‹ Fouilles à DahchourChapitre 62 sur 69 · Ueber Mesdem, p · texte numérisé non relu

Ueber Mesdem, p

l62 A. FLORENCE ET VICTOR LORET.

Jusqu'ici on n'a, à notre connaissance, étudié que trois spécimens de fard vert. Le premier, — la poudre verte du British Muséum, — doit tout d'abord être écarté de la série qui nous occupe, puisque nous avons constaté que l'étui dans lequel il était renfermé portait, non pas le mot | J^g' mais la désignation d'un médicament tout spécial. Ce premier spécimen ne se rapporte donc certainement pas à Vouadjou égyptien.

Les deux autres fards verts sont ceux qu'a analysés X. Fischer (n°' 1 1 et i 7). Comme ils n'étaient accompagnés d'aucune inscription, ils peuvent être du |^o, de même qu'ils peuvent ne

pas en être.

Voici ce qu'écrit le chimiste allemand au sujet de ces deux fards : «Les spécimens n°' 1 1 et 17 semblaient fournir la preuve de l'emploi de l'hydrosilicate de cuivre. Ils présentaient, sous le microscope, de petits grains arrondis de teinte irisée, qu'on eût pu prendre pour de la résine, puis des fragments de cristaux blancs marqués de vert, et enfin de petits cristaux verts variant en intensité de couleur. Mais une goutte d'acide chlorhydrique introduite sous la lamelle amena le dégagement de petites bulles de gaz acide carbonique et, après traitement par une solution d'ammoniaque, les cristaux verts disparurent, ainsi que les marques vertes sur les fragments de cristaux blancs. On ne devait donc plus songer à un silicate de cuivre, mais bien à de la malachite ou à du vertde-gris '

«Les grains arrondis étaient du sable. Les fragments de cristaux blancs appartenaient à un siUcate soluble dans l'acide chlorhydrique. Un échantillon fut traité par l'acide chlorhydrique concentré, et le résidu insoluble recueilli sur un filtre. Pour déterminer approximativement l'acide silicique isolé, celui-ci fut séparé du sable insoluble au moyen d'une lessive de carbonate de soude et précipité de celle-ci.

Trouvé : 5, 93% SiO^ .sur 12, 31% CuO.

«Cette proportion nous fait songer de nouveau à un silicate de cuivre. Les fragments blancs pouvaient cependant être quelque verre artificiel qui, pulvérisé et mélangé avec du carbonate de cuivre artificiel ou naturel, servait de couleur ou d'émail »^

En fin de compte, X. Fischer s'arrête à la conclusion que «les fards verts sont un mélange finement pulvérisé, soit d'une pâte de verre artificielle, soit d'un siHcate naturel, avec du carbonate basique de cuivre».^

L'échantillon de fard vert de Dahchour qui nous a été remis se composait de trois ou quatre fragments assez volumineux, dont nous avons examiné le plus gros. Cette masse a les allures d'une roche. Elle est confusément triangulaire et mesure environ o™ 02 de haut sur o" 017 de base, avec une épaisseur variant de o™ 004 à o" 006. Elle pèse 2^' 70. La matière est d'une dureté assez considérable, mais irrégulière, et on ne l'entame que difficilement avec la pointe du couteau. Elle est nettement formée d'une gangue gris rosé, tirant par places sur le rouge violacé, et d'un minéral cuprique vert bleuté, d'apparence amorphe, réparti irrégulièrement dans la gangue. Une fissure, qui coupe obliquement l'échantillon, est toute remplie de ce sel de cuivre, qui y apparaît plus bleu et dans lequel on voit à l'œil nu briller ciuelques facettes cristalUnes.

Il nous a été facile d'obtenir par grattage un peu de ce minéral de cuivre, et de l'examiner isolément. Au microscope, avec une goutte d'acide chlorhydrique, il s'est dissous assez lentement

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