‹ Fouilles dans la nécropole de VulciChapitre 114 sur 149 · URNES ET BASSINS EN TERRE ROUGE OU JAUNE · texte numérisé non relu

URNES ET BASSINS EN TERRE ROUGE OU JAUNE

Formes 13 et i5. L'urne de la forme 1 3, extrêmement fréquente ^, est de terre rouge (cassure intérieure grisâtre au centre), de technique généralement peu soignée. Je n'oserais affirmer que tous les exemplaires aient été faits avec un tour véritable ^. Sur la surface du vase, il y a un engobe d'argile plus fine. — M. Lanciani^ dans sa relation des fouilles de Véies dit que *^ la caractéristique du cimetière de Picaz— zano lui semble être la présence dans presque toutes les tombes d'une urne à deux anses, semblable au type des stamnoi, mais avec l'ouverture un peu plus étroite. Ces urnes sont d'argile rouge et ont une hauteur de 0°'.25 à 0°". 30^,,. Les tombes du cimetière dont parle M. Lanciani sont d'après la description qu'il en fait contemporaines des nôtres. Une forme presque semblable à la nôtre se trouve aussi tr^s fréquemment à Orvieto, dans des tombes du sixième siècle^.

La forme 19 est de même technique.

Formes 40 et 21. Les jarres des formes 40 et 21 ne sont pas rar^s non plus; la terre est généralement rougeâtre, quelquefois jaune, avec une couverte blanche ; on n'a pas employé pour les fabriquer un toa ^^ perfectionné. H y en a d'analogues à Orvieto^.

Forme àl. Nous avons trouvé quelques grandes amphores de fabrî^ cation locale, de la forme 41, en terre rouge (VII, A, l et 2; LXV, 3^

' Voir Pindez des formes de vases.

' Quand j'ai indiqué dans la première partie de ce travail qu'on vase a été f&^ au tour, il s'agissait toujours du véritable tour, semblable à celui dont on se serval en Orient depuis une époque très ancienne.

^ Not. d. Scavi, 1889, p. 61.

^ Cozza et Pasqui, ibid., 1887, p. 370, pi. XI, fig. 19.

^ Cozza et Pasqui, Not d. Scavi, 1887, p. 370, pi. XI, fig. 20.

21 , 22) OU jaune (X, 1). Les n*" VII, A, 1 et 2 présentent une couverte noire, avec quelque emploi des couleurs rouges et blanches; le n"" X, 2 a si^ossi une couverte noire. Cette forme est évidemment imitée de la céx^amique grecque. On la trouve avec des vases corinthiens primitifs (X) et corinthiens récents (VII et LXV).

Formes 177 et 139. Je citerai encore quelques poteries grossières : c«."vettes de la forme 177, en terre jaune: VII, A, 29; IX, D, 10; X^VIII, 4; LXXX, B, 7; CV, 14 (cette forme existe aussi en impasto ita»lico, voir plus loin); exemplaire monté sur trois pieds, forme 139: . 14 ^

VÂ8E8 D'IMPASTO ITALICO ET DE BUCCHERO.

n y avait dans nos tombes à, chambre beaucoup de céramiques terre foncée, brune ou noire. Les unes appartiennent à la classe ''on peut appeler Vimpado italico, les autres sont des buccheri^. Sauf rares exceptions, les poteries d'impasto ne se trouvent que dans les toiaabes les plus anciennes. Ce sont en général les mêmes formes que 'CôXles des fosses, avec la même technique: la terre, de composition volcanique, est grossière et d'ordinaire le tour n'est pas employé. — L^s buccheri sont bien plus nombreux. Dans un opuscule publié il y a q.vxdques années ^ M. Klitsche de la Grange a indiqué de quelle ma-

* Cf. Bull, délia commiaslone municipale di Roma, T. III, 1876, pi. VI- VICE, fig. 28.

exemplaire au mnsée de la villa du pape Jnles, provenant de Civita-Castellana.

