‹ Fouilles dans la nécropole de Vulci (volume 2)Chapitre 315 sur 343 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

IL — Tombes de Ponte-Rotto.

J'ai peu h dire sur les tombes CXXXIV-CXXXVI, qui ont été déjà fouillées avant nous, mais qui m'ont semblé intéressantes par leurs grandes dimensions et la disposition des chambres ^

Il n'est pas très facile de déterminer h quelle époque elles appartiennent : du reste elles ont dû servir pendant de longues années. Elles se trouvaient sur la même ligne que la tombe François qui, d'après les observations qu'on peut faire sur le terrain, semble être la plus récente de toute la file ^ et qui date du troisième siècle^. Les débris de poteries trouvés dans la tombe CXXXY, chambre V (p. 239) paraissent appartenir à la même époque. — Dans cette tombe (chambre VI, lettre F) il y avait une inscription latine sur un sarcophage qui d'après sa position paraît être un des plus récents. Or Vulci perdit son indépendance en l'an 474 de Rome ^ (280 avant Jésus-Christ). On

^ Cf. à cet égard la tombe François: Des Vergers, L'Etrurie et les Etrusques, atlas, pl. XXX (= Martha, VArt étrusque, p. 188, fig. 147). La tombe dont le plan est donné Monumenti delVInst., T. I, pl. XLI, fig. 4 (= Martha, l. c, p. 154, fig. 122) est à cassone et plus ancienne: elle me semble à peu près contemporaine de la Cuccumelletta qui est du sixième siècle (voir Helbig, £uU. delVInst, 1883, p. 50-51).

^ Immédiatement à l'ouest de cette tombe se trouve une dépression avec un sol rocheux qui n'est pas propre au creusement des sépultures; par là passait la route qui, venant des environs de la Cuccumella, traversait le Ponte-Rotto et aboutissait de l'autre côté de la Fiora à une des portes de Vulci. 11 y aurait d'autres remarques à faire à cet égard, mais elles ne peuvent être comprises que sur place.

^ Voir Martha, 'h'' Art étrusque p. 442-446. Noël des Vergers, JJEtrurie et les Etrusques, atlas, pl. XXXI, fig. 1, 3-7 et p. 27. — Cf. Helbig, Bull. delVInst, 1880, p. 144- 146: il s'agit d'une tombe du troisième siècle environ qui appartenait à la même file: elle est située à 76 mètres environ au nord-est de la tombe CXXXVI. — D'autre part les deux sarcophages du quatrième siècle publiés dans les Monumenti delVInst, T. VIII, pl. XVIII-XX (= Martha, VArt étrusque, p. 347, fig. 239; p. 356, fig. 245; p. 357, fig. 246) ont été trouvés, d'après ce que l'on m'a dit, dans une tombe située à quelques mètres à l'ouest de la tombe CXXXIV. Comme la découverte date de 1846 (Brunn, Annali, 1865, p. 244), je donne le renseignement sous toutes réserves.

^ Corpus inscript, latin., T. I, p. 457.

ÉTUDE DES FOUILLES

peut donc fixer approximativement l'époque de ces tombes au troisième siècle.

Les plafonds des chambres présentent des moulures qui imitent des charpentes.

1° Plafond cintré ou à échine, avec une large bande plate en relief au milieu, disposée dans le sens de la longueur de la chambre: . Tombes CXXXIV, chambre V; CXXXV, ch. IV; CXXXVI, ch. III, et VI. Cette disposition est des plus fréquentes ^

2° Sur chacun des versants du plafond sont figurées en relief des bandes parallèles ou chevrons, qui partant du sommet des murs latéraux viennent rejoindre la bande du milieu : CXXXIV, chambre 1 et fig. 80, ch. III; CXXXV, ch. III et VIL Ce type de plafond n'est pas rare non plus ^.

3° Plafond à caisson, formé par plusieurs séries superposées de deux bandes parallèles ; la seconde série est perpendiculaire à la première, la troisième h la seconde, etc. : ces séries sont en retrait les unes sur les autres^; CXXXIV, chambre II et fig. 81 ; CXXXV, ch. VI; CXXXVI, ch. V et fig. 86. Dans la chambre V de la tombe CXXXVI la partie rectangulaire et plate du plafond, limitée par les deux séries

^ Par exemple à Corneto: Helbig, Not. d. Scavî, 1890, p. 148, depuis le cinquième siècle. A Bieda, Sutri, Civita-Castellana, etc. A Vulci : plusieurs chambres de la grande tombe reproduite dans les Monumenti delPInst., T. I, pl. XLI, fig. 4 (= Martha, V Art étrusque, p. 154, fig. 122); de la tombe François.

^ Voir Martha, L'Art étrusque, p. 155-156. On l'observe déjà dans la chambre principale de la Cuccumelletta, qui est du sixième siècle. Le plafond de la chambre principale de la tombe François présente la même disposition. Dans les tombes à peintures, il arrive fréquemment que les chevrons des versants, au lieu d'être en relief, sont simplement indiqués par des bandes peintes : Des Vergers, UEtrurie et les Etrusques, atlas, pl. I; Helbig, Bull. delVInst, 1878, p. 183, 186; 1881, p. 47; etc.

