BCH, XXXIV, 1910, p
3. Outre ceux-ci, une autre série de trois blocs calcaires, encore en place (cf. fig. 25) sous le joint du seuil et des dalles.
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Fig. 26. — Dalle de marbre en place devant le seuil, à l'intérieur.
Fig. 27. — Dalle ronde de marbre blanc.
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retailler le meilleur fragment, dont la longueur est facile à calculer : 2 m 80 — 1 m 238 = 1 m 562, puis on le compléta par une dalle moins longue, qui est celle que nous avons remise en place : l'anathyrose verticale, que l'on remarque à l'extrémité située vers le centre du seuil, n'avait pas de raison d'être et indique presque sûrement que cette pierre fut taillée après coup ; l'ouvrier ignorait ou avait oublié que le revers du seuil n'était en effet paré à joint que pour s'assembler à une seule dalle.
Ces deux dalles, comme le reste du dallage, sont hautes de 0m 22 : le niveau du seuil n'est que de 0 m 166 plus élevé que celui du sékos.
Dans le cercle intérieur délimité par le banc, et dont le diamètre est de 4m 646, un double anneau de calcaire bleu sombre entoure une dalle ronde de marbre blanc. Quelques dalles de l'anneau le plus large sont encore en place ; du plus étroit, il ne subsiste que des fragments. De l'un à l'autre, au contraire de ce que l'on observe pour le dallage du péristyle, les joints étaient sans doute contrariés : c'est ce que donnent à croire les fragments conservés du deuxième anneau, si, comme il semble, ils sont en place (fig. 23). D'ailleurs, l'absence d'anathyroses verticales sur les faces jointives du premier anneau, comme sur le pourtour de la dalle centrale, ni ne confirme, à vrai dire, l'état actuel, ni n'autorise, par contre, à supposer que les joints se prolongeaient d'un anneau dans l'autre.
Cinq fragments retrouvés de la dalle centrale permettent de la reconstituer presque entièrement. Son diamètre est de 1 m 18. La surface, en grande partie conservée, était soigneusement polie et l'on n'eût point inséré, au milieu de ces dalles sombres, ce marbre blanc ainsi travaillé, s'il avait dû n'être pas visible. Il est donc certain qu'un autel n'a pu trouver place au centre du sékos. L'autel rond, de style hellénistique, trouvé dans le voisinage, n'a jamais figuré sous le toit de la Tholos. Au reste, les dimensions de cet autel ne s'accordent point à l'étroitesse du cercle intérieur : il ne serait resté qu'un passage de 2m à peine, entre la plinthe de l'autel et le socle circulaire1.
Socle circulaire. — Tout autour du sékos, appuyé au revers des orthostates, régnait un haut et large socle mouluré, interrompu seulement devant la porte : qu'il supportât l'ordre intérieur pdossé au mur, cela ne suffit pas à en justifier la hauteur (0m 595) ni surtout la largeur (1 m 17). A coup sûr, ce socle ne servait pas de banquette (il est trop haut d'au moins 0m 15, si nous le comparons à un exèdre). Or sa hauteur est, à très peu près, celle de la base aux sept statues du temple des Athéniens, à Délos ; et cette base demi-circulaire fut faite à la même époque et du même marbre d'Eleusis que le socle de la Tholos. Il faut donc supposer que celui-ci, comme celle-là, fut destiné à porter des statues.
Le banc reposait directement sur un anneau calcaire, appartenant à la même assise que le dallage, et sur l'extrémité des premières dalles de calcaire bleu sombre : le calcaire n'était donc nulle part visible. Les blocs de ce soubassement étaient entaillés, au bas de leur face extérieure, de façon que s'y encastrât, pour leur donner appui, le débord intérieur du toichobate. Au-dessus de cette assise, une autre assise de calcaire forme le noyau invisible du banc. Celle-ci, haute de 0m 34, était entièrement revêtue d'un épais placage de calcaire bleu sombre, qui se composait d'une assise de dalles horizontales et d'un cours de carreaux ; les premières portent la moulure supérieure, les seconds la moulure inférieure du
1 . La plinthe de cet autel était en effet carrée et non point octogonale (Pomtow, 1. 1. , p. 206) ; si c'eût été un octogone, comment expliquer que les bords tangents à la circonférence n'en soient conservés que sur quatre côtés symétriques?
banc : celle-ci est en partie conservée sur des fragments de carreaux en place ; de l'autre, réplique inversée de la première, nous n'avons retrouvé qu'un mince fragment ; le poli de la surface indique clairement qu'il appartient en effet à l'assise supérieure du banc *.
Epais d'environ 0m 30, les carreaux revêtaient la paroi antérieure du banc, ainsi que son retour vers le mur des deux côtés de la porte : près du piédroit de gauche, en effet, un fragment de carreau encore en place, (il est visible sur la figure 24), marque l'extrémité du banc vers le seuil.
