‹ Fouilles à la colonne ThéodosienneChapitre 11 sur 29 · C.I.Gr · texte numérisé non relu

C.I.Gr

no jjt7i7]ï oc

Kôhler

nonAi oc

Wilkinson

nOTBAI oc

Pococke

nOCE iBomoç

Sait

nociAi oc

Jolifius

nociAi oc

Clarke

nOCTOTM oc

Les lettres composant le nom du préfet, ainsi qu’on le voit, varient de 6 à 1 1 , et il y a à choisir entre Uo^Tirjïoç, ÜOTiaToç, ÜouêXioç, IloasiSwvtoç. üoofôioç et nôaioojJioç.

Le C. I. Gr. en se rangeant pour IIopTt^ïoç veut bien tenir compte de la tradition occidentale au *Moyen-âge, qui plaçait l’urne cinéraire de Pompée le Grand au sommet de la Colonne. Peut-être aussi il a cru en trouver une confirmation dans la lecture de Kôhler HoTiaioç. A vrai dire, d’après des calques très soignés et d’après examen attentif de l’inscription, en plein midi et à plusieurs reprises, la troisième lettre du nom propre du préfet* n’est pas un M. En admettant même pour un instant la lecture rrOTTAIOC, on ne saurait y voir qu’un préfet Poppæus allié de la famille qui avait donné une femme à Néron. IIo7taîbç; pour IIoTiTOXÎbç ne pourrait pas faire difficulté, si le nomen gentis de C. Avidius Cassius se trouve écrit dans nos papyrus ainsi qu’il suit :

La aôioxpàiopoç xaÊaapoç Tatou ’Aou^oo Kaofou < selon la prononciation locale.

Nous pouvons donc en tirer une conclusion : que la dédicace à Dioclétien ne garde pas toutes les lettres composant le nom du préfet. Cinq lettres nous sont acquises avec certitude ; ce sont TTOC— OC. Comme chacune de ces lettres a une largeur moyenne de om095 et que les lettres sont distancées ordinairement entre elles de omo^ , nous sommes forcés de laisser aux lettres de milieu om47,5 sur l’espace total de i m20 qui va du commencement du nom du préfet à la première lettre du titre ÉfTAPXOC. Comme le mot nOCÉlACONIOC suggéré par Pococke comprend neuf lettres pleines, et qu’il faut compter aussi les iota, quoiqu’il soient, selon l’habitude, très rapprochés de la lettre précédente, nous obtiendrions une longueur de ira35 au moins, et il faut en conséquence renoncer à y lire Poseidonios. Les chances sont pour Poseidios.

Le texte définitif de l’inscription serait en conséquence :

TON TIÀAICOTATON ATTOKPATOPA TON nOAIOTXON AA6Z ANAP6IAC AIOKAHTIANON TON ANIKHTON noc€iAioc sriAPXOC AirrnTor

« Poseidios, préfet de l’Egypte, a dressé la statue du très « vénéré empereur Dioclétien, le dieu tutélaire d’Alexandrie. »

L’inscription n° 2499 du Musée d’Alexandrie, en l’honneur de Dioclétien, est conçue dans le même style emphatique, que ci-dessus.

domi)NVM ORBIS TERR(arum) dec)VS PIET ATIS/AV(gustum) c)A VR/VAL/DIOCLETI AN(um)

р) A TREM AVGVSTOR/

с) A VR/SARAPION/VEn(erandum) (de/propri)0/F(ecit).

Le titre dominum orbis terrarum se trouve dans les inscriptions en l’honneur de Caracalla à Alexandrie, avant le massacre : T&V XOGJJLWXpdtTOpa X. T. X.

Ayant communiqué ces idées à M. le prof. Mahaffy, lors de sa récente visite au Musée d'Alexandrie, voici son avis : Since that time Leake studied it and read tbe naine of the epçrch with confidence as TTOYBAIOC. At last Dr. Botti bas done wbat Maillet suggested *

in iyoo, and has taken a squeeqe, b y no means an easy operation, seeing the si\e of surface. IVith him I studied it, and agréé with bis reading of the name as FTOC. . . OC, possibly however, TTOCCIAIOC.

Franz a observé que certains mots de la dédicace dioclétienne paraissent avoir été de industria deleti: c’est l’impression que j'ai reçu moi aussi en prenant le calque de l’inscription. Les mots qui ont plus souffert sont :

ier ligne : TtjJttwxaxov

2me » : noXiOD'/ov

3me » : AioxXy]Tiavèv

» » : àvÉXYjiov

4rae » : üoaetèioç et toute la cinquième ligne.