' Par le terme buccheri je désigne, ainsi que le montrera du reste la suite de ce ^l^^pitre, des vases façonnés avec une argile fine, faits au tour, cuits au four, ayant ®i^ général des formes qui diffèrent de celles des poteries de Tépoque antérieure, pré- Oô Xi tant une surface brillante de couleur noire ou, en cas de fumigation insuffisante, ^^ couleur cendrée: dans les exemplaires à surface noire appartenant aux premiers ^^^^Xips de la fabrication des buccheri, les cassures intérieures sont noires près des oox^ds avec un filet cendré plus ou moins large au centre; dans les exemplaires plus **èci^nt8 (à peu près à partir de l'époque de Timportation des vases attiques), ce filet Q^^jDaraît et tout Tintérieur est aussi noir que la surface.

^ Sulla tecnologia del vasellame nero degli antichi^ Bome, 1884. Cf. Martha, VArt

\que^ p. 462.

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niève il a pu fabriquer des buccheri. Les vases sont façonnés avec cBEide Targile ordinaire, cuits à une température peu élevée, enfumés dan^K^s un récipient clos qui est à moitié rempli de sciure ou de copeau: de bois résineux ; grâce à cette fumigation la pâte devient noire. L^au teur a montré comment le bucchero dérive de V impasto. Cette poterii primitive (qui se rattache directement k celle des terramares), fail avec de l'argile tufacée, façonnée à, la main, cuite à feu libre, fu transformée: l"") par l'emploi du tour; 2"^) par l'introduction du fou qui permit l'usage de l'argile plastique, plus fine que Targile tufacée ; 3**) par l'imitation sur une très grande échelle des formes grecques». , figulines ou métalliques. — Ces diverses innovations ne se produisireni pas brusquement et en même temps: il semblerait que l'emploi di four ait un peu précédé celui du tour \ quoiqu'on n'ait pas changi tout de suite la qualité de l'argile employée; des formes grecques sont déjà imitées à Tépoque des fosses ^, où l'on trouve aussi certaines poteries qui pourraient bien avoir subi une fumigation dans un récipient clos^.

Par suite d'une fumigation insufiîsante, un assez grand nombre de buccheri ont un aspect cendré ^. Je ferai remarquer que cette coulen-X s'observe en particulier sur certaines formes: 84, 166, 174, 179, 18T j 188, et surtout sur des formes qui rappellent les céramiques des fosses • 105, 107, 125, 126. Il ne s'agit donc pas seulement d'accidents de fabrL ^ cation. Etaient-ce les produits d'un atelier particulier? Voulait-on, pa une technique spéciale, montrer que ces vases représentaient des type.

* Voir plus haut, p. 367.

« Voir p. 378.

^ Voir p. 367. — Je ne veux pas nier du reste que l'idée de faire des poterie^^ noires ait été inspirée aux artisans italiens par la vue de certains vases importés (voii à ce sujet Gardner, Journal of hellenic StudieSf T. X, 1889, p. 127-128). La questioi est encore très obscure, et je n'ai pas à ma disposition les éléments nécessaires pot l'examiner.

* Cf. Klitsche de la Grange, L c, p. 5, n. 1. Milani, Museo itaîiano di aniichii

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ÉTUDE DES FOXnLLES. 447

"tïrës anciens, conservés peut-être parce qu'ils avaient une signification

ix-ituelle? Pour les formes 105 et 107, je serais tenté d'accepter cette

dernière hypothèse. A Corneto ^ et h Orvieto * on a trouvé en effet

dans des tombes à chambre des tasses analogues, d'une argile brune

ou grise et faites à la main, au milieu de buccheri qui montrent une

technique très avancée; à Vulci môme, cette forme 105, faite à la miain et avec une terre grossière, se trouve encore parmi des buc-

cheriy alors que les autres poteries d'impasto ont presque entièrement

clisparu (XV, A, 7; XVII, A, 6; XVII, B, 5; XLIX, 63, 64; LI, B, 8;

XII, 20; LXVIII, 9; XCV, 8 (cf. XLIV, B, 4, qui est delà forme 107).

