‹ Fouilles dans la nécropole de Vulci (volume 2)Chapitre 213 sur 343 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

des vases attiques, ce qui témoigne d'une certaine aisance \ A Voici, celles de nos tombes à fosse et à chambre qui contiennent des morts incinérés ne se distinguent pas par leur matériel des tombes k inhumation ^. Il en est de même à Bologne ^. — De plus, si Ton pense que la différence de sépulture témoigne d'une différence de race, il faut en conclure, d'une part, que les Etrusques arrivèrent en petit nombre à, Corneto, car il existe peu de tombes à inhumation du type le plus ancien (à cercueil) qui soient contemporaines des puits les plus récents ^ ; d'autre part, que vers le commencement du septième siècle il y eut à Corneto parmi les conquérants une augmentation de population considérable, tandis que le peuple soumis disparaissait presque entièrement, car à partir de cette époque les exemples d'incinération y sont assez rares. Cependant la civilisation qui s'y manifeste dans les fosses et même dans les chambres n'est en somme que la continuation de celle que nous révèlent les puits ^, et l'espace de temps assez court qui sépare l'introduction des fosses de la disparition des puits n'aurait certainement pas suflB pour former complètement - les Etrusques à cette civilisation. Il est donc naturel de supposer que la population à laquelle sont dûs les puits s'est maintenue, au moins en partie, à Corneto, après la disparition de ce type de tombe. On répondra que les Italiotes qui y sont demeurés y ont adopté en général le mode de sépulture des conquérants. — Ainsi, dans certains endroits des Italiotes auraient enterré leurs morts selon le rite étrusque, tandis que dans d'autres les Etrusques auraient brûlé les leurs

^ J'en dirai autant des statues cinéraires en pierre, ainsi que des caisses contenant des ossements brûlés et surmontées de groupes sculptés, qu'on trouve dans la région de Ohiusi.

^ Voir plus loin, chapitres II, III et IV. ^ Zannoni, GU Scavi délia Certosa, p. 419. ■* Martha, L^art étrusque, p. 42.

^ Voir la démonstration de M. Helbig, Annali delVInst., 1884, p. 116 sq; cf. Bull., 1885, p. 115-116 et Not. d. Scavi, 1888, p. 181 sq. Undset, Annali, 1885, p. 13 sq. Martha, L^Art étrusque, p. 45.

ÉTUDE DES FOUILLES

selon le rite italique. A mon avis, quand on est conduit à de telles conclusions, après être parti d'une hypothèse en faveur de laquelle on ne peut fournir aucune preuve directe, et qui est contredite par des témoignages historiques et des observations archéologiques — à savoir que l'apparition des tombes à inhumation parmi les tombes à incinération marque l'arrivée des Etrusques parmi les Italiotes, — on ferait peut-être mieux d'abandonner cette hypothèse.

Je pense, avec MM. Helbig, Undset, Martha, que l'introduction de l'inhumation en Etrurie n'indique pas la venue dans ce pays d'une population nouvelle. Dans les premiers temps de leur séjour au centre de l'Italie, les Etrusques ont pratiqué l'incinération, soit que ce fût proprement leur rite funéraire, soit qu'ils eussent emprunté ce rite aux Italiotes. L'inhumation a été introduite en Italie, chez des populations diverses, dès le huitième siècle \ non par suite de l'arrivée d'un peuple conquérant, mais grâce à des influences pacifiques exercées par des étrangers que le commerce attirait sur les côtes de la péninsule ; elle s'est répandue peu à peu, sans s'imposer, dans l'intérieur des terres. En Etrurie elle apparut d'abord, semble-t-il, dans la région de Corneto ~. Elle ne fut peut-être adoptée à Vulci qu'un

^ Naturellement je laisse ici de côté les exemples d'inhumation qu'on est en droit de rapporter à une population établie en Italie avant l'arrivée des Italiotes et de civilisation différente (voir par exemple pour l'Italie centrale Chierici, Bull, di palet, ■ital,, T. X, 1884, p. 123 sq. ; mais son hypothèse des Pélasges n'est pas fondée). Après la venue des Italiotes, cette population primitive, bien que vivant au milieu d'eux ne semble pas avoir abandonné, au moins complètement, son rite funéraire (voir par exemple Orsi, Bull, di palet, ital., T. X, 1884, p. 169 sq. Sergi, Atti e Memorie délia Deputazione di storia patria per la Eomagna, Série III, T. I, 1883, p. 17 sq. Brizio, ihid., p. 254 sq. Not. d. Scavi, 1889, p. 299 sq.; 1890, p. 137. Pigorini, Bull, di palet, ital., T. X, 1884, p. 34 sq. Cependant il y a quelques exemples d'incinération dans des tombes qu'on peut lui attribuer {Vigovim, Bull, di jjalet. ital., T. X, 1884, p. 45; XIII, 1887, p. 94).

~ Il est regrettable que pour le pays situé plus au sud, nous n'ayons pas encore de renseignements précis. En tout cas, l'inhumation était pratiquée à Cervetri et à Véies au septième siècle (tombe Regulini-Galassi : voir Canina, L'antica Etruria marittima, T. I, p. 182; pour Véies, voir les rapports, malheureusement trop courts, de M. Lanciani, Not. d. Scavi, 1889, p. 60 sq., 154 sq., 238-239).

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