‹ Fouilles de Delphes (volume 3)Chapitre 17 sur 148 · LE RECTANGLE INTÉRIEUR · texte numérisé non relu

LE RECTANGLE INTÉRIEUR

Nous connaissons la largeur du rectangle intérieur, 7 m. 71, grâce au mur de fond de la cella conservé jusqu'aux retours d'angles (fig. 23, hors-texte IX). On est moins sûr de sa longueur exacte. Voici comment elle a été restituée :

La trace du mur antérieur (stylobate du pronaos) est marquée sur le calcaire des fondations, soigneusement ravalé suivant les dimensions du premier degré de tuf. Entre Tante 0. et une ligne imaginaire joignant les deux angles méridionaux de Veuthyntéria du péristyle, on a une distance de ± 4 m. 35. Si nous ajoutons 0 m. 09 pour le retrait moyen du stylobate sur le degré, comme au péristyle (intérieurement), nous obtenons ± 4 m. 44, soit 1 m. 59 pour la colonnade et + 2 m. 85 entre les stylobates. Ces mêmes distances, directement mesurables k l'autre extrémité delà cella, donnent une somme de 1 m. 59 — | — 1 m. 85 = 3 m. 44. Déduisant ces deux chiffres de 28 m. 45, longueur totale du temple, nous obtenons pour le rectangle intérieur :

On peut, de même, d'après quelques vestiges sur le toichobate, fixer avec une vraisemblance suffisante, les dimensions du pronaos. Le diamètre inférieur de la colonne du pronaos, qui était plus courte de 0 m. 23, peut être restitué, d'après le module du péristyle, à

0 m. 95. En conséquence, si l'on rétablit le stylobate du pronaos à 1 m. 05 au lieu de

1 m. 09, le mur d'entrée de la cella s'en trouverait distant de lm.68 environ, donnant, pour le pronaos, une profondeur approximative de

D'autre part, la largeur du mur étant 0 m. 90 au niveau du sol de la péristasis, et 0 m. 84 au niveau du sol de la cella, nous obtenons, par un calcul simple, la longueur probable de la cella, soit :

Pour la largeur de la cella, il nous est loisible de la mesurer directement aux orthostates du mur N. : 5 m. 91.

Le fait qu'il n'existe aucune correspondance exacte entre les colonnes du péristyle et l'axe des murs de la cella n'est nullement surprenant à l'époque archaïque, puisqu'on retrouve cette même liberté dans le grand sanctuaire apollinien, jusqu'au temple du ive siècle1.

\Jeuthyntéria du p'éristyle, 1 assise de réglage du stylobate du pronaos, celle du toichobate de la cella se trouvent, comme l'indique la coupe (fig. 24), k des niveaux différents. En réalité, seul le rectangle intérieur est surélevé : on montait, en entrant dans le pronaos, une marche de 0 m. 23. Cette surélévation de 23 centimètres est obtenue :

a) au stylobate du pronaos, par un exhaussement correspondant de l'assise de réglage, les

1. F. Courby, Fouilles de Delphes, II, La terrasse du temple, I, p. 25.

Fouillbs de Delphes. . 3

deux autres éléments de la krépis restant les mêmes qu'au péristyle (degré à 0 m. 34, stylobate à 0 m. 41);

h) au mur de la cella. par un deuxième ressaut des fondations, de 0 m. 43. et un toichobate de 0 m. 32.

La différence de niveau est soulignée, à l'extérieur du sékos, par un socle de 0 m. 06 de saillie courant tout autour du mur, à 0 m. 23 au-dessus du sol de la péristasis.

Le mur de la cella, sur le petit côté N.. est conservé dans ses éléments essentiels : toichobate, orthostates. une assise de parpaings.

Le toichobate (haut. 0 m. 32) se compose de blocs de tuf, de largeur variable, mais dépassant le nu du mur, extérieurement, du socle régulier de 0 m. 06 mentionné plus haut. Vers l'intérieur, les inégalités de la ligne montrent clairement que le sol de la cella était formé du même cailloutis que celui du péristyle (fig. 25) ; cette remarque est confirmée par le remploi, sous les orthostates du mur de fond, d'un tambour du temple préarchaïque (tig. 23, c), dont une cannelure se présente obliquement, et ne pourrait, par conséquent, avoir fait partie constituante d'uh dallage.

Au niveau des orthostates, la largeur du mur est réduite à 0 m. 84. Cette assise (haut.

0 m. 90), soigneusement polie et stuquée, se composait, en largeur, de deux grandes dalles

LES TEMPLES DE TUF

juxtaposées sans anathyroses, de 1 m. 095 à 1 m. 153 de longueur, d'une épaisseur variant de 0 m. 415 à Oui. 425. Sur l'orthostate d'angle, on observe que les parois intérieures de la cella étaient encadrées d'une bande très légèrement en retrait, soulignant les angles (larg. 0 m. 15 à 0 ni. IS .et dégageant le pied du mur (haut. moy. 0 m. 06j.

La première assise de boutisses (haut. 0 m. 34) forme un nouveau retrait extérieur de 0 m. 03 ; le mur n'a donc plus, à ce niveau, qu'une épaisseur de 0 m. 81. On a pensé' qu'à partir de cette assise, la construction se poursuivait en briques crues. En effet le mur de cella. conservé jusqu'à une certaine ligne horizontale régulière, ne présente, à sa face supé-

Fig. 25. — Angle N.-E. de la cella.

rieure, aucun trou de pince ; d'autre part, on n'a retrouvé aucune pierre des assises supérieures. Mais, étant donné que le lit d'attente des autres blocs deporos.des orthostatesen particulier, ne porte pas, le plus souvent, ou ne porte plus aucune trace de levier, il ne paraît pas possible de savoir si le haut du mur était fait en briques ou en pierres. C'est pourquoi il nous a paru plus sûr de rétablir, tout autour de la cella et jusqu'à la couverture, un mur de tuf analogue à celui du petit côté Nord. Les proportions et l'allure générale du temple, où l'architecte a cherché la masse et voulu le matériel lourd et résistant, nous y autorisent pleinement. L'ouverture de la porte, comme l'entraxe des deux colonnes in antis (en clair, sur le plan restauré, pi. VU) sont restitués, de façon purement hypothétique, d'après l'entraxe central de la façade. Les colonnes du pronaos, mesurant 0 m. "23 de hauteur en moins, étaient vraisemblablement de diamètre un peu inférieur à celui des colonnes du péristyle; mais nous n'en possédons aucun débris.

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