LETTRE DE M. ARCELIM A M. VALENTIN -SMITH
Micon, le 23 juillet i368.
Monsieur,
De nombreuses affaires m'ont cmpêdié à mon grand regret de vont adresser plus tôt l'envoi que j'avaif eu l'honneur de vous prometire. Je fais mettre aujourd'hui au chemin de fer, à votre adresse, une petite boite renrermam des échantillons (étiquetés de nos fouilles de Solutré et quelques fragments caractéristiques des poteries de la Saône (Age de la pierre polie — âge du bronïej.
En même temps, je mets à la poste une note que je vous avais éga- Icroent promise sur les fouilles de Saint-Barnard. C'est le résumé de mes imprcsiioDS personnelles, que je tiens beaucoup à soumettre i votre savante appréciation. Je vous serais extrêmement obligé, Monsieur, si vous vouliez être assez bon pour me faire connaître vos observations; peut-être s'est-il glissé dans mon travail des inexactitudes de fait, que vous pourriez rectifier; enlïn, les rapports de MM. Cadoi et Guigue, tels que je les al vus et tels qu'ils ont été envoyés au Ministère étant très sommaires, trop sommaires sur certains points, peut-être pourrieï-vous y ajouter d'aprts vos souvenirs quelques détails intéressants.
Quand vous aurez lu mon petit travail, je vous prierai également. Monsieur, de vouloir bien, comme vous me l'avez proposé, le transmettre à M. Guigue, à qui j'en ai parlé. Il y joindrait aussi ses observations personnelles et le compléterait sur certains points qu'il a, m'at-il dit, été obligé d'abréger beaucoup dans son rapport.
Une fols que M. Guigue en aura pris connaissance, je l'adresserai i M. de Morlillet, aciucllemeat attaché au Musée de Saint-Germain, ei dont l'espérience est si grande en pareille matière. Je tiendrais beaucoup i avoir son avis, il vient de m'écrire que les liimiiU de Saint-Bar-
(l) Voir pigie jÉj du numfra j dïU JtwwJ" Ljçufi^
nard sont classés à Saint-Gcrmiiin comme étam du premier âge du fer. Je crois qu'il y a des réserves i faire. Comme vous le vcrrci, mes fouilles dans la Saône jetient, si je ne m'abuse, ur.e certaine lumière sut certains points et tendent â modifier certaines manières de voir.
J'esptre, Mcosieur, que vous ne me irouvereï point trop présomptueux si je reviens sur une question oii tant d'hommes plus compétents que moi avaient déjd apporté leurs savantes lumières. Je me 6gure apporter quelques fjlis nouveaux dans le débat ; voilà pourquoi je me permets d'itiirer de nouveau votre attcniion sur ce point.
Les gisements de Saint<Burnard sont si importants pour notre archéologie des bords de la Saône qu'on ne saurait, je croîs, les étudier de trop prés ni trop longtemps.
Veuillez agréer, je vous prie. Monsieur, avec tous mes remerclments pour l'obligeance que vous avcï mise i faciliter mes recherdies, l'eiprcssioD de mes sentiments les plus respectueux et les plus dévoués.
Ad. Abcelin.
Vous trouverei. Monsieur, dans mon rapport, la liste explicative des échantillons contenus dans la caisse.
J'ai vu M. Cadot et je lui ai fait votre commission, il me charge, Monsieur, de vous transmettre ses compliments et ira procliai
'Nf 17
EXTRkir DES ÉTUDES P.iLÈŒTHNOLOGIQVES , OU RE- CHERCHES GÈOLOGICO'ARCHÈOLOGIQUES SUR L'INDUS- TRIE ET LES MŒURS DE L'HOMME DES TEMPS ANTÉ- HlSrORIQUES DA^S LE NORD DU DAUPHISÈ ET LES ENVIRONS DE LYON, par Ernest Chantre. Paris et Lycn, 1867, in-40, planches, p. 50 et 5 1 ■
Les fouilles qui ont été exécutées, il y a t]u;Ii]ues années, p.ir les ordres de l'Empereur, pour s'assurer du lieu où César battit les Helvètes, firent découvrir beaucoup d'objets en pierre dans les tombelles renfermées dans les tumuli que l'on a ouverts cuire Rioniers et Saint- Barnard.
DigitizsdbïGOOgle
IjS FOUILLES DAKS LA VALLÉE DU FOBMANS
Ces sépultures contenaient en outre de nombreux débris de poteries fort grossières, et quelquefois des armss et des ornements en bronze et CD fer (i). Les uli» étaient par incinérition, les autre: par inhumation.
C'est i la bienveillante obligeance de M. Valcn tin- Smith et de M. Guigue, qui ont suivi toutes les (ouiiles exécutées dans ces pays et qui, depuis longtemps, s'étaient occupés de ces questions, que je dois la plupart de ces renseignements. C'est même d'après les indications de ces deux savants que les recherches ont été faites dans les monuments ouverts entre Riottïers et Saint-Bamard.
Les armes en pierre recueillies dans tes tombelles de Saint-Barnard consistent en couteaux, grattoirs et pointes de flèches en silex.
Les objets les plus remarquables sont des couteaux et un poigiuird en silex ; celui-ci, le plus précieux, ei long de o,i8 c, est teprésetité, fîg. I, planche XIII, de grandeur naturelle. La même plandie représente, iig. 2, l'un des plus beaux couteaux, il a 0,12 c. de long. Puis un grattoir, fig. 3. Ces pièces sont déposées au Musée de Saint-Germain avecd'autrts objets de ce genre trouvés dans ces mCnics localités.
Ces objets ont été recueillis en 1S6].
De miiu, noi yiitt om vu. en iBi;, dini l'aimie mue, dei Coiequis atmii de Vus ei de 11 flèche à cdti da tioupti ]« mieux ti}ujpéei. De ce qu'il y t pcrfecliaoneiDeiit dmi Icilgei nieciHift, il ne hat pi( conduit tpit cei periMiianDeiceiiu oiatit (imulunii dini tout l'cnKmMc dei populiiioni anciconei. De mime iumÎ, utiieUemeni, il le iiouie u Ociuie quelqgn peupludti «1 iiibui, peu tlaignt» ilei nlDnisi eunip èennei, qui, itiittin i 10UIC1 tenudMi de cÏTiliulion, prèfÏRnt relier du! l'tut ouvige, et prtftieni U hub< de ]ulii à U meilleure cognée.
L'uugc dciirmei eu piètre a donc pu coniinuer pendiut fort longiempa en Europe; nr
tai^K icnî d'umetimui rudioectiini mène lu »' jiicle, i U biuille d'Huiing)
EXTRAIT DU DICTIONNAIRE ARCHÉOLOGIQUE DE LA GAULE, ÉPOQUE CELTIQUE; publié par la Commission instituée nu MiDistére de l'Instruciion publique et des Beaux-Arts. — Grand in-4°, Paris, ImprimEiie nationale, 187}, t. I, p. 172.
■ CHATEAU-GAItLARD, canton d'Ainbérieux, arrondissement de
Belley (Ain). — Dans la plaine de Cocmoz, M. Guigue a fouillé, en octobre i86a, six lumulus, par ordre de l'Empereur.
■'Dans le premier, grand tumulus qui fai: face i celui que surmonte la croiï paroissiale, ou a trouvé un cerde de grosses pierres, avec les cendres d'un corps incinéré, accompagnées d'une forte épée en bronze. La poignée manque malheureusement ; néanmoins, l'ipée a encore plus de a^rii de long. L'âme de la poignée, fondue du même jet que la lame, est aplatie, avec de légers rebords sur les côtés. Elle était garnie de deux plaques en bois ou plutôt en os, dont i! restait quelques traces ; ces plaques se trouvaient fixées par neuf rivets en bronze, quatre à la garde, quatre au milieu et un à la base. L'ensemble de la poignée a plus deo™,i2, ce qui prouve qu'elle était faite pour une main analogue
• Le deuxième turaulus a fourni les débris d'une épée en fer de même forme exactement que la précédente en bronze, avec l'âme de la poignée aplatie. Ces débris étaient accompagnés de fragments de poterie, des restes d'un collier en fer, et de perles en pâte de verre. Une d'elles, très bien conservée, est â fond vert, ornée au pourtour de ronds, avec points au milieu eu émail jaune.
« Le Eroisième tuniulus : fragment d'une lame en fer, poignard ou pointe de lance, très oxydé.
■ Lequatrième lumulus: trois bracelets en bronze. Le premier, ovale, formé d'une tige cylindrique, assez épaisse, gravée en creux à l'extérieur, laissant une ouverture sur le côté. Les bouts se terminent par des aplatissements en crêtes évasées, véritable forme de l'époque du bronie. Les deux autres bracelets, plats d l'intérieur, un peu bombés i
DigitizsdbïGOOgle
l'csiÉrieur, gravés aussi en creux, sont également ovales et ouverts htéiiïcmeat.
• Dans le cinquième tnmulus, qai avait environ i^i^o de hauteur, une épingle en bronze, à lÉte formée d'une petite boule surmontée d'un rond aplati, type commun dans les stations lacustres du Bourget, accompagnait des ossements humains enfouis au milieu d'une couche épaisse de cailloux.
■ C'est le sixiime tumulus qui a fourni le plus d'objets : bracelet double, formé de deux tiges de bronze accouplées, ornées de raies i l'extérieur et ressemblant aux bracelets des sépultures des Alpes ; anneau de suspension aussi en bronze, espèce de rouelle formée de deux cercles concentriques réunis par quatre rayons formant la croix, cercle extérieur garni tout au pourtour de petits anneaux accessoires ; deux ou trois appliques en brome, ornées de ronds concentriques produits au repoussoir ou par estampage, se retrouvent dans les' stations lacustres du Bourget ; plusieurs petits cabochons en légères feuilles de bronze, dont les bras repliés forment des espèces de perles qui devaient être 6xées à un cordon ou il une bandelette.
■ Les corps contenus dans ces sépuhures, qui sont de l'époque de transition entre le bronze et le fer, étaient en partie inhumés, en
'partie incinérés. Les objets découverts ont été dépensés au Musée de Saint-Germain (Valent! n-Smith et Gautheroi). ■>
On remarquera dans cette note de nombreuses erreurs que l'on peut facilement rectifier en consuhant le catalogue très exact de M. Gauiherot et le texte de mon étude. Je n'ai pas besoin d'ajouter, après cela, que je suis complètement étranger i la rédaction de cet article, qui a dû être écrit k Paris, i l'aide de communications faites de mémoire, et je ne m'explique pas pour quel motif mon nom et celui de M, Gautherot y figurent.
DigitizsdbïGOOgle