Hisl.de l'Art, VII, p
3. Par exemple, à Olympie, trésor de Sélinonte (Olympia, I, pi. XXXIII) : 0 m. 382 contre Om.78; à Mégara Hyblaea (P. Orsi, Megara Hyblaea, 1921, col. 65-66, fig. 12 et 13 = Monum. ant., XXVII, 1922, col. 169-170, fig. 12 et 13)0 m. 78 contre 1 m. 57 (comparé à l'Athènaion de Syracuse, ibid., et P. Orsi, Alhenaion, 1919, col. 355-6, fig. 258); au temple de Démêler à Paestum (Koldewey-Puchstein, Gr. Tempel Unlerilal. u. Sicil., p. 19) : 0 m. 84 contre 1 m. 76.
4. A. Frickenhaus, ibid., p. 8 et 9 et fig. 11 ; cf. O. Puchstein, Das ionische Capitell, p. 47 sq. et fig. 39. A. Frickenhaus suppose (ibid., p. 8, n. 4 ; p. 9, n. i[ que Corfou a maintenu, à cause de ses relations étroites avec sa métropole Corinlhe, une forme de chapiteau, dont les monuments de même époque d'Athènes, Delphes, etc., ne présenteraient aucun exemple, et il en déduit que Corinthe (dont les tuiles du temple archaïque de Tirynthe semblent provenir) serait le centre et la raison d'être de cette survivance d'une forme ancienne. Ces localisations, étroitement entendues, sont arbitraires. Tout au plus est-il permis de dire que, de Corinthe. en même temps que le tuf lui-même, ont pu venir les ouvriers sachant le tra-
type', et il en conclut que le chapiteau de Tirynthe, unique en son genre, appartient au milieu du vne siècle2. On peut, semble-t-il, le suivre sur ce terrain, et admettre qu'une classification chronologique des chapiteaux archaïques, étayée, sans nul doute, par les autres données, devrait plutôt être tentée en partant du rapport de la largeur de l'abaque au diamètre supérieur de la colonne, et non pas établie seulement d'après le gorgerin3 ou l'inclinaison de l'échiné4. Selon ce principe, le chapiteau de Marmaria serait plus archaïque encore que celui de Tirynthe ; il serait, en tout cas, plus ancien que les chapiteaux du début du VIe siècle, pour lesquels ce rapport est sensiblement égal à 1/2.
Sur une colonne épaisse ou cylindrique, un tel chapiteau semblerait déplacé. Celle de Marmaria est élancée et tronconique ; le galbe estléger ; lesdiamètres inférieur et supérieur du fût sont très dilférents. La construction, parfaitement logique, ne choque point. D'un tel type de colonne dorique, les monuments d'architecture ne donnent encore, à notre connaissance, aucun exemple. Mais une autre source de renseignements, à laquelle on a souvent recours pour résoudre les problèmes les plus complexes de la technique comme des mœurs antiques, va fournir les documents que les ruines d'une période insuffisamment connue refusent encore : ce sont les représentations des colonnes tirées des vases peints de l'époque archaïque ■'.
Il ne saurait être question de prétendre trouver, sur les vases, une copie exacte de la réalité. On doit, sans nul doute, faire une certaine part à la stylisation, même sur le Vase François, où, pourtant, la justesse des détails, si minutieux fussent-ils, a été souvent éprouvée. Mais il faut noter, d'autre part, que la stylisation excessive de ces sortes de représentations, principalement après la période archaïque, s'explique, en une certaine mesure, par leur absence d'originalité : le dessinateur reproduit les types fixés à une époque où les formes d'art étaient différentes fl. En conséquence, si Ion n approuve pas sans réserves les restitutions quelque peu fantaisistes tentées par J. Durai 7, on peut, au contraire, attribuer une certaine confiance à celle qu'ont imaginée les éditeurs du Vase François (fig. 'i"i). A quelques détails près '^gorgerin, nombre des cannelures, bases) et en tenant compte de la stylisation et des différences dans les dimensions des monuments, les colonnes du petit temple de Thétis ne semblent-elles pas directement inspirées de celles du vieux temple d'Athèna Pronaia s ?
vailler, apportant, avec leur technique, leur style. Il est plus vraisemblable de croire que le polit nombre d'exemplaires qui, à notre connaissance, ont subsisté de ce type de chapiteau, est dû principalement à la fragilité des matériaux employés, et à l'insuffisance des recherches effectuées jusqu'à maintenant.
1. Il se refuse, en particulier, à placer au vne^iècle le temple primitif d'Athèna Pronaia, donl les sculptures indiqueraient une date postérieure (ibid., p. 8, n. 2).
2. « Vor ihm (chapiteau de Corfou) lieg-l einzig das tirynther Capitell, das also etwa der Mitte des vu. Jahrh. angehôren wird » (ibid., p. 9).
3. F. Noack [Stud. zur gr. Architehtur, I, dans Jahrb., XI, 1896, p. 229 sq.) a été conduit, d'après ce principe de classification, à plusieurs erreurs que lui reproche A. Frickenhaus [ibid., p. 8, n. 4).
4. Cf. F. Sartiaux, Sculpt. et restaur. du t. d'Assos, dans Rev . archéul., XXII, 1913, p. 10.
5. Cf. S. Reinach, Répert. Vas., I, p. 133; 222, 6; 286, 1 ; II, 151, 1-7; Daremberg-Saglio, Dicl. Ant., s. v. balneum, p. 649-650, fig. 745-747. Voir surtout le Vase François: A. Furtwangler et K. Reichhold, Gr. Vasenmal., pi. 1-2, 11-12.
6. Pour ce genre de survivance, cf. G. Foucart, Hisl. de l'ordre lotiforme, p. 22 sq.
7. Baukunst der Griechen 3, p. 255 (Hydrie du Musée Britannique).
8. On a dernièrement trouvé à Marmaria un fragment de vase demême style que le Vase François et portant la signature d'Ergotimos. Cf. R. Demangel, Une nouvelle signature d'Ergotimos, dans BCII, XLVIII,
LES TEMPLES DE TUF
Le chapiteau de Marmaria montre qu'il est inexact de dire que, sur les vases, « la grande saillie des chapiteaux est hors de proportion avec le fût » '. Si, pour le chapiteau ionique, les volutes adossées ont pu paraître une fantaisie ne se rencontrant que comme motif décoratif, les chapiteaux éoliens, du type de Néandria, ont montré que de telles formes ont existé comme membres d'architecture-. On ne doit pas davantage s'étonner de voir utilisée dans
Fig. 43. — F.e petit temple de Thétis sur le Vase François, d'après Furtwaenn'ler-Reichhold,
(;/-. Va.senma.1. , p. 0.
un temple, une colonne que l'on considérait volontiers jusqu'ici comme schématique et presque légendaire. Il est naturel que la colonne de poros ait, à l'origine, exactement copié le support en bois qu'elle remplaçait, comme les premiers essais de sculpture en tuf ont été une image fidèle des modèles en bois qu'ils suivaient.
Au vieux temple d'Athèna, on n'a retrouvé qu'un nombre très restreint de tambours de colonnes, proportionnellement à celui des chapiteaux. La raison n'est-elle pas précisément