On a voulu effacer le nom de l’empereur ennemi des Chrétiens, ainsi que le nom du préfet. On a voulu protester contre le titre de venerandus, la vénération n’étant due qu’à Dieu : on a trouvé un blasphème dans le mot ndXioüfoç, divinité tutélaire; on a voulu effacer le mot àvixvjxov, invincible, du moment que le labarum triomphait.

Aussi dans le manque de basiliques authentiques à Alexandrie, le monument triomphal par excellence, le monument qui atteste de la victoire des Chrétiens oppressés, c’est encore la Colonne. Elle n'a pas la portée du Colossée, mais dans l’intérêt local les monuments s’équivalent.

Au XVIme Siècle.

1507. Martin Baimgarten, qui avant le 1507 visita Alexandrie ayant des Vénitiens pour guides, a v*u la Colonne. Il écrit :

« Extra urbis mœnia est Columna Magni Pompeii, sexaginta cubitorum, ubi et caput élus reconditum asserunt ».

Il n’est pas dit si ce sont les Alexandrins ou bien les marchands vénitiens qui assurent que la tête de Pompée est ensevelie à la Colonne. Mais on nous donne l'élévation de la Colonne en 60 coudées. Si ces sont des coudées grecques de 24 doigts, soit de om462963 chaque, la hauteur de la Colonne serait de 27m7777, ce qui concorde avec les, mesures trouvés par la Commission Française d'Egypte.

Il n’est pas sans importance de trouver ici que le tombeau de Pompée n'est pas placé au-dessus de la Colonne, mais près de la Colonne : ubi et caput eitis recoiiditum assenait.

1512, Zaccaria Tagani, cité par Lumbroso, à l’occasion de son voyage avec Domenico Trevisan, ambassadeur de Venise auprès du Grand Sultan du Caire, a appris à Alexandrie que c’est bien là que Pompée le Grand fut décapité et que c’est là que gît son tronc. Evidemment il s’est confié à des marchands vénitiens.

1576. Filippo Pigafetta , cité lui aussi par Lumbroso, après avoir dit que cinq hommes, les bras étendus, pourraient à grande peine embrasser le fût de la Colonne, observe que ce ne sont pas les Alexandrins qui l'appellent «Colonne Pompée» mais les Occidentaux.

Au XVI™ Siècle.

1616. Fr. Stefaiio Mantegaçga (Relazione tripartita del viaggio in Gerusalemme, Milano 1616 p. 71) rapporte qu’on croyait «che fosse opéra di Massenzio o forse di Massimino (Daza) eche sopra vi fosse un idolo che gli antichi facevano da ciascuno adorare, dando incontanente la morte a chi ricusava di farlo».

1616. Pietro delta y aile romatto (Viaggio ; ms. de la bibliothèque à l'Archivio di Stato, Turin — J. bf IX, 12, étudié par M. Lumbroso) se contente de dire qu’elle est « più grande assai di quelle del portico délia Rotonda in Roma, di quella che ha drizzata papa Paolo innanzi a S. Maria Maggiore e di quante altre ne abbiamo al nostro paese ».

En 1630 fraie Arc an gelo A a Pistoia s’écrie: Fttori délia città, tne{0 miglio da me{o giorno vi è ma colonna délia istessa pietra délie guglie di Roma, eretta sopra la sua base et col suo capitello in cima, tutta di un pe{{0 et più grossa et alta délia Trajana di Roma, quale si dice fusse eretta da Pompeo» Mention n’est pas faite de la grande salle. Il n’est plus question d’un prétendu tombeau de Pompée. On commence à se rendre compte de la dédicace gravée sur le piédestal, à l’Ouest. C’est Pompée qui a érigé la Colonne : la pensée des drogmans vénitiens voilée des grands souvenirs de la domination romaine ne, s’arrête pas au titre d’ iTCapXGç'AlyÛTCTOU ; il n’y a

que Pompée le rival de César, Pompée le Grand : c’est bien lui qui a élevé cette grande colonne.

1634. At ail events, the traveller Henry Blount speaks of it in 1634 as the monument which marked the place where the ashes of the great Pompey were laid. (Mahaffy).

1640. John Greaves, cité parLumbroso, témoigne de son admiration pour la Colonne, dont le diamètre lui semble être une fois et demie celui des colonnes du Panthéon.

Mais Antoine Morison en 1697 tient bon et a l'amabilité de nous apprendre que César fit dresser cette colonne, sur laquelle il fit mettre la tête de Pompée, enfermée dans une urne précieuse, qui s'y est conservée longtemps. Quelque chose de semblable se dit de la Colonne Trajan: l’empereur (M. le prof. Maës en est convaincu) repose encore dans son urne d’or, au-dessous du piédestal.

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