‹ Fouilles de Delphes (volume 3)Chapitre 34 sur 148 · Cf. ci-dessus, p · texte numérisé non relu

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C'est en tout état de cause l'hypothèse la plus vraisemblable. Mais nous ne manquons point, pour l'étayer et la préciser, de témoignages écrits. M. Homolle, d'après le texte de Pausanias, a proposé « sous toute réserve » d'appeler notre monument « trésor de Phocée » ; ce nom, suggéré à l'époque même de la fouille ', marquait le caractère oriental et la véritable famille du monument découvert. Au vrai, la grande cité asiatique dont l'origine, par une de ces étymologies familières aux Grecs, fut dite phocidienne2, et qui célébrait avec zèle le culte d'Athéna 3, a fait peut-être à la déesse de Delphes une offrande; mais nous n'en avons point de traces certaines. Car, lorsque Pausanias parle des Phocéens, c'est par digression, à l'occasion des Massaliètes qui sont issus de Phocée. Le périégète se révèle particulièrement insuffisant dans sa description du sanctuaire d'Athéna 4 ; il ne dit rien, fût-ce en passant, delà tholos ' qui exigeait pour le moins une mention ; il est, de toute évidence, fort mal renseigné sur l'histoire du sanctuaire d'Athéna. N'allons point pour cela révoquer en doute les maigres renseignements qu'il nous donne et retenons de son récit deux faits : le trésor ionique (ô toits.: vsiç) contenait quelques statues d'empereurs romains ; d'autre part dans le pronaos du quatrième temple (le temple en calcaire) se trouvait une statue en bronze d'Athéna. offrande des Massaliètes. Or deux auteurs, Diodore et Appien, mentionnent à Delphes un trésor des Massaliètes et des Romains ; c'est à propos de la prise de Véïes ; les Romains consacrèrent à Delphes un cratère d'or, dîme du butin. « Il était posé, dit Appien6, sur un support en bronze dans le trésor des Romains et des Massaliètes. » Le texte de Diodore ' est plus instructif: les envui/ès de Home déposent le cratère dans le trésor des Massaliètes. Cette nuance est fort suggestive; elle fait entrevoir la mainmise de Rome sur le bien de la ville amie et alliée. Dès lors, les trois textes rapprochés de Pausanias, de Diodore et d'Appien, imposent à peu près cette hypothèse : Marseille a consacré au VIe siècle le trésor éolique dans le sanctuaire d'Athéna Pronaia ; par la suite, les Homains ont trouvé dans ce monument pour leurs otl'randes une hospitalité très large ; et même ils ont fini par se substituer aux Massaliètes, d'ailleurs assimilés : ils ont fait place nette dans le trésor éolique, pour y installer la statue de leurs empereurs8. C'est à cette époque que l'on dut transporter du trésor dans le temple en calcaire la statue de bronze, offerte par Massalia peut-être en même temps que le trésor.

Deux objections subsistent. Pausanias qualifie notre monument de vaiç, non de Gv;aaup3ç. Mais nous sommes trop mal renseignés sur les « trésors » pour affirmer qu'ils ne rentrent pas dans le genre vasi '■' ; maintiendrait-on pourtant cette distinction fragile, il faudra bien reconnaître qu'une impropriété de ce genre est parmi les moins graves dont on puisse accu-

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