CHAPITEAU
partage en cinq Ganaux bordés par un listel et séparés par une baguette double (pi. XII, 5 ; XIII, 1). Le chapiteau ne comporte pas, à proprement parler, d'abaque. Le lit d'attente est creusé d'une cavité d'encastrement, de 1 m. 38 sur 0 m. 50, pour la plinthe de la statue du Sphinx. Il n'est pas possible, dans l'état actuel du monument au musée de Delphes, d'en mesurer la profondeur sur l'original ; elle serait, d'après une restauration en plâtre, de o m. 105. Alors que, vers l'avant, le bord de la cavité tombe à l'aplomb du centre de la volute, l'autre extrémité dépasse de o m. 03 l'axe de la volute correspondante. Cette dissymétrie avait dû être calculée pour répartir également le poids de la statue (1). La plinthe dépassait en hauteur de o m. 05 le niveau du lit d'attente du chapiteau au pourtour de la cavité d'encastrement : les faces latérales de la plinthe gardent la trace de la ligne horizontale qui marque l'affleurement du lit d'attente du chapiteau (2).
La hauteur totale de la colonne, base cylindrique et chapiteau compris, était approximativement de 9 m. 90.
Le chapiteau était couronné par la statue du Sphinx (pi. XIII), haute au sommet de la tête de 2 m. 145, au point extrême de la courbe des ailes de 2 m. 32 (3).
La hauteur du monument (colonne et statue) était donc, à quelques centimètres près (jusqu'au sommet de la tête du Sphinx), de 12 m. 10 (pi. XIV et XV, 1) (4). Le haut des ailes de la statue s'élevait à 12 m. 45 environ au-dessus
(1) P. DE La CosTE-MESSKUÈRE, Rev. arch., 1940, II, p. 101-102, observe que « le Sphinx, vu de profil, semble mal posé » : non seulement « sa croupe déborde à l'excès la volute arrière », mais encore « il penche en avant ».
(2) Homoeee, FD, IV, 1, p. 42.
(3) Mesures prises à partir de la face supérieure de la plinthe, au musée de Delphes, en 1949. Homoue, op. cit., p. 41, donne des mesures un peu différentes : 2 m. 22 au sommet de la tête, 2 m. 32 à la pointe de l'aile (qui n'est pas le point culminant) ; il est possible que ces mesures aient été prises à partir du lit d'attente du chapiteau, et non de la plinthe. Il convient de souligner que la restauration de la statue est sûre : le raccord des cassures, entre l'avant-train et l'arrière-train, est matériellement exact, et les compléments en plâtre ne bouchent que des lacunes superficielles (les observations faites en 1939, lors de la remise en place de la statue au musée de Delphes, par P. DE La CostE-MESSEEièrE, Rev. arch., 1940, II, p. 101, n. 3, corrigent sur ce point les indications d'HoMOLLE, FD, IV, 1, p. 45). De ce fait la position du corps est indiscutable, et la hauteur des pattes antérieures, seule partie importante qui manque, assurée. C'est seulement dans la courbe des ailes, un peu trop déployée vers l'arrière, qu'on relève une légère erreur dans la restauration (P. DE La CosTE-MESSEUÈRE, loc. cit., p. 103, n. 1). Deux petits fragments des ailes du Sphinx ont été retrouvés récemment : l'un en 1937 par G. DE Miré (signalé par P. DE La COSTE-MESSEEIËRE, loc. cit.), l'autre en 1950 sur l'Aire (inv. 7192 ; dimensions : o m. 12 X o m. 06). Dans son état actuel, la statue mesure en longueur, de l'arrière-train à l'aplomb de la cassure du nez, 1 m. 69. Pour une description détaillée, on se reportera à la publication d'HOMOEEE, FD, IV, 1, p. 41 sq.
(4) La restauration du monument, non cotée, publiée dans FD, II, Album, pi. XIV, est exacte dans ses dimensions générales. Mais on a augmenté d'un tambour le nombre des éléments de la colonne en séparant en deux tronçons le tambour II. La même erreur se retrouve chez Pomtow, RE, Suppl. IV, col. 1346, qui attribue à la colonne sept tambours. Selon W.B. Dinsmoor, Architecture of Ancient Greece (1950), p. 143, la hauteur totale du monument, Sphinx compris, était de 47 pieds anglais, soit 14 m. 325 ; cette mesure est erronée (sur les conséquences de cette erreur, cf. plus loin, p. 16, n. 2).
de la surface arasée du rocher, à 13 m. 70 au-dessus du niveau du sol au pied du rocher, à 15 m. 50 au-dessus du niveau du sol devant la partie centrale du portique des Athéniens.
L/orientation de la statue est difficile à déterminer. L,es arguments fondés sur des vraisemblances topographiques ou religieuses donneraient la préférence à l'Est ou au Nord (direction de l'emplacement présumé du temple d'Apollon avant 548) ; mais ces arguments demeurent fragiles. I^e seul indice susceptible d'apporter quelque précision réside dans l'état de la surface du marbre du chapiteau et de la statue : alors que, dans les parties protégées, l'épiderme du marbre a gardé toute la fraîcheur de son poli, la pluie et la grêle l'ont ailleurs criblé d'une multitude de petits trous. L,a partie gauche de la statue et du chapiteau semble avoir été plus constamment attaquée par les intempéries, tandis que la partie droite paraît avoir été exposée, de biais, à des tempêtes plus violentes (1). Mais, pour tirer de ces observations, parfois contradictoires en apparence, des conclusions valables, il faudrait étudier à Delphes la nature des dommages causés au marbre par les pluies d'hiver, amenées par le vent du S.-O., et par les grains de printemps et les orages d'été, que le vent du Nord précipite en rafales des plateaux du Parnasse. L/orientation de la statue vers le N.-B. paraît vraisemblable (2).
(1) Les indications de droite et de gauche s'entendent par rapport au Sphinx. A l'avant, la volute gauche est piquetée partout, sauf sur une très faible portion des spires protégée par la saillie des filets. La volute droite (pi. XII, 4) est plus fortement criblée, mais moins uniformément. Les cinq canaux du balustre antérieur ont également souffert des intempéries. A l'arrière, on constate aussi que la volute gauche est assez légèrement, mais uniformément criblée, tandis qu'à l'autre volute l'épiderme est mieux conservé sur une partie importante du fond des spires. Sauf le canal central, protégé par la saillie de l'arrière-train du Sphinx, les quatre autres canaux du balustre arrière sont relativement plus criblés que le balustre antérieur. L,e visage de la statue et les cheveux sont plus abîmés à droite qu'à gauche. Le cou et le poitrail ne sont pas très endommagés. Le haut des pattes antérieures est également piqueté des deux côtés, à la face antérieure. Aux ailes et à l'arrière-train, les dommages sont plus grands du côté droit que du côté gauche. Au milieu du corps, une grande surface de l'épiderme est absolument intacte à l'abri des ailes : cette surface est plus étendue à droite qu'à gauche.
(2) Si l'orientation était exactement déterminée, elle expliquerait peut-être la légère dissymétrie constatée par P. DE La Coste-MESSEUERE entre les deux moitiés du visage et de l'avant-train : Rev. arch., 1940, II, p. 101-103.