons-nous, à cette époque, que la curie qui était dans Byrsa et que je serais tenté d'identifier avec le temple d'Esculape, ce qui mettrait hors de cause les ruines dont nous cherchons en ce moment la destination. Car le rhétetu' Apulée, prononçant un discours dans le théâtre de Carthage, à l'occasion d’une statue qui lui était votée, disait qu'il se croyait dans la curie ou dans la biblioüièque, lieu ordinaire de ses leçons ^ Or, d'après son propre aveu, il professait dans le temple d’Esculape, car, dans ses Hondes. je trouve cette phrase : v Pcrcontari qus ego pridie in templo Æsculapii disse- • ruerim n 11 est vrai qu'on pourrait donner un sens extensif aux mots in templo Æscalapii, et en conclure que la curie et la bibliothèque étaient dans l'enceinte consacrée à Esculape. Alors même, les ruines récemment découvertes étant en dehors du mur du péribole et adossées à ce mur, on ne saurait leur appliquer les désignations d'Apulée.

Les mêmes considérations m'empêchent de nommer la bibliothèque publique de Carthage, quoique le pian paraisse mieux se prêter à une telle attribution. On conçoit, en elTet, des salles séparées, des piédestaux et des statues pour les décorer, des supports continus pour les

' Flond. p. lût-

* fbid. p. 146.

boitei i manuscrits. Mais la bibliothèque était dans l'enceinte consacrée 4 Fjculape, comme si le même dieu devait présider 4 la santé du corps et à la nourriture de l'âme. Il ne reste donc que le palais des proconsuls. Satu trancher prématurément une question qui ne peut être résolue que par un déblai complet, j'avoue que les ruines répondent asseï à l'idée qu'on se fait d'une habitation consulaire. Ces sept grandes salles, voûtées, ornées de reliefs et de peintures, avec des statues et des marbres précieux, ouvrant toutes sur la mer. étaient la partie la plus importante d'un vaste ensemble de constructions. Les traces de ces constructions percent ç4 et 14 sous le sol, en dehors de l'enceinte de Saint-I.ouis. J'ai marqué sur mon plan huit citernes encore intactes, qui recevaient toutes les eaux des terrasses et qui indiquent la limite du palais de ce côté. Non loin, un grand mur de soutènement donne également cette limite; il y avait 14 jadis une esplanade qui dominait la ville basse, les quais, les ports, le forum, dont le bruit montait jusqu'aux oreilles du proconsul Pison'. I.ai situation était admirable, en face de la mer, à l'abri des vents du nord, sur la colline la mieux aérée et la plus saine de Carthage. Ce ne serait point, non plus, une coïncidence sans valeur, que de pouvoir reconnaître, dans les deux salles que. j'ai commencé 4 découvrir, la salle des festins et la salle des jagemrats. Maisje n'insisterai point davantage sur une hypothèse que des fouilles ultérieures peuvent seules justifier.

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