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CHAPITRE II LE SANCTUAIRE ARCHAÏQUE

Les limites du sanctuaire « mycénien » de Marmaria ne pouvaient être déterminées que d'une manière approximative, d'après la plus ou moins grande abondance des tessons et autres débris de cette époque recueillis au cours des fouilles : aucune bâtisse, aucun mur même n'a pu être situé avec certitude. La période archaïque nous est mieux connue, bien que les constructions antérieures a la seconde moitié du vie siècle aient également disparu presque complètement : on a pu retrouver, toutefois, quelques débris de murs, et certains éléments architectoniques remployés dans des édifices postérieurs '. Surtout il lut possible, grâce à deux soutènements bien conservés qui bornent la terrasse au Nord et au Sud, de fixer avec quelque précision les dimensions — encore restreintes — du sanctuaire archaïque (fig. 44, hors-texte IV).

Le mur de soutènement le plus ancien du téménos de Marmaria se trouve à l'Est du grand temple en tuf (pi. I et II, coupe GH, et fig. 4-0 , hors-texte V) ; il protège la terrasse des autels, dont plusieurs sont adossés à lui. Son emplacement, comme son orientation Est-Ouest, s'explique par le développement logique du petit sanctuaire « mycénien », dont l'extension nécessita un premier gain sur la colline. A cet agrandissement au Nord, correspondit un élargissement au Sud, obtenu par l'utilisation des déblais provenant du talus septentrional, selon un rythme que vérifieront les époques suivantes : un deuxième soutènement, de même appareil, que l'on avait d'abord pris pour un simple mur de terrasse moins ancien, enclôt au Sud le sanctuaire archaïque, entourant d'une courbe irrégulière le pronaos du grand temple en tuf. Il est certain que ces deux murailles ont délimité, au Nord et au Sud, le téménos du vne siècle. L'ère des difficultés commence avec la recherche de la liaison des deux murs à l'Est et surtout a l'Ouest.

Le mur des autels est un soutènement rectiligne, d'appareil polygonal primitif, se dirigeant à peu près exactement Est-Ouest, sur une longueur actuelle de quinze mètres. Sa hauteur, irrégulière aujourd'hui, varie de 2 m à 2 "'80. Son épaisseur maximum paraît être de 1 m 30, à l'Ouest ; elle est variable, puisque, comme mur de soutènement, il n'avait qu'un seul parement, au Sud, avec, en arrière, un remplissage en petits moellons. Hauteur et épaisseur vont en diminuant doucement vers l'Est, selon la pente du sentier qui longe le

1. Il existe à Marmaria, comme dans tant d'autres sanctuaires grecs, un hiatus d'un demi-millénaire entre l'occupation « mycénienne » et les plus anciens témoins de l'époque archaïque.

mur au Nord. Les fondations, légères, ne dépassaient guère 0 '" 30 à 0 '" 40, soit environ une pierre en profondeur. On s'en rend nettement compte à l'angle Ouest : là, grâce à un moellon non dégrossi de l'extrémité du mur polygonal plus récent qui protège le grand temple en tuf (fig. iS), grâce, d'autre part, au niveau des autels et de deux inscriptions gravées sur le mur des autels lui-même, on peut déterminer de manière très vraisemblable le plan du sol archaïque. Les moellons, en calcaire du pays un peu rougeâtre, sont sommairement dégrossis, non dressés au parement et assemblés sans minutie. Ils sont généra-

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