LA NÉCROPOLE
Falbe a fait connaitre, lu premier» le site qu’occupaient les tombeaux des Carthaginois. Voici comment il s’exprime à la page à 3 de ses Hechtrehes sar l’empiacemeiU de Carthage : «Autour des maisons de camu pagne de Qamart, on ne voit que de faibles traces de ruines, aussi « bien que le long du sentier qui conduit de Qamart à El-Mersa par le «sommet de la montagne. Au n* ga do mon plan» dans une carrière « d'argile rouge, j'ai trouvé des vestiges de tombes; plus haut, au n* gS, « on pénètre par un trou dans une petite chambre sépulcrale creusée «dans le roc, dont les parois sont percées de cases pour y déposer les «I moi’ts. Ce monument est semblable h ceux des environs d'Antioche. «
M. Dureau de la Malle, en commentant l’ouvrage de Kalbe, a tiré de ce récit une induction très-juste. Il en a conclu «que la nécropole U et les tombeaux ctaicnl placés dans l’cnceinto de Carthage et couverts • par la triple défense qui protégeait la ville^n Seulement, il s'est trompé en étendant la nécropole au delà du Djebel-Rhawi et en supposant que te banc de sable qui s’est formé dans la plaine, entre la mer et la montagne de Sidi-ik)u-Saîd, a pu être consacré à la sépultui'e des morts.
.M. Davis, qui a habité pendant deux ans le village de Qamart, a exploré un certain nombre de tombeaux. Comme U recherchait uniquement les objets précieux ou curieux qu’on avait dù enterrer avec le.s morts, il s’est contenté de faire vider les cases dont parle Faihe, où
' Recherxhes lar ?a lopogmfthie d* Otrihage, p. 9.^.
rhiufue corps étail enfermé. Les caveaux cux-im^mes n'oot point été totalement déblayés, et la terre qui les comblait n a été enlevée qu’autant que cela était nécessaire pour arriver jusqu aux morts. Du reste, M. DaWs m*a dit que cette recherche avait été peu productive. La nécropole a été pillée par les Romains, par les Arabes, et lonny trouve plus que quelques poteries grossières, et des monnaies frustes ou in signifiantes. Aussi, en entreprenant des fouilles, à mon tour, dans le même lieu, n'avaisje pas U prétention d’élre plus heureux que M. Davis. Mon but n‘ëlail pas de découvrir des trésors, mais d'étudier farchitecinre des tombeaux. Je in inquiétais de trouver, non pas de petits objets propres à être transportés, mais des caveaux assez bien conservés pour mériter d 'être entièrement déblayés, puis dessinés. Il est un butin qui survit souvent aux dévastations, ce sont les documents scientifiques, les plans, les détails de construction, qui révèlent à l'archéologie les habitudes et les idées d’un {>euplc. Ce que j'apporte, c'est donc une élude méthodique de la nécropole des Carthaginois.
La presqu'île de Carthage est plate et unie coniine la surface d'un lac. excepté h son extrémité. elle présente deux soulèvements dis tincts: l'un qui comprend la montagne de Sidi-Bou-Saîd . les hauteurs qui s'y rattachent et le plateau de Saint-Louis; l'autre qui constitue le OjebeLKIiawi. D'un côté était la ville des vivants, de l'autre la ville de» morts. Cette configuration du sol a frappé le docteur Harth, et il a cru que ce double soulèvement avait, dans le principe, formé deux lies '. L'aspect de l’istliinc a pu inspirer, en effet, une telle hypothèse, et la configuration intérieure du sol peut la justifier. La terre végétale a |>eu (('épaisseur et repose sur une couche de tuf méditerranéen , dont la formation est due aux dépôts de la mer, couche partout égale , où les Arabes percent de nombreux puits pour atteindre une nappe d'eau saumétre et arroser leurs jardins. Si jadis la mer occupait la place que l’isthme occupe aujourd'hui, c'était, selon toute vraisemblance, k une époque antérieure à la création de l’homme. Ce qui est certain, c'est
* IFcMdri«/iy«n duixh die KùslenlàmUr (Us Muulmetn, p. 8a. Le docteur Borlh lait monlion des louibeaux de Qamftrt. & U page 107.
