Pausanias, X, YIII, 7. Cf. infra, Appendice
.'!. La Iholos de marbre a été, à une époque tardive, la proie des chercheurs de trésors. Ils ont attaqué d'en haut, non loin du centre, et percé le dallage, puis toutes les assises des fondations en poros, ménageant, dans l'épaisseur des soubassements, une sorte de puits suffisant pour descendre jusqu'à la dernière assise. Il est impossible d'expliquer autrement la fosse irrégulière du centre de la tholos. A la périphérie et au centre, l'épaisseur des fondations est la même. Cf. A.-D. Kéramoponllos, 'Ee. àpy. 1909, p. 208 sq. ; G. Kaio, BCH, XXXIV I9I0|, p. 218 sq.
i. La route « montait, au Sud des temples I et II, vers le téménos d'Apollon » (ibid., p. 372). C'est une idée pittoresque de faire traverser le sanctuaire aux caravanes de pèlerins, avec armes et bagages, ou aux paysans des alentours, poussant comme aujourd'hui leurs petits ânes devant eux ; mais c'est peu vraisemblable. Cf. R. Démange), ibid., p. 15, n. 1. La grande route venant de l'Est longeait au Nord le téménos d'Athèna, comme nous le verrons plus loin, et se dirigeait vers Castalie, en passant au-dessus du long côté Est du Gymnase : c'est vers elle que montaient les sentiers de l'Ouest et du milieu de la terrasse de Marmaria. 'Etj-XOôvri ï; tïjv -iÀ:v i Pausanias, X, vin, 6) indique la direction de marche, et l'ordre dans lequel Pausanias va décrire les temples, et ne signifie nullement que la grande route se confondait avecla voie sacrée du téménos d'Athèna.
:i. On pourrait également imaginer qu'à l'époque d'Hérodote, longtemps avant la construction du temple en calcaire, la terrasse supérieure, qui s'avançait là jusqu'au mur de tuf, comportait, en haut du sanctuaire d'Athèna, un téménos, qui, par la suite, fut détruit lors de l'élargissement du sanctuaire au ive siècle, et reporté au niveau de la terrasse d'Athèna; on s'expliquerait la différence des expressions employées par Hérodote et par Pausanias.
6. A l'intérieur du temple en calcaire, on a retrouvé les fondations très ruinées d'un ancien mur Nord- Sud (v. pi. I), qui aurait pu limiter primitivement à l'Ouest un téménos distinct : en ce cas, le bâtiment à deux chambres n'en eût pas fait partie. Ce mur est à env. 0 m 50 de l'intérieur du côté Ouest du temple, et 0 m 60 plus bas que la partie supérieure actuelle de ses fondations.
7. Cf. G. Leroux, ibid., p. 183, n. 3 : « Pausanias semble réserver le mot vao; pour les sanctuaires du modèle classique à cella rectangulaire. »
8. Cf. ibid., p. 376, ses observations sur les fta'Opoi, en particulier sur la fosse circulaire de l'Asklèpieion d'Athènes (hérôon de Kalôs ; cf. Paus., I, 21, 4), et sur le monument délien du Tritopator. Il n'a été retrouvé ni ossements, ni cendres sur ce point, non plus que sur la petite terrasse située au Nord des autels.
LE SANCTUAIRE D'ATHENA PRONAIA H>7
Phylakos et son téménos errant ont connu d'autres identifications. A. Frickenhaus le suppose à l'angle Nord-Ouest du sanctuaire1. C. Robert-, G. Karo:!, A.-D. Kéramopoullos l, G. Fougères1, F. Bourguet '', après Th. Homolle 7, le placent au Nord du mur des autels. Le texte d'Hérodote -— bien que les deux petits bâtiments soient à un niveau inférieur de près de 2 mètres à celui de la porte Nord-Est, et qu'ils aient dû être dominés par le grand temple en tuf — peut, à la rigueur, désigner cet emplacement; celui de Pausanias devient plus difficile à expliquer : venant de l'Est, Pausanias eût dû voir et mentionner d'abord le téménos de Phylakos, puisqu'il se fût trouvé plus à l'Est que tous les temples qu'il énumère, tandis qu'il le cite entre eux et le Gymnase. La principale objection viendrait des monuments eux-mêmes, qui — indépendamment du fait qu'ils sont deux — semblent bien modestes pour mériter une mention si particulière, et qui, surtout, se trouvent dans le sanctuaire d'Athèna, au niveau de la terrasse orientale, et ne paraissent pas avoir formé un téménos distinct.
Au total, les textes sont assez imprécis pour pouvoir être interprétés en faveur des diverses thèses en présence. Les monuments s'accordent mieux avec celle de Fr. Poulsen. En attendant que des fouilles soient tentées entre Marmaria et le Gymnase — et Ion retrouvera peut-être au Nord-Ouest de la terrasse d'Athèna, le mystérieux téménos de Phylakoss — ; en attendant que les substructions circulaires de l'angle Sud-Est du temple en calcaire puissent être identifiées et rapprochées, par exemple, du nom de quelque héros chthonien. contemporain des anciennes divinités locales, si l'on veut sortir du doute méthodique, qui semble jusqu'ici la seule attitude scientifique possible, on risquera les conclusions suivantes : la grande tholos, dont la rotonde archaïque voisine aide à préciser le sens, pouvait être à la fois trésor et hérôon, comme le Philippeion d'Olympie, et probablement aussi la tholos d'Epidaure '•'.