‹ Fouilles dans la nécropole de VulciChapitre 112 sur 149 · DE LA FIN DU SEPTIÈME SIÈCLE AU COMMENCEMENT DU CINQUIÈME · texte numérisé non relu

DE LA FIN DU SEPTIÈME SIÈCLE AU COMMENCEMENT DU CINQUIÈME

I. — Tombes à couloir simple et tombes à vestibule découvert ou cassone.

Il faut distinguer deux types de tombes anciennes à chambre: l"") Les tombes qui consistent en une chambre à laquelle on accède directement par un couloir (tombes IV, X, XII, XIII, XIV, XLV, XLVI, XLVII, LV, LXVIII, LXX, LXXIII, LXXX, XCV, CXVl) \ et qui rappellent les tombes à corridor de Gorneto ^. Quelquefois, il y a d'antres chambres ayant leur entrée sur les côtés du couloir (tombes XU, LXX, LXXIII, LXXX).

2'') Les autres présentent un vestibule quelquefois carré et plus souvent rectangulaire, k ciel ouvert, dit cassone^ dans lequel débouche le couloir, généralement vers le milieu d'un des côtés longs ^; en face ont été creusées une (tombes III, V, VI, VIII, IX, XI, XVI, XVII, XVIII, XLVm, XLIX, LU, LIV, LX, LXI, LXIV, LXV, LXVII, CIV, CV, CVII) ou plusieurs chambres (tombes I et II ?^ VII, XV, XLIV, LT, LUI, LIX, LXVI, LXIX, LXXIX, CVI). Quelquefois d'autres chambres s'ouvrent aussi sur les petits côtés du cassone (III, B; VIII, B; IX,

^ Peut-être atissi la tombe I, voir p. 10-11.

«MftTtha, VArt étrusque, p. 106. Helbig, Bull. delVInsL, 1885, p. 116; Not. d. Scavij 1888, p. 181.

' Les tombes VIII et LI font exception^ mais c^est pour ane raison particulière indiquée p. 81 et 121.

* Voir note 1.

492 DKtxiiJtE FjjrriE.

B, Cy D ; LXl V, B; ; quelquefois aussi, mais plus rarement, il y en a rar le cAté long du cassone par lequel débouche le couloir (LI, Â, B ; LIX, E, F, G, H). Le couloir même en présente parfois aussi (IX, E, F; XVII, h). Enfin il y a assez fréquemment des chambres intérieures, fianit communication directe arec le cassone (XLIX, B, C, D ; LU, 6, F, G ; LXV, B ; LXVI, E) \

Les tombes k cassone ne se trouvent, a ma connaissance, qu'à Yalci et dans le territoire qui dépendait de cette ville étrusque *.

Quoique nos fouilles ne nous aient pas donné d'éléments suffisants pour résoudre la question avec certitude, il y a quelque raison de croire que le type le plus ancien est celui des tombes à couloir simple. Parmi ces tombes, plusieurs ne contenaient aucun objet en bacchero : XII, A (mais cette chambre n'a pas été entièrement fouillée) ; XII, B ; XIII ; XIV. Les poteries locales qu'on y a recueillies ressemblent exactement à celles des tombes à fosse que nous avons étudiées au chapitre IIL La chambre C de la tombe XII, où il y a peut-être eu du reste deux dépositions^ contenait quelques buccheri, mais les poteries d'impasto italico y étaient plus nombreuses: le n"" 15 est une des formes caractéristiques du matériel des fosses ^. Quant aux poteries grecques elles sont représentées par des vases à décoration géométrique semblables à ceux de nos fosses: XII, B, 6 ; XIII, 2, 3, 4, 9, 10; on trouve aussi, il est vrai, quelques vases de la classe dite corinthienne, mais seulement du type le plus ancien (avec des quadrupèdes courant ou de simples ornements) : XTI, A, 6, 7 ; XII, C, 17 ; XIII, 11 ; XIV, 3 et 4. Des fibules semblables aux n°' 10 de la tombe XII, A;

* Voir, outre les figures de la première partie de ce livre, des plans de tombes à cassone de Vulci dans les Monumenti deWinsL, T. I, pi. XL, fig. a; a, 11, 12-14, et pi. XLI, fig. 4; dans le BullettinOj 1884, p. 166.

• A Pescia Romnna, près de Montalto: Nof, d. Scavi, 1880, p. 249. A Toscanella: Monutnenti dclVlnst,^ T. I, pi. XL, fig. c7, 1. -* Cf. Martha, VArt étrusque^ p. 188-189.

