DEUXIÈME PARTIE
Elle n'est elle-même que la continuation de celle du peuple des stations lacustres des provinces de Padoue, Vicence, Vérone, et des terramares des provinces de Mantoue, de Brescia et de l'Emilie, peuple dont on a retrouvé quelques-unes des nécropoles, à Monte Lonato di Cavriana (Mantouan), à Pietole Vecchio (ibid.), à Bovolone (prov. de Vérone), à Casinalbo (prov. de Modëne), à Crespellano (prov. de Bologne), à Copezzato (prov. de Parme) \ Le rite funéraire est le môme: c'est l'incinération Les céramiques présentent de grandes ressemblances : par exemple le motif de l'anse cornue, que M. Pigorini a récemment étudié ^, est un ornement commun à la civilisation des stations lacustres et des terramares de la partie orientale de la vallée du Pô (auxquelles se relient celles de la vallée du Danube) et à celle de Villanova. La forme de l'ossuaire de Villanova se trouve déjà dans les nécropoles du peuple des terramares^. Les rouelles à douilles servant de têtes d'épingles à cheveux sont communes aux deux groupes ^. Le rasoir lunulé de l'époque de Villanova ne paraît être que la moitié de celui des terramares ^. Il serait facile de multiplier ces rapprochements ^. Quelques nécropoles intermédiaires, dont la liste sera très probablement augmentée par des découvertes postérieures font encore mieux comprendre
T. IV, 1888, deuxième semestre, p. 301 ; T. VI, 1890, premier semestre, p. 192. Castelfranco, Bull, di i^alet. liai., T. XV, 1889, p. 78 sq. ; Revue d' Anthrojjologie, Troisième série, T. IV, 1889, p. 438.
1 Voir Pigorini, Bull, di palet, ital, T. XVT, 1890, p. 21 sq.
^ Dans les nécropoles appartenant à la civilisation de Villanova, l'inhumation ne s'est introduite qu' à partir du huitième siècle. Voir plus haut, p. 323 sq.
^ Voir plus haut, p. 269, n. 3.
* Voir plus haut, p. 257.
^ Pigorini, Monumenti aniichi deW Accademia dei Lincei, p. 14G-148. Pigorini, Mitth. des areh. Instituts, Rom. Abth., T. II, 1887, p. 150.
' Voir Helbig, Die Italiker in der Poehene p. 83 sq. Undset, Annali deU'Inst., 1885, p. 69 et 84. Pigorini, Bull, di palet, ital, T. XIII, 1887, p. 76 et notre § 3: vases accessoires.
* Pour le moment on peut citer Bismantova dans la province de Reggio (voir Undset, Annali delVInst., 1885, p. 60, 70 et 81 ; Westdeutsche Zeitschrift, T. VI, 1887, p. 104, n. 2. Pigorini, Btill. di palet, ital., T. XVI, 1890, p. 39, n. 2); — peut-être Redù dans la province de Modène (Pigorini, Bull, di palet, ital., T. IX, 1883, p. 109);
ÉTUDE DES FOUILLES
comment la civilisation de Villanova se rattache directement a celle des terramares \
Il est très vrai qu'entre les tombes appartenant à ces deux civilisations il y a des différences importantes. Mais pour les expliquer il n'est pas nécessaire de supposer l'établissement en Italie d'un non-' veau peuple qui aurait apporté au milieu dn peuple des terramares ses mœurs et son industrie. C'est ainsi que l'introduction de la décoration géométrique est due probablement à des commerçants étrangers qui débarquaient leurs marchandises sur les côtes italiennes *. — Le fer ne se trouve qu'en très petite quantité dans les tombes à puits et en général dans les plus récentes ^ ; ce n'est que dans les fosses qu'il devient fréquent. Ainsi cette industrie n'a pas dû pénétrer brusquement en Italie a la suite d'une population nouvelle qui en aurait possédé parfaitement la technique; il est vraisemblable au contraire
-et probablement Fontanella di Casteiromano dans la province de Brescia. On vient d'y découvrir une nécropole «qui, dit M. Locatelli, se rapporte à l'époque de transition entre l'âge de bronze et le premier âge de fer, et rappelle plus particulièrement la nécropole de Bismantova » {BïiU. di palet, ital., T. XVI, 1890, p. 50). - Voir pour les traces d'une civilisation un peu antérieure aux puits en Etrurie, Undset, Annali deU'InsL, 1885, p. 81, 82.
' M. Brizio qui nie que la civilisation de Villanova dépende de celle des terramares a insisté à plusieurs reprises sur cette observation que les terramares existent en grand nombre dans les provinces de Modène, Reggio et Parme, à l'ouest du Panaro, où la civilisation de Villanova ne se retrouve pas, que d' autre part les terramares sont peu nombreuses à 1' est du Panaro, où la civilisation de Villanova a eu un grand développement {Atti délia Dep. di stor. pat, per la Eomagna, Série III, Tome I, 1883, p. 264 sq; Tome III, 1885, p. 173-174; Not. d. Scavi, 1889, p. 289). La seconde partie de l' observation de M'. Brizio sera peut-être contredite par des découvertes postérieures, car les terramares du Bolonais ont été jusqu' ici assez mal étudiées (voir Pigorini, Bull, di palet, ital., T. X, 1884, p. 40, n. 12). - D' ailleurs, cela prouve simplement que la civilisation que nous montrent d' abord les terramares et leurs nécropoles, puis les nécropoles du type Villanova, s'est déplacée : ce que nous savions, puisque ce fut au commencement de la période de Villanova qu' elle franchit l'Apennin. A la suite de quels événements eut lieu ce déplacement? nous l'ignorons.
^ Voir à ce sujet les observations de M. Helbig (Annali deW Inst., 1875, p. 229 sq.); mais l'origine qu'il attribue à ce système de décoration géométrique est fort contestable.
' Voir plus haut, p. 300-301.