‹ Fouilles dans la nécropole de Vulci (volume 2)Chapitre 214 sur 343 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

peu plus tard; en tout cas rincinération y demeura plus longtemps un rite très usité. A Bisenzio, les plus anciennes tombes à inhumation semblent dater du début du septième siècle à peu près \ Dans FEtrurie centrale et dans l'Etrurie du nord, ce mode de sépulture ne reçut pas un accueil aussi favorable que dans l'Etrurie méridionale, et il ne franchit les Apennins que vers le sixième siècle, à la fin de la période Arnoaldi de Bologne ~. Dans le Latium, la population italique des monts Albains resta fidèle pendant le septième siècle à l'incinération; celle de la plaine au contraire, à Rome, à Gabies, avait déjà adopté l'inhumation ^. Dans le pays des Falisques, à Civita-Castellana, l'inhumation s'introduisit dès la fin du huitième siècle ou le commencement du septième ^. A Terni, en Ombrie, elle était pratiquée à cette époque '\ En Campanie, dans la nécropole italique de Suessula, dont les tombes les plus anciennes remontent à la fin du huitième siècle environ, on ne trouve que l'inhumation jusque vers le commencement du cinquième siècle D'autres nécropoles italiques découvertes dans le Picenum et à Sybaris sont d'une époque plus récente ; le rite funéraire en usage y est l'inhumation ^.

Les Phéniciens, qui entretinrent de très bonne heure des relations commerciales avec les peuples de l'Italie, pratiquaient l'inhumation ^. Je ne serais cependant pas disposé à leur attribuer l'introduction de

.. ^ Voir le3 rapports de M. Pasqui dans les Not. cl. Scavi, 1886, p. 177 sq., 290 sq. ^ Gozzadini, Not. d. Scavi, 1884, p. 65 sq., p. 74. Brizio, Attî délia Deput. di stor. pair, per la Eomagna, Série III, T. III, 1885, p. 197 et pl. VI.

3 Voir Von Duhii, l. c. p. 29. Pour Gabies, Not. d. Scavi, 1889, p. 83-84. ^ Fouilles récentes au nord de la citadelle.

^ Voir Pasqui, Not. d. Scavi, 1886, p. 253 sq. Il y a dans cette nécropole quelques tombes à incinération, peut-être d'une époque antérieure (voir ibid., p. 259, 260,261, 268).

" Von Duhn, Mitth. des arch. Instituts, Rom. Abth., T. II, 1887, p. 286, 247-248. Cf. à Piedimonte d'Alife : Dressel, Annali delVhist., 1884, p. 220. Vûir à ce sujet Pigorini, Not. d. Scavi, 1888, p. 241. . * Voir Perrot et Chipiez, Histoire de V Art, T. III, p. 197. Cependant, au milieu de morts inhumés, on a trouvé récemment à Carthage des exemples d'incinération: De Vogué, Revue archéologique, Troisième Série, T. XIII, 1889, p. 164 sq.

ÉTUDE DE FOUILLES

ce rite en Italie ^ Quelques savants, entre autres M. Helbig me semblent avoir exagéré leur influence sur la civilisation qui s'est développée en Etrurie depuis la période des puits. Je croirais plutôt qu'il faut penser aux Grecs. Vers la fin du second tiers du huitième siècle, c'est-àdire vers l'époque où apparaissent h Corneto les premières tombes à inhumation, ils s'établirent d'une manière stable en Italie ; alors fut fondée Cumes Ces nouveaux- venus exercèrent dès le début une grande action sur la civilisation des peuples de l'Italie, qui, pour ne citer qu'un exemple, adoptèrent l'alphabet chalcidien de Cumes : les Etrusques et les Latins dès le septième siècle ^. Ils pratiquaient l'inhumation : à ma connaissance, les tombes les plus anciennes de Cumes n'offrent que ce mode de sépulture

Ainsi rien n'empêche de croire que les Etrusques fussent établis en Etrurie, lorsque le puits à incinération était encore le seul type

' Il faut observer pourtant qu'à Albano on a trouvé, avec des antiquités égyptiennes, une bandelette ayant appartenu à une momie (voir Helbig, Das liomerische Epos, p. 57). S'il était prouvé, ce qui ne l'est nullement, que les objets en question proviennent d'une tombe très ancienne, ce mode d'ensevelissement ferait penser aux Phéniciens, car rien n'autorise à admettre des rapports directs entre l'Egypte et l'Italie. D'ailleurs, comme le fait serait isolé, il serait permis de croire que le mort était un Phénicien, amené par le commerce dans le Latium, et non un Latin, pour lequel ce mode oriental de sépulture aurait été adopté.

^ Helbig, Das homerische Epos, p. 430 sq. Von Duhn, Bonner Studien R. Kekulé gewîdmet, p. 27, n. 41. Ouno, VorgescMchte Italiens, T. II, p. 219 sq. La fondation de Cumes suppose naturellement quelque connaissance du pays où les Grecs vinrent s'établir, par conséquent des relations antérieures avec les habitants des côtes italiennes.

^ Pour les Etrusques, voir plus loin, chapitre III, § 6. Pour les Latins, la fibule publiée dans les Mitth. des arch. Instituts, R'ôm. Ahth., T. II, 1887, p. 37 sq. Il y a lieu de croire qu'elle est tout-à-fait contemporaine des objets trouvés dans la tombe Bernardini (cf. d'ailleurs Mommenti dell'Inst., T. X, pl. XXXP, fig. 7). Je repousse absolument l'hypothèse d'une mystification. Sur l'époque de cette tombe, voir plus loin chapitre III, § 6.

* Les tombes à incinération ne sont pas antérieures au cinquième siècle. A Tarente, on ne trouve que des morts inhumés (Viola, Not. d. Scavi, 1881, p. 416). A Syracuse, dans la partie la plus ancienne de la nécropole, les deux rites sont eii usage (Mauceri, Annali deWInst., 1877, p. 39). Pour la Grèce propre, voir Hermann-Blûmner, Die grîechischen Privafalterthiimer, p. 373 sq.

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