LA NÉCBOPOLE.
que, lorsqu'une colonie phénicienne vint fonder Caiihagc« le Djebel > khaui ëtaii uni au reste de la ville : bientôt il fut protégé par la même ligue de fortifications. Comme l'isthme était coupé dans tonte sa lar* geur, qui est de plus de quatre kilomètres, par une puissante muraille, la nécropole était à l'abri des attaques de ! ennemi. Chez nous, la plupart des cimetières sont situés en dehors de la ville; ils étaient bien plus eipos^'s, en cas de siège, dans l'antiquité que dans les temps modernes, à cause de l’habitude qu'avaient les peuples païens d'enterrer avec les morts des objets précieux. Carthage, au contraire, avait [)oumi k la sûreté de sa nécropole, .\ussi, lorsque le consul Censorinussignitie aux Carthaginois suppliants de détruii'e leur ville pour la rebâtir à dix lieues plus loin dans l’intérieur des terres, Bannon. surnommé Tigillas, répond, au nom des députés, qu'il est moins cruel d’extermiiKT mt peuple que de lui faire abandonner ses temples et ses tombeaux '. La Bible, du reste, nous olfre de constants exemples de l'attachement des Semitesaux tombeaux de leurs pères et de leur désir de reposer auprès d'eux *.
Toutefois il était défendit aux Hébreux (les rois et les prophètes exceptés) de se faire enterrer dans l'enceinte des villes. Iji Mvtchnti contient un article qui fixe la distance à cinquante coudées Cet espace était porté à deux mille coudées pour les villes lévitiques \ Moïse avait meme déclaré que celui qui touchait un tombeau était impur pendant sept jours*. Ainsi les lois de la salubrit«^ publique se conciliaient avec les devoii's de la piété. Je remarque . de même, qua Carthage la nécropole est non-seulement à la pointe de la presqu’île la
* Appieo, VIII, uuxiv.
* Bar^tllni dit au roi : • Qu'il soit permis à (on serrileur de retourner chet lui ci • demonrir dans sa paUîc, auprès du tombeau de son père et de sa mère. •{Sammêl, XIX. 37.) Cr. Gtmme, l. h et 5.
’ • Cadavera ci scpulcra Niparont et coriarium. quinquagînta cubiios a civitale. • (Surenbusiiis, Ls^aoi 3/tfcAairarMm liber qui inscribilur Ordo domftonuN , pars quarts, p. 164, $ g.|
* Nieolai, De sepuirns //eènaomm, p. i5b. 189.
* Nombnt, XIX, 16.
12ÎI FOUILLES À CARTHAGE.
plus reculée, mais quelL; est disposée de manière à ne pouvoir être vue do ta ville. Les caveaux ne sont point creusés sur le versant du Üjebel-Kbawi qui regarde Carthage, mais sur le plateau qui s'incline vers Clique et sur les pentes qui descendent vers le lac de Soukara ou vers la pleine mer. Même les habitants du quartier de Mcgai’a. qui était le plus voisin, ne pouvaient apercevoir aucun tombeau. Il fallait avoir gravi le sommet de la montagne pour découvrir la cité des morts. Ce trait, éclairé par les mœurs des Hébreux, me semble caractéristique.
