BASES DES COLONNES
à o m. 223 (1). Son diamètre est au lit de pose de o m. 57 environ (2), au lit d'attente de 0 m. 43 environ (3). I^e plus grand diamètre, à la saillie du petit tore inférieur, atteint o m. 586.
I^es cinq bases qui ont pu être examinées, sur les six conservées, présentent entre elles, au lit de pose et au lit d'attente, quelques différences dans les détails techniques. Au centre du lit de pose de la base I (pi. XXIV et XXV, 3) est creusée une cavité exactement cylindrique de o m. 016 de diamètre et de o m. 042 de profondeur. La partie centrale du lit est occupée par un cercle grossièrement piqueté de o m. 166 de diamètre, où le marbre est creusé de o m. 004 par rapport à la surface de l'anneau extérieur ; sur cet anneau, où les dents de la gradine ont laissé leur trace, on distingue deux diamètres incisés perpendiculairement l'un à l'autre. Au pourtour, la surface du marbre est entaillée d'un trait de scie sur une largeur de o m. 016.
On observe les mêmes détails, sauf le dernier, au lit de pose des bases II (pi. XXV, 6) et III (pi. XXVI, 1) : cercle piqueté de o m. 176 (II) et de o m. 195 (III) de diamètre ; trou cylindrique de o m. 015 de diamètre (II et III), profond de o m. 047 (II) et de 0 m. 066 (III) ; circonférence incisée, sur la surface travaillée à la gradine, de o m. 407 (II) et de o m. 495 (III) de diamètre. Sur les deux bases, le marbre est brisé autour du trou central ; mais il est sûr que la base II ne présentait pas d'autre cavité que le trou cylindrique, alors que le lit de pose de la base III était en outre creusé en son milieu d'une autre cavité, à peu près carrée, de o m. 042 sur o m. 045 environ, profonde de 0 m. 03, au fond de laquelle la pointe de l'outil a laissé, notamment aux angles, des traces très nettes.
I^a base V est brisée en deux fragments, dont un seul a conservé son lit de pose (pi. XXVI, 3). Iya cassure de ce fragment passe légèrement en deçà du centre, de sorte que l'existence d'un trou cylindrique demeure incertaine. Mais on reconnaît les restes d'une cavité carrée ou rectangulaire, profonde de o m. 058, dont l'un des côtés mesurait environ o m. 05. Au milieu du lit de pose, un cercle de o m. 195 environ de diamètre était piqueté en creux et, sur l'anneau extérieur, était incisée une circonférence de o m. 425 environ de diamètre.
Au lit de pose de la base VII (pi. XXVI, 5), dont la surface est rongée, on distingue encore les restes d'un cercle piqueté en creux et d'une cavité carrée, de o m. 055 environ de côté et de o m. 04 de profondeur, dont le fond est creusé,
(1) Haussoui.IvIER évaluait à o m. 225 la hauteur de la base, mesure reproduite par Pomtow. Y. Fomine et moi-même avons mesuré om. 2215 et om. 222 en deux points diamétralement opposés de la base I (cf. plus loin, p. 43), o m. 222 et o m. 223 en deux points de la base II, o m. 223 à la base III.
(2) La mesure de o m. 59, indiquée par Haussotji<i,iER, doit être celle du diamètre à la saillie du tore inférieur. A la base I, où l'arête du marbre, au pourtour du lit de pose, est le mieux conservée, nous avons mesuré o m. 57, aux bases II et III o m. 565 environ.
(3) Le pourtour du lit d'attente est en général plus rongé encore que celui du lit de pose. La mesure du diamètre varie de o m. 428 à o m. 433 (à la base I, en meilleur état que les autres).
au milieu et aux trois angles conservés, de trous cylindriques atteignant, par rapport à la surface du lit, une profondeur de o m. 06 à o m. 065.
Ces diverses particularités ne répondent à aucune nécessité de construction. La circonférence incisée a pu servir de repère, bien qu'on comprenne mal comment le marbrier aurait réglé son travail sur des diamètres dont la longueur variait d'une base à l'autre. La présence de cavités au lit de pose des bases étonne, puisque le stylobate n'en présente aucune (cf. plus haut, p. 40). La forme des trous cylindriques, étroits et profonds, évoque l'image d'une tige pointue ; peut-être les bases ont-elles été posées sur un tour pour le polissage des cannelures et des rainures du profil (1). On pourrait imaginer que, dans ce cas, les cavités carrées ont servi au logement de cubes de bois qui maintenaient la base immobile en face d'une meule. Mais la destination des cavités cylindriques et carrées doit être différente l'une de l'autre. Il est presque sûr que les deux espèces de cavité ne sont pas contemporaines. En effet, la cavité cylindrique existe seule au lit de pose de la base I, demeurée in situ, et de la base II, très probablement découverte par Haussoullier en 1880 ; la cavité carrée n'apparaît qu'au lit de pose des bases III, V et VII, dont le lieu de trouvaille semble être éloigné du portique (cf. plus haut, p. 40). L'hypothèse d'un remploi paraît s'imposer : des bases de colonne de petites dimensions étaient de nature à tenter les constructeurs des églises delphiques du ve siècle de notre ère.
Le lit d'attente des bases présente des détails comparables à ceux du lit de pose. Sur la base I (pi. XXIV et XXV, 5), on ne distingue plus guère que la trace de deux diamètres incisés suivant les diagonales d'une cavité carrée, de o m. 041 de côté et de o m. 044 de profondeur, creusée au centre. Au lit d'attente de la base II (pi. XXV, 7), très rongé, on reconnaît au milieu un cercle piqueté en creux de o m. 14a o m. 15 de diamètre ; au fond de la cavité carrée, de o m. 048 de côté et de o m. 041 de profondeur, est creusé un trou cylindrique de o m. 015 de diamètre, dont le fond atteint, par rapport à la surface du lit, une profondeur de o m. 06. Au lit d'attente de la base III (pi. XXVI, 2), le cercle piqueté a un diamètre de o m. 15 ; la cavité centrale mesure o m. 053 sur 0 m. 059, et o m. 057 de profondeur ; en outre, la surface du lit étant mieux conservée, on y distingue, sur l'anneau extérieur traité à la gradine, une circonférence incisée, comme au lit de pose, de o m. 373 de diamètre. Les mêmes détails apparaissent au lit d'attente de la base V (pi. XXVI, 4) : cercle piqueté de o m. 17 environ de diamètre, cavité carrée de 0 m, 05 de côté et de même profondeur, circonférence incisée de o m. 38 de diamètre ; en outre, un canal de coulée, limité de part et
(1) Selon Pune, Hist. nat., XXXVI, 90, les colonnes du temple de Rhoikos à Samos avaient été travaillées au tour (dont l'invention est attribuée par Pline, Hist. nat., VII, 198, à l'un des architectes du temple, Théodoros). Des traces de ce travail ont été relevées sur les bases de colonne remployées dans les fondations du temple suivant : cf. H. Johannes, At. Mitt., DXII, 1937, P- I5"I7- Cf. aussi Hoffmann, A] A, I/VII, 1953, p. 194.