' Voir plus haut, p. 47 au bas, et p. 49^ n** 18.

^ La chambre XII, F, où Ton n^a trouvé que des buccheri, semble plus récente comme l'indique d'ailleurs sa position dans }e couloir.

434 DEUXIÈME PABTtE.

Toujours est-il que les tombes d'une époque postérieure (XXIII-XXVIII, XXX^ XXXIIy XXXIII^ de la fin du cinquième siècle ou du commencement du quatrième ; CXXXIV-CXXXVI, du troisième siècle environ) sont toutes à couloir simple ^ La plus récente tombe k cassone qui soit connue ^ n'est guère postérieure au milieu du cinquième siècle, à en juger d'après les vases attiques qu'elle contenait^.

Si l'on admet que le type de la tombe à couloir simple doit se placer chronologiquement entre ceux de la fosse et du cassone, l'explication que M. Helbig donne de l'origine du cassone n'est peut-être pas exacte. Selon lui^, ce type de tombe dériverait de la fosse: on aurait conservé la fosse, mais en cessant d'y déposer le mort; elle serait devenue un vestibule donnant accès à la ou aux chambres funéraires ; on aurait ajouté un couloir. — A mon avis, la tombe à cassone dérive de la tombe à couloir simple, à laquelle on a ajouté un vestibule ^. Du reste je ne me rends pas compte avec certitude de la cause de cette addition. Est-ce une imitation de l'atrium de la demeure étrusqae ? dans ce cas il serait difficile d'expliquer pourquoi le cassone est entièrement à ciel ouvert^ et pourquoi il affecte cette forme de rectangle allongé. Désirait-on former une sorte de cour, sur laquelle pouvaient s'ouvrir plus de chambres que sur un simple cou-

^ Nos fouîUeurs m'ont affirmé que jamais on ne trouve de miroirs gravés, de candélabres, de vases dits campaniens dans les tombes à cassone.

« Décrite par M. Helbig, Bull. delVInst, 1883, p. 40 ; cf. 1884, p. 165, n. 2.

' Je recale un peu la date fixée par M. Helbig. J'ai examiné ces vases au musée Torlonia, à Rome. Pour fixer l'époque des plaques d'ivoire de cette tombe (ibid.^ p. 41), cf. Museo italiano di antichità classicaj T. III, p. 211, et les observations de M. Milani à cet endroit.

^ Bull. deWInst, 1884, p. 166.

^ A Véies et à Givita-Castellana, au contraire, il y a des tombes qui dérivent directement de la fosse. Ce sont des fosses rectangulaires sans couloir, sur les côtés longs desquelles on a pratiqué un ou deux loculi renfermant les morts et les dépôts funéraires (d'autres fois la fosse renferme le mort, le réduit les objets ensevelis avec lui): voir Lanciani, Not. d. Scavi, 1889, p. 164; Cozza et Pasqui, ibid., 1887, p. 171. Mais ce type de tombe qui n'existe ni à Cometo ni à Vulci n'a aucun rapport avec nos cassonî.

^ Il n'y a ni trous, ni traces de bois qui puissent faire supposer l'existence d'une charpente formant un toit.

loir, ce qui permettait de réunir dans une même sépulture un plus grand nombre de membres de la même famille? Mais les tombes k cassone où il n'y a qu'une seule chambre, ouverte en face du couloir, sont fréquentes ; on pourrait répondre, il est vrai, que ceux qui ont fait creuser cette chambre unique, avaient Vintention d'en ajouter d'antres plus tard.

Les tombes à chambre, soit à couloir simple, soit à cassone, se trouvent partout dans la nécropole de Yulci aussi bien sur la rive droite que sur la rive gauche de la Fiora.

Quelques fosses sont contemporaines des tombes à chambre que nous étudions dans ce chapitre. La tombe L, qui était isolée, semble n'avoir pas eu de couvercle. — Dans le sol du cassone de la tombe LXI est creusée une petite fosse (LXII) avec un couvercle de dalles : elle appartient à Tépoque de l'importation des vases attiques à figures noires. M. Helbig a signalé une tombe de type analogue (mais à inhumation, tandis que la nôtre est à incinération), trouvée dans le couloir d'un cassone ^

Nous n'avons pas rencontré de tombes dites à btico^ type assez fréquent dans la nécropole de Corneto *, et qu'on retrouve h Bisenzio ^ : elles consistent en un simple trou rond ou quadrangulaire, dans lequel on a déposé un seul vase peint contenant les ossements brûlés du mort ^ ; le couvercle est une dalle de pierre : ces tombes datent du sixième siëcle et du commencement du cinquième.