A Timpression religieuse que leur causaient la solitude et le silonre des tombeaux, s'ajoutait une poésie à laquelle les Orientaux ont toujours été sensibles, celle de la nature. I«e site est grandiose , et la vue y est belle. Sui’ b gauche, Tunis dort au bord de son lac, où se rc- Hèient les maisons blanchies é la chaux. En face, le lac Soukara brille, couvert de sel argenté, puis le golfe d'ülique reçoit les eaux limoneuses du fleuve Bagrada. A droite, s'étend la pleine mer, sur laquelle File de Zimbre s'élève comme un nuage transparent. Au pied même de la nécropole, le villag*^ de Qainart sc cache dans la verdure; ses palmiers, dont tes couronnes se détachent sur les dunes de sable entassées par le vent, rappellent une oasis au milieu du Sahara. \je sol est aride, et Forge elle-même, qui aime à croître parmi les pierres, pousse plus rare. Cependant les oliviers et les caroubiers prospèrent. Peut-être Jadis de plus grands arbres ombrageaient-ils les tombeaux Ce lieu est le tliéàtrc de combats fréquents entre le chacal, auquel les caveaux servent de terriers, et le porc-épic, qui sème ses dards parmi les romarins toujours fleuris et le tb^m odorant.
Lorsque Je visitai le DJobel-Kbawi, Je ne vis rien au premier abord, et jetais loin de me douter que, sous mes pieds, s'étendait tout un monde souterrain . comprenant des milliers de chambres sépulcrales et des millions de tombes. Toute la montagne est ainsi minée, mais la
’ G«nrf«, XXXV.8 • Eodem (empore morlut e«t Dehors, nutrix Rcbeccs, et se- • pulU est ad radices sukler qucrcuro, Tocatumque est noroen loci illius ; Quêtvus •fititu.* (Voyez le premier livre des Rois, xxxi, i3.)
LA NÉCKOPOLE.
!err<^ a recouverl les escaliers, les portes elles soupiraui. Ce nesl quen examinant attentivement la surface du sol qtic Ton découvre çà et là, sous les touffes de fenouil et d'acanthe, une ouverture par laquelle il est possible de se laisser glisser. Alors on pénètre dans une petite salle rectangulaire, dans les parois de laquelle sont évidés des trous assez profonds pour qu'un cadavre y fût jadis étendu. Par refTel de la |K)ussière, des pluies, des infiltrations, les caveaux sont aux trois quarts remplis de ten'C, cl l’on est forcé, nori seulement d'y marcher courbé, mai.s d’y ramper le plus souvent. Ceux où l'on peut n’étre que courbé ont été récemment rendus accessibles, suit par M. Davis, qui les explol’ait, soit par les habitants du village, qui ciierchaicnt ou des trésors ou d’excellent calcaire. Je commençai, avant d'entreprendre à mon tour des fouilles, par visiter soigneusement tous les sépulcres déjà ouverts. Bientôt le champ de mes recherches s'étendit d'une manière considérable, parce que Je reconnus que des passages souterrains, taillés après coup, mettaient en communication certaines séries de caveaux. Ces passage» n’existaient [H)ini dans le principe, car ils sont |>ercés à la hâte, grossièrement, et gâtent rordurmancc du monument. J'acquis la conviction que ces dégâts étaient l'œuvre des soldats romains, qui eurent le loisir de piller la nécropole, puisqu'ils restèrent après le siège, n'ayant d'autre tâche que de détruire Carthage. Ce qui échappa à l'armée de Scipion fut ^cherché après son départ par les peuples voisins, car la grande Carthage leur fut livrée comme une proie par la vengeance du sénat. Enfin les Arabes achevèrent de dévaster la nccro* |K)le.
Dans l'antiquité, l'entrée des sépulcres était cachée : j’expliquerai (dus loin quel devait être le système de clôture. Au lieu de chercher, inutilement peut-être, chacune de ces entrées, que faisait le soldat romain? Une fois un caveau fouillé, U sondait ses parois, et reconnaissait, au son plus mat oti plus creux, si d’autres caveaux lui étaient contigus. Il proRtait de la niche, profonde de six pieds, où le mort reposait, il l’agrandissait, la défonçant pour avoir moins de travail, et, comme le rocher est un calcaire tendre, U tombait dans le caveau voisin. De proche en proche, tout a été ainsi dé|K>uillc. J'ai dû me glisser à mon
I2fi FOUILLES A CABTHAGE.
lour par ces singuliers couloirs, éclairé à gi'and' peine par mes Arabes, qui refusaient de me snivt'e, et, à plus forte raison, de me précéder, de peur d'élre ensevelis vivants.
