‹ Fouilles à DahchourChapitre 58 sur 69 · LE COLLYRE NOIR ET LE COLLYRE VERT, ETC · texte numérisé non relu

LE COLLYRE NOIR ET LE COLLYRE VERT, ETC

ne se trouve évidemment (ju'un seul Mestem parmi ces six collyres différents, — que ce soit le collyre à l'antimoine plutôt que l'un des collyres au plomb qui représente le Mestem. On ne peut donc même pas conclure, de la présence de l'antimoine dans la tombe de Nefertari, que le Mestem égyptien ait jamais pu, fût-ce par exception, être fabriqué avec de l'antimoine.'

Parmi les 34 collyres noirs étudiés par X. Fischer, il ne s'en trouve que 3 (n"' 6, 7 et 3i) qui appartiennent à la xii'' dynastie. Tous les autres datent de la xviii'' dynastie et des dynasties postérieures. Le fard de Dahchour, que nous avons à étudier, date de la xif dynastie. Il ne sera donc pas inutile, avant d'y arriver, de donner en entier la composition des trois fards de la même époque découverts au Fayoum par Flinders Pétrie.

Le n° 6, renfermé dans un pot de calcaire, provient de Kahoun. Il se compose en majeure partie de bioxydc de manganèse pulvérisé. On y trouve aussi, en faible quantité, de l'oxyde de cuivre, de l'oxyde de fer, du fer oxydulé, et quelques cristaux de sulfate de fer.'

Le n" 7 fut découvert également à Kahoun et était contenu dans un petit vase de terre cuite. Ce collyre était constitué uniquement par de la galène (.sulfure de plomb naturel), sans aucune trace de sulfate de plomb. Du sable et des débris végétaux s'y trouvaient à titre d'impuretés.^

Enfin, le n° 3i, provenant de la même localité, fut trouvé dans un petit récipient en albâtre jaunâtre. X. Fischer, sans en donner l'analyse, le compare au n" 26 (formé en majeure partie, — 83, 10%, — de sulfure et de sulfate de plomb) et ajoute qu'il contenait en outre un peu de soufre à l'état libre.*

Si, avant d'aborder l'étude du collyre noir de Dahchour, nous nous sommes donné la tâche de réunir tout ce qu'on avait publié jusqu'ici sur le Mestem égyptien, c'est que nous avons tenu à placer dans son véritable cadre l'examen de ce nouveau spécimen, qui est le 43'' collyre noir connu, et seulement le 4' qu'on puisse attribuer à la xif dynastie. Nous serons ainsi mieux fondés à tirer de cet examen des conclusions d'ensemble.

Ce collyre se trouvait dans un petit vase d'albâtre fermé simplement au moyen d'une toile nouée autour du goulot. Aucun nom, — c'est là un point à retenir, — n'était inscrit sur le vase. Quand on l'ouvrit en dénouant la toile, on constata que l'ouverture en était comme obturée par une véritable plaque déprimée au milieu et formée par les parties de la substance qui s'étaient desséchées les premières. Après avoir brisé cette croûte, on trouva, au fond du récipient, la matière granuleuse qui a été soumise à nos recherches.

Cette matière se présente sous forme de grains de dimensions très variables, presque tous assez réguHèrement cubiques. La plupart de ces grains ont environ i mill. de côté, mais il s'en trouve de beaucoup plus gros. C'est ainsi que, sur les 9 grammes de fard qui nous ont été adressés, nous avons pu isoler 8 grains dont le volume dépassait 5 mill. c. et dont le poids total était de 2 gr. 83. L'un de ces grains, même, pèse i gr. i 7 et mesure, sur trois de ses arêtes régulières, 6— 6 — et 5 mill. Du cube primitif, il ne reste que 3 angles et 3 faces, dont les arêtes, d'ailleurs, sont émoussées. Le reste est tronqué, irrégulier, et présente tout à fait l'aspect des cailloux roulés.

1. Le seul autre spécimen d'antimoine que l'on ait, à notre connaissance, rencontré dans les tombes pharaoniques, a été rapporté d'Egypte par Ft.inders Pétrie et examiné par J. H. Gladstone {On vuialUc copper, tin and antimony from anaent Eg)pt, dans les Proceedings of ihe Society of biblkal archœology, 1892, p. 227). Il s'agit, dans ce cas, non pas de collyre, mais de petites perles métalliques provenant probablement de quelque parure.

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