^ Bull. delPinst, 1884, p. 170. Elle est plus récente que la nôtre. — Â Orvieto on tronve des sépaltures analogues: voir Korte, Annali delVInstj 1877, p. 110.

« Voir Helbig, Not d. Scavi, 1888, p. 68 ; 1890, p. 148 et 149.

» Helbig, Mitth. des areh. Instituts, RlM. Abth., T. I, 1886, p. 23.

^ Voir cependant p. 117-118: il s'agit peut-être d'une sépulture analogue, mais elle ne serait trouvée à l'intérieur d'une tombe à chambre.

IL — Disposition des tombes.

Nous n'avons trouvé au-dessus de nos tombes k chambre ni tertres, ni cippes indiquant leur emplacement : du reste les pluies et les travaux agricoles ou autres ^ ont pu les faire disparaître. Nous avons seulement reconnu l'existence, à la Polledrara, d'un grand tombeau rond, avec une enceinte de plaques de nenfro ^ semblable h la Cuccumella et à la Cuccumelletta ^, mais je ne saurais dire h, quelle époque il appartient : en tout cas il est antérieur à la disparition des cassoni, puisque l'enceinte était entamée par une tombe de ce type.

Les couloirs qui conduisent soit directement aux tombes, soit aux cassoni, sont en pente douce ou à degrés ^. Ils ont une largeur moyenne de 0"80 à 1 mètre.

Les dimensions des cassoni sont très variables (longueur de 2 à 5 mètres environ; largeur de 1 mètre à 1".80; profondeur de 2 à 1 mètres).

Il suffit de regarder les plans donnés fig. 11 (p. 53) et 50 (p. 166) pour se rendre compte qu'il n'y avait aucune règle pour l'orientation des tombes: on les creusait dans la direction la plus favorable, aux places laissées libres.

^ Beaucoup de blocs de nenfro ayant fait partie des enceintes de la Caccumella et de la Cuccumelletta ont été dans ce siècle transformés en moellons et ont servi à la construction de murs grossiers.

* Voir p. 66-67.

^ Sur ces tombes et d'autres semblables, voir Martha, UArt étrusque^ p. 203 sq. — Je fais remarquer en passant que j'écris Cuccumdlaj Cuccumelletta^ avec deux c au milieu, parce que dans le pays on prononce ces deux c et que c'est l'orthographe adoptée sur la carte de l'Etat-Major italien (F*^ 136, III, au cinquante-millième). A mon avis, il n'y a pas d'autre étymologie admissible que cuccumn qui en Toscane signifie sommet de montagne.

^ A degrés : tombes I-II, III, IX, X, XI, XII. Il y en avait sûrement d'autres, mais nous n'avons pas fouillé tous les couloirs, dans lesquels il n'y a généralement rien à trouver.

Les chambres présentent deux modes de fermeture: tantôt on a dressé de champ devant la porte une grande dalle de tuf (plus rarement de travertin * ou de nenfro ^), tantôt, et c'est le mode le plus fréquent, des blocs quadrangulaires ^ de tuf ont été superposés entre les montants de la porte; quelquefois ils sont flanqués de deux séries de blocs dressés ^. Le premier système semble avoir été le plus ancien ^, mais il s'est longtemps maintenu ^. Parfois, il y a deux fermetures : une dalle dressée et des blocs à plat^.

Dans la région de la Polledrara, depuis le sixième siècle jusqu'au quatrième environ, on s'est servi assez fréquemment pour clore les portes des tombes de fragments architecturaux en nenfro (voir tombes XXIII; XXVI; XXX; XXXlt; XXXV; XLV; XL VII; XLIX, D; LIX, F ; LXVI, A). Ces fragments devaient provenir d'un vaste édifice situé dans le voisinage et tombé en ruine dès le milieu du sixième siècle environ: je ne saurais du reste indiquer son emplacement exact ^.

La tombe XLVIII avait une porte de nenfro, dont les moulures imitent les tringles d'une persienne (fig. 40). On en a trouvé de semblables k Cometo, mais les parties plates (les bandes des bords et

^LI, A; LXIV, A et B; LXIX, A; LXX, A; LXXIX, B; LXXX, B.

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