J'ai nommé les soldats de Scipioii; mais il convient de faire aussi la part des colons romains qui vinrent, ]>eu d'années après, relever Car« tliage, du temps des Craeques d'abord, puis sous Auguste. En allant rhen^herdansles Bancs du DjebeLkhawi le calcaire propre à faire de la chaux, s'ils découvraient quelque caveau non violé, ils durent achever la tâche de leurs devanciers. C'est ainsi qu'en Gr^'cc la colonie envoyée par Jules César pour reconstruire Corinlhe passa prés de deux ans â fouiller la nécropole des anciens Corinthiens. En attaquant le roc qui forme le .sol de l'isthme pour en extraire des pierres, ils découvriivnt les tombeaux et les richesses qu'ils conlenaionl. Tel fut leur empressement à poursuivre cette recherche lucrative (car déjà les Romains payaient au poids de l'or les antiquités grecques), qu’iU oublièrent presque de se bâtir des maisons ^
Les Juifs avaient riiabilude d'enterrer leurs morts dans des tombeaux souterrains. Pour celte raison, ils les désignent souvent par le nom de cavernes, de grottes. Le vingt -troisième chapitre de la Genèse nous montre Abraham achetant à Ephron, fils de Séor, le champ où se trouve la grotte de Macphela « pour y déposer le corps de Sarah. Isaac et Ismacl Jacob à son tour ^ seront ensevelis dans le même caveau. Joseph d'Anmathie dépose le Christ dans son propre tombeau, qui n'a pas servi, et qu'il a taillé dans le rocher^. Comme saint Pierre, comme Marie-Madeleine, lorsqu'ils veulent regarder dans riniérictir du tombeau. après la résurrection de Ji^us-Christ, sont foiTés de se baisser \ on ne peut douter que ce tombeau ne fût souterrain. Celui du pro phète Elisée l’était aussi, puisqu'un jour des gens qui allaient enterrei un mort, effrayés par l'approche de voleurs, ouvrirent â 1a hâte le sé-
' Slrabon, VIII, p 38a.
’ Oenèsê, xx\ , g,
‘ Ibifi. L, i3.
* Je tatnl Sfatduea, xxvii. 58
' fCrangile Je ioint Jenn, XX. 6 suiv
LA NÉCKOPOLE.
pulcre du prophète, y jetèrent le cadavre et s’enfuirentL Lo cadavre, en tombant, toucha les oaseinenta d'Éliaèe; aussitôt U reprit la vie pour sortir du sépulcre qu il profanait. Ce qui était un usage ches les Sémites de la Palestine était une loi absolue citex les Sémites de Carthage. Toutes les tombes du OjebeLkhawi, sans exception, sont souterraines, et des rites immuables ont fixé leur disposition. La couche de terre végétale qui recouvre le noyau de la montagne a très- peu d'épaisseur. Quelques mètres plus bas, parfois à Heur du sol, parait un rocher^ assez mince, très-dur, qui s'étend horizontaleineiit, et est, par conséquent. merveilleusement pré|saré pour former un plafond. Ce banc horiiontal, épais d’un demi- mètre, repose sur un lit de calcaire tendre, friable, dont la profondeur est considérable, et qui donne une chaux excellente, légèrement liydraulique, dont les Carthaginois se servaient pour leurs constructions et leurs enduits. Ceux qui voulaient se creuser un caveau n'entaillaient le banc de rocher quaulani qu’il le fallait pour s ouvrir un passage, puis ils setablissaient sous ce plafond naturel. Ils préparaient leurs souterrains d'après un certain pian, et, la chaux extraite, ilsy déposaient leurs morts. Les carrièi'cs se transformaient en tombeaux. Pourquoi le génie mercanliie des Carthaginois n'aurait-il |>as conçu cette double spéculation, puisque les Grecs, en creusant leurs tombeaux dans le roc, liraient des pierres de taUI<\ puisque les Romains empruntaient aux catacombes leur pouzzolane justement célèbre?
