CHAPITRE DEUXIEME
Pour l'étude des deux trésors de Marniaria, Trésor des Massaliètes ' et Trésor dorique, nous avons profité de deux restaurations faites, l'une dans le plâtre, au Musée de Delphes, l'autre sur le terrain, avec les pierres originales. La première, qui est composée d'éléments divers, mais empruntés surtout au trésor de Siphnos, marque leur place aux décorations multiples d'un art très fleuri ; la seconde, d'une scrupuleuse exactitude, a fait revivre le trésor d'Athènes.
C'est ici la première fois que se trouve publiée intégralement l'architecture de trésors delphiques. A Marmaria même et au gymnase proche, assez d'éléments nous avaient été conservés pour permettre sur le papier un essai de reconstitution scientifique. A la demande de M. Gh. Picard, Directeur, M. W. Lauritzen, architecte danois, membre étranger de l'Ecole française en 1920-21, ne s'est point contenté de dresser les plans des deux trésors, de relever avec la plus grande précision les fragments dispersés autour des ruines et au Musée ; il a consacré, pour une part, ses soins à la restauration de l'ensemble. Sa précieuse collaboration, trop brève2, est une garantie des résultats ici proposés.
Il faut justifier deux lacunes apparentes de cette publication : 1° Il n'y est point tenu compte de la sculpture. La sculpture de marbre trouvée à Marmaria est en trop mauvais état pour permettre autre chose qu'une étude d'ensemble (cf. ci-dessus, p. m). L'appartenance de quelques pièces n'est pas douteuse : ainsi la très belle tête d'homme, du trésor ionique, publiée dès 1901 3; mais seule une étude d'ensemble permettra de répartir entre la tholos, le trésor dorique et le trésor des Massaliètes la plupart des fragments conservés. En tout cas, il était impossible de faire entrer ces fragments dans notre restauration architecturale.
2° La littérature concernant les trésors de Marmaria est déjà abondante. Nous n'avons pas cru devoir discuter ici dans le détail les affirmations qui nous arrêtèrent au cours du dépouillement. Et, par exemple, il a déjà été indiqué, dans une note sur l'édifice ionique (cf. ci-dessous la bibliographie), que la prétendue « publication » de M. H. Pomtow appelait des réserves de
1. Cette forme, attestée par les monnaies et par quelques auteurs, sera préférée ici à la forme » Massalioles » comme plus ancienne.
2. C'est M. Y. Fomine, architecte russe, membre étranger de l'Ecole française, qui a dessiné ou achevé, avec ma collaboration, les planches XXIV-XXVII et XXXII-XXXIV, après le départ de M. W. Lauritzen.
3. Revue de Vart ancien et moderne, l. L, hors-texte à la page 368; Fouilles, IV, pi. XXIX.
tout genre : inutile d'y revenir. Nous avons abondamment profité de la pénétrante étude de M. W. B. Dinsmoor sur les trésors ioniques de Delphes; mais si, parfois, nous rejetons les conclusions qu'elle pose, nous ne nous sommes pas astreints à les discuter. C'est que, venant les derniers et directement renseignés sur les fouilles, nous étions à même d'affirmer, là où un archéologue étranger avait hésité (par exemple sur l'appartenance des éléments décoratifs).
Voici une bibliographie sommaire (d'autres études sont citées en référence au cours du chapitre) :
Th. Homolle. — Les dernières fouilles de Delphes : Le temple d'Athèna Pronaiu, Revue de l'art ancien et moderne, 1901, 2e semestre, tome X, pp. 361 sqq. Le trésor de Cnide et les monuments de l'art ionien à Delphes, Journal of the Royal Instilute of Bristish Architects, 1903, 3e série, volume XI, n° 2, pp. 29 sqq.
W. B. Dinsmoor. — Studies of the Delphian treasuries. I. The identity of the treasuries, BCH, XXXVI, 1912, pp. 439 sqq, II. The four ionic treasuries, BCH, XXXVII, 1913. pp. 5 sqq.
The aeofir capitals of Delphi, AJA. XXVII, 1921, pp. 164 sqq. II. Pomtovv. — Die beiden Busstempel zu Delphi, Klio, XIII, 1913, pp. 199 sqq. G. Daux. — L'édifice ionique de Marmaria, BCH, XLVI, 1922, pp. 427 sqq.