Les dalles de l'assise supérieure s'assemblaient ingénieusement aux carreaux : en les recouvrant entièrement, elles évitaient la disgrâce d'un joint courbe, parcourant toute la surface horizontale du banc, et permettaient de cramponner les carreaux au noyau calcaire. De ces dalles, peu de fragments subsistent : le plus intéressant est celui sur lequel se voit une double cuvette carrée dont les parois étaient travaillées pour recevoir deux goujons de bois, destinés sans doute, malgré l'étrangeté de ce doublement, à maintenir en place la base d'une colonne. Un seul fragment, retrouvé récemment, nous a conservé les dimensions des dalles de cette assise (arc intérieur : 0m 73 ; arc extérieur : 1 m 097) ; malheureusement toute la partie supérieure a disparu. D'ailleurs, une ligne incisée, au revers des orthostates, fixe le niveau supérieur du banc, tandis que des traits verticaux marquent l'emplacement des joints.
La colonne corinthienne
L'existence d'un ordre intérieur2, dont les colonnes étaient adossées au mur de la cella, est attestée par les nombreux fragments retrouvés des chapiteaux, fragments qui proviennent, au moins, de sept exemplaires différents. De plus, sept ou huit blocs ou fragments du mur ont conservé, sur leur face intérieure, l'empreinte d'un fût de colonne (fig. 17). Sur six de ces fragments, la place de l'empreinte a pu être exactement déterminée par rapport à l'un des bords latéraux du bloc sur lequel elle avait été ménagée. Comme il était impossible de fixer la place de ces fragments dans le mur, M. Gottlob a eu l'idée de marquer, sur chacun des parpaings d'une assise restituée, les places différentes qu'y pouvaient occuper les empreintes connues : l'on réduisait ainsi à un nombre assez restreint les dispositions possibles de la colonnade autour du sékos ; et entre celles-ci, il était loisible de choisir la plus logique, qui se trouve être en même temps la plus harmonieuse : une ordonnance à dix colonnes, qui satisfait arithmétiquement à la logique de la construction, est aussi celle qui convient le mieux a l'ornementation de la cella. Le nombre dix est en effet la moitié de celui des colonnes de la péristasis ; deux colonnes encadrent la porte3, en sorte qu'une ligne passant par le milieu de la porte et par le centre du monument tombe au milieu de l'entrecolonnement situé en face de l'entrée. C'est la même ordonnance qu'adopta plus tard Polyclète le Jeune, à Epidaure.
Des colonnes, outre les fragments de chapiteaux, nous n'avons que deux fragments qui
1. Ce fragment se trouve actuellement dans le dépôt, situé sous le musée, dans la salle de droite.
2. Dès 1901, dans l'article cité au début de cette étude (R. de Vart anc. et mod., X, 1901, p. 370), M. Homolle ne doutait point que le plafond du sékos reposât « sur des colonnes corinthiennes engagées "» .
3. L'examen de la face intérieure de l'orthostate, piquetée sur la partie libre entre le banc et la porte, autorise cette restitution.
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proviennent tous deux d'un tambour inférieur1. La moulure de base, haute de 0m 116, qui figure sur ces fragments, est en partie brisée : ce qu'il en reste fait voir qu'elle présentait un profil original, dont il subsiste la partie supérieure : un tore sur un talon. M. Gottlob restitue comme moulure basse, avec beaucoup de vraisemblance, une scotie très relevée.
Le fût est une combinaison de l'ionique et du dorique : adossé au mur, dans lequel il pénétrait à peine, — de 0m 002, — il était à dix-sept cannelures ioniques : complet, il n'en aurait eu que vingt, selon le canon dorique. Larges en bas de 0m 063, en haut, de 0m 05, ces cannelures peu profondes s'amortissent sous l'astragale, — une baguette entre deux minces listels, — à la manière des cannelures doriques sous les annelets du chapiteau.
Huit importants fragments du chapiteau nous sont parvenus (A à G, sur les figures 29 à 34) 2 : ils proviennent probablement tous d'exemplaires différents (sauf peut-être E, qui pourrait appartenir au même chapiteau que D); quatre ont en effet conservé la plus grande partie d'une face adossée au mur (B, G, E, F), et le décor du calathos varie de l'un à l'autre exemplaire.
Ces fragments nous permettent de calculer les principales dimensions du chapiteau. La hauteur totale était de 0m 68 (sommet du fût et astragale : 0m 118 -j- calathos : 0m 466 -|- abaque : 0m096). Le cercle passant par le sommet des cannelures, sous le premier listel, avait un diamètre de 0m 363. Le calathos, cylindrique, légèrement bombé, rappelle celui du chapiteau corinthien de Bassae. D'autres analogies, notamment la ressemblance du feuillage et des spirales, précisent l'étroite parenté des deux chapiteaux 3. Celui de la Tholos a sur l'autre l'avantage de survivre, — au moins partiellement, — et surtout de caractériser plus nettement le passage du chapiteau de pilier, ou de l'acrotère des stèles, au chapiteau de colonne.
