‹ Fouilles à DahchourChapitre 37 sur 69 · Maspero, Contes populaires, 2" édition, p. 87 — i3o · texte numérisé non relu

Maspero, Contes populaires, 2" édition, p. 87 — i3o

NOTE SUR QUIiLQUKS ROIS DE I.A XII-^ DYNASTIE.

Amenemhat III.

Ce roi, l'un des plus puissants monarques égyptiens, qui soutint brillamment les traditions belliqueuses de sa famille, est aussi l'un des plus connus. Pendant son long règne, il s'occupa d'enrichir son pays et de le doter d'édifices splendides, témoin le Labyrinthe, f|ui faisait encore l'admiration des Grecs, et le fameux lac Mœris, le plus grand travail d'irrigation (|ui ait jamais été fait en Egypte. En outre, de nombreux monuments qui portent son nom ont été retrouvés tout le long de la vallée du Nil et nous font voir son activité.

Jusqu'ici, le Fayoum, où il exécuta ses plus grands travaux, paraissait avoir été le centre favori du roi et sa résidence habituelle; au.ssi avait-on cru retrouver son tombeau dans une des pyramides de briques de cette province, à Hawara, où Lepsius a voulu voir le site du Labyrinthe.' Cependant les fouilles de cette année dans la nécropole de Dahchour, autour de la pyramide méridionale, nous ont livré un certain nombre de fragments de bas-reliefs et d'inscriptions, portant tous le cartouche, plus ou moins complet, de [,J^^/^^ ^ ]• Ces débris- proviennent évidemment du temple funéraire situé sur la face est de la pyramide, chapelle dont on n'a pu retrouver le plan, mais qui devait être d'un travail très soigné et d'assez grandes dimensions, à en juger par la grosseur d'une colonne de granit et par la taille des hiéroglyphes et des personnages représentés sur les bas-reliefs. Tous ces indices paraissent assez concluants pour qu'on puisse dire, sans toutefois avoir trouvé le caveau royal, que nous sommes en face du monument funéraire d'Amenemhat III.

Il n'est pas encore permis, jusqu'à présent, d'affirmer que la cour fût fixée à Memphis, comme cela paraît être le cas pour, celle d'Ousertesen III, mais les nombreux tombeaux qui se trouvent devant la pyramide sont sans doute aussi ici ceux des hauts fonctionnaires du temps, groupés autour de leur souverain.

Parmi tous les débris trouvés, aucun ne donne de renseignement historique sur le règne d'Amenemhat; seul, un graffiti hiératique provenant de la pyramide du nord, nous donne une date, l'an 34, le premier mois de Pert.' Il est malheureusement incomplet et ne nous apj^rend pas ce qui se passa à ce moment là : nous avons affaire sans doute à une inspection de la nécropole d'Ousertesen ou simplement à la visite d'un dévot.

Un document plus important se trouve parmi les bijoux de la princesse Merrit. Plusieurs objets de ce trésor nous donnent, en effet, le nom d'Amenemhat, ou plutôt son cartouche f ® 5^"^]|) et je crois qu'il faut voir en elle une de ses sœurs, ensevelie sous son règne ou plus tard dans le tombeau préparé pour elle par son père Ousertesen III.

Le grand pectoral de cette princesse nous fait voir une scène historique fort intéressante : à cette époque, bijoutiers et sculpteurs comprenaient leur art de la même manière, n'y voyant pas

1. Lepsius, Briefe, p. 74. Au sujet des travaux d'.'\nieneinliat au Fayoum, voir Maspero, Hisloire ancienne (188O),

p. Io8 H2.

2. Le seul un peu complet de ces fragments est reproduit p. 115, fig. 271.

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