^ Voir Martha, L'Art étrusque, p. 155. Tombe François à Vulci. Tomba délia Scimia à Chiusi: Monumenti deWInst., T. V, pl. XIV, chambre D. Tombe Casuccinî: Monumenti, ibid., pl. XXXII (= Martha, l. c, fig. 123). — Parfois, au lieu d'un caisson unique occupant toute la superficie du plafond, il y en a soit deux, un sur chaque penchant d'un toit à échine (Martha, l. c, p. 195, fig. 152), soit plusieurs séries enfermées entre les chevrons d'un toit à échine (par exemple Martha, Z. c, fig. 123; Monumenti, T. V, pl. XIV, fig. 1), ou entre les solives croisées d'un toit plat (p. ex. Canina, UAntica Etruria marittivia, T. II, pl. LXXXIV = Martha, l. c, p. 187, fig. 146).

DEUXIÈME TAETJE.

supérieures de solives, présente un cartouche en relief de forme ovale : on avait peut-être l'intention d'y sculpter une tête, comme on Ta fait dans deux chambres de la tombe des Volumnii à Pérouse \

4° Même système, mais au milieu de la chambre et au-dessus de ces séries de solives croisées s'élève une sorte de lanterne, en forme de pyramide tronquée: CXXXVI, ch. II et fig. 85-.

Les moulures qui encadrent les portes se retrouvent partout en Etrurie et il est inutile d'entrer dans des détails à ce sujet ^. Celle qui surmonte la ports conduisant de la chambre I à la chambre III de la tombe CXXXIV (fig. 80) peut être comparée à un motif de plusieurs tombes peintes de Corneto et de Chiusi. motif de forme assez différente, il est vrai, mais représentant aussi un socle sur lequel repose la travée principale du plafond ^. — Dans la chambre VII de la tombe

' Conestabile, Dei Monumenti di Perugia etrusca e romana, pl. IV, fig. 1 et 3 ; texte, p. 47 et 65.

^ Cette lanterne est rare. Je ne trouve à citer, comme exemples non semblables mais analogues, qu'une tombe de Corneto, dont le plafond est non en forme de caisson mais de pyramide tronquée (Canina, l. c, T. II, pl. LXXXII = Martha, Z. c, p. 157, fig. 125), et une urne de Cliiusi (Martha, l. c, p. 289-290 et fig. 198). Les ouvertures quadrangulaires, que présentent quelques plafonds dans des vestibules de tombes de la région de Civita-Castellana (Dennis, The cities and cemeieries of Etrurna, p. 93 et 98) et dans la chambre principale de la tombe des Tarquins (Dennis, /. c, p. 242; Canina, L c, T. I, pl. LXII; Martha, l. c, p. 191, fig. 149), sont beaucoup plus petites et n'ont probablement pas été taillées pour la même raison: c'étaient peut-être des sortes de puits pour descendre dans les tombes.

^ Pour les moulures à lignes droites (fig. 80), voir plus haut p. 438, n. 2. — Pour les moulures d'un type plus récent qui, des deux côtés du linteau de la porte, affectent la forme de crocs (fig. 81), voir Martha, L c, p. 168-169; Des Vergers, IJ Etrurie et les Etrusques, atlas, pl. XXII sq. (tombe François); Canina, L'Antica Etruria marittima, T. II, pl. CIX, fig. 3 et 7; Martha, l. c, p. 211, fig. 161 (cippes funéraires de Vulci). Cf. à Cervetri (Canina, l. c, T. I, pl. LXV, fig. 7), à Castel d'Asso {Monumenti delVInst., T. I, pl. XLIII en bas; pl. LX), à Norchia (Canina, l. c, T. II, pl. XCI), à Sovana [Monumenti, T. III, pl. LVII, fig. 7), etc.

^ Voir Martha, l. c, p. 403. A Corneto: tomba del Barone (}:lic?i\\, Monumenti per servire alla storia, pl. LXVII), tomba del Vecchio (Mon. delVInst., T. IX, pl. XIV, fig. 1), tomba del Morto (Monumenti, T. II, pl. II en haut), tomba dei Vasi dipinti {Monumenti, T. IX, pl. XIII = Martha, l. c, p. 383, fig. 262), toinba délie Bighe (Micali, l. c, pl. LXVIII), tomha del Citaredo {Monumenti, T. VI-VII, pl. LXXIX). A Chiusi, tomba Casuccini {Monumenti, T. V, pl. XXXII, fig. III).

CXXXV (fig. 83), cette travée est censée reposer sur un pilastre grossièrement tracé à la surface de la paroi du fond.

Les sculptures de la tombe CXXXVI sont trop endommagées pour qu'on en puisse reconnaître les sujets.

Dans les chambres II de la tombe CXXXIV et II de la tombe CXXXVI, on voit des restes de clous de fer enfoncés dans la muraille. Ils servaient à suspendre des vases ou autres objets \ L'existence de clous semblables, soit en bronze, soit en fer, a été fréquemment constatée dans des tombes étrusques^.

Quant aux inscriptions, elles n'offrent que des noms propres. Celles de la tombe des Tarnas me semblent être d'un intérêt particulier et font penser à la tombe célèbre de Tarchnas de Cervetri ^.

' Voir par exemple Noël des Vergers, VEtrurie et les Etrusques^ atlas, pl. I-III (= Martha, L'Art étrusque, pl. II et III).

^ Eaoul-Rochette, Mémoires de V Académie des Inscriptions, T. XIII, 1838, p. 586, et 670, n. 1. Canina, VAntica Etrtiria marittima, T. I, p. 181, 183. Helbig, Bullettino deU'Inst., 1881, p. 50 et 163; Not. d. Scavi, 1890, p. 149. G-amurrini, Not. d. Scavi, 1880, p. 441. Etc.

^ Denuis, Cities and cemeteries of Etruria, T. 1, p. 2A2 sq. Ga,n'ma,, UAntica Etrnrîa marittima, T. I, pl. LXII. Fabretti, Corpus inscr. ital. n " 2347 sq.

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