Et d'abord l'acanthe joue ici un rôle moindre qu'à Bassae, où il semble bien que de larges feuilles recouvraient à leur départ la tige des volutes. Très vraisemblablement, sur le chapiteau de la Tholos, les volutes, entièrement nues, développaient librement leur tige : c'est que, par un trait d'archaïsme qui ne fut reproduit qu'à l'époque romaine, il n'y a point solution de continuité entre les spirales du milieu et les volutes qui vont s'enrouler sous les angles de l'abaque : bien que celles-ci ne soient conservées sur aucun fragment, il est visible, sur le fragment A, que les spirales ne ramènent point vers le bas leur tige, comme font celles des autres chapiteaux corinthiens de style grec, celui de Bassae compris, mais elles V enroulent en sens contraire, de manière à la redresser ensuite pour la recourber sous labaque. Si 1 on excepte quelques spécimens de basse époque, il n'existe, à ma connaissance, qu'un seul exemple d'un arrangement analogue sur un chapiteau, et c'est sur un chapiteau d'ante ou de pilier archaïque de Mégara-Hybléa 4. Noack rapproche ce dernier du type d'acrotère dont j'ai parlé précédemment5; et il n'est pas sans intérêt de retrouver, au-dessus des couronnes d'acanthe du chapiteau de la Tholos (fig. 29), la gerbe d'ornements qui s'épanouit au sommet d'une de ces stèles ; aussi bien, si nous en croyons Noack, l'élar-
1. Ces deux fragments, très minces, ne gardent aucune trace du goujon, probablement double (cf. ciavant, p. 38), qui fixait la colonne au socle.
2. Un autre fragment, qui atteste l'existence d'un septième chapiteau, dont il n'a conservé que le noyau dépourvu de tout ornement, ne figure pas sur les photographies ci-jointes.
3. Cf. Homolle, l. I., p. 370, et Durm, Jahresh., IX, 1906, p. 291 sqq.
4-. Cf. Durm, II and h. der griech. Archït., p. 325, fig. 310 ; et Noack, Bdukunst des Altert,, p. 51 et pi. 67. 5. P. 7 et n. 1.
gissement des volutes, au sommet du chapiteau de Mégara-Hybléa, marquerait déjà le premier stade d'une évolution vers un chapiteau en forme de calice.
Quoi qu'il en soit, nous sommes bien ici en présence d'un essai d'adaptation à la forme ronde d'un décor né sur une surface plane : le peu de relief des spirales qui se moulent sur la rondeur du calathos en est une preuve caractéristique ; et voici qui confirme cette façon de voir : les deux couronnes d'acanthe qui font la transition du fût au calathos n'ont aucun rapport avec les autres ornements ; il est clair pourtant qu'elles seules ont déterminé la forme en calice du chapiteau. Nous avons donc affaire à un chapiteau à deux registres, où l'unité du décor n'a pas été réalisée, et qui fait songer par exemple au chapiteau d'ante de l'Érechthéion, où s'étagcnt, sur trois zones, des motifs différents.
Ajoutons, pour compléter l'impression que l'on éprouve d'une création qui s'ébauche, que les formes variées des feuilles d'acanthe sont de véritables études de stylisation. En A, B, G, G, F, les nervures partent, en gerbe, du bas de la feuille : A, C et F les montrent saillantes, — plus fines en A, plus épaisses en F, — tandis qu'elles ne sont indiquées en G que par un simple trait creux et que celles de B se dissimulent au fond d'un pli profond. Enfin en D et en E, figurées en relief, elles naissent de chaque côté d'une nervure centrale, sur une feuille plus grasse et bombée.
S'ensuit-il que le chapiteau corintbien de la Tholos soit antérieur à celui de Bassae? J'ai montré plus haut, à propos du chéneau, le danger de pareilles déductions. En tout cas, il faut noter ici, outre l'incertitude et la timidité du naturalisme, la filiation d'un tel type d'avec celui des acrotères plats à volutes. Ce n'est donc point, comme dit Furtwangler ', l'apparition du « nouvel acrotère à acanthe, avec sa tendance aux formes plastiques arrondies », qui a permis la création du chapiteau corinthien ; ou plutôt le vrai chapiteau corinthien, la corbeille d'acanthe, d'où sortent, si végétalisées qu'elles sont à peine reconnaissablés, les tiges enroulées des volutes, ne prend en vérité sa forme canonique2 que peut-être un quart de siècle après la construction de la Tholos, quand le toreuticien Callimaque eut imité, dans le bronze, la flexibilité du feuillage naturel3.
Epistvle et plafond.
Si nous restituons à la colonne, au-dessus du tambour inférieur, sept tambours de même hauteur, couronnés du chapiteau, nous obtenons une hauteur totale de (0 m 49 X 8) -\- 0 m 68 = im 60 ; c'est-à-dire que le niveau supérieur de la colonne dépasse de 0m 03 la ligne qui sépare l'assise de couronnement de l'assise inférieure. Or le trou de tenon, visible sur la surface conservée de deux chapiteaux, est non point parallèle, mais perpendiculaire au mur ; et de plus cette face dépourvue d'anathyrose, n'est point travaillée comme le lit d'attente d'une assise de pierre. Si nous ajoutons à cela ce que nous savons de la surface de l'assise