JT'en dirai autant pour la forme 126, qui se retrouve aussi avec une

iyechnique primitive à Orvieto, k l'époque du plein développement du

l)ucchero '.

Pour déterminer l'époque h laquelle on commença k fabriquer dans la région de Corneto et de Vulci les buccheri proprement dits, nous ferons les observations suivantes:

A Corneto, on rencontre quelques buccheri accompagnés de poteries «l'impasto italico dans des tombes où il y a un assez grand nombre de ^ases corinthiens primitifs (avec des quadrupèdes courant ou de simples ornements), et parfois aussi, mais en petite quantité, des vases corin i;hiens récents (avec des animaux de style oriental) *.

A Vulci, dans nos fosses où nous avons trouvé d'assez nombreuses j)oteries importées à décoration géométrique, il n'y avait pas de buc-

* Helbig, Bull. dtWInsL, 1886, p. 81, n° 8 et p. 118; cf. Not. d. Scavi, 1890, p. 74.

* CozzB, et Pasqui, Not. d. Scavij 1887, p. 367, pi. XII, fîg. 28 et 29. — Cf. peutêtre aussi à Véies (Lanciani, XoL d. Scavi, 1889, p. 61).

' Cozza et Pasqui, ibid.j 1887, p. 369, pi. XII, fig. 22.

* Helbig, Bull. delVlnst, 1882, p. 10; 1884, p. 122123; 1885, p. 121 sq. Mitth. des €ireh. Inêtituis, E&m. Ahth., T. Il, 1887, p. 154; iS^o^ d. Scavi, 1890, p. 74. — La tombe du Ouerrier qui renfermait des vases importés de style géométrique et aucun vase de "type corinthien ne contenait pas de buccheri proprement dits (voir plus haut, p. 317, ai. 8). Cf. aussi les tombes à couloir très anciennes décrites par Helbig, Not. d, Scavij 1888, p. 181-184.

448 DEUXIÈME PABTIE.

chéri proprement dits. — Dans les tombes à chambre qui contenaient des vases corinthiens récents, les buccheri sont nombreux et il n'y a presque plus de poteries en impasto italico. — Certaines autres tombes où Ton a trouvé des vases corinthiens primitifs, mais non des vases corinthiens récents contenaient seulement des poteries en impasto italico ^ ou bien à la fois des poteries en impasto et des buccheri ^ Mais il faut se souvenir que si l'importation des vases corinthiens récents a suivi celle des vases corinthiens primitifs, elle ne Ta pas fait cesser; que nos observations portent sur un petit nombre de tombes, tandis qu'à Corneto on en a ouvert beaucoup; que dans cette ville, plus rapprochée de la mer et peut-être plus riche h cette époque, les poteries importées sont plus fréquentes, ce qui permet des conclusions plus précises ; qu'enfin Corneto semble avoir, d'une manière générale, précédé Vulci dans la voie des progrès industriels.

J'incline donc à croire que la fabrication du bucchero n'a pas commencé plus tôt h Vulci qu'à Corneto : la date approximative que je proposerais serait le dernier tiers du septième siècle.

n est difficile de dire à quelle époque a cessé la fabrication du bucchero à Vulci: nos fouilles ne nous ont pas fourni de renseignements suffisants à cet égard ^ Je ferai observer que dans chacune des deux chambres de la tombe LXXIX (commencement du cinquième siècle environ) il n'y avait plus qu'un vase du bucchero ; et qu'il en était de même dans la tombe XXXIV qui est de la première moitié du cinquième siècle. Dans ces exemplaires l'argile a été tellement enfumée qu'elle se brise avec une extrême facilité, et qu'il suffit de passer l'ongle sur la surface pour en détacher des parcelles: ils appartiennent à la dernière période de la fabrication des buccheri. Cependant il ne faudrait pas trop insister sur la rareté des buccheri dans ces deux

^ XII, A (non entièrement fouillée) ; XIII et XIV.

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