‹ Fouilles de Delphes (volume 3)Chapitre 67 sur 148 · Elles sont plus hautes de 0 m. 0015 au trésor d'Athènes · texte numérisé non relu

Elles sont plus hautes de 0 m. 0015 au trésor d'Athènes

!i. Au trésor d'Athènes 5 gouttes sur la régula, 6 sur le mutule ; irrégularité qui n'est pas, quoi qu'on en ait dit, proprement attique, mais seulement archaïque.

qui rentre dans une série bien définie où l'histoire, la sculpture, l'abondance des motifs décoratifs multiplient les points de repère et de comparaison, on peut proposer — sous réserve — une date ; il n'en va point de même pour un trésor dont tels éléments de première importance — ainsi le chapiteau — sont mutilés, dont nous ignorons le nom et l'histoire, dont la sculpture, difficile à identifier, n'offre que des restes misérables. D'ailleurs si le progrès général du style dorique est connu, il va de soi que suivant la cité, l'architecte et les artisans, la ligne de ce progrès, bien loin d'être droite, a dû dévier souvent, revenir en arrière parfois. Ces remarques nous invitent à quelque prudence : le trésor dorique se place vraisemblablement entre les années 490 et 460 ; mais la découverte d'un texte épigraphique ou littéraire viendrait prouver demain que celte marge est trop étroite encore, on ne s'en étonnerait pas trop. Un point reste établi toutefois, qui importe particulièrement (cf. p. 46) : le trésor dorique est postérieur au trésor des Massaliètes.

L'enceinte de stèles; ruine des tkésors.

Longtemps après la construction des deux trésors, soit par étapes, soit plutôt d'un coup, au ive siècle probablement, une série de pierres en calcaire, grossièrement travaillées, a été disposée contre le côté Ouest du trésor ionique, le côté Est du trésor dorique et sur la façade de l'un et de l'autre, de façon à comprendre la plate-forme qui donne accès à l'édifice ionique (pi. XV). Elle s'interrompait en face des entrecolonnements, et peut-être sur le côté Ouest de la plate-forme. Toutes les pierres montrent à la partie supérieure des encastrements de dimensions variables, destinés à la pose de stèles inscrites ; en plus d'un endroit se voit encore la rouille du fer et le plomb qui scellait ces stèles ou leur base. On a retrouvé soit en place, soit dans le voisinage plusieurs fragments importants des inscriptions qui se dressaient ainsi autour des trésors : ce sont des tableaux de location des propriétés sacrées1.

Sur le côté Est on notera un fait intéressant pour l'histoire du sanctuaire d'Athèna ; la plinthe de calcaire qui, vers la façade Sud, se trouve aujourd'hui au-dessous du niveau de l'euthyntéria dorique, s'élève, par trois ressauts successifs, distribués du Sud au Nord, plus haut que la première assise de la krépis. C'est évidemment que le sol s'était exhaussé dans cette partie du téménos que la ruine du temple en tuf vouait à un abandon relatif. Malheureusement rien ne permet de préciser l'époque de cette dénivellation ; mais il n'est pas impossible qu'elle ait commencé aussitôt après la ruine du temple et qu'elle ait contribué2 à faire surélever la krépis du trésor dorique par rapport au trésor des Massaliètes. Nous ne savons rien de particulier sur l'histoire des deux monuments à l'époque chrétienne. L'usure du

1. Cf. BCH'XXV, 1901, pp. 105-142, et XL VI, 1922, pp. 467-472.

2. La raison principale étant, cela va de soi, la forte hauteur du trésor ionique, auprès duquel le dorique risquait de paraître écrasé.

stylobate et du seuil au trésor ionique, la présence d'un pithos sous le dallage au dorique témoignent qu'ils ont été habités, et le premier fort longtemps. Puis la ruine est venue ; avec elle l'exploitation : les belles pièces — fûts, chapiteaux d'ante et de colonne, moulures, triglyphes — ont été la proie des « Caloyers » du gymnase voisin, où notre récolte n'a pas été moins abondante que sur les ruines elles-mêmes.

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