De nos jours, les Arabes exploitent encore le calcaire du Djebel- Khawi : non loin on voit un four à chaux. Malheureusement U leur parait plus facile d'entrer dans les tombeaux anciens, d'en entamer les parois et les pÜiei's, ce qui cause de nombreux éboiilements. C'est pour cette raison qu'il but se défier des caveaux déjà ouverts et accessibles.
' Qualrièiue livre des Hoit, xiii, ao.
' Quelquefois, sur U surface du rocher et au-dessus du caveau, se trouve un trou rond, qui, au premier coup d'œil, parait un soupirail destinéà éclairer le caveau; mais, ai on le nettoie, on voit qu'il se termine en entonnoir et n'a aucune issue. Ëuil ce pour recevoir les eaux du ciel et déialtéfer les oiseaux . comme certains tombeaux modernes de l'Orient? Élei1-ee pour l'eau lustrale?
mcmc par ut) étroit soupirail. Il vaut mieux en chercher qui soient re.stés inconnus aux Arabes et aient échappé è leur génie destructeur. Voici le moyen quon peut employer pour découvrir des tombes d'une bonne conservation, quoique toutes également pillées. Il faut clioisir un espace de terre vaste et bien nivelé, où il ii’y ait ni trous ni apparence de rochert parce quon est certain que les pourvoyeurs de fours à chaux nont rien gâté de ce côté. On fait creuser le sol et mettre à nu la surface du rocher. S'il rend sous la pioche un son plein, il faut aller plus loin; s'il rend un son creux» c'est qu'on est sur un c.aveau. Alors les ouvriers doivent suivre le rocher et enlever .soigneusement, sur une étendue de i5 à ao métrés carrés, toute la terre végétale qui le couvre. Ils finissent par trouver une entaille de ta largeur d'un homme, qui forme une sorte de pa»age : c'est l’entrée. On déblaye rentrée et on peut voir f intérieur du tombeau, qui est d’itrdinaiie comblé jus({u'aux trois quarts de sa hauteur. Si le plafond n'est point intact, si les parois ne sont point revêtues de stuc, si l'on ne voit point d'arrades figurées en saillie sur les parois, il vaut mieux s'arrcHer et aller plus loin, afin de renouveler le même essai. Si. au contraire, tout est satisfaisant, il ne faut que du temps et de la patience pour enlever, par le petit escalier, large d'un mètre â peine, les dépôts entraînés par les pluies, dépôts qui ont pu remplir farilement, à l’aide des siècles, des souterrains dont les portes et les dalles de clôture avaient été enlevées. On pourrait presque compter les .saisons et les orages par les couches de terre inégalement nuancées, comme on compte les années d'un chêne.
Après avoir exploré les tombeaux de lu nécropole, en avoir visité beaucoup et fouillé quclques uns, j'ai été conduit â les diviser en deux classes, ceux des pauvres et ceux des riches. Non pas qu'une diiïcrence bien sensible les distingue : cc n'est qu'une question de dimension plus ou moins grande, d'exécution plus ou moins soignée. Je commencei'ai donc par les tombeaux des riches : poursc figurer ensuite ceux des pauvres, on n'aura quâ simpliher. Je choisis un type et décris un caveau d’une bonne conservation, d’une pro}>ortion heureuse, que j'ai fait nettoyer avec précaution, afin d'en relever les moindres détails.