‹ Fouilles de Delphes (volume 2)Chapitre 19 sur 58 · CRÉPIS ET DÉDICACE · texte numérisé non relu

CRÉPIS ET DÉDICACE

moitié du stylobate, par un assemblage de petits blocs irréguliers. Aucun scellement n'apparaît.

Les blocs du stylobate sont sommairement dégrossis à l'arrière, de sorte que leur profondeur varie. La face supérieure est préparée avec soin (sur la nature exacte du travail, cf. plus loin, p. 40) sur une profondeur constante de o m. 63. Au bord postérieur est ménagée, sur toute la longueur du stylobate, une feuillure haute de o m. 04 à o m, 05. La saillie de la partie non ravalée des blocs vers l'intérieur du portique, généralement inférieure à o m. 10, ne dépasse en aucun cas o m. 17.

La contremarche, aux trois degrés de la crépis, présente le même aspect. Un cadre a été réservé au pourtour de cette face et travaillé à la gradine, qui y a tracé des stries verticales, notamment au bandeau supérieur, haut de o m. 032. Au long des joints verticaux, la largeur du cadre ne dépasse pas o m. 005 à o m. 008. Enfin l'arête inférieure était également bordée par une bande, haute de o m. 015 à o m. 02, que la stagnation de l'eau sur les degrés a presque partout rongée, mais qui demeure visible sur les deux premiers blocs du stylobate à l'Ouest (1). Tout l'intérieur du cadre ainsi délimité a été martelé, légèrement en creux, à larges coups de boucharde, ce qui donne à la surface de la pierre un aspect rugueux et granuleux.

Dédicace. — Sur la face antérieure du stylobate, la dédicace du portique et des ex-voto qu'il abritait, gravée en lettres hautes de o m. 18 à 0 m. 185 (pi. XXIII),

OCCUpe Une longueur de 14 m. 37 : 'AOevoûot àvéGeaav xèv a-coàv /.ai t« AézX[a *]où -càxpoTÉpux

AeXovTsç tov icoXe[(jiio]v. La dédicace a été découverte in situ par Haussoullier, sauf le fragment portant les lettres LE de luo^pdov, retrouvé en 1893. L'inscription commence entre la ire et la 2e colonne, à 3 m. 25 de l'extrémité Ouest du stylobate, et se termine entre la 5e et la 6e colonne, à 9 m. 15 de l'extrémité Est des fondations du stylobate. Le haut des lettres est exactement réglé sur la ligne qui, à la face antérieure des blocs du stylobate, sépare la bande supérieure de la partie centrale (cf. ci-dessus). On note des différences assez sensibles dans la gravure des divers exemplaires d'une même lettre, par exemple du N (dernière haste de même longueur que la première, mais d'inclinaison variable : 4e, 10e, 16e, 19e, 24e lettres, ou plus courte que la première : 52e, 58e, 66e), du l (première haste verticale : 50e, 61e lettres, ou oblique : 33e, peut-être à cause du joint), de l'A (barre horizontale, sauf à la première lettre, où elle est légèrement oblique), du P (dont la boucle est plus haute et moins arrondie à la 41e lettre qu'à la 45e).

Colonnes. — Sur le stylobate s'élevaient des colonnes ioniques (pi. XXVII,

(1) Ces détails apparaissent nettement sur les fig. 97 et 105 du livre de P. DE Ea Coste-MESSE- UÈRE et G. de Mire, Delphes, ainsi que sur plusieurs des photographies publiées ici, notamment pi. XXI, XXXIV, 2, XXX VII.

XXVIII, i et 2), hautes de 3 m. 311 (1), distantes, d'axe en axe, de 3 m. 58, dont le nombre n'est pas sûrement établi (cf. plus loin, p. 82).

A. Base. — 1/ emplacement des bases des colonnes se voit sur le stylobate. Cette trace a été observée à la place de la ire colonne (pi. XXV, 1), de la 2e, de la 3e, de la 5e (pi. XXV, 2) et de la 7e. L,a base de la 4e colonne, scellée au stylobate lors d'une restauration moderne, n'a pu être soulevée. L,e stylobate manque à l'emplacement de la 6e colonne et à son extrémité Est. A la place des bases, la face supérieure du stylobate a été travaillée au ciseau, sur une surface légèrement supérieure à celle du lit de pose de la base : la trace des coups de ciseau se reconnaît jusqu'aux bords antérieur et postérieur du stylobate et s'étend également d'Est en Ouest sur un diamètre de o m. 63 environ. A ces endroits, la présence des colonnes a préservé la pierre de l'usure. Toute la surface de l'assise présentaitelle, à l'origine, le même aspect ? Ou bien cette surface ayant été d'abord traitée à la boucharde, l'emplacement des bases a-t-il été ensuite repris au ciseau ? Il n'est plus possible d'en juger.

I^e stylobate a pu être examiné à l'emplacement de cinq colonnes ; nulle part il ne présente la moindre cavité de goujon ; les bases n'étaient pas fixées au stylobate. I^a première colonne est posée sur un joint.

Actuellement cinq bases complètes (dont une brisée en deux morceaux) et un gros fragment d'une sixième sont placés sur le stylobate. I^a première base à l'Ouest a seule été retrouvée in situ par Haussoullier ; une autre a été découverte par lui en avant des degrés du portique (2) . L,e lieu de trouvaille des quatre autres n'est pas connu. 1,'une d'elles a été ramenée sur le portique avant 1887, puisqu'elle a servi, à cette date, à la restauration d'une colonne (cf. plus loin, p. 44) ; il est douteux qu'elle provienne des abords du portique, aucune fouille n'y ayant été exécutée entre 1880 et 1887. Sur une photographie du portique prise en 1892, avant le début de la fouille exhaustive (pi. XXII, 3), ne figurent que les trois bases précédemment citées. I^es trois autres ont donc été découvertes à partir de 1893. On les reconnaît sur des photographies du portique postérieures à l'achèvement de la fouille du sanctuaire, donc à 1896. Mais elles n'apparaissent pas sur des photographies prises en 1893 et 1894, après le déblaiement de la région centrale du sanctuaire ; il est donc peu probable qu'elles aient été retrouvées à proximité du portique.

L,a base de la colonne est en marbre de Paros. Sa hauteur varie de 0 m. 2215

(1) Cette mesure résulte de l'addition de la hauteur d'une base, d'un fût et d'un chapiteau qui n'appartenaient probablement pas à la même colonne. Si la hauteur des deux fûts complets est identique, celle des bases présente de légères variantes (cf. ci-dessous) et celle du chapiteau se fonde sur la combinaison de deux fragments (cf. plus loin, p. 47). Une variation de l'ordre de 3 à 4 millimètres dans la hauteur totale de la colonne n'est donc pas exclue.

(2) BCH, V, 1881, p. 9-10.

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