‹ Fouilles de Delphes (volume 3)Chapitre 87 sur 148 · Cf. Homolle, R. A., 1916, II, p · texte numérisé non relu

Cf. Homolle, R. A., 1916, II, p

Fig. 32. — Fragments D et E.

Fig. 31. — Fragment B.

Fig. 34. — Fragment G.

Fig. 31 à 34. — Fragments de chapiteaux corinthiens.

LA THOLOS DU SANCTUAIRE D'ATHENA PRONA IA 23

de couronnement ', il paraît difficile de restituer, au-dessus des colonnes adossées au mur, autre chose qu'un épistyle de bois.

Quant au plafond, rien n'autorise à l'imaginer sous la forme d'une coupole, comme fait Pomtow2 : il était d'ailleurs impossible d'élever une voûte couvrant le sékos, sous un toit continu, à pente douce, qui rend également difficile l'empilement de larges caissons, à quoi M. Gottlob avait pensé tout d'abord, à l'exemple d'un tombeau de Mylasa3. L'on peut restituer un plafond horizontal, de bois naturellement, prolongeant, à l'intérieur du sékos, celui du péristyle, ou supposer que les poutres du toit étaient visibles dans la circonférence délimitée par le mur.

Observations sur la technique.

Utilisation des matériaux. — On a pu juger, d'après la précédente description, de l'effet esthétique demandé par l'architecte à l'alternance du marbre blanc et du calcaire bleu sombre. D'autres soucis, des soucis techniques, présidèrent aussi à l'utilisation des matériaux.

Plusieurs dalles du stylobate manquant au Sud-Ouest de l'édifice, le soubassement est, sur ce point, aujourd'hui visible ; de même, celui du dallage de la cella. Or, nulle part le marbre blanc du Pentélique ne fut mis en contact direct avec le poros utilisé pour les fondations : le calcaire de Saint-Elie, matière plus dure que le marbre même, a servi d'intermédiaire partout, sauf sous le mur de la cella qui s'élève sur un socle en calcaire d'Eleusis. A vrai dire, une assise de poros règne sous le dallage du péristyle, mais les extrémités des dalles reposent, d'un côté, sur le soubassement calcaire du stylobate, de l'autre, sur la plinthe du mur de la cella. Et voici qui montre mieux encore combien scrupuleusement fut observée cette règle : à l'intérieur de la cella, sous les dalles de marbre blanc qui interrompaient, devant le seuil, l'anneau calcaire supportant le socle circulaire, l'on inséra deux blocs calcaires dans l'assise de poros.

La Tholos est le seul édifice de Marmaria dont la fondation soit faite entièrement de poros ; cette pierre légère et périssable, que l'on importait de Corinthe ou de Sicyone, coûtait beaucoup plus cher, rendue sur les chantiers de Delphes, que le calcaire local. Aussi ne fut-elle utilisée, pour les fondations des édifices delphiques, qu'en remploi, — ce qui permettait de faire un usage généreux d'une matière médiocre. En ce qui concerne la Tholos, le remploi n'est pas, dès l'abord, évident : l'on ne distingue aucune trace d'un usage antérieur sur les blocs de la fondation. On observe cependant que ces blocs sont disposés en assises régulières et assemblés au moyen d'anathyroses. Or l'anathyrose n'apparaît pas normalement dans les murs et les massifs de fondation, où les joints ne sont pas visibles : les faces y sont assemblées ordinairement par contact total, après un dressage plus ou moins soigneux. L'usage de l'anathyrose pour la fondation se peut toutefois constater dans d'autres édifices, — au temple d'Aphrodite à Egine (début du Ve sièclej, par exemple, ou encore au temple A, Kératôn présumé, à Délos (ive siècle).

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