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TAMBOURS DE LA COLONNE II

de la diminution progressive du diamètre, on est amené à attribuer à cet évidement une hauteur approximative de o m. 27 et, par suite, au tambour une hauteur totale de 2 m. 10. La marge d'erreur ne saurait dépasser 10 centimètres.

Le tambour II ne conserve aucune trace de cannelures (pi. IX, 4). A o m. 80 environ du bas du tambour est creusée une cavité à peu près carrée de o m. 15 de côté, où Replat avait depuis longtemps reconnu le logement d'un étai. Le raccord d'un fragment au lit d'attente (pi. IX, 5) a eu pour résultat de faire apparaître, auprès de la cassure de ce fragment, en un point diamétralement opposé par rapport au précédent, mais situé à o m. 58 plus haut, une autre cavité semblable à la première. Il est possible qu'une troisième cavité ait laissé sa trace en un point intermédiaire, sur la circonférence, entre les deux autres, mais la surface du marbre est trop abîmée pour qu'on soit en droit de l'affirmer. Deux étais au moins, de deux directions opposées, consolidaient donc la colonne. Leur point d'application se trouvait respectivement à environ 5 mètres et 5 m. 60 au-dessus du niveau du sol au pied du rocher ; même si l'on suppose que l'un des supports prenait appui sur la terrasse du mur polygonal, l'autre devait être long d'au moins 6 mètres (1). Aucun détail ne permet de deviner à partir de quelle époque se dressèrent ces étais, dont l'effet ne devait guère être heureux.

Le raccord du fragment du lit d'attente a permis de déterminer presque exactement la hauteur de ce tambour. En effet le fond de l'évidement du lit de pose est conservé à l'autre extrémité du tambour, et un fragment haut de o m. 45 environ, qui a gardé une portion d'un lit et la paroi d'un évidement jusqu'au point où elle s'incurve, ne peut provenir que du lit de pose du tambour II (le contour du fragment est dessiné sur la pi. VII). Bien qu'un éclat manque pour assurer le raccord exact, l'erreur commise en fixant à 1 m. 86 la hauteur du tambour ne peut dépasser 2 centimètres.

Les tambours III (pi. IX, 6 à 8), IV (pi. X, 1 et 2), V (pi. X, 3 et 4) et VI (pi. X, 5 à 7) ont conservé une portion au moins de leurs lits de pose et d'attente, de sorte que leur hauteur est exactement mesurable. Cette hauteur présente des variations, atteignant au maximum 5 millimètres (au tambour VI), selon les points de la circonférence où on la mesure. La taille des blocs de marbre n'avait pas été parfaitement régulière, et les lits de pose des tambours IV (pi. X, 1) et VI (pi. X, 6) portent les marques d'un retaillage assez grossier, effectué au moment de la mise en place pour remédier à ces menues malfaçons.

On peut donc estimer, avec une erreur maxima d'une douzaine de centimètres, la hauteur du fût de la colonne à 9 m. 02 (pi. VIII, F), mesure à porter à 9 m. 50 si l'on y ajoute la hauteur de la base cylindrique.

(1) Longueur qui peut être réduite d'un mètre si le niveau du sol avait été exhaussé autour du rocher (cf. plus loin, p. 72).

Le travail du lit d'attente du tambour VI (pi. X, 7) ressemble à celui du lit de pose de la base cylindrique (pi. VI, 2 ; cf. plus haut, p. 7). Toute la partie centrale est grossièrement creusée à coups de pointe, sauf une faible surface autour du centre où, comme sous la base, la pointe d'un compas a laissé sa trace. Le lit de pose du chapiteau coïncidait exactement avec le lit d'attente du tambour supérieur ; le bourrelet du tambour faisait saillie sous le canal qui sépare le lit de pose du chapiteau de la couronne de feuilles. La partie centrale de ce lit de pose était plus sommairement travaillée que le pourtour et légèrement en creux. Le chapiteau reposait sur le tambour supérieur sans y être fixé (1).

Aux deux fragments du chapiteau découverts par Foucart et Wescher auprès du corps du Sphinx (2) et retrouvés à la même place en 1893 (3), s'ajouta un peu plus tard un fragment de la partie centrale, qui permit de rejoindre les deux balustres et de connaître les dimensions exactes du chapiteau (pi. XI et XII) (4). Tel qu'il est actuellement exposé au musée de Delphes, seule la couronne de feuilles est restaurée en plâtre sur une des faces. Sauf le canal, qui n'est conservé sur aucune des deux faces, on possède tous les éléments essentiels du chapiteau.

Les dessins de la pi. XI dispensent d'énumérer les mesures de détail. La longueur totale du chapiteau est de 1 m. 857, sa longueur au lit d'attente de 1 m. 551, sa largeur de o m. 703. La hauteur au centre, du lit de pose au lit d'attente, est de o m. 397 ; du bas de la volute au lit d'attente, elle atteint o m. 554. Les baguettes très minces qui bordent le canal, au profil concave, se réunissent pour dessiner la spire centrale (5), qui ne comporte pas d'œil. Les feuilles des palmettes, dans l'angle de la volute et du canal, sont creusées en leur milieu et séparées par des sillons. La couronne de feuilles retombant tout autour du lit de pose est haute de o m. 264 ; son diamètre, à la saillie extrême des feuilles, est de 1 m. 06 ; sa saillie sur le plan des volutes atteint o m. 178. Le traitement des feuilles est le même sous les balustres qu'entre les volutes, leur disposition absolument indépendante de celle des balustres ; elles sont du reste en nombre impair : dix-sept. Le balustre se

(1) Les trois trous visibles au lit de pose du chapiteau sur la pi. XII, 3 sont modernes.

(2) Foucart, Mémoire, pi. XI.

(3) FD, IV, 1, p. 42-43, fig. 18. Un des fragments est reproduit ici pi. XII, 4.

(4) La description d'HOMOLLB, FD, IV, 1, p. 42-43, ne faisant état que des deux fragments alors connus du chapiteau, qui ne se raccordaient pas, il est nécessaire de souligner, après P. DE LA CosTE- MESSEUÈRE, Rev. arch., 1940, II, p. 101, n. 2, que les trois fragments se rejoignent exactement, sans la moindre lacune, comme on peut le constater sur la pi. XII, 3, où le chapiteau est débarrassé de toute restauration (cf. aussi P. DE La COSTE-MESSEUÈRE et G. DE Miré, Delphes (1943), p. 7, fig. 2).

(5) A cause de sa minceur, la baguette ressemble au rebord du canal, dont elle est séparée par un sillon, et la spire centrale donne l'impression d'être cernée par quatre filets. Sur les chapiteaux semblables de Délos (pi. XVI, 1 et 4) et de Naxos (pi. XVII, 5), la largeur plus grande de la baguette donne à la volute, pourtant dessinée de la même façon, un aspect